La bataille de la vallée du Rhône se déroule en , entre les armées française et allemande, parallèlement avec la défense de la Loire et la bataille des Alpes, au cours de la dernière étape de la bataille de France (Fall Rot, ce qui signifie « cas rouge » en allemand).
Déjà attaquée par les Italiens sur l'arc alpin depuis le , l'Armée des Alpes du général Olry doit redéployer une partie de ses troupes (Groupement Cartier) pour contrer l'invasion allemande du Sud-Est de la France qui perce jusqu'à la frontière suisse.
Contexte historique
En , les armées françaises engagées en Belgique dans le Nord de la France sont encerclées avec le Corps expéditionnaire britannique et l'armée belge à la suite de la percée des Allemands dans les Ardennes. Encerclés à Dunkerque, les Alliés sont évacués par la mer. Le , la Belgique capitule, l'armée française ne possède plus que 60 divisions et et peu de couvertures aériennes.
Le , la ligne de défense reconstituée sur la Somme et sur l’Aisne cède. La retraite de l'armée française se transforme en déroute, même si quelques unités retraitent en ordre. Devant la progression allemande vers la Seine, et la prise de Paris déclarée ville ouverte le , le gouvernement français qui trouve refuge à Bordeaux, demande que les fleuves et rivières soient mis en défense pour bloquer la progression des armées du Reich vers le sud de la France. Le Rhône et la Loire font partie intégrante de ces obstacles.
Le , Maxime Weygand annonce refuser toute reddition de l'armée française.
Le maréchal Pétain adresse un message aux armées françaises demandant de cesser les combats dans la perspective de l’armistice.
Le , les troupes françaises en pleine débâcle se replient. Le Nord du pays et le Benelux sont désormais entièrement sous contrôle allemand à la suite de la percée de la ligne Weygand et de la perte de la bataille de l'Aisne.
Déroulement de la bataille Avancée allemande sur Dijon et Lyon (15-16 juin) Dès le , le général Olry commandant l'Armée des Alpes a dû prélever des forces, notamment de l'artillerie pour préparer un second front, devant la menace allemande. En effet, le , les Allemands sont à Dijon. Il crée le groupement du général Cartier, avec des unités de bric et de broc, une division coloniale qui servait de réserve d'armée, des marins, quelques chars, de l'infanterie qui se sont repliées depuis le Nord-Est. Ce groupement est équipé avec du matériel de récupération. Les qui le composent vont être chargés de tenir sur trois lignes de défense successives : le Rhône, l'Isère, la Durance.
Les Allemands percent jusqu'à la frontière suisse. Entre les 13 et , les Allemands franchissent le Rhin entre Schœnau et Neuf-Brisach. Guderian s'engouffre alors jusqu'à Pontarlier, atteint le , et Belfort, le , prenant à revers les unités restées dans la ligne Maginot.
Le , Lyon est évacuée ; trois jours plus tard, la ville perd la moitié de sa population. Alors que les Allemands s'approchent de la région lyonnaise, le maréchal Pétain accorde le statut de ville ouverte à Lyon, pour lui éviter les combats, à la demande d'Herriot qui avait été contacté par le préfet de Lyon, Émile Bollaert, qui estimait que toute résistance serait inutileLyon et sa région en juin 1940, Musée d'histoire militaire de Lyon19 juin 1940 - Sauver le drapeau de la Préfecture du Rhône - Le geste patriotique du gardien de la paix Maurice Gex, SHLP. Le , la ville est occupéeL'ouvrage de est une solide référence de cette période..
Défense de Chasselay par les troupes françaises
Devant l'avance allemande sur les deux rives de la Saône (le pont de Neuville-sur-Saône étant notamment resté intact), les soldats français prennent position dans le village de Chasselay et établissent des défenses. Les trois routes conduisant au bourg sont pourvues de chicanesLes derniers combats de la Saône et du Rhône en juin 1940, Serge Desbois, 28 septembre 2011.
À Cros-de-Géorand, le 15 ou , trois Dewoitine D.520 de l'Armée de l'Air effectuent un atterrissage forcéDrames aériens dans le département de l'Ardèche..
