Cette page propose une liste non exhaustive de différentes affaires de corruption ayant, à diverses époques, provoqué un scandale et jeté le trouble sur certaines compétitions de football en Belgique. Ces affaires, si elles ont été considérées comme représentant une « falsification de la compétition », ont entraîné des sanctions.

Cette liste n’est pas un réquisitoire mais un rappel de dossiers qui ont été traités par les instances de la Fédération belge de football et/ou les tribunaux civils.

Certaines décisions rendues ont été et/ou sont toujours contestées par certains des intervenants.

Émergence dans les années 1960 Dans le chef de certains, la triste volonté de falsifier le résultat d’une compétition sportive est aussi ancienne que la compétition elle-même.

Dans le cadre du football belge des dossiers anciens sont connus mais on note leur recrudescence à partir des années 1960.

Cela s’explique grandement par le fait qu’à cette période, la plus haute division du football belge (Division 1) est nettement devenue semi-professionnelle et tend tout aussi nettement à devenir exclusivement professionnelle. Elle entraîne dans son sillage des divisions qui lui son directement inférieures.

La gestion de clubs sportifs en général, et de football, en particulier, implique des budgets en totale et permanente expansion. Une relégation évitée ou un titre obtenu peuvent influencer le développement d’un club. Certaines personnes ne résistent pas à la tentation et deviennent ce que l’on ne peut qualifier autrement que de « tricheuses».

Augmentation des risques L’évolution du football, de sa médiatisation, et des leurs périphériques telle que la multiplication des possibilités de parier sur les résultats des matchs sont autant de vecteurs à une tricherie potentielle. Les « tentateurs » et les « tentés » s’en retrouvent plus nombreux.

Fort heureusement, le nombre de dossiers de fraude reste très minoritaire en rapport avec les milliers de rencontres hebdomadaires. Si l’éradication totale de la triche est vraisemblablement impossible, heureusement les malversations peuvent très souvent être jugulées.

Principaux dossiers de corruption dans le football belge Liste non exhaustive de concernant que les quatre plus hautes divisions.

1963 – Waterschei-Tilleur Compétition concernée: Division 2 Mis en cause: THOR Waterschei Plaignant/Victime: R. Tilleur FC

Faits: Le club de Waterschei aurait soudoyé un de ses anciens joueurs pour défavoriser Tilleur. Waterschei et Tilleur sont en lutte pour obtenir la montée en D1. Conséquences: La procédure est assez longue et ne trouve un aboutissement qu’en peu avant la reprise du championnat 1963-1964. Reconnu coupable, Waterschei, qui pense jouer en D1, est rétrogradé en D3. C’est le classé de D2, à savoir Turnhout qui est promu parmi l’élite.

1963 – Dossier Hasseltse VV Compétition concernée: Promotion, Série A Mis en cause: K. Hasseltse VV Plaignant/Victime: ??

Faits: Le club d'Hasseltse VV (« den HaWaï ») remporte le titre de la série A. Mais au lieu de monter en D3, le club est sanctionné pour « falsification » ou « tentative de falsification de compétition ». Conséquences: C'est le classé, le Verbroedering Mechelen-aa-de-Maas qui est promu en Division 3. Hasseltse VV est relégué d'office en P1 limbourgeoise. Le matricule 65 ne s'en remet jamais. En 1964, il fusion avec son rival du K. Excelsior FC Hasselt (matricule 37) pour former le K. SC Hasselt (matricule 37). En 1965, des nostalgiques de l'ancien « HaWaï » refonde un nouvel « Hasselt VV » qui après diverses fusions avec d'autres clubs locaux devient, en 2005, le « Torpedo Hasselt ».

1964 – Turnhout-Beringen Compétition concernée: Division 1 Mis en cause: K. FC Turnhout Plaignant/Victime: K. Beringen FC

Faits: Préambule: Beringen joue une brillante saison et est en lice pour l’attribution du titre national. À l’opposé, Turnhout lutte contre la relégation. Le , Turnhout cause la surprise en battant Beringen 2-0. Accusation: Le , Beringen écrit à l’URBSFA en accusant Turnhout d’avoir acheté certains joueurs de Beringen. L’Union Belge ouvre une enquête qui démontre que trois éléments du matricule 522 ont été corrompus. Le , deux membres de la direction de Turnhout, dont le Président Jan Verbeek, auraient offert de l’argent à des joueurs de Beringen, par l’intermédiaire d’un certain Vic Verdonck (ancien joueur de Diest devenu relation d’affaires de Verbeek).

