Thomas Dobrée, né le Acte de baptême de Thomas I : Réformés, vue 17, AMN Registres paroissiaux. Parrain : Nicolas Dobrée, juge à Guernesey, marraine : Véronique Battier, veuve Schweighauser, grand-mère. Le baptême a lieu seulement le 3 janvier 1782. à Nantes, en France, et mort le dans la même villeActe de décès de Thomas I : et cantons, vue 139, AMN État civil., est un armateur et industriel nantais.
Son fils, Jean Frédéric Thomas Dobrée, étant également appelé par usage "Thomas Dobrée", les formes « Thomas I Dobrée » et « Thomas II Dobrée » sont parfois employées pour les distinguer.
Biographie Originaires de Normandie, mais établis depuis le à Guernesey, les Dobrée sont une famille protestante, qui a participé pendant trois générations à la vie économique et politique de la ville d'adoption.
Pierre FrédéricDécès de Pierre Frédéric Dobrée le 21 vendémiaire an X (13 octobre 1801) à Nantes. On trouve aussi à Nantes un Pierre Joseph Dobrée, décédé le 8 janvier 1790 (Saint-Similien, vue 2), mais qui est catholique., cousin du gouverneur de la Banque d'Angleterre Bonamy Dobrée, s'établit à Nantes au cours du et y exerce une activité d'armateur. Il est le négociant des lumières qui a lancé l'affaire familiale.
Thomas, fils de Pierre Frédéric Dobrée et de Marie Rose SchweighauserDécès de Marie Rose Schweighauser le 11 novembre 1781, entre la naissance de Thomas et son baptême., est aussi armateur, mais il diversifie l'activité de sa maison, qu'il va faire grandir grâce à ses talents d'entrepreneur et d'innovateurArmateurs d'arts : les Dobrée, brochure éditée par le Conseil général de la Loire-Atlantique, Direction de la culture, Archives départementales, en 2011..
200px|vignette|gauche|Portrait de son épouse, Frédérique Möller (1778-1858). Le , séjournant à Hambourg, il épouse Frédérique Möller, née à Nantes en 1788Acte de mariage de Thomas I enregistré à Nantes le 27 septembre 1809 : division, vue 61. Frédérique Marguerite Elisabeth Möller est née à Nantes le mars 1788 (Acte : Réformés, vue 32) ; en 1808, les époux Möller ont divorcé, Frédérique vit avec son père à Hambourg, dont il a un enfant en 1810 : Jean Frédéric Thomas, généralement désigné simplement comme « Thomas ». Frédérique Möller est la fille de Joachim Jean Möller, de Bergen (Norvège), banquier et négociant à Nantes et Hambourg, consul du Danemark en Bretagne, acquéreur du château de Chassenon, et de Catherine Paschen, de Hambourg.
Dans les années 1810, il est un promoteur de l'activité baleinière à Nantes.
Il est conseiller municipal et est élu juge au tribunal de commerce de Nantes à partir de 1813Tribunal consulaire a Nantes, Veuve Mellinet, 1870.
Il est à noter qu'il ne pratique pas la traite négrière (même si l'esclavage a été rétabli en 1802 par Napoléon, la traite reste illégale avant d'être formellement interdite en 1831), ce qui n'empêche pas certains armateurs nantais de continuer à se livrer à ce traficLes armateurs sont alors soit des nouveaux venus, soit des armateurs secondaires du ; les grands noms de la traite ne réapparaissent pas.. On a de lui une lettre écrite en 1814 (donc avant l'interdiction) sur ce sujetLettre du 6 juin 1814 adressée à Müller (?), citée dans Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes au temps de la traite des Noirs, Hachette (coll. La vie quotidienne), Paris, 1998, 278 p. [], .. Il y développe successivement : les faits qui rendent la traite attractive ; les arguments qui vont totalement à son encontre ; les arguments qui visent à démontrer que la traite est un moindre mal. Il se dit hésitant sur la conduite à adopter et sollicite l'avis de son correspondant. En fin de compte, il ne s'y est pas engagé, et même, il va entrer dans le mouvement abolitionniste en devenant membre de la Société de la morale chrétienne, créée au début des années 1820 en Angleterre, puis en France. Mais sa position ne reflète pas celle des négociants nantais de la Restauration.
Il se consacre aussi au développement de l'industrie : en particulier, il joue un rôle important dans les premiers temps des forges de Basse-Indre, en liaison avec des investisseurs britanniques. Il n'est pas présent dès la fondation en 1820, mais intervient dès 1823, avec l'aide du banquier Goüin (Éd. et J. Goüin)., alors que l'usine est encore en construction, et devient l'élément central de la Société des Forges de Basse-Indre, créée en 1825 à la suite des difficultés de la première société. Il est probable que son décès prématuré en 1828 contribue à l'échec (provisoire) de l'entreprise en 1829. Il projette également, avec son beau-frère Ignace Möller, l'installation de trois hauts fourneaux dans le bassin houiller de Faymoreau par pétition du .
Il meurt le , âgé de 47 ans, à son domicile situé au de la place Graslin ; son épouse décède 30 ans plus tardLe 8 juin 1858 : Nantes, canton, vue 30..
Hommages Il a donné son nom à la rue Dobrée, à Nantes.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie « Armateurs d'art : les Dobrée », dans Liens d'archives, ADLA, Nantes, , 24 p. Numéro spécial consacré à l'exposition homonyme (-) aux Archives départementales de Loire-Atlantique. , iconographie en couleur. . Philippe Hervouët, Thomas Dobrée et la passion du beau, biographie romancée de Thomas Dobrée (1810-1895), Opéra, 2015
Articles connexes Musée Dobrée Forges de Basse-Indre
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