Le comté du Maine constitue à partir du un gouvernement distinct du comté de Laval et du Perche. En 1790, il a donné naissance en partie au département de la Sarthe. Sa capitale était la ville du Mans. Le Maine fut par la suite un duché.

Il est à distinguer de la province du Maine.

Origine Le comté du Maine apparaît au , à l'époque carolingienneLe Maine s’érige en comté à partir du IXe siècle au titre de comte du royaume de France, Les comtes du Maine, Ilatou Sarthe.. Il occupe une position stratégique, puisqu'il se trouve sur la frontière de la Bretagne, de la Normandie et de l'Anjou. Il sert donc d'État tampon jusqu'à la fin du Moyen Âge et connaît plusieurs guerres liées aux Capétiens et aux Plantagenêts. Il est rattaché au domaine royal en 1204 puis est disloqué en 1790 lors de la création des départements. Haut Moyen Âge thumb|Le château de Mayenne, fondé par les Carolingiens. Pendant les invasions barbares, l'autorité romaine s'affaiblit et des révoltes éclatent régulièrement contre la pression fiscale. Noviodunum périclite et perd son statut de chef-lieu des Diablintes au . Son territoire est rattaché à celui des Cénomans, dont la capitale était Le Mans. Cette annexion est le premier acte fondateur du Maine. Noviodunum demeure toutefois occupée jusqu'à l'époque carolingienne, puis disparaît totalement après 900, lors de la naissance de la ville de Mayenne..

Les Francs s'installent durablement dans la région au où ils cohabitent avec les Gallo-Romains avant d'être assimilés. Au même moment, l'Armorique connaît une importante immigration de Bretons, venus de Grande-Bretagne. Ceux-ci établissent des petits royaumes ennemis des Francs.. Les guerres entre Francs et Bretons sont d'ailleurs fréquentes entre le , et le Maine est soumis à plusieurs attaques bretonnes. Pour sécuriser leur frontière, les Francs mettent en place la marche de Bretagne, une zone tampon comprenant plusieurs forteresses et qui s'étale du Poitou à la Normandie..

Le gendre de Charlemagne, Rorgon (ou Roricon) , est attesté comte du Maine en 833 et 839. Dans la seconde moitié du , le comté prend une importance stratégique en raison des incursions normandes et bretonnes. Le fils de Rorgon, Gauzfrid, comte du Maine, combat le roi des Bretons Salomon et participe à la bataille de Brissarthe (866) contre les Normands, aux côtés de Robert le Fort.

Parallèlement, aux , il existe un duché du Mans (ducatus Cenomannicus) qui sert d'apanage pour plusieurs princes carolingiens et s’intègre dans le comté du Maine. Apparemment, ce duché est une sorte de marche, regroupant peut-être plusieurs comtés dont celui du Maine. Il s'étend en Basse-Normandie, jusqu'à la Seine. En 748, le maire du palais Pépin le Bref donne ce duché à son demi-frère Griffon. En 790, Charlemagne fait de même en faveur de son fils Charles le Jeune, avec le titre de roi. Le futur Charles le Chauve et le jeune Louis le Bègue sont aussi duc du Mans grâce à leur père. Au plus fort des invasions scandinaves, un certain Ragenold, mort en 885, est connu avec ce titre (Ragnoldus dux Cinnomanicus)Élisabeth Deniaux, Claude Lorren, Pierre Bauduin, Thomas Jarry, la Normandie avant les Normands, de la conquête romaine à l'arrivée des Vikings, Rennes, Ouest-France, 2002, et .. Vers 895, le comté du Maine est arraché aux Rorgonides par Roger, gendre de Charles le Chauve et allié des Robertiens.

Une principauté tampon entre Normandie et Anjou thumb|Le palais des comtes du Maine. Le roi aurait donné le comté en 924 au duc de Normandie RollonLes Annales de Flodoard explique que Rollon reçut Cinomannis et Baiocæ que les historiens ont traduit par le Bessin et le Maine. Parmi eux, Lucien Musset estime peu probable que le Maine fut concédé. Il pense qu'il s'agissait juste de la partie du Maine que les Normands contrôlaient déjà, en l'occurrence l'Hiémois. En tout cas, selon l'historien normand François Neveux, "cette hypothétique cession du Mans et de sa région aux Normands servit cependant plus tard, dans le courant du , à étayer les prétentions des ducs sur le Maine (François Neveux, La Normandie des ducs aux rois, Rennes, Ouest-France, 1998, )..