Un somme de 40.000 Francs belges (ca ) aurait été versée à Frans Gebruers, alors gardien de Beringen. Verdonck affirme que la même somme a été versée à Felix Geybels. Avant la rencontre du , Gebruers aurait pris peur et aurait menacé Geybels. Gebruers redoutant que la direction de son club n’ait eu vent de l‘affaire aurait voulu refusé de tricher, mais Geybels l’aurait persuadé du contraire.

Conséquences: Reconnu coupable, KV Turnhout (repêché un an plus tôt à la suite de l’affaire Waterschei-Tilleur) est puni et relégué en D2 (le club avait assuré son maintien). À la suite de cette sanction, Berchem Sport évite la descente. Les 40.000 FB perçus par Gebruers furent saisis par l’URBSFA. Verbeek, Verdonck, Gebruers et Geybels sont suspendus à vie. À la suite de cette affaire, la légende du club de Turnhout et alors entraîneur, Vic Stroybant démissionne après la relégation contrainte.

1964 – RC Lokeren/SK Deinze Compétition concernée: Promotion, série C Mis en cause: K. RC Lokeren Plaignant/Victime: KM SK Deinze

Faits: Le RC Lokeren, qui lutte pour son maintien, est condamné pour « corruption » ou « tentative de corruption » au détriment du SK Deinze.

Conséquences: Le RC Lokeren qui a assuré son maintien en terminant le championnat à la est rétrogradé en P1 de Flandre orientale. Le classé, KV Courtrai évite la relégation. Le RC Lokeren revient en Promotion en 1969 et fusionne l'année suivante avec son rival voisin du « Standaard Lokeren » pour former le KSC Lokeren.

1965 – Charleroi SC/Eendracht Alost Compétition concernée: Division 2 Mis en cause: K. SC Eendracht Aalst Plaignant/Victime: R. Charleroi SC

Faits: Lors de la saison « 64-65 », le Sporting de Charleroi évolue en Division 2 depuis huit saisons (descente de D1). Il est empêtré dans la lutte pour le maintien avec, entre autres, Alost (descendu de D1 trois saisons plus tôt), le CS Verviers et Herentals, tandis que Boom distancé est virtuellement relégué. À cinq matchs de la fin, Alost se déplace au Sporting Charleroi et mène 0-3 à la mi-temps. « Pendant le repos de « Charleroi-Alost », , Jean Piccinin, joueur-entraîneur du Sporting Charleroi (qui évolue comme défenseur), aurait confessé à ses équipiers avoir été « acheté ». Il aurait reçu (ou se serait vu proposer) 10.000 FB, par l'intermédiaire de Maurice Jamin (un ancien gardien de but du Sporting Charleroi passé depuis à Anderlecht). À cette époque, Jamin aurait eu grand besoin d'argent et aurait dit à Gaston Van der Elst (un ancien de l'Eendracht Alost également passé à Anderlecht) que « pour 35.000 FB il pouvait arranger les choses ». C'est un ancien président du matricule 90, Jules Matthys qui aurait fourni les fonds. M. Jamin aurait confondu et dénoncé G. Van der Elst.

Conséquences: L'URBSFA inflige une suspension de trois ans à Gaston Van der Elst. En plus, l'Eendracht Alost est condamnée à descendre d'une division. Comme le club a terminé et descend en Division 3, il est renvoyé en Promotion. L'URBSFA décide aussi que, à la suite de cette punition, seuls trois équipes descendent de D3 en Promotion. Le « meilleur » des quatre relégués, à savoir le Racing de Gand profite de cela et se maintient en D3. Par la suite, Jules Matthys a pris sa part de responsabilité devant les instances fédérales et la punition de G. Van der Elst est finalement réduite à 15 mois effectifs Blog/Forum consacré au K. AC Eendracht Aalst.

