Le Bourny est un quartier résidentiel du sud-ouest de la ville de Laval, dans le département de la Mayenne, en France. Ce quartier compte plus de 3100 habitants, principalement dans des maisons individuelles et des bas immeubles. Il dispose de divers services et infrastructures de transport, de commerce, d'éducation, de culture, de santé.
Edifié au début des années 1970 selon les plans de l'architecte et urbaniste M. Maison, le quartier du Bourny s'élève originellement sur un territoire à double influence : rurale avec quelques fermes et un manoir ; ainsi qu'industrielle autour de l'activité chaufournier de la famille Gerbault. Le projet péri-urbain de la Ville de Laval modifie profondément la typologie du territoire pour devenir un espace principalement résidentiel.
Le surnom de « labyrinthe » donné par les lavallois à ce quartier provient de l'originalité du plan urbanistique du Bourny, caractérisé par de nombreuses impasses et des rues en spirales.
Le Bourny fait partie du quartier administratif « Bourny-Fourches ».
Géographie Le Bourny se trouve sur un sol calcaire au relief ondulé. Les rues du quartier suivent ces ondulations et forment un ensemble de courbes et d'impasses. Le quartier est limité au nord par le boulevard Jean Jaurès, l'un des principaux accès au centre de Laval, entouré par une zone commerciale. À l'ouest et au sud, Le Bourny est limité par l'avenue de l'Atlantique et par le boulevard du 8 Mai 1945. À l'ouest, le quartier est limitrophe de la commune de Saint-Berthevin.
La place de la Commune occupe le centre névralgique du quartier. C'est là que se trouvent les principaux commerces et les seuls immeubles d'habitation (HLM) ne dépassant pas les 5 étages. La zone pavillonnaire s'est développée autour de cette place centrale. Le tracé des rues, volontairement sinueux, et la grande quantité de priorités à droite obligent les automobilistes à ralentir.
De nombreux chemins piétonniers reprenant les anciens chemins ruraux traversent le quartier jusqu'à la place de la Commune. Il existe beaucoup de rues sans issue et d'impasses qui ne facilitent pas l'orientation et la circulation. Paradoxalement, il n'y a que trois entrées pour les véhicules. Le quartier a peu à peu acquis une réputation de labyrinthe.
En 2020, le Bourny est desservie par deux lignes régulières de bus du réseau "TUL" : la ligne B (Jaunaie - Technopolis) et la ligne G (Volney - Epine). Un service de nuit est également prévue par la ligne FLEXO entre 21h30 et 22h30.
Histoire De la période néolithique à la Révolution française La découverte d'une hache à douille datant de l'âge du bronze (entre -1200 et -750) atteste une présence humaine pendant la Protohistoire. Une route existait probablement et les vestiges d'une activité métallurgique durant la période gallo-romaine ont aussi été mis en évidence.
Le château à motte du Rouessé est construit vers 1100 par Geoffroy de Rouessé, vassal de la famille de Saint-Berthevin. D'abord en bois, il est reconstruit en pierre en 1622. Le manoir de Rouessé conserve aujourd'hui un étonnant style architectural Louis XIII inspiré de la Renaissance (toiture pentue, larges fenêtres, jambage et meneaux de pierre, etc.). Il a fait l'objet de travaux d'agrandissement aux .
Sous l'Ancien Régime, le territoire du quartier est occupé par plusieurs hameaux, comme Le Bourny marquant l'entrée (parfois appelé La Bournil ou Le Bournil dans les recensements entre 1872 et 1901), qui lui donne son nom, mais aussi La Layerie, la Croix-des-Landes, ou La Hudaudrie. Le territoire se trouve également sur la paroisse de Grenoux, qui est rattachée à Laval en 1863. Auparavant, le Bourny ne fait donc pas partie de la ville.
Au cours de la période révolutionnaire (1789-1799), l'ensemble des biens du manoir de Rouessé sont saisis et estimés. La famille est considérée comme « émigrée » et proche des contre-révolutionnaires.
L'époque moderne : la nouvelle vocation industrielle du Bourny L'exploitation du calcaire et les fours à chaux de l'Usine du Bourny Les sous-sol du futur quartier du Bourny sont riches en calcaire et en marbre rose : caractéristique qui marquera l'histoire du territoire jusqu'à nos jours. Ainsi, dès le , les propriétaires du manoir de Rouessé exploitent une carrière dont la pierre alimente un unique four à chaux domestique utilisé pour la construction et l'entretien des bâtiments du domaine. Au début du siècle, la zone possède au moins quatre carrières de petite taille. Le , Pierre-Jacques Gerbault (1827-1878), future maire de Saint-Berthevin, demande l'autorisation d'ouvrir une carrière, dîte "Carrière Nord"' dans le champ de la Goumétrie afin de fournir en pierres les différents fours à chaux des alentours. En 1844, il demande à la préfecture de construire les premiers fours à chaux dans un champ dépendant de la closerie du Bourny. En 1852, Pierre-Jacques Gerbault demande à ouvrir une nouvelle carrière plus au sud pour répondre à la hausse de la demande de la chaux. L'Usine du Bourny est officiellement fondée en 1858 et la construction des quatre fours se termine en 1874. Avec l'arrivée de la machine à vapeur, les Gerbault perfectionnent leurs fours pour une cuisson permanente de 1 000 °C. Alain Gerbault, petit-fils de Pierre-Jacques Gerbault, naît dans cette famille aisée spécialisée dans l'exploitation des four à chaux en 1893. Célèbre skipper, il est le premier navigateur à traverser l'Atlantique à la voile en solitaire d'Est en Ouest, ainsi que le premier Français à achever un tour du monde en solitaire à la voile. Il s'installe quelques années dans le manoir de Rouessé, propriété de sa famille.
