Au-delà du principe de plaisir est un ouvrage publié par Sigmund Freud en 1920, qui marque un tournant important dans la théorie freudienne des pulsions, avec l'introduction des pulsions de mort (thanatos) et de vie (éros). Présentation Freud annonce la fin de la rédaction, à Lou Andreas-Salomé en , et à Sándor Ferenczi en . Il indique à ses interlocuteurs qu'il s'agit d'une contribution à la métapsychologie. Il y introduit une modification en 1920, le chapitre 6Ilse Grubrich-Simitis, Freud, retour aux manuscrits. Faire parler des documents muets (Zurück zu Freuds Texten. Stumme Dokumente sprechen machen, 1993), trad. de l'allemand par René Lainé et Johanna Stute-Cadiot, Paris, Puf, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 1997.. L'ouvrage est finalement publié en à Leipzig à lInternationaler psychoanalytischer VerlagŒuvres complètes de Freud / Psychanalyse, Volume XV, Paris, Puf, .; il sera remanié dans les éditions successives entre 1921 et 1925. Il est traduit en français par Samuel Jankélévitch, et publié en 1927, dans l'ouvrage Essais de psychanalyseDr Sigmund Freud Essais de psychanalyse, traduit de l'allemand avec l'autorisation de l'auteur par le Dr S. Jankélévitch, 1927 , notice Sudoc ..
Au-delà du principe de plaisir inaugure le tournant théorique décisif des années 1920 qui donnera naissance à la seconde topiqueJean-Michel Quinodoz, « Au-delà du principe de plaisir. S. Freud (1920g) », , in Lire Freud, Puf, 2004 . Michèle Porte écrit : . C'est en effet, selon cette auteure, .
Éditions Sigmund Freud, Jenseits des Lustprinzips, Leipzig-Vienne-Zurich, Internat. Psychoanal. Verlag, 1920g & G.W. XIII, . 1927, Au-delà du principe de plaisir, traduit par S. Jankélévitch, in S. Freud, Essais de psychanalyse, Paris, Payot, . 1981, Au-delà du principe de plaisir, traduit par J. Laplanche et J.-B. Pontalis, in S. Freud, Essais de psychanalyse, Paris, Payot, . 2010, Au-delà du principe de plaisir, traduit par J. Laplanche et J-B. Pontalis, Préface d'Élise Pestre, Paris, Payot, coll. "Petite Bibliothèque Payot", 1996, Au-delà du principe de plaisir, traduit par J. Altounian, A. Bourguignon, P. Cotet, A. Rauzy, in Œuvres complètes de Freud / Psychanalyse, Volume XV, Paris, PUF, , 2013, Au-delà du principe de plaisir, traduit par J. Altounian, A. Bourguignon, P. Cotet, A. Rauzy, Préface de Jean Laplanche, Paris, PUF, collection Quadrige, 2013, Jenseits des Lustprinzips. Neu-Edition, Erstabdruck der Urfassung (1919) und Kommentar in Luzifer-Amor, N° 51 (sous la direction de Michael Schröter), Francfort-sur-le-Main, Brandes & Apsel Verlag, .. thumb|left|1923, 3e édition de Jenseits des Lustprinzips à l' Internationationaler psychoanalytischer Verlag, avec Psychologie des masses et analyse du moi et Le Moi et le Ça.
Controverses éditoriales en retour aux manuscrits En 2010, l’œuvre et la correspondance de Freud tombent dans le domaine public, ce qui rend désormais plus accessible le retour aux textes freudiens dans leur genèse, d'où certaines controverses à propos du travail éditorial sur l'essai particulièrement important que représente Au-delà du principe de plaisir dans l'histoire de la théorie psychanalytique.
Dans un article de 2014, Renate Sachse rend compte du numéro 51 de la revue d'histoire de la psychanalyse Luzifer-Amor qui s'apparente exceptionnellement, selon elle, à une concernant les différentes phases d'écriture par Freud d'Au-delà du principe de plaisir Freud, Jenseits des Lustprinzips. Neu-Edition, Erstabdruck der Urfassung (1919) und Kommentar in Luzifer-Amor, N° 51, sous la direction de Michael Schröter, Francfort-sur-le-Main, Brandes & Apsel Verlag, 2013, , Renate Sachse, « Luzifer-Amor numéro 51. Zeitschrift zur Geschichte der Psychoanalyse », Essaim, 2014/1 (n° 32), . DOI : 10.3917/ess.032.0103. . Dans ce texte important, Freud élabore le troisième temps de la théorie des pulsions et introduit la pulsion de mort (le Todestrieb) . En partant des deux manuscrits préparant chez Freud la version définitive de Jenseits des Lustprinzips — celle des Gesammelte Werke (Œuvres complètes) —, les coauteurs du numéro, Ulrike May et Michael Schröter, présentent une nouvelle édition où ils exposent , ce qui représente en soi , mais qui donne lieu en 2013 à des controverses, notamment à une sévère critique d’ dans la revue psychanalytique , Grubrich-Simitis étant connue pour ses travaux sur les manuscrits de Freud . Dans le premier manuscrit d'Au-delà le principe de plaisir écrit par Freud entre mi-mars et mi-, il n'est question ni de « pulsion de mort », ni d'« eros ».
