Un vêtement biologique est un vêtement dont la mesure de son impact du l'environnement est proche de ou équivalent au neutre. De ce fait, il est fabriqué à partir de matériaux cultivés dans le respect des normes de l'agriculture biologique (coton, de jute, de soie, de lin ou encore de laine), qui interdisent l'usage de certains produits chimiques comme les herbicides, les pesticides chimiques, ou les OGM. Au-delà de la production des fibres elles-mêmes, les vêtements écologiques ont généralement recours à des teintures, des traitements et des techniques d'assemblages plus respectueuses de l'environnement.

Vêtements écologiques: entre promotion et greenwashing

La part des influenceurs dans la promotion de la sustainable fashion (mode éthique) est reconnue par l'Organisation des Nations unies en 2019. Les influenceurs pour qui le bien-être de l'environnement est un incontournable, montrent qu'il n'y a pas besoin de faire un choix entre son apparence et un comportement écoresponsable. Dans leurs discours, des influenceurs comme les mannequins Critina Cordula ou encore Amma Aburam, encouragent les consommateurs à se tourner vers les magasins dont les spécialités sont le recyclage des tissus et/ou la fabrication de vêtements bio.

Néanmoins, des acteurs de la protection de l'environnement, comme la journaliste Magali Moulinet-Govoroff, mettent en garde contre les enseignes qui pratiqueraient le green washing.

Labels De la même manière que l'agriculture biologique possède un label garantissant le respect d'une charte de production stricte en faveur de l'environnement; la filière du vêtement aussi développe ses labels (dit écolabel). Selon les critères des consommateurs, ceux-ci peuvent retrouver des labels commerces équitables et/ou écoresponsables.

Un label écologique est décerné à un vêtement ou une entreprise qui saura maintenir un impact pratiquement neutre sur l'environnement, de la production de sa matière première jusqu'à la vente du produit fini ; voire la manière de s'en débarrasser (organisation d'un recyclage par exemple).

Beaucoup de labels différents ont été mis en place pour une mode écoresponsable. Concernant spécifiquement les vêtements bio, on connait à ce jour Global Organic Textile Standard l'écolabel européen ou encore écocert.

Certains labels sont aussi créés pour vanter les vertus de certains produits, comme le label BCI (Better Cotton Initiative). Ce dernier admet un travail sur la production et l'usage du coton plus raisonné que l'industrie classique. Cependant, il ne certifie pas que le vêtement est biologique. Le flou lié à la création de labels dans une période d'intense sensibilisation au réchauffement climatique trompe le consommateur (de manière volontaire ou non). Se renseigner sur ces labels est par conséquent essentiel pour identifier un vêtement biologique.

De faux écolabels, qui ne correspondent à aucun engagement concret, se sont autoproclamésADEME, Guide anti-greenwashing, 2012. (lire en ligne).

Les fibres Pour mieux comprendre ce qu'est un vêtement biologique, il est important de comprendre comment un habit est fabriqué. Avant d'obtenir le produit fini, il faut fabriquer des étoffes, elles-mêmes composées de fibres. Ces fibres sont obtenues par la transformation d'une matière (plantes, animaux, composés chimiques) en une autre (fils, cuirs, fibres chimiques...). Ainsi, pour obtenir un vêtement biologique, il est important d'en connaître les origines. En fonction de la matière première choisie, les enjeux environnementaux sont différents.

Il existe deux grandes catégories de fibres : les naturelles et les synthétiques. Celles-ci se subdivisent en fibres végétales (coton, lin), animales (cuir, soie) pour les matières dites naturelles; et cellulosique (cellulose) ou synthétiques (nylon, polyamide).

En 2007, la production de fibres naturelles mondiales était majoritairement faite de laine (brute : 1,6 %) et de coton (brut : 35,7 %). Elle représentaient 37,3 % de la production mondiale, alors que les matières synthétiques (57,9 %) et cellulosiques (4,7 %) représentaient 62,7 %.

Les labels spécifiques à certaines matières permettent d'en connaitre les origines et/ou les traitements qu'elles ont subis, comme RWS Responsible Wool Standard pour la laine ou encore Naturleder pour le cuir.

Un vêtement fait à partir de fibres biologiques n'est pas forcément un vêtement biologique, du fait de la transformation qu'il peut subir entre le tissage et la vente.

Les fibres synthétiques Communes dans la fabrication de vêtements depuis la découverte du Nylon en 1937, les fibres synthétiques représentent une grande partie des matières utilisées pour les habits dans le monde.

Comme le nom l'indique, la fibre synthétique n'est pas produite naturellement, mais d'une transformation chimiquehttp://"Guide d'éco-conception des produits textiles-habillement", 2011, WWF. [consulté le 31/07/2021]. Principalement produite à base de pétrole (70 % des fibres synthétiques en 2018 étaient issues de la pétrochimie), ces fibres sont l'une des premières causes de pollution des écosystèmes. Depuis 1950, cela représente 5,6 millions de tonnes de microfibres synthétiques (dont plastique) déversées dans la nature (sols, océans, animaux...).

En 2015, le polyester représentait 39,7 millions de tonnes des fibres utilisés.

Certaines matières, comme celles à base de cellulose (naturellement trouvée dans les végétaux, puis transformée chimiquement), peuvent avoir des procédés vertueux pour l'environnement, sans être pour autant neutre. Le Lyocell et le modal sont des exemples de ces matières synthétiques issues de sources végétales dont l'impact écologique peut être limité en fonction des méthodes de production.