Le , la Panzerdivision de Ewald von Kleist continue son offensive vers le sud, sur la rive ouest de la Saône. Le 19 au matin, ses premiers éléments blindés se heurtent à l'artillerie française du d'artillerie anti-aérienne (RDCA) dans le secteur de Chasselay. Une colonne allemande parvient néanmoins à atteindre le carrefour de Montluzin sous le feu des canons de français. Vers 18 h, le 19, les Français battent en retraite, débordés par les fantassins ennemis. Les canons du lieutenant Pangaud sont détruits par les chars allemands. Environ cinquante morts et une vingtaine de blessés sont laissés sur le terrain, faits prisonniers.
À Cheminas le , un Potez 63 appartenant au Groupe de reconnaissance 2/14 s'écrase en raison de mauvaises conditions météorologiques alors qu'il avait été envoyé afin d'effectuer une mission de reconnaissance sur une zone s’étendant de la vallée du Rhône au val de Loire. Les deux membres d'équipage sautent en parachute mais l'un d'entre eux s'écrase au sol.
Dans le secteur de Tournon-sur-Rhône dans la matinée du , un bombardier allemand Dornier Do 17 de la Luftwaffe est intercepté et sérieusement touché par une patrouille de Morane-Saulnier MS.406 du Groupe de Chasse III/I. Il parvient à s'échapper et aurait effectué un atterrissage forcé à Tournon.
Les 19-, les soldats du de tirailleurs sénégalais (RTS) commandés par le colonel Bouriand reçoivent l'ordre de « résister sans esprit de recul » et de défendre la route au nord de Lyon. Les Allemands de l’Infanterie-Regiment Großdeutschland et de la 3 Panzerdivision SS Totenkopf, déferlent sur leurs positions. Les tirailleurs sénégalais, à court de munitions, se rendent, non loin de Chasselay. Ils sont regroupés dans des champs près de la ville et sont massacrés de sang froid par les mitrailleuses et des chars allemandsLes combats du 19-20 juin 1940 au Nord de Lyon, Mémoire-Net.org. Le , quarante-huit Sénégalais sont inhumés par les habitants de Chasselay lesquels font bâtir un tata, alors qu'une quinzaine de blessés sont recueillis et pansés.
Conséquences et défenses de Grenoble-Chambéry vignette|Monument dédié à l'Armée des Alpes à Voreppe en mai 2020 Le , l'armistice est signé entre le gouvernement Pétain et les Allemands, mettant fin aux hostilités.
Trois divisions de la Wehrmacht se dirigent vers les Alpes afin de porter secours aux Italiens tenus en échec et ainsi faire leur jonction. L'artillerie de Cartier bloque cependant l'avancée des blindés allemands à Voreppe (Isère) à une douzaine de kilomètres de Grenoble les 23 et , permettant ainsi à la ville d'échapper à une invasion allemandeDe nombreuses publications relatent ces cinq jours de combat. parmi elles, Général Cartier :"L'arrêt de l'invasion allemande en Dauphiné et Savoie" in: Livre d'Or du Dauphiné. Roissard Éditeur - 1949 Général Mer :" La bataille des Alpes" in Revue Historique de l'Armée - , - juin 1948 Chef de bataillon de Charpin-Feugerolles :" Le Groupement Cartier vu à travers les documents allemands"in Revue Historique de l'Armée - - , novembre 1965. Lieutenand Colonel Guelton :"La Bataille des Alpes", in Actes du Colloque (16 au 18 novembre 2000) : "La Campagne de France 1940" Fondation Leclerc de Hautecloque - Tallandier éditeur - 2001. Ni Grenoble, ni Chambéry – où les Allemands et les Italiens avaient prévu de faire leur jonction – ne sont atteints.
L'Armée des Alpes continue en effet le combat avant qu'un armistice ne soit également signé avec l'Italie de Mussolini dans la villa Incisa à l'Olgiata près de Rome, prenant effet le 25 à , 258..
La ville de Lyon est occupée du au avant l'instauration à la suite des accords d'armistice d'une ligne de démarcation entre la zone libre sous l'autorité du régime de Vichy et la zone occupée par l'armée allemande. Lyon et la région du Rhône seront occupées en novembre 1942 puis libérées en août-.
Notes et références
Annexes Articles connexes Bataille de France Défense de la Loire | Bataille des Alpes Armée des Alpes (Seconde Guerre mondiale) Armistice du 22 juin 1940 | Armistice du 24 juin 1940 Tata sénégalais de Chasselay | Lyon pendant la Seconde Guerre mondiale Incidents aériens en Suisse de 1940
Liens externes
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