En 1905, le modèle Gerbault s'essouffle face au développement de l'engrais industriel et à l'appauvrissement des sols liée à l'activité chaufournier. En 1917, la famille stoppe sa production de chaux. Robert Gerbault, le frère aîné d'Alain Gerbault, reprend brièvement les rênes de l'exploitation de 1921 à 1922, avant que lui à son tour mette fin à l'exploitation. L'Usine du Bourny est finalement vendue en 1925 à René Hervé qui décide de construire sur le site un hangar métallique pour y installer des moteurs électriques. En 1935, l'activité chaufournier du Bourny est placée en liquidation judiciaire avec une mise à prix à 30 000F. Les fours à chaux, en parfait état, sont conservés dans le paysage lavallois jusqu'au : date de leur dynamitage. De nos jours, il reste encore quelques traces de ces fours le long du boulevard Jean-Jaurès.
Les centres d’équarrissages Outre les fours à chaux, à la fin du siècle, une importante activité d'équarrissage et de fabrique d'engrais animal est recensée sur l'ancien territoire du quartier du Bourny, plus précisément sur trois lieux-dits : la Croix-des-Landes, la Biennerie et la Boutellerie. Parmi-eux, la Biennerie est l'un des plus importants du département. En 1900, les exploitants équarrisseurs de la famille Pautrel proposent de fournir à la ville de Laval deux terrains pour stocker les boues et immondices des boulevards de la gare. Ce projet est accepté par le préfet.
L'équarrissage de la Biennerie sera en activité jusqu'en 1972. La fermeture du site est un acte de la mairie pour répondre aux mécontentements des nouveaux riverains qui se plaignent des odeurs nauséabondes.
Les carrières de calcaire : des espaces de dépôt d'ordures ménagères pour la ville de Laval (1943-1975) À la fermeture de l'Usine du Bourny, l'ancienne carrière « Coupeau » (située rond-point Jean Jaurès), utilisée pour la fabrication de la chaux, est transformée en dépôt d'ordures ménagères en 1943 par acte municipal. En 1955, la carrière est comblée de déchets et face à la densification de la ville, Albert Goupil (1946-1956), maire de Laval, demande au Préfet de transformer la carrière Sud du Bourny en dépôt d'ordures ménagères (proche du 88 bd Jean Jaurès). La particularité de cette ancienne carrière remplie d'eau est d'être directement connectée par un tunnel de 50m à une seconde carrière, dite carrière Nord (rue Romain Rolland), elle aussi remplie d'eau. Ce tunnel doté d'un barrage à niveau a été construit en 1876 par la famille Gerbault. Une enquête est ouverte formulant trois observations contre le projet : risque de pollution des puits et des sources ; gêne causée par les odeurs ou les fumées ; risque de propagation infectieuse par les mouches ou autres insectes. Elles ne sont pas retenues par les autorités communales, locataires du site, qui décident de boucher le tunnel et vider l'eau de la carrière Sud afin d'ouvrir le dépôt d'ordures ménagères en 1957. Deux ans plus tard, après plusieurs scandales de sécurité liés à des incendies (déchets inflammables) et à la multiplication incontrôlable des rats, la ville de Laval décide de remblayer la carrière Sud alors presque pleine. En 1962, une vaste opération de dératisation est organisée dans la Carrière Sud et aux abords pour lutter contre leur propagation à la suite de la plainte des propriétaires de la ferme des Nupieds, qui auraient en une nuit, perdu une grande partie de leurs champs de blé, dévorés par les rats.
En 1963, les autorités municipales décident de transformer la troisième carrière sur le site en dépôt d'ordures ménagères. Cette carrière "Nord" est choisie malgré des oppositions face à la hausse de l'insalubrité et les nombreux inconvénients que présente le choix du lieu à proximité du futur hôpital de Laval et le nouveau quartier des Fourches sur le site du Rocher. Cette carrière est exploitée jusqu'en 1975 par la ville.
Les emplacements des trois carrières sont aujourd'hui considérés comme des aires non constructibles. Les carrières Coupeau, Nord, Sud sont respectivement : un espace vert communal, des jardins pavillonnaires et une friche.
De la fin des années 1960 au début des années 1990 : la périurbanisation exponentielle du quartier du Bourny Au début des années 1960, l'urbanisation naissante du quartier est marquée par l'acquisition des terrains à proximité des anciens fours à chaux par la ville de Laval en 1963 pour une valeur de 650 000F. Douze fermes sont concernées, dont le propriétaire du Grand Rouessé qui se voit verser une somme supérieure à 440 100F. Fin 1968, l'ensemble des terrains sont classés en Z.A.D. (Zone d'Aménagement Différé), puis en Z.A.C (zone d'aménagement concerté) le - étendue en 1973 - pour répondre à la crise du logement due au baby boom à la fin de la Seconde Guerre mondiale. La planification du quartier du Bourny, connue sous le nom de "Programme Village de l'Ouest" est l'œuvre de l'urbaniste et architecte R. Maison. En 1970, il pense le quartier comme l'antithèse du quartier Saint-Nicolas construit quelques années plus tôt avec pour objectif de créer un environnement interconnecté de logements HLM et de maisons individuelles aux allures presque identiques reliés par de nombreux chemins de verdure. Les premiers pavillons voient le jour en 1974, puis deux tranches de construction leur succéderont : 1975-1977 et 1977-1979. Elles seront complétées par d'autres constructions pavillonnaires dans les années 1980 et 1990. Pensé comme un village autour de la "place de la Commune", l'enchevêtrement de rues, d'impasses, de venelles et de chemins conféra au quartier le surnom de "labyrinthe de Laval" ou "d'escargot". vignette|277x277px|Bâtiment d'habitation de l'architecte Martin Schulz van Treeck