À côté de la famille comtale, plusieurs dynasties locales apparaissent vers l'an mil. En effet, les comtes offrent des terres et des points stratégiques à de nouveaux seigneurs. De nombreux châteaux forts sont construits, notamment ceux de Laval, Sillé-le-Guillaume, Lassay, Château-Gontier et Sainte-Suzanne. Au même moment, des abbayes sont fondées par des religieux locaux, mais parfois aussi venus d'Aquitaine et d'Auvergne. Les plus grandes abbayes de l'époque sont celles de la Roë, celle d'Étival, celle d'Évron et celle de Solesmes. Les moines défrichent de vastes étendues forestières et permettent un essor agricole. Au , d'autres abbayes sont fondées par des membres de la famille comtale, comme celle de l'Épau.

thumb|left|upright=0.5|Geoffroy Plantagenêt. Au , le comté du Maine est un enjeu entre les deux puissances montantes de l'époque : le comté d'Anjou et le duché de Normandie. doit reconnaître la suzeraineté du comte mais sans enfant, est forcé de désigner dans son testament Guillaume le Conquérant comme son successeur. En 1063, ce dernier s'empare du Maine avec le siège et la prise du château de Mayenne., malgré l'opposition de plusieurs seigneurs (Hubert de Sainte-Suzanne, ). Son fils Robert Courteheuse est marié avec Marguerite du Maine († 1063), sœur d' et devient, nominalement, comte du Maine après la mort de sa femme. Mais c'est Guillaume le Conquérant qui contrôle le territoire. Une dynastie vicomtale existait à la même époque au Mans.

vignette|droite|Château du Mans ().

Les Normands tiennent difficilement le Maine. Ils se heurtent à l'opposition des barons locaux comme et à l'influence du comte d'Anjou Foulque le Réchin. En 1070, les Normands sont chassés par une révolte qui porte au pouvoir Azzo d'Este, le mari de Gersende du Maine, fille de . Ils reviennent temporairement dans la capitale en 1073, en 1088, en 1098 et 1099. Élie de Beaugency, le neveu de Gersende du Maine, finit par s'imposer comme comte. Sa fille épouse le comte qui récupère le Maine en 1110 à la mort d'Élie. Henri Beauclerc accepte de le reconnaître comte du Maine en contrepartie de la reconnaissance de la suzeraineté de la Normandie sur le Maine. transmet le comté à son fils Geoffroy Plantagenêt. À la mort de Geoffroy, en 1151, son fils Henri déjà duc de Normandie depuis 1150, réunit enfin les trois régions.

Du , l'économie du Maine se développe et des villes comme Le Mans et Laval croissent de façon rapide.

Rattachement au domaine royal 250px|thumb|Vue sur le château de Laval et la Mayenne.

En 1204, le roi Philippe Auguste s'attaque à l'Empire Plantagenêt dirigé par Jean sans Terre. Le duché de Normandie est pris tandis que le sénéchal Guillaume des Roches s'empare pour le compte du roi de France de l'Anjou, de la Touraine et du Maine. Le Maine est définitivement rattaché au domaine royal en 1328, lorsque Philippe de Valois, comte du Maine et d'Anjou, devient roi de France. En 1331, il est érigé en comté-pairie.

Rivalité avec les seigneurs puis comtes de Laval Le baron de Laval devait au comte du Maine huit chevaliers d'ost pour le besoin de la communeJacques Le Blanc de la Vignolle, Commentaire manuscrit sur la coutume du Maine.. La cité de Laval est évoquée dès le . Laval, baronnie ancienne et d'une grande étendue, possédait la particularité d'appartenir à la Bretagne et à la province du Maine. Détachée de la lignée des Montmorency, la famille de Laval siégeait aux états de Bretagne. Pour l'Art de vérifier les datesChronologie historique des sires, puis comtes de Laval, 1784, , ., le jour même de la cérémonie de son sacre ()Dans les mêmes temps la ville et le château de Laval étaient au pouvoir des Anglais., , dans un conseil nombreux qu'il tint, érigea la baronnie de Laval en comté, relevant nûment du roi, par lettres qui furent vérifiées au parlement le .

