Orto ( ) est une ancienne piève de Corse. Située dans le nord-est de l'île, elle relevait de la province de Bastia sur le plan civil et du diocèse de Mariana sur le plan religieux.
Géographie vignette|Vue sur Biguglia depuis l'étang de Chiurlino.
Situation et relief La piève d'Orto occupait le voisinage sud de la ville de Bastia, depuis celle-ci jusqu'au cours du Bevinco. Ses villages surplombent l'étang de Chiurlino.
Composition La piève d'Orto correspond au territoire des actuelles communes de : Furiani ; Biguglia.
Pièves limitrophes La piève d'Orto a pour pièves voisines :
Histoire Antiquité En 111 , la Corse est pacifiée par les Romains. Rome usurpe maints domaines, chassant les Vanacini de la plaine d'Orto, au sud de Mantinum Mantinorum est porté sur la carte de Tolomeo (Bastia). À cette époque de nombreuses localités sont créées, dont Mariana. Ptolémée mentionne également Vagum promontorium qui est généralement identifié avec la Pointe d'Arco. Xavier Poli - La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge 1907.
Le territoire qui correspondait aux anciens pays de Marana et de Moriani, est alors occupé par les Mariani les nouveaux colons romains
Rome organise l'île en pièves. Le mot pieve mot vient du latin plebs (peuple) et désignait dès le premier siècle avant l'ère chrétienne, une circonscription administrative établie par Rome. Il y en aura jusqu'à environ 200 dont une vingtaine au Cap CorseAlerius Tardy in Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994.
Moyen Âge Dans le Haut Moyen Âge, l'ensemble des structures civiles et religieuses subit d'importantes modifications en raison du dépeuplement causé surtout par l'occupation sarrasine, du au jusqu'en 1185 date de leur expulsion, et les incessantes incursions barbaresques dès le .
À la fin du , une profonde réorganisation de l'Église en Corse voulue par Grégoire VII et largement poursuivie par Urbain II, est menée par Daiberto, l'archevêque de Pise : réorganisation générale de l'encadrement ecclésiastique des campagnes, réactivation des évêchés primitifs, institution du système de la pieve, et édification d'églises.
1072, la famille Da Furiani qui domine Furiani, avec l'aide du marquis de Massa de la lignée des Obertinghi, chasse d'Orto et Lota les Delle Suere.
1130, les actifs sires de Bagnaria, enrichis dans le commerce de vins, bois et poissons de Chiurlino, deviennent une puissante famille seigneuriale. Avec l'aide de Pise et des alliés, la seigneurie couvrira les pievi d'Orto, de Marana et des Costiere, en s'appuyant sur les châteaux de Furiani, Biguglia, Ischia, Montechiaro et Stella. Ils construisent plusieurs castelli dont le castello Belgodère d'Orto (dit plus tard Belgodère de Bagnaria).
Temps modernes Au début du , vers 1520, la piève religieuse d'Orto comptait environ habitants qui occupaient les lieux habités suivants : Biguglia, a été la résidence des gouverneurs pisans ou génois jusque vers 1380 ; Foriani (Furiani), La Corbaia, village ruiné dans les années 1580 ; Soverta (hameau de Suerta à l'Ouest de Bastia) ; Belgodere, Castello Belgodere de Bagnaia ; La VetriceLa Vetrice est un petit hameau situé aux portes de Bastia dont la fouille a révélé les premières traces d'occupations datées par de la protomajolique du début - Daniel Istria in Pouvoirs et fortifications dans le Nord de la Corse, hameau anéanti par la peste au ; le site se situe de nos jours sur la commune de Bastia, La Bastia, forteresse érigée vers les années 1380, futur siège des gouverneurs génois de l'îleBase Infcor ADECEC Cervioni.
1583 à 1590, famine et misère sévissent en Corse ; les Barbaresques razzient toutes les côtes de l'île. 76 villages sont ruinés ou abandonnés en Corse du Sud, 21 en Haute-Corse dont La Corbaja d'Orto.