Composition et analyse de l'ouvrage thumb|Sigmund Freud vers 1921, par Max Halberstadt Selon Jean Laplanche, le texte est .
Chapitre I. Freud cherche à réduire d'éventuelles difficultés intrinsèques dans le fonctionnement du principe de plaisir en adoptant ce qu'il appelle le point de vue économique. Le plaisir correspond à une diminution de la tension, le déplaisir à un accroissement de cette tension. Freud fait alors appel à des notions plus techniques, comme celles de l’homéostase ou de la stabilité : . Chapitre II. D'autres difficultés auxquelles se heurte le principe de plaisir ont trait à une situation traumatique ou posttraumatique, telle que celle-ci peut se produire d'une part dans les névroses d'accident et dans les névroses de guerre, d'autre part avec des traumatismes moins violents comme dans le jeu de très petits enfants (jeu de la bobine), ainsi que Freud l'observe dans le cas de son petit-fils Ernst. Chapitre III. Freud argumente sur sa longue expérience du travail analytique et sur l’universalité du transfert dans la cure, du fait que les patients préfèrent répéter le refoulé plutôt que de s’en souvenir, se trouvant ainsi sous l’emprise de la contrainte de répétition. Il ajoute la notion de « contrainte de destin » à partir d'un épisode poétique du Tasse qui en représente une réalisation saisissante. Chapitre IV. D'après Laplanche, les chapitres IV et V peuvent en fait être abordés conjointement étant donné l'avertissement : . Il va s'agir du thème de la mort, d'autant plus présent qu' Au-delà le principe de plaisir est rédigé à la sortie de la guerre de 1914-1918. Freud remonte aussi à ses anciens articles métapsychologiques. Il part . Il reprend le schéma de l’appareil psychique du chapitre spéculatif de L'Interprétation du rêve (1900), en reconstruisant cet appareil . Ce qui est nouveau, c’est . Douleur et traumatisme sont décrits comme des effractions du pare-stimuli (ou « pare-excitation »). D'après Michèle Porte, le pare-excitation a pour fonction de définir le trauma du point de vue économique et d'introduire ensuite la fonction de . Chapitre V. À partir de ce chapitre qui prolonge d'abord la voie de la contrainte de répétition, Michèle Porte observe comment . Freud livre sa réflexion : . Étant donné l'antériorité posée d'un état sans vie déjà là par rapport au vivant, on est en droit de dire, écrit Jean Laplanche en commentant ce passage, que . Laplanche en tire pour sa part la conclusion suivante : . À contre-courant toutefois, le personnage d' « Éros » entre en scène en fin de chapitre, en quelques lignes. Chapitre VI. Une fois admis le grand dualisme des pulsions de vie et des pulsions de mort, Freud reprend sa spéculation en faisant une place aux auteurs (Fliess, A. Weismann, Jung…), puis se trouve . Il s'ensuit l'équation : pulsions du Moi=pulsions de mort, pulsions sexuelles=pulsions de vie. Avec le rappel du mythe d'Aristophane sur les origines de l'amour énoncé dans Le Banquet de Platon, l'hypothèse selon laquelle , il s'avère qu' , tandis qu'au contraire, la pulsion de mort désagrège les organismes : dès lors, . Chapitre VII. Ce chapitre qui vaut pour une conclusion soulève cependant beaucoup de nouvelles questions ; le principe de plaisir est interrogé sur ses relations avec les divers concepts . Jean Laplanche cite quelques formules clés jalonnant l'exposé, qui sont à retenir comme celle des et encore celle-ci : .
Réception De cet essai, Jean Laplanche dit qu'il est , tant l'auteur y manifeste d'audace et de liberté. Mais il a été souvent mal accueilli (par exemple, par Ernest Jones), en raison de sa difficulté. À l'inverse, Sándor Ferenczi en avait anticipé le thème dès 1913. Selon Michèle Porte, la pulsion de mort a été (Melanie Klein), soit ravalée au rang de justification d'un point de vue structural (Jacques Lacan).
Références
Voir aussi Bibliographie (Dans l'ordre alphabétique des noms d'auteurs)
, Freud, retour aux manuscrits. Faire parler des documents muets (Zurück zu Freuds Texten. Stumme Dokumente sprechen machen, 1993), trad. de l'allemand par René Lainé et Johanna Stute-Cadiot, Paris, Puf, coll. « Bibliothèque de psychanalyse », 1997,
, . . . . . Renate Sachse, « Luzifer-Amor numéro 51. Zeitschrift zur Geschichte der Psychoanalyse », Essaim, 2014/1 (n° 32), . DOI : 10.3917/ess.032.0103. Jacques Sédat, « La pulsion de mort : hypothèse ou croyance ? », Cliniques méditerranéennes, vol. 77, no. 1, 2008, .
Articles connexes Principe de plaisir Répétition (psychanalyse) Jeu de la bobine Pulsions (psychanalyse)
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