Adrien Zeller, né le à Saverne (Bas-Rhin) et mort le à Haguenau (Bas-Rhin), est un homme politique français.
Maire de Saverne et député à l'Assemblée nationale, il devient secrétaire d'État chargé de la Sécurité sociale dans le gouvernement Chirac II, en 1986. Président du conseil régional d'Alsace de 1996 à sa mort, il est le seul président de région de droite à être réélu aux élections régionales de 2004.
Se définissant comme un « démocrate-social », Adrien Zeller, d'abord membre du CDS et de l'UDF, avait adhéré à l'UMP en 2002.
Jeunesse et carrière professionnelle
Adrien Zeller est issu d'une famille d'élus locaux de l'arrondissement de Saverne, au nord-ouest du Bas-Rhin. Son père, Henri Zeller (1905-1969), entrepreneur en maçonnerie, et son grand-père, André Zeller (1880-1951), furent tous deux maires de la commune rurale d'Otterswiller. Moins d'un mois après sa naissance, la débâcle fait entrer l'Alsace-Lorraine dans le Grand Reich, et la famille Zeller se réfugie à Châteauroux pendant la Seconde Guerre mondiale.
Licencié en sciences économiques puis titulaire d'un diplôme d'ingénieur agronome en 1962, il est ensuite diplômé du Centre international des hautes études agronomiques méditerranéennes en 1964 et du Collège d'Europe de Bruges en 1966. En pleine période de mise en place de la Politique agricole commune, il devient administrateur principal auprès de la Commission européenne à Bruxelles, de 1967 à 1973. Après son entrée en politique, en 1973, et jusqu'en 1988, il reste consultant pour les problèmes d'intégration économique internationale auprès de l'ONU.
Carrière politique 1973 - 1998 : député du Bas-Rhin Il commence sa carrière politique en 1973, lorsqu'il se présente aux élections législatives dans la du Bas-Rhin, avec le soutien du sénateur Louis Jung. Face au député gaulliste (UDR) sortant, Alfred Westphal, également conseiller général de Drulingen, Adrien Zeller est élu pour la première fois, à l'âge de 32 ans.
Membre du groupe des Réformateurs démocrates sociaux durant la législature (1973-1978), il siège ensuite parmi les non-inscrits. En 1982, après son adhésion au Centre des démocrates sociaux, il intègre le groupe UDF.
À l'Assemblée nationale, il se fait remarquer notamment pour avoir déposé, en 1985, une proposition de loi visant à instaurer un « revenu minimum d'existence » tenant compte des charges familiales et de logement, et pouvant s'appliquer à plus de Question écrite du sénateur Jean-Luc Mélenchon au secrétaire d'État auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, chargé de la Sécurité sociale, Adrien Zeller, du 3 septembre 1987, et la réponse de ce dernier publiée le 28 avril 1988.. En concertation avec Gérard Valin, expert judiciaire financier près la Cour d'Appel de Paris, qui en a rédigé le texte, il soumet en 1983 aux votes des assemblées parlementaires une loi organique inspirée du modèle allemand : elle vise à contrôler l'endettement public en limitant le recours à l'emprunt aux niveaux des investissements (N°1758). Toute dépense de fonctionnement ne pourrait plus être financée par l'emprunt public, même à court terme..
Constamment réélu, il n'abandonne son mandat de député que pour entrer au gouvernement, en tant que secrétaire d'État chargé de la Sécurité sociale. À la suite de sa réélection à la tête du conseil régional d'Alsace, en , il démissionne pour se consacrer pleinement à sa région.
1977 - 2001 : maire de Saverne Élu maire de Saverne (Bas-Rhin) en 1977, il est continuellement réélu jusqu'aux élections municipales de 2001, où il ne brigue pas un nouveau mandat.
