La cybersécurité est l'ensemble des lois, politiques, outils, dispositifs, concepts et mécanismes de sécurité, méthodes de gestion des risques, actions, formations, bonnes pratiques et technologies qui peuvent être utilisés pour protéger les personnes et les actifs informatiques matériels et immatériels (connectés directement ou indirectement à un réseau) des États et des organisations, dans un objectif de disponibilité, intégrité et authenticité, confidentialité, preuve et non-répudiation..
Origine et définition Le terme cybersécurité est un néologisme construit à partir du préfixe cyber, d’origine grecque, réapparu au milieu du avec le mot cybernétique, ce dernier concernant l'étude des processus de contrôle et de communication chez l’être vivant et la machineDictionnaire historique de la langue française, édition Le Robert..
Ce préfixe cyber a donné avec le développement d'Internet et la généralisation du numérique un grand nombre de mots tels que cyberespace, cyberdéfense, cyberattaque, cybercrime, cybercafé, cyberculture, cyberdémocratie, cybermarché, cyber-réputation.
C'est par réaction contre les risques liés à l'omniprésence des technologies de l'information et de la communication et à leur capacité d'interconnexion et d'échange de données que la cybersécurité se constitue progressivement en tant que nouvelle discipline (spécialité) pleine et entière.
Concept général de la cybersécurité La cybersécurité, qui concerne la sécurité et la souveraineté numérique de chaque État-Nation, présente des enjeux économiques, stratégiques et politiques qui vont donc bien au-delà de la seule sécurité des systèmes d'information. Elle concerne d'ailleurs aussi bien l'informatique de gestion, l'informatique industrielle, l'informatique embarquée que les objets connectés. La cybersécurité doit être appréhendée de manière holistique pour prendre en compte les aspects économiques, sociaux, éducatifs, juridiques, techniques, diplomatiques, militaires et de renseignement.. Excellence technique, adaptabilité et coopération sont essentielles dans ce domaine.
Une stratégie nationale de cybersécurité va demander de la continuité politique et une vision à long terme. Des différentes publications des États semble se dégager un consensus reconnaissant la nécessité d'organiser et d'assurer la sécurité et la défense des systèmes techniques eux-mêmes, et celles des sociétés qui utilisent ces systèmes.
Cela dit, afin d'encourager une culture mondiale et motiver les pays pour qu'ils intensifient leurs efforts en matière de cybersécurité, l'Union internationale des télécommunications a développé un indice de la cybersécurité dans le monde (GCI) qui mesure le niveau de développement de chaque pays dans ce domaine. Le premier rapport a été publié en .. Le GCI évalue l'engagement des pays en faveur de la cybersécurité au regard de cinq piliers stratégiques (juridique, technique, organisation, prise de conscience et savoir-faire, coopération internationale).
Dans le domaine de la cybersécurité, les cycles de réaction et de décisions doivent être brefs. L'ISACA invite à utiliser un processus simple, développé par le NISTFramework for Improving Critical Infrastructure Cybersecurity, pour identifier les menaces, se protéger, détecter les attaques, y répondre, puis revenir à un mode de fonctionnement normal. L'obligation de signaler ces attaques relève d'un niveau de maturité des organisations et des États qu'il reste encore à travailler. L'ISACA, comme à son habitude, inscrit ce processus dans le cadre d'une méthodologie reposant sur l'analyse de risques pour identifier les actifs critiques (patrimoine informationnel), définir des objectifs de sécurité et d'optimisation des risques. L'approche doit être très opérationnelle pour être capable de gérer des cyberattaques en temps réel, de réagir et de donner des ordres afin que des mesures concrètes soient prises et que des actions pertinentes soient menéesArmée de l'Air, Centre d’études stratégiques aérospatiales, Ministère de la Défense - Réflexions sur le cyber : Quels enjeux ? juillet 2015..
La notion de ISOC, pour Information security operations centerSource article ISOC sur la version anglaise de wikipedia devient une composante pleine et entière de la mise en œuvre des politiques de cybersécurité dans les organisations publiques et privées. Pour être efficace, une ISOC doit « monitorer » l'ensemble des composants d'un système d'information et être capable de détecter et de sélectionner parmi des milliards d’octets des éléments caractéristiques d'une cyberattaque puis, le cas échéant, d’adapter le plus intelligemment possible la réactivité des différents composants concernés dudit système d'information.
La notion de cyber-résilience quant à elle est, bien entendu, complémentaire du management de la cybersécurité par les risques, comme cela avait d'ailleurs été introduit lors du Forum de Davos en 2012..
En cybersécurité, au moins deux questions sont donc à considérer : Comment protéger ses infrastructures vitales ? Comment faire coopérer acteurs privés ou publics ?
La maîtrise du patrimoine informationnel, constitué de documents et de données informatiques, constitue également un des enjeux de la cybersécurité.
Au cœur des enjeux de sécurisation de la société numérique et en matière d'innovation, la cybersécurité devrait tirer parti des recherches dans le domaine des mégadonnées (big data) qui combineront apprentissage automatique et intelligence artificielle. Intelligence artificielle qui pourrait être un jeu à somme nulle quand elle est utilisée tant par les hackers pour augmenter leur capacité de fraude qu'en cybersécurité pour améliorer la détection desdites fraudes. Les « géants de la tech » attirent quand même l'attention sur le fait qu'il faudrait mieux, bien entendu, que la cybersécurité ait une longueur d'avance dans l'utilisation de l'intelligence artificielle sur les hackershttps://openai.com/collective-cyberdefense/.
