vignette|Prisonniers britanniques sur les îles Andamans. La colonie pénale, aussi appelée colonie pénitentiaire, est un lieu aménagé dans des territoires d'outre-mer qui est dédié à la détention de certaines personnes condamnées à une peine privative de liberté et à des travaux forcés (criminels, opposants politiques)

En France, les colonies pénitentiaires prenaient plusieurs formes : établissements fermés, publics ou privés, agricoles ou industriels ; certains faisaient travailler des enfants jugés délinquants ou en situation de dangerosité : les bagnes pour enfants.

Origine Les établissements pénitentiaires pour adultes ont été créés loin de la métropole, sur des îles ou dans des territoires éloignésexemples: bagne de l'île de Ré, bagne des îles du Salut en Guyane française.. Les Britanniques, les Français et les Russes en ont ainsi créé en Amérique du Nord, en Australie ou sur l'île de Sakhaline.

Ils constituaient des réserves de main d'œuvre à faible coût dans un contexte d'industrialisation croissante, pour les travaux pénibles et dangereux comme le défrichage ou l'exploitation des mines souterraines. Ils protégeaient la société des délinquants, ou des vagabonds considérés comme étant un danger.

Les détenus ayant purgé leur peine pouvaient devenir les premiers colons du territoire, comme en Guyane ou sur l'île de la Réunion. La « colonisation pénale » est courante entre 1850 et 1930.

Bagnes pour enfants

Les colonies pénitentiaires pouvaient devenir des lieux d'enfermement pour enfants. Elles précèdent les « maisons de correction » puis les « maisons d'éducation ». Tout au long du XIXe siècle, un enfant pouvait être jugé et enfermé au même titre qu'un adulte.

Certaines colonies pénitentiaires étaient spécialisées, comme la colonie pénitentiaire publique à vocation maritime et agricole de Belle-Île-en-Mer⁣⁣, créée en 1880. Frédéric Auguste Demetz, fondateur de la Colonie agricole et pénitentiaire de Mettray a créé un lotissement de dix maisons situées autour d'une église. Ce lotissement était destiné à accueillir de jeunes enfants. Des colons, mis à la tête de chaque maison, se comportaient comme des chefs de « famille ». Cet établissement était conçu comme un quartier ou un village, contrairement aux prisons traditionnelles. L'enfant y vivait avec sa « famille », à proximité de ses voisins, de l'église et des « ateliers » où il travaillait.

Par pays

France

Les colonies pénales françaises en Algérie, en Guyane puis en Nouvelle-Calédonie, étaient des colonies de peuplement. La France envoyait une partie de sa population (hommes, femmes et enfants) pour créer y établir une présence pérenne et autonome. Ces nouvelles sociétés se développaient grâce à l'agriculture, en particulier. Elles se différencient de la colonie-comptoir, ou d'administration, comme en Indochine, par exemple. La colonisation de peuplement était la forme la plus violente de colonisation, s'accompagnant parfois de nettoyage ethnique ; les colons faisaient alors disparaître les populations et les cultures autochtones en place.

Dans ce contexte d'impérialisme européen, Napoléon III a institué les bagnes coloniaux par la loi du . L'article 1 sur la Transportation disposant que .

La plupart des prisonniers libérés restaient dans les colonies de peuplement, soit par obligation légale (astreints à résidence en Algérie, Guyane ou Nouvelle-Calédonie), soit parce qu'ils n'étaient pas en mesure de regagner la métropole. Les décisions les concernent visaient à combler le manque de main-d’œuvre sur place ; les pertes étaient sévères à cause des conditions de vie difficiles.

La loi du a instauré la relégation des récidivistes, et entraîné : après leur peine, les condamnés récidivistes ne pouvaient pas revenir en métropole. Ils devaient purger une deuxième peine de relégation, de la même durée que leur condamnation aux travaux forcés. Les bagnards appelaient cela le « doublage » et se qualifiaient entre eux de « durs », « ceux d'en bas » pour les récidivistes, ou de « pieds-de-biche », « ceux d'en haut », pour ceux qui étaient condamnés pour la première fois.

Grande-Bretagne La Grande-Bretagne pratiquait la déportation des condamnés criminels au bagne dans les colonies britanniques. Ils partaient en Amérique à partir des années 1610 et jusqu'à la révolution américaine dans les années 1770, puis dans les colonies pénitentiaires en Australie entre 1788 et 1868, notamment à Botany Bay qui fut la principale colonie pénitentiaire d'Australie.

Comme en France, les pontons-prisons ont été utilisés jusqu'à la mise en place d'un système pénitentiaire moderne inspiré du système de Jeremy Bentham.

Argentine L'Argentine comptait un bagne appelé « prison des récidivistes » La prison d'Ushuaïa - Le bagne militaire, museomaritimo.com ou le « pénitencier de la fin du monde »La prison des récidivistes ou le pénitencier de la fin du monde - korke.com - 6 juillet 2013 à Ushuaia, projet lancé en 1883. Il a accueilli ses premiers prisonniers en et a été fermé en 1947.

Mali Le Mali a géré un bagne dans le désert du Tanezrouft, à Taoudeni. Il a été fermé en 1988.

Russie

Le système judiciaire de l'Empire russe comprenait des katorgas, mot qui peut se traduire par bagne. Ceux-ci se distinguent des camps de concentration et du goulag. Ce système est créé au .

Belgique Un bagne a été créé à Anvers en 1801lors de la Première République française ou 1804sous le règne de Napoléon, et a été aboli en 1821 ou 1822 sous la présence néerlandaise lors de la réforme du système pénitentiaire.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Bagne Galères (peine) Travaux forcés Prison agricole Prisons Colonisation Déportation en droit français Déportation pénale Loi Waldeck-Rousseau (relégation)

Bibliographie

Liens externes

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