Inspiré par une obligation d'assistance aux indigents issue du droit local, il fait expérimenter dans sa ville son « revenu minimum d'existence ». Dans le domaine du développement urbain, il est à l'origine, en 1995, du projet de la ZAC Fontaine Saubach, lancé seulement dix ans plus tardChristophe Niess, « On bétonne à Saverne ? », Saverne 2008, le blog des municipales, Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 16 janvier 2008..
1986 - 1988 : secrétaire d'État Adrien Zeller est nommé, le , secrétaire d'État chargé de la Sécurité sociale au sein du gouvernement Chirac II.
À ce poste, il lance un plan contre la pauvreté, dans lequel il fait adopter une allocation versée pour six mois aux personnes sans ressources, en échange d'un travail d'intérêt local à mi-temps. Durant ces deux années de présence au gouvernement, il fait débloquer des fonds d'aide au relogement, et tente d'instaurer à toute la France son « revenu minimum d'existence », qu'il avait expérimenté avec succès à Saverne. Mais le Premier ministre de l'époque et son ministre de tutelle, Philippe Séguin, ne lui laissent « pas assez de latitude » pour le mettre en place« Un homme de conviction », Les Dernières Nouvelles d'Alsace, 23 août 2009.
En 1988, après la victoire de la gauche aux élections législatives, le gouvernement Rocard s'en inspire pour créer le revenu minimum d'insertion (RMI).
1989 - 1992 : député européen L'année suivante, en 1989, Adrien Zeller figure en troisième position sur la liste dissidente conduite par Simone Veil, « Le Centre pour l'Europe », face à la liste d'union UDF-RPR, emmenée par Valéry Giscard d'Estaing.
Élu député européen le 15 juin 1989, il siège au sein du groupe PPE. Adrien Zeller démissionne de son mandat européen après sa réélection au conseil régional d'Alsace, en 1992.
1996 - 2009 : président du conseil régional d'Alsace Lors des élections régionales de 1992, il présente sa propre liste, marquant ainsi son opposition au président du conseil régional UDF sortant, Marcel Rudloff. À la mort de ce dernier, le , Adrien Zeller assure l'intérim jusqu'à l'élection d'un nouveau président, prévue le . Candidat avec l'appui des Verts auxquels il a concédé l'abandon de la ligne du TGV Est, il est élu à la tête du conseil régional d'Alsace face au RPR Hubert Haenel« Adrien Zeller, “humaniste rhénan”, est mort », Le Monde, 22 août 2009.
Fervent partisan de la décentralisation, il soutient le projet de réforme dans ce domaine de Jean-Pierre Raffarin« Un centriste pragmatique avec un cœur “social” », Horizons politiques, 20 juin 2007. En tant que président de région, il est à l'origine de la création à Illkirch-Graffenstaden du pôle de compétitivité à vocation mondiale Alsace-Biovalley, spécialisé dans la recherche des technologies médicales, de l'agence de prospective et de gestion de l'action économique à l'international de la région, Alsace international et de l'Agence régionale de l'innovation Alsace. Membre du conseil d'administration de Réseau ferré de France Liste des membres du conseil d'administration de RFF, il est un acteur important, après s'y être opposé, du développement de la LGV Est européenne, inaugurée en 2007.
Aisément réélu en 1998, il est le seul président de droite à être réélu président de région à la suite du renouvellement de 2004. Fervent adversaire du Front national, il s'est dit prêt à une « coalition anti-FN ».
Européen convaincu« Carnet - Adrien Zeller », Le Monde, 24 août 2009, il n'a de cesse d'œuvrer en faveur d'une étroite collaboration entre sa région et l'Union européenne : il est notamment parvenu à obtenir du gouvernement la gestion directe par l'Alsace de la plupart des fonds structurels européens, en 2002-2003. Avec François Loos, il contribué au lancement et financé durant trois ans un nouveau think tank européen à Strasbourg, le Forum Carolus, dont la création et la direction a été confiée à Henri de Grossouvre.