La prévention des cyberattaques. Les experts en cybersécurité peuvent utiliser l'intelligence artificielle pour détecter et prévenir les cyberattaques en temps réel. Les algorithmes d'apprentissage automatique peuvent analyser les schémas de trafic réseau et les comportements suspects pour identifier les tentatives d'intrusion et les activités malveillantes. Activités malveillantes dont les manipulations de l’information, numériques ou non, venues de l’étranger visant à déstabiliser un État font aussi partie.
L'identification des vulnérabilités dans les systèmes informatiques. L'intelligence artificielle peut être utilisée pour analyser les codes sources des logiciels et des systèmes afin de détecter les failles de sécurité potentielles. Cela permet aux développeurs de renforcer la sécurité de leurs produits et de prévenir les attaques.
La cybersécurité personnelle La cybersécurité peut se décliner dans la vie privée numérique de tout un chacun. Il s'agit ici de sensibiliser le grand public aux risques associés à l'utilisation des technologies de l'information et de la communication., par exemple pour identifier au plus tôt et déjouer une tentative d'hameçonnage., dans un contexte où notamment les smartphones sont des cibles de choix pour les cybercriminels.. Des outils logiciels tels que logiciel antivirus, voire réseau privé virtuel contribuent à la cybersécurité personnelle.
La réglementation internationale Face à l’augmentation des menaces, la réglementation est internationale, avec, dans chaque pays, l'État responsable de la cyberdéfense et garant de la cybersécurité.
L'ONU a engagé dès 2003 une réflexion sur les enjeux du numérique, dont ceux de la cybersécuritéRapport de l'Assemblée Nationale sur l'avenir de la cybersécurité européenne, enregistré le 14 novembre 2019 . La Commission économique pour l'Europe des Nations unies a d'ailleurs adopté le deux nouveaux règlements complémentaires sur la cybersécurité et la mise à jour des logiciels embarqués dans les véhicules connectés autonome..
Et au-delà de la réglementation, pour développer une prise de conscience générale des enjeux de la cybersécurité, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis, en collaboration avec l'Alliance américaine pour la cybersécurité. a, dès 2003, décrété le mois d'octobre comme le mois de la sensibilisation à la cybersécurité.. Cet événement est maintenant décliné en Europe avec le support de l'ENISA et de la Commission européenne. et dans un grand nombre de pays.
États-Unis Pour les États-Unis on peut citer deux premières directives de la Maison-Blanche de 2013. et de 2015., ainsi que la création en d'une nouvelle agence consacrée à la cybersécurité, la CTIIC.. Le département de la Défense des États-Unis met à jour régulièrement sa cyberstratégieThe DOD Cyberstrategy, avril 2015 qui inclut notamment en 2019 l'apport de l'intelligence artificielle et le développement des compétences en cybersécurité..
Les cinq priorités de l'Administration américaine dans le domaine de la cybersécurité deviennent : Protéger les infrastructures critiques des États-UnisConcernant la protection des infrastructures critiques, le gouvernement américain a mis en place un plan national, baptisé NIPP, intégrant non seulement la cybersécurité mais aussi les autres menaces telles que pandémie, terrorisme, perturbation atmosphérique extrême et, bien entendu, panne et accident majeurs. ; Améliorer la capacité des États-Unis à identifier les cyberattaques et à rapporter celles-ci afin que le pays puisse y répondre rapidement et efficacement de manière coordonnée ; Développer les partenariats internationaux afin de continuer à promouvoir la liberté sur Internet ; Sécuriser les réseaux des différents États en définissant des objectifs clairs et mesurables, et responsabiliser les agences fédérales pour qu'elles atteignent ces objectifs ; Éduquer pour façonner une main-d'œuvre avertie, sensibilisée aux enjeux de la cybersécurité.
La directive CISACybersecurity Information Sharing Act, qui a créé de manière spécifique un cadre juridique encourageant l’échange entre le secteur privé et le gouvernement fédéral d’information concernant les cyber-menaces et les mécanismes de défense, a été promulguée en loi par Barack Obama le . Et avec la loiCybersecurity and Infrastructure Security Act signée par Donald Trump le cette directive CISA est passée du statut de directive à celui d'agence fédérale à part entière.
Début 2016, Barack Obama a renforcé ces initiatives par l'annonce d'un plan d'actions national en cybersécurité.. Ce plan, baptisé CNAP, a pour objectif d'encore mieux protéger la vie privée et la sécurité publique, de continuer à améliorer la sécurité économique dans le domaine du numérique, de renforcer la sensibilisation et la protection de l'ensemble des parties prenantes, y compris en augmentant le niveau de sécurité informatique des agences fédérales. CNAP est associé à un budget de plus de 19 milliards de dollar US en 2017.
En , le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a publié un référentiel complet pour l'évaluation de la maturité des organisations en cyber-résilience..
La cybersécurité est aussi une des priorités du président-élu Donald Trump, qui avait rappelé en vouloir mettre en place, dès sa prise de fonction le , un comité d'experts pour renforcer les mesures et adresser les problématiques gouvernementales et privées dans ce domaineDonald Trump immediate action on Cybersecurity. Le , un projet de loi, baptisé SHIELD Act, a été annoncé pour renforcer la cybersécurité dans l'État de New York.. En , en réaction à la destruction par l'Iran d'un drone américain., Donald Trump lance une cyberattaque contre les systèmes de lancement de missiles et un réseau d'espionnage iraniens...