L () est le nom de code d'une offensive soviétique ayant entraîné l'encerclement de la allemande, des et roumaines et des éléments de la de Panzer. L'opération faisait partie de la bataille de Stalingrad et était destinée à détruire les forces allemandes positionnées aux alentours de la ville. La planification de l' avait commencé dès et fut développée simultanément à d'autres plans visant à encercler le groupe d'armées Centre () et les forces allemandes dans le Caucase ().
Après l'offensive d'été allemande destinée à prendre le contrôle des champs de pétrole du Caucase et de la ville de Stalingrad, le front s'était démesurément allongé et était devenu particulièrement difficile à défendre. La situation des Allemands fut aggravée par le redéploiement de plusieurs divisions mécanisées en Europe occidentale et par le besoin de renforcer les unités combattant à Stalingrad. Les Allemands ne pouvaient donc compter que sur le de Panzer, qui n'avait plus que la force d'une simple division de Panzer, et sur la de Panzergrenadiers pour renforcer leurs alliés roumains déployés sur les flancs de la allemande. Ces unités roumaines étaient qualitativement très inférieures aux unités allemandes que ce soit en termes d'équipement, d'entraînement et de commandement. De son côté, l'Armée rouge avait déployé plus d'un million d'hommes en prévision de l'offensive dans et autour de Stalingrad. Les mouvements de troupes soviétiques furent rendus difficiles par le besoin de cacher la préparation de l'attaque. En conséquence, le lancement de l' initialement prévu pour le fut repoussé au 17 puis au 19.
Le à (heure de Moscou), les forces soviétiques commencèrent leur attaque sur le flanc nord des forces de l'Axe ; l'offensive au sud commença le lendemain. Si les unités roumaines parvinrent à repousser les premières attaques, elles entamèrent un repli chaotique dès le alors que les Soviétiques brisaient l'ensemble du front. Les réserves des forces de l'Axe furent incapables de résister aux unités mécanisées soviétiques tandis que la ne réagit pas suffisamment vite pour retirer les unités blindées allemandes de Stalingrad et ainsi éviter une défaite imminente. Le , quand les forces soviétiques firent leur jonction à Kalatch-na-Donou, près de de l'Axe avaient été encerclés à l'est du Don. Au lieu d'ordonner une sortie, Adolf Hitler décida de maintenir ses forces dans Stalingrad et de les ravitailler par voie aérienne.
Contexte Le , la Wehrmacht lança l', une offensive contre les forces soviétiques faisant face au groupe d'armées Sud. Après une percée le , les forces allemandes encerclèrent et capturèrent la ville de Rostov-sur-le-Don. Après la prise de la ville, Hitler divisa les unités allemandes combattant dans la région pour s'emparer simultanément de la ville de Stalingrad et des champs de pétrole du Caucase. La responsabilité de la prise de Stalingrad fut confiée à la , qui commença immédiatement sa progression vers la Volga avec le soutien de la Luftflotte 4 de la Luftwaffe. Malgré l'envoi par l'Armée rouge, début juillet, de trois armées de réserve (les , et ) pour bloquer la avant qu'elle n'atteigne la ville, les forces allemandes franchirent le Don le . Le lendemain, la bataille de Stalingrad commença quand des avant-gardes de la entrèrent dans les faubourgs de la ville.
Fin septembre les deux premières offensives de Kotlouban, menées par l'Armée rouge entre le Don et la Volga, pour tenter de dégager la ville et isoler les éléments de pointe de la , s'avèrent être des échecs, malgré l'emploi de trois armées supplémentaires (les et et la de la Garde) et la perte de près de et de David Glantz, Armageddon in Stalingrad, .. Cet échec amène les Soviétiques à se pencher sur une « autre solution », un enveloppement plus large partant de l'ouest du Don. Le plan est probablement ébauché par la Stavka dans la réunion du 27-David Glantz, Endgame at Stalingrad, tome I. Joukov et Vassilievski donnent la date du . Cependant, ils étaient tous deux absents de Moscou et n'y rencontrent Staline ensemble que deux semaines plus tard du 27 au et ses grandes lignes sont définitivement fixées le David Glantz, Endgame at Stalingrad, tome I, ..
thumb|left|Troupes allemandes progressant en Union soviétique, juin 1942. En novembre, la était parvenue à prendre le contrôle de la plus grande partie de Stalingrad en repoussant ses défenseurs sur les berges de la Volga. À ce moment, les renseignements obtenus lors de l'interrogatoire de prisonniers soviétiques et l'activité soviétique en face des flancs de la semblaient indiquer la préparation d'une offensive autour de la ville. Le commandement allemand était cependant plus intéressé par l'achèvement de la capture de Stalingrad. De fait, le chef d'état-major du commandement suprême de l'armée de terre, le général Franz Halder, fut destitué en septembre après notamment ses tentatives pour alerter du danger qui menaçait les flancs étirés à l'extrême de la et de la de Panzer. Dès septembre, la Stavka (haut-commandement) soviétique avait commencé à planifier une série de contre-offensives destinée à anéantir l'ensemble des troupes allemandes déployées au sud qui combattaient à Stalingrad et dans le Caucase et contre le groupe d'armées Centre. Les efforts soviétiques pour délivrer Stalingrad furent placés sous le commandement du général Alexandre Vassilievski.
La Stavka développa deux opérations majeures devant être menées contre les forces ennemies près de Stalingrad, Uranus et Saturne, et une troisième, Mars visant le groupe d'armées Centre pour empêcher le redéploiement de renforts au sud. L' impliquait l'emploi d'importantes unités d'infanterie et de chars pour encercler les forces de l'Axe autour de Stalingrad. Les cibles de l'attaque se trouvaient aux extrémités du front à l'arrière de la allemande défendues par des unités de l'Axe trop peu nombreuses par rapport à la longueur du front et où les Allemands ne pourraient pas rassembler rapidement des réserves pour repousser l'offensive. L'attaque consistait en un double enveloppement ; les unités mécanisées progresseraient en profondeur dans les arrières allemands tandis qu'une autre attaque aurait lieu plus près de Stalingrad pour empêcher le redéploiement des forces allemandes. Dans le même temps, le haut-commandement allemand considérait que, comme l'Armée rouge préparait une offensive contre le groupe d'armées Centre au nord, elle n'avait pas les moyens d'en préparer une autre au sud. En conséquence, ils rejetèrent la possibilité d'une telle attaque autour de Stalingrad..
Comparaison des forces Axe Dans le cadre de l', les forces de l'Axe devaient défendre un front de plusieurs milliers de kilomètres s'étendant de la mer Noire, jusqu'à Stalingrad en passant par le Caucase. Par exemple, au début du mois de juin, la devait défendre un front de tout en menant une offensive impliquant une avancée de . Le groupe d'armées B qui fut détaché du groupe d'armées Sud (les forces progressant vers le Caucase furent appelées groupe d'armées A) semblait impressionnant sur le papier. : il regroupait la et la allemandes, la de Panzer, la et roumaines, la italienne et la armée hongroise. Le groupe d'armées B gardait le de Panzer, qui n'avait la force que d'une division, et une seule division d'infanterie en réserve. Pour la plus grande partie de l'offensive, les flancs étaient tenus par des armées alliées tandis que les forces allemandes étaient utilisées pour mener les opérations à Stalingrad et dans le Caucase..
upright|thumb|Le général Friedrich Paulus, commandant de la allemande. Si Adolf Hitler exprimait sa confiance dans la capacité des troupes alliées à défendre les flancs allemands, en réalité ces unités étaient très mal équipées et démoralisées. La roumaine disposait d'environ Panzer 35(t) de conception tchèque. Son canon de était inefficace contre les T-34 soviétiques. De même les canons anti-chars 3,7 cm PaK 36 étaient obsolètes et manquaient de munitions. Après de nombreuses demandes, les Allemands acceptèrent de donner des canons PaK 40 de aux unités roumaines à raison de six exemplaires par division. Ces unités devaient défendre de vastes sections du front ; par exemple, la roumaine occupait une ligne de de long tandis que la protégeait un secteur large de . Les Italiens et les Hongrois étaient positionnés sur le Don à l'ouest de la roumaine mais les commandants allemands tenaient en faible estime leurs capacités combatives. Ces unités étaient particulièrement mal équipées et les armes étaient de très mauvaise qualité : il n'y avait quasiment aucun matériel anti-char, les pièces d'artillerie étaient peu puissantes et mal approvisionnées, les grenades explosaient rarement et les fusils et les pistolets mitrailleurs fonctionnaient mal dans les conditions extrêmes de l'hiver russe.
De manière générale, les forces allemandes étaient mieux équipées et commandées mais elles avaient été épuisées par des mois de combats contre l'Armée rouge. De plus, durant l'offensive allemande entre mai et , deux divisions mécanisées d'élite, la Leibstandarte et la Grossdeutschland appartenant au groupe d'armées A, furent redéployées en France pour parer à l'éventualité d'un débarquement allié. La avait également subi de lourdes pertes durant les combats urbains dans Stalingrad. Dans certains cas, comme pour la de Panzer, leur équipement n'était pas meilleur que celui de la blindée roumaine. Les formations allemandes étaient également dispersées sur de larges étendues de front ; le corps devait par exemple défendre un front long de ..
Union soviétique L'Union soviétique déploya environ , , d'artillerie et plus de en prévision de l'offensive. En face de la roumaine, les Soviétiques redéployèrent la de chars ainsi que les et afin de briser les flancs allemands. Le flanc allemand sud fut ciblé par les et du front de Stalingrad menés par les et ; ces derniers devaient percer le front de la roumaine afin de rejoindre la de chars près de la ville de Kalach. Au total, les Soviétiques avaient rassemblé onze armées et divers corps et brigades blindés. Les préparations pour l'offensive furent cependant loin d'être parfaites ; le , la Stavka ordonna l'ajournement du lancement de l'offensive car des problèmes logistiques avaient empêché le déploiement des unités. Dans le même temps, les unités sur le front réalisèrent des exercices destinés à repousser une contre-attaque et à exploiter une percée avec les forces mécanisées. Ces mouvements furent dissimulés par une campagne de désinformation des Soviétiques comprenant une réduction des communications radio et l'emploi de courrier, le camouflage des unités et l'augmentation de l'activité militaire autour de Moscou. L'Armée rouge organisa également des attaques contre le groupe d'armées Centre et créa de fausses formations pour maintenir l'illusion d'une grande offensive dans le centre de l'Union soviétique.
Les forces soviétiques du Front de Stalingrad firent l'objet d'intenses bombardements rendant la mobilisation plus difficile. Les du génie durent transporter les munitions, les troupes et les chars à travers la Volga tout en réalisant des opérations de reconnaissance en prévision de l'offensive. En trois semaines, l'Armée rouge fit passer environ , et d'artillerie de l'autre côté de la Volga.