1966 – CS Brugeois-Lierse SK Ce dossier est aussi appelée Affaire Bogearts Compétition concernée: Division 1 Mis en cause: R. CS Brugeois Plaignant/Victime: K. Lierse SK

Faits: Entendu par les enquêteurs de la Fédération belge, Walter Bogaerts, défenseur du Lierse, accuse le vice-président du Cercle de Bruges, Paul Landsoght d'avoir tenté de le corrompre. Sans autres preuves que le témoignage de Bogaerts, le « Cercle » est reconnu coupable et sanctionné.

Paul Landsoght qui bénéficie d'une réputation irréprochable n'accepte pas les accusations et la sanction. Le dirigeant et le club mettent tout en œuvre pour laver leur honneur. En , l'URBSFA disculpe totalement Landsoght et le matricule 12.

Conséquences: Le R. CS Brugeois est relégué d'une division et se trouve ainsi renvoyé en D3, puisqu'il a terminé le championnat à une des deux positions descendantes. Bien que blanchi, le Cercle de Bruges reste en Division 3 et met cinq ans à revenir au sein de l'élite nationale. À la suite de cette affaire, le matricule 12 perd des éléments importants dont Gilbert Bailliu qui signe chez le rival voisin, du « Club ».

1976 – AA Louviéroise-Berchem Sport Cette affaire est aussi appelée Affaire Jurion Compétition concernée: Division 1 Mis en cause: R. AA Louviéroise Plaignant/Victime: K. Berchem Sport

Faits: Préambule: Cette affaire, en réalité une tentative de corruption, fait grand bruit à l’époque, en raison de son personnage central: Jef Jurion, ancien capitaine d’Anderlecht, 64 fois Diable Rouge et 2 fois lauréat du Soulier d’Or. Devenu entraîneur, Jurion dirige Lokeren puis Beveren avant d’arriver à La Louvière en 1975. À la tête de Loups, il décroche la montée en D1, via le tour final de D2, créé l’année précédente. Parmi les renforts du club hennuyer se trouve le défenseur Eddy Caers qui vient du Football Club Brugeois. Avant la Venise du Nord, Caers a aussi joué à Berchem. Faits: En 1975-1976, la RAAL lutte pour son maintien tout comme Berchem. Jef Jurion qui ne veut pas descendre aurait délégué Eddy Caers et Jacques Roelandt (qu’il a connu à Beveren) pour tenter de convaincre des joueurs de Berchem de se laisser acheter. Caers se serait adressé à d’anciens équipiers: Tony Goossens, Mike Kear et Pierre Van Staay. Le Britannique Kear se serait muni d’un magnétophone et aurait enregistré toute la conversation. Les joueurs anversois auraient refusé de se laisser corrompre et auraient prévenu leur direction, avec la fameuse bande comme preuve. Le matricule 28 aurait averti l’URBSFA.

La suite se fait plus rocambolesque. Avec l’aide d’un détective privé, un piège aurait été tendu à Jef Jurion. Le « privé » se serait fait passer pour un oncle de Goossens et aurait arrangé en rendez-vous, durant lequel l’entraîneur aurait proposé une somme de 30.000 FB (ca ). Le , Berchem reçoit La Louvière et s’incline 1-2, à la régulière. Ce n'est que juste après ce match que le scandale éclate dans la presse ! Conséquences: La Louvière termine la saison à la place et est sportivement sauvé, au contraire de Beringen, du RC Malines et de… Berchem Sport! Le « matricule 93 » est sanctionné et relégué en D2 pour « tentative de corruption ». Beringen profite de ce fait pour se maintenir. La RAAL écope aussi d’une lourde amende: soit un cinquième de ses rentrées de la saison 75-76 ! Caers et Roelandt reconnaissent leur part de responsabilité et sont suspendus un an. À cause de cela, Roelandt voit capoter un transfert vers le club hollandais de Willem II. De son côté, Jef Jurion est suspendu à vie.

Jurion entame une action devant le Tribunal civil de Bruxelles en réclamant l’annulation de la punition infligée par l’URBSFA assortie d’un dommage de 4 millions de FB (ca ). Finalement, après négociations avec la Fédération, « Mister Europe » Un des surnoms les plus souvent donnés à Jef Jurion durant sa carrière était celui de « Mister Europe ». annule la procédure car sa suspension est ramenée à trois ans.