Adrien Zeller est victime d'un infarctus le , après une réunion franco-allemande en Forêt-Noire« Le président de la région Alsace convalescent après un incident cardiaque », dépêche Agence France-Presse, 19 août 2009. Plongé dans un coma artificiel, il décède à l'hôpital de Haguenau le , à la suite d'un nouvel accident cardiaque« Décès d'Adrien Zeller, président de la Région Alsace », Le Figaro, 22 août 2009. Tandis que le président Nicolas Sarkozy estime que « les Alsaciens perdent un grand élu qui a consacré toute sa vie au développement d'une région […], un homme de conviction qui s'est engagé très tôt et sans relâche en faveur de la décentralisation régionale », toute la classe politique rend un hommage unanime à l'action d'Adrien Zeller« Hommage unanime à Adrien Zeller », L'Alsace-Le Pays, 24 août 2009. Inhumé le à Saverne, ses obsèques ont réuni plus de « Plus de aux obsèques d'Adrien Zeller à Saverne », dépêche AFP, 26 août 2009.
Détail des mandats et fonctions Fonctions ministérielles - : secrétaire d'État chargé de la Sécurité sociale auprès du ministre des Affaires sociales et de l'Emploi, dans le gouvernement Chirac II
Fonctions parlementaires - : député de la sixième circonscription du Bas-Rhin (RDS, non-inscrit, puis UDF) - : député de la septième circonscription du Bas-Rhin (démission pour se consacrer à sa fonction de président de région) député européen :
Mandats locaux 1973 - 1988 : conseiller général du Bas-Rhin (démission) 1974 - 2009 : conseiller régional d'Alsace 1977 - 2001 : maire de Saverne 1996 - 2009 : président du conseil régional d'Alsace 2001 - 2008 : conseiller municipal de Saverne 2002 - 2004 : de l'Association des régions de France
Distinctions (1998)« Décret du 31 décembre 1998 portant promotion et nomination », JORF, 1 du janvier 1999, 10, NOR PREX9803138D, sur Légifrance Médaille du Mérite du Baden-Wurttemberg (2001) Verdienstkreuz 1. Klasse des Verdienstordens der Bundesrepublik Deutschland (2003) (2004)« Décret du 15 novembre 2004 portant promotion et nomination », JORF 266 du 16 novembre 2004, 19225, texte 2, NOR PREX0407745D, sur Légifrance (Pologne, 2009)« Coopération Alsace-Basse Silésie sous le signe de l’environnement », L'Alsace-Le Pays, 16 juin 2009
Hommages et odonymes Le lycée de Bouxwiller (Bas-Rhin) porte le nom de lycée Adrien-Zeller depuis le . À Strasbourg, son nom est donné à la place située devant la Maison de la Région, dans le quartier du Wacken« Une place Adrien Zeller », L'Alsace-Le Pays, 21 août 2010 et au CEFPPA d'Illkirch.
La promotion 2011 de l'INSA de Strasbourg porte son nom..
Publications et documentation L'imbroglio agricole du Marché commun, Calmann-Lévy, 1970 Avec Alphonse Muller, La politique autrement : essai politique, Culture alsacienne, 1978 Pour ma région : libre propos, 1998 Avec Pierre Stussi, La France enfin forte de ses régions : glossaire engagé de la décentralisation, Gualino, 2002
La documentation d'Adrien Zeller est conservée aux archives départementales du Bas-Rhin à Strasbourg, répartie dans les fonds 95 J et 2298 W.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Marcel Thomann, « Adrien Zeller », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 41, Les obsèques d'Adrien Zeller : Église Notre-Dame-de-la-Nativité de Saverne, : recueil des interventions publiques à l'occasion de l'hommage national et des obsèques d'Adrien Zeller, Région Alsace, Strasbourg, 2009, 34 p. Gérard Valin, L'emprunt public peut-il servir à financer les dépenses de fonctionnement?, Le Monde, 26 avril 1983.
Liens externes « Alsace : Adrien Zeller, président du conseil régional, est décédé »
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