L'érection de Laval en comté prenant son indépendance sur le comté du Maine, n'avait pas été vue avec plaisir par Charles d'Anjou, comte du Maine. Le comte de Laval eut à lutter pour se mettre en possession des droits et des prérogatives qui ressortaient de la concession royale.

L'histoire représente partout les comtes de Laval aux côtés des anciens pairs, des princes et du roi même. Ainsi par exemple, l'assiette de l'assemblée tenue à Vendôme pour la décision du procès du Duc d'Alençon en 1458 met au même niveau le comte du Maine, et le comte de Laval.

Charles d'Anjou, comte du Maine, pour conserver l'hommage et la supériorité sur la seigneurie de Laval, s'opposa à cette érection, disant, que le roi n'avait pu faire de son vassal un comte en pareille dignité que lui.

Un arrêt du parlement séant à Poitiers, porte que la dame de Laval et son fils aîné , jouiraient des titres et honneurs qui lui avaient été accordés, sauf des droits du comte du Maine. , par lettres expresses du , confirma au comte et à ses successeurs les prérogatives accordées par le roi, son père. En 1467, par lettres du , pour l'égaler aux princes du sang, il accorda au comte de Laval le privilège de précéder le chancelier et les prélats du Royaume, comme il l'avait accordé aux comtes d'Armagnac, de Foix et de Vendôme.

Guerre de Cent Ans et guerres de Religion thumb|Charles de Mayenne.

Après la bataille de Verneuil en 1424, les Anglais occupent le Maine, et Jean de Lancastre en prend le titre comtal. Les Anglais n'abandonnent le Mans qu'en 1448 et Fresnay en 1449.

Séparation du Maine et de l'Anjou Après la Grande charte de distraction (1481) À la mort de , comte du Maine, dernier de la maison d'Anjou, le comté du Maine retourne à la couronne par la loi d'apanage. Après la Bourgogne, ce dernier rattache ainsi un nouvel apanage, le comté du Maine à la couronne de France.

acheva ce que son prédécesseur avait commencé, en prononçant la distraction entière et la séparation absolue du comté de Laval. Il ajouta par lettres de données à Thouars (v. st.), celle de distraire le comté de Laval du comté du Maine pour être dans la mouvance immédiate de la couronne, avec pouvoir de nommer à tous les offices royaux qui se trouvaient dans son district. Il y fut ajouté l'attribution de la connaissance des appellations du sénéchal de Laval au parlement de Paris.

Par cette charte appelée la Grande Charte de distraction, le comté de Laval fut à l'avenir, et perpétuellement, tenu et mouvant nûment à foi et hommage lige du roi, à cause de sa couronne, et non à cause de son comté du Maine. La ville chef-lieu eut un bailliage distinct, rapporté ainsi sur les rôles du parlement, Anjou, Maine, Laval, Perche, etc. Le juge de ce siège pouvait se qualifier de bailli et sénéchal de Laval.

En 1480, afin qu'il ne restât plus aucune juridiction aux juges du Maine, établit à Laval une élection, un grenier à sel, et un juge des exempts et des cas royaux ; en 1482, ce prince donna aux seigneurs comtes de Laval la nomination aux offices royauxIl ne restait au sénéchal du Maine comme droit sur le comté de Laval, que la prétention des cas royaux, et des exemptions par appel dont le sénéchal de Laval ne pouvait pas connaître ; les habitants de tout le comté de Laval étaient aussi sujets à l'élection du Mans, ce qui rendait la séparation imparfaite contre l'intention du roi. Ce dernier va créer un juge par appel et des cas royaux, et une élection spéciale pour le comté de Laval, dont il attribue la nomination au comte de Laval..

Le roi , fils et successeur de :