Moëze est une commune du Sud-Ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Moëziens et les MoëziennesLes gentilés de Charente-Maritime.

Géographie Situation géographique La vaste commune de Moëze est à la fois une commune littorale et une commune de marais située sur la côte occidentale de la Charente-Maritime dans l'ancienne province de la Saintonge.

Sur un plan plus général, la commune de Moëze est située dans la partie sud-ouest de la FranceCertains y voient une appartenance géographique au midi de la France — en référence au « Midi atlantique » cher au géographe Louis Papy - ainsi Moëze comme le département de la Charente-Maritime peuvent être rattachés à deux grands ensembles géographiques, le Grand Ouest français et le Grand Sud-Ouest français, au centre de la côte atlantique dont elle est riveraine, faisant partie du « midi atlantique »Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, .

Localisation La commune est située à au nord-ouest de Saint-Agnant, du centre de Rochefort en passant par le Viaduc de Martrou sur la Charente et à au sud-est de La Rochelle.

Communes limitrophes

Hydrographie Moëze est traversée par le Chenal de BrouageLe Chenal de Brouage sur le site du SANDRE allant de Sainte-Gemme au Golfe de Gascogne. Le Canal de jazenne se situe entièrement sur la commune et rejoint le Chenal de Brouage. Le Canal de l'arceau part de la commune jusqu'au Golfe de Gascogne à Port-des-Barques.

Le marais de Moëze Le marais de Moëze est une des reliques du complexe ancien des marais charentais. Son bilan hydrique (rapport entre entrées d'eau et sorties (dont évaporation, évapotranspiration, drainage et irrigation) a été affecté à la fois par un drainage ancien, des prélèvements pour irrigation, et les effets de plusieurs sécheressesF Giraud & al., Bilan hydrologique d'un marais littoral à vocation agricole: Le marais de Moëze (Charente-Maritime, France) (PDF à partir du site Erudit.org) ; Revue des sciences de l'eau, 4(4), 1991 (1976, 1985, 1986, 1989, 1990, 2003).

Le marais constitue une unité hydraulique couvrant environ . C'est un ancien marais salant (utilisé pour la saliculture du au moins jusqu'au et maintenu en totalité en eau douce depuis 1930). Géomorphologiquement parlant, il résulte du comblement d'anciens golfes lors des transgressions flandriennes qui expliquent son fond de plusieurs dizaines de mètres d'épaisseur d'argiles fluvio-marinesChevallier C. et al., 1984, Étude pédologique du polder de Moëze-Brouage. INRA, ENSAR, .. Sa limite nord est l'ancienne côte calcaire. Au sud, il est limité par le havre de Brouage. À l'ouest il s'étend presque jusqu'au trait de côte. De nombreux bassins (plus ou moins envasés et reconquis par la végétation s'y devinent encore, souvent recouverts notamment de typha latifolia et de lentilles d'eau Lemna sp. et Ceratophyllum). Ces bassins sont reliés par des canaux et fossés ( de fossé en moyenne par hectare). Le marais est excédentaire en eau d'octobre à avril (+ ) mais déficitaire de mai à sept (-). Les gestionnaires le vident donc en hiver et le réalimentent en eau douce en été (en pompant dans le canal de Brouage et la rivière Arnoult). Les remembrements ont encouragé le recul de l'élevage au profit des céréales. La céréaliculture a été multipliée par 10 (en surface) en 9 ans (de 1980 à 1989), passant de 10 à 700, avec dans le même temps, uns forte augmentation de la maïsiculture irriguée en périphérie (passée de 37 ha à 298 ha de 1980 à 1989).

Un moyen de retenir l'eau dans le marais en été serait de réduire par faucardage les surfaces en roseau (lesquels évapotranspirent plus d'eau que l'eau libre n'en évaporeraient). Un calcul laisse penser que les roseaux en couvrant 28,6 % des canaux contribuent à 51,1 % de son évapotranspiration. La totalité des roseaux évapotranspirent 39 % de l'eau du marais. En conservant la surface en eau mais en réduisant les hélophytes de 34 %, d'eau ne seraient plus évapotranspirés. Il est néanmoins nécessaire de conserver des roselières et des étangs pour leur importance plus que paneuropéenne pour les oiseaux migrateurs.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Littoral charentais et aquitain, caractérisée par une pluviométrie élevée en automne et en hiver, un bon ensoleillement, des hivers doux (), soumis à la brise de mer. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Agnant à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Moëze est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Rochefort, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

La commune, bordée par l'océan Atlantique, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (89 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (93,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,1 %), prairies (38,7 %), zones humides côtières (9,3 %), zones urbanisées (1,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,2 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Moëze est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, mouvements de terrains et séisme (sismicité modérée). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels La commune fait partie du territoire à risques importants d'inondation (TRI) du littoral charentais-maritime, regroupant concernées par un risque de submersion marine de la zone côtière, un des qui ont été arrêtés fin 2012 sur le bassin Adour-Garonne et confirmé en 2018 lors du second cycle de la Directive inondation, mais annulé en 2020.. Les submersions marines les plus marquantes des antérieures à 2019 sont celles liées à la tempête du , à la tempête du , aux tempêtes Lothar et Martin des 26 et et à la tempête Xynthia des 27 et . D’une violence exceptionnelle, la tempête Xynthia a fortement endommagé le littoral de la Charente Maritime : douze personnes ont perdu la vie (essentiellement par noyade), des centaines de familles ont dû être relogées, et, sur un linéaire de l’ordre de de côte et de de défenses contre la mer, environ la moitié de ces ouvrages a subi des dommages plus ou moins importants. C’est environ à qui ont été submergés et de terres agricoles.. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1999 et 2010, chapitre Risque inondation..

vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Moëze. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain..

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 1989, 1991, 2003, 2005, 2011 et 2018 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Toponymie Du gaulois moëz, ou mouez se traduisant un lieu humide.

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