Au début du , la piève religieuse d'Orto était composée de Furiani , Biguglia et la Bastia Francesco-Maria Accinelli in L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974.
La piève se trouvait dans la juridiction civile de Bastia. Dans son rapport dressé à la demande de Gênes, l'abbé Accinelli écrit : Francesco-Maria ACCINELLI L’histoire de la Corse vue par un Génois du - Transcription d’un manuscrit de Gênes - ADECEC Cervioni et l’Association FRANCISCORSA Bastia 1974.
Plus loin, il écrit :
Sous le gouvernement de Pascal Paoli, chacune des paroisses du royaume fournissait à ses frais une compagnie aux milices de Pascal Paoli, et chaque piève, un bataillon dans lesquels, de 16 à 60 ans, tout homme du royaume devait servir un tiers de l'année, soit 4 moisMarc Piazza in Le Siège de Furiani, Éditions Anima Corsa Bastia 2012.
1768, la Corse passe sous administration militaire française. 1789, la Corse passe sous la souveraineté du royaume de France. La piève d'Orto devient le canton d'Orto en 1790. 1793, le canton d'Orto et le canton de Marana fusionnent dans le nouveau canton de Mariana, district de Bastia et département du Golo, l'actuelle Haute-Corse.
La pieve religieuse Orto relevait de l'autorité épiscopale du diocèse d'Accia et Mariana ; cette dernière étant détruite, c'est à Bastia que l'évêque a installé sa résidence.
Selon Accinelli, les lieux habités de la pieue d'Orto sont .
La piévanie vignette|L'église piévane Santa Maria L'Église principale d'''Ortu était l'église de Santa Maria Assunta, une très ancienne chapelle romane de style pisan, datée des - .
Elle se trouve à d'altitude sur le plateau Pianu a l'Olivu, entre les villages de Biguglia et de Furiani et à moins d'un kilomètre « à vol d'oiseau » de l'esplanade de l'antique église pisane de San MartinuLes églises pisanes ont été construites en Corse à la suite du mandat donné par le pape Grégoire VII à Pise aux alentours de l'an Mille.
Cette autre église piévane San Martinu était l'église paroissiale d'Articiani, un village qui avait été construit au-dessus des premières crêtes par les gens de la côte qui voulaient ainsi se protéger des raids barbaresques et qui a depuis disparu. La messe n'y étant plus célébrée, elle commença à se délabrer. San Martinu fut entièrement détruit en 1906 par des chercheurs de trésors. Ses pierres se retrouvent dans les murets des champs alentour. On voit toujours un trou creusé par les chercheurs de trésors à l'extérieur de l'angle Nord-ouest. Durant la Révolution, le terrain sur lequel elle est située, avait vendu comme Bien National au Conventionnel Bozio.
L'église Santa Maria Assunta appartenait au monastère bénédictin de la Gorgone. Avant 1531, l'église Santa-Maria-Assunta fut, semble-t-il, fermée en raison de la peste Elle est classée monument historique.
Voir aussi Bibliographie Daniel Istria : Pouvoirs et fortifications dans le nord de la Corse : du au , Éditions Alain Piazzola, Ajaccio 2005. Abbé Letteron : Histoire de la Corse - Tome 1, Bulletin de la Société des sciences naturelles et historiques de la Corse, Imprimerie et librairie V Eugène Ollagnier Bastia 1888. Marc Piazza : Le Siège de Furiani, roman historique, Éditions Anima Corsa Bastia 2012 . Xavier Poli : La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge, Paris : Librairie Albert Fontemoing, 1907 - Ouvrage La Corse dans l'Antiquité et dans le Haut Moyen Âge sur le Web Alerius Tardy : Fascinant Cap Corse Bastia-Toga 1994
Articles connexes Bastia Furiani Biguglia Liste des pievi de Corse Famille De Bagnaia
Notes et références Notes
Références
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