Les fibres végétales L'usage des fibres naturelles, notamment pour le textile, baisse : en 2000 elles étaient présentes dans 42 % des ventes mondiales de textile, mais ne sont plus qu'à 40 % en 2004. Leur potentiel écoresponsable, avec une agriculture biologique, n'est plus à démontrer.

Les fibres végétales ne sont pas toujours synonymes de vertus écologiques; car tout dépend de l'intensité de la production, les traitements de la matière et sa consommation d'eau.

Ces fibres sont utilisées par l'humain depuis très longtemps ; mais l'industrie moderne s'approprie de plus en plus des matières premières alternatives aux plus communes (coton, lin), comme le sisal ou encore le bambou.

Le chanvre D'origine indienne, le chanvre est en de nombreux points similaire au lin : il consomme peu d'eau et ne nécessite une intervention chimique, si nécessaire, que très limitée. À l'instar du lin, le chanvre a une capacité d'absorption du CO2 très élevée. Produit en Europe, son rendement est plus intéressant que celui du coton.

Pour un chanvre bio, il faut que ses méthodes de culture respectent les conditions d'agriculture biologique.

Le coton La culture du coton non bio est considérée comme l'une des plus polluantes de la planète, du fait de sa surproduction ainsi que la surconsommation de produits chimiques (pesticides, insecticides...). Elle est aussi l'une des plantes les plus gourmandes en eau de l'industrie du textile. Très exigeante d'un point de vue climatique, cette plante ne peut être cultivée que dans des climats subtropicaux, comme l'Amérique du sud, la Chine ou encore l'Inde, qui assure 51% de la production de coton bio dans le monde..

La culture du coton ne couvre que 2,5 % des terres cultivées de la planète. Pourtant, elle utilise à elle seule 16 % de tous les insecticides, plus que n'importe quelle autre récolte.... Pour 1kg de coton, il faut compter environ à d'eau ; pour une production écologique ou non.

La culture du coton écologique a la particularité de ne pas utiliser des produits chimiques agricoles de synthèse (engrais ou pesticides). Sa production favorise et renforce aussi la biodiversité et les cycles biologiques. Plus que cela, le coton écologique retient mieux l'humidité environnante et requiert en moyenne 60 % moins d'apport en eau.

Aux États-Unis, pour être labellisées bio, les plantations de coton doivent également respecter les normes mises en vigueur par le National Organic Program (NOP) sous l'égide du département de l'Agriculture des États-Unis (USDA). Cet organisme définit les pratiques autorisées pour le contrôle des pesticides, la culture, l'utilisation d'engrais et la gestion des récoltes biologiques.

Le coton bio peut être recyclé.

Le lin Les deux tiers de la production du lin sont assurés par les pays européens (dont la France (notamment en Normandie), la Belgique et les Pays-Bas), du fait des exigences climatiques de la plante. Néanmoins, des pays comme l'Inde sont aussi connus pour sa culture. Actuellement, les vêtements en lin représentent environ de vêtements (contre 20 millions de tonnes en coton), et seulement une centaine de tonnes en lin biologique. Cela représente tee-shirts sur les 300 millions vendus en France.

Le lin est considéré comme l'une des sources de fibres textiles les plus écologiquement vertueuses du marché. En effet, sa culture ne nécessite pas d'aménagement des eaux particulier et pratiquement aucun usage de la chimie. De plus, il a l'avantage de stocker une importante quantité de CO2, même sur de petites surfaces de culture. En 2020, selon les observations du gouvernement, sur toutes les surfaces agricoles et d'élevages, seulement 7,5 % sont biologiques. Concernant le lin, seul 1 % de la production de la plante est certifié agriculture biologique. Cependant, la tendance est à encourager ce type de production, même si la culture du lin est moins polluante comparée à celle du coton, notamment pour préserver la qualité des eaux souterraines dont les populations dépendent. On estime que la valeur monétaire et les vertus biologiques du lin biologique sont cinq à dix fois plus élevées que celle du blé même si sa production demande de la patience (on ne ressème que tous les huit ans).

L'étape du rouissage est délicate concernant l'environnement. Si une technique traditionnelle (laisser la plante macérer à même le sol) n'est pas un danger particulier pour l'environnement, mais celle du rouissage à l'eau l'est. Cela consiste à faire macérer les pailles de lin dans de l'eau. Certes, ça accélère le processus, mais sans traitement lourd l'eau résultante est nocive pour les plantes, les animaux et les humains.

Entièrement biodégradable, la fibre de lin biologique, les vêtements fabriqués avec cette matière ont la particularité d'être solides et légers, mais se froissent facilement.

Une fibre issue de l'agriculture biologique européenne est recommandée.

Le jute Principalement produit au Bangladesh, le jute est la deuxième plante de textile la plus cultivée au monde après le coton. Son utilisation est surtout pour l'industrie agroalimentaire (le sac à patates par exemple), produit de décoration ou combustible. Du fait de sa texture, elle est relativement peu utilisée pour les vêtements.

Le jute ne possède pas de contrainte environnementale particulière si ce n'est son mode de production. En suivant une agriculture biologique, ce qui exclut le rouissage à l'eau, cette plante est une bonne alternative aux fibres synthétiques. Effectivement, elle n'a pas besoin de quantité particulière de soins chimiques (pesticide) ni d'engrais.

À l'instar du coton, il est très strict sur ses besoins climatiques: il aime le chaud et l'humide. Il est aussi très gourmand en eau. Néanmoins, comme le lin ou le chanvre, le jute a une très bonne capacité d'absorption du CO2.

Fibres animales