Henrichemont est une commune française située dans le département du Cher, en région Centre-Val de Loire.
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Petite Sauldre, le Dillon, le ruisseau de la Fontaine Bidault, le ruisseau la Fontaine des Ramiers et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Les « massifs forestiers et rivières du Pays-Fort » sont une zone spéciale de conservation dont l'intérêt réside dans la qualité des hêtraies ainsi que dans les forêts alluviales.
Henrichemont est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1891. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Bourges.
Le patrimoine architectural de la commune comprend deux immeubles protégés au titre des monuments historiques. Les ateliers et fours de potiers de La Borne, dont les premiers fours datent du , sont inscrits partiellement en 1996. La maison de Sully, pavillon témoin de la ville neuve d’Henrichemont conçue au début du , est inscrite en 1955 (façades sur rue et toitures ; cheminée du ).
Géographie La commune d'Henrichemont est située dans le nord-est du département du Cher, à distance approximativement égale (environ ) de sa préfecture Bourges et de Sancerre. Elle se trouve dans le Berry, aux confins de la Sologne et des collines du Pays fort et du Sancerrois.
La commune est chef-lieu de canton ; en 2015, à la suite du redécoupage des cantons du département, elle fera partie du canton de Saint-Germain-du-PuyDécret du 21 février 2014 portant délimitation des cantons dans le département du Cher.
Localisation
Les lieux-dits
Voici la liste des lieux-dits d'Henrichemont par rapport à leur situation : route des Aix : La Brissonnerie, La Vigne, La Vieille Verrerie, Les Vivreaux, La Lurronnerie, Le Gros Foutiau, Les Pasdeloups, Le Chêne Rocher ; route de Menetou : L'Ostogone, Les Simonneaux, Les Pétunias, Pont Abbé ; route d'Achères : Les Goths, Les Bernières, La Grande Tombe, La Petite Tombe, Les Oliviers, Les Thébaults, La Faveterie, Les Bezets, Les Grands Fromions, ZI Les Boisbelles ; route de Méry-ès-Bois : Le Prè ; route d'Ivoy le Pré : Les Trembles, La Métairie Rouge, Le Perry ; route d'Ivoy le Pré par la route de Boisbelle : Les Petits Tillets, Les Grands Tillets, Les Rasles, Le Moulin de Sugy, Les Durands, La Grenouillerie ; route de la Chapelotte : Les Billets, Les Gâtés, La Gamacherie, La Blanchisserie, La Taille Poilot, Les Chertiers ; route de la Borne par les Gimonets : Les Cerfs d'en bas, Le Pré des Cