Le siège de Hambourg se déroule de à , à la fin des guerres de la Sixième Coalition. La garnison française de Hambourg, commandée par le maréchal Davout, y résiste pendant près six mois aux troupes coalisées de la Prusse, de la Russie et de la Suède.

Isolé du principal théâtre d'opérations de la campagne d'Allemagne par la défaite du maréchal Oudinot à la bataille de Gross Beeren, le du maréchal Davout regagne la région de Hambourg, que les Français ont fortifiée pendant l'été. Après la bataille de Leipzig et la retraite de la Grande Armée jusqu'au Rhin, le soulèvement de la Hollande et l'occupation de Brême par les Russes coupent les communications entre Hambourg et la France.

Tout d'abord séparées par les défenses naturelles constituées du bas-cours de l'Elbe et du Bille, la garnison française et l'armée de siège se livrent une guerre psychologique pendant tout le mois de décembre. En janvier, les bras de l'Elbe gèlent et les Russes lancent plusieurs assauts contre la place. Malgré la perte de quelques postes avancés, la garnison française parvient à conserver les positions stratégiques d'Haarbourg et de Wilhelmsbourg. À partir du , le dégel marque la fin des assauts et le retour à une guerre psychologique.

Lorsque abdique le , le maréchal Davout tient encore solidement Hambourg. Il refuse de croire au retour des Bourbons jusqu'au et continue après cette date à refuser la reddition de la place à son adversaire russe. Début mai, le maréchal est relevé de son commandement et le général Foucher de Careil négocie la restitution de la place tandis que le général Gérard reconduit le en France. Celui-ci quitte Hambourg, libre, avec armes et bagages, les 27, 29 et .

Le maréchal Davout est mis en cause dès le mois de pour sa gestion des relations avec les populations civiles et particulièrement pour la saisie des fonds de la Banque de Hambourg. Bien que rapidement abandonnées, ces accusations ainsi que son ralliement tardif à Louis XVIII vaudront au maréchal une disgrâce qui ne prendra fin qu'au retour de l'Empereur aux Cent-Jours.

Contexte Annexion de Hambourg Les villes de Hambourg et Brême sont occupées par l'armée française à partir de 1806 et la fin de la campagne de Prusse. Après avoir connu divers gouverneurs militaires, elles sont rattachées à l'Empire français le , tandis que le maréchal Davout est nommé gouverneur général des villes hanséatiques le . L'annexion correspond à une volonté de resserrer le blocus continental, qui a du mal à être mis en place dans ces villes tournées vers le commerce.

Révolte de Hambourg Après la campagne de Russie et la destruction presque complète de la Grande Armée impériale, le sentiment nationaliste relève partout la tête en Allemagne. Le , une insurrection populaire contraint le général Claude Carra-Saint-Cyr, commandant la militaire qui englobe Hambourg, à évacuer la ville. Le , un corps russe commandé par le général Tettenborn y fait son entrée.

La réaction française ne se fait pas attendre. Tandis que le maréchal Davout est nommé à la tête de la militaire avec autorité sur le du général Vandamme, celui-ci quitte Brême début mai et marche sur Hambourg. Après avoir contré le une tentative de Tettenborn contre une de ses brigades, Vandamme ouvre le feu sur la ville le 19. Le roi Frédéric VI de Danemark met à la disposition de Davout une division que ce dernier fait marcher sur Lübeck. Les Russes sont contraints d'évacuer Hambourg, et les Franco-Danois y font leur entrée le .

ordonne une répression sévère à la suite de ces événements. Néanmoins, Davout parvient à la modérer, jusqu'à obtenir la promulgation d'une amnistie le .

Campagne d'Allemagne vignette|Carte des mouvements de troupes à la fin du mois d'août 1813.|alt=carte du Nord de l'Allemagne présentant les mouvements de troupe

Le plan initial de l'empereur des Français consiste en un vaste mouvement enveloppant des armées alliéesLe terme d'« alliés » désigne usuellement les membres de la sixième Coalition bien que de nombreux contingents allemands, polonais et italiens continuent à servir aux côtés des Français au début de la campagne. Ils auront quasiment tous fait défection à la fin de l'année. dans lequel l'armée française, après s'être avancée jusqu'à Dresde, poussera vers Berlin puis obliquera au sud. Dans ce schéma, les troupes qui occupent l'embouchure de l'Elbe n'ont qu'un rôle secondaire à jouer et Napoléon substitue l'expérimenté par le , qui vient d'être formé.

Après les victoires françaises non exploitées de Lützen et de Bautzen, un armistice est signé entre les belligérants qui arrêtent les opérations du au . À la reprise des hostilités, Napoléon refuse de se replier sur le Rhin et d'abandonner la Hollande et Hambourg, en dépit de sa très nette infériorité numérique : il considère ces deux régions comme définitivement françaises. Tandis que l'empereur manœuvre autour de Dresde pour écarter Blücher et y écrase l'armée autrichienne de Schwarzenberg, Oudinot, à la tête de , marche sur Berlin entre l'Elbe et la Spree, et compte donner la main à la garnison de Hambourg. Il est arrêté à Gross Beeren par Bernadotte, ce qui isole définitivement le du principal théâtre d'opérations.

Après la bataille de Leipzig, l'armée française bat en retraite vers la France. Elle ne laisse en Allemagne que des garnisons assiégées dans des places fortes comme Hambourg, Magdebourg ou Dresde.

Opérations préliminaires Travaux de fortifications de la ville Dans la perspective d'un siège, le maréchal fait entamer d'importants travaux de fortification. Pour s'assurer le contrôle de l'Elbe, les Français rétablissent les remparts de Haarbourg, sur la rive gauche du fleuve, et construisent un immense pont entre les deux villes. La remise en état de défense de la place répond aux instructions de l'empereur qui charge le général Haxo de la supervision des travaux ; le commandement général du génie sur place est donné au colonel Deponthon.

Pendant l'armistice de l'été 1813, l'empereur fait marcher sur Hambourg un renfort d'artillerie et une compagnie de marins sous les ordres du contre-amiral Lhermite. Ils ont pour mission d'assurer le service et la défense des nombreuses îles du bas cours de l'Elbe.

À la fin de l'été, une partie des habitations trop proches des ouvrages défensifs ayant été rasée, la place est en état de défense.

Opérations dans le Mecklembourg et le Holstein Après la rupture de l'armistice le , Davout transfère son quartier général de Hambourg à Hogendorf, sur la route de Lübeck. Les forces coalisées, sous les ordres de Bernadotte, occupent une ligne allant de Lauenbourg à Trittau. Le enfonce cette ligne de défense lors du combat de Lauenbourg et pousse son avance jusqu'à Schwerin qu'il atteint le . En apprenant la défaite d'Oudinot à Gross Beeren, Davout se replie derrière une ligne allant de Lübeck à Lauenbourg.

Bien que Brême ait été brièvement occupée par le corps de Tettenborn, le maintient sa communication avec la France via la Hollande. Cependant, après la bataille de Leipzig, la Grande Armée bat en retraite vers la France, poursuivie par les armées coalisées, et la Hollande se soulève. Ce n'est que le que Davout reçoit ordre de l'Empereur de se replier vers la France en laissant une garnison dans Hambourg, et il est alors trop tard : la rive gauche de l'Elbe est déjà occupée par de forts contingents coalisés.

Le gèlent les marais et le canal de Stecknitz, derrière lesquels les Français sont retranchés. Ces défenses naturelles maintenant franchissables à pied sec par les coalisés, le maréchal Davout ordonne le repli sur la ville de Hambourg, tandis que ses alliés danois remontent vers le nord pour couvrir leur royaume.

Forces en présence Armée française vignette|Le maréchal Davout, commandant les troupes françaises.|alt=Portrait en pied d'un homme en uniforme devant un champ de bataille Au début de l'été, le est fort de , auxquels s'ajoutent environ . De retour à Hambourg, il est renforcé par les débris de divers corps ayant rejoint la zone sous son contrôle à la suite de la retraite de Leipzig.

Au début du siège, les forces françaises comptent , dont aux hôpitaux.

Les troupes sont réparties ainsiPendant les six mois de siège, certaines régiments ont pu être mutés d'une division à l'autre et l'état-major est réorganisé, ce qui peut expliquer les différences entre les sources. :

Général en chef : maréchal Davout.

État-major Chef d'état-major : général César de Laville Gouverneur de la place : général Hogendorp Sous-gouverneur : général Soyez Chargé en chef des approvisionnements : général Thiébault Commandant l'artillerie : général de Jouffroy Commandant le génie : colonel Deponthon

Elle est commandée par le général Loison, également responsable de la sécurité dans Hambourg intra muros. brigade : général Rome d'infanterie de ligne et d'infanterie de ligne. brigade : général Leclerc d'infanterie de ligne et d'infanterie de ligne. 8 pièces d'artillerie divisionnaire.

La division compte au total .

Elle est commandée selon les sources par le général Pécheux ou le général Vichery. brigade : général Gengoult d'infanterie de ligne et d'infanterie de ligne. brigade : général Delcambre d'infanterie de ligne. Digby Smith y rattache le d'infanterie légère. 8 pièces d'artillerie divisionnaire.

La division compte au total .

Elle est commandée selon les sources par le général Thiébault ou le général Pécheux. brigade : général Avril d'infanterie de ligne. François-Guy Hourtoulle et l'auteur des Trophées des Armées Françaises y rattache le d'infanterie légère. brigade : général Osten d'infanterie de ligne et d'infanterie de ligne. 8 pièces d'artillerie divisionnaire. Digby Smith attache à la division le d'infanterie légère.

La division compte au total .

Division de cavalerie La division de cavalerie est commandée par le général de division Watier de Saint-Alphonse, assisté des généraux de brigade Dubois de Thimville et Guiton. Elle est structurée autour du de chasseurs à cheval et comporte des éléments de plusieurs autres régiments dont trois régiments provisoires de cuirassiers.

Au total, la division compte et .

Autres troupes combattantes Le contre-amiral Lhermite dirige un détachement de marins fort de . Ce détachement est destiné au service dans les différents bras de l'Elbe entre Hambourg et Haarbourg.

Outre les 24 pièces d'artillerie divisionnaire, la place de Hambourg est garnie de 52 pièces attelées issues du d'artillerie à pied et de divers autres régiments. La place compte également 350 canons de remparts.

Armées coalisées vignette|Le général Bennigsen, commandant les troupes coalisées.|alt=portrait d'un homme en uniforme Les effectifs des armées coalisées varient fortement durant les six mois du siège.

Les assiégeants sont initialement le corps du lieutenant-général von Wallmoden, fort d'environ , constitué de Hanovriens et de régiments hanséatiques. Ce corps est rattaché à l'armée du Nord commandée par Bernadotte. Le général Bennigsen prend ensuite le commandement des opérations de siège, apportant avec lui un certain nombre de troupes russes. En , les coalisés sont environ dans la zone de siège. Lorsque Bernadotte et ses troupes font mouvement vers le Rhin, Benningsen dispose encore d'environ .

Déroulement du siège Guerre psychologique en décembre Espérant voir les Hambourgeois renouveler le soulèvement de mars et les Hollandais du Après l'annexion à l'Empire du royaume de Hollande en 1810, les Hollandais sont considérés comme français et intégrés dans la Grande Armée. Le régiment d'infanterie légère hollandais devient le d'infanterie légère, présent à Hambourg. suivre l'exemple de leurs compatriotes insurgés, Bennigsen lance deux proclamations les appelant au soulèvement. Elles restent sans effet devant les mesures énergiques prises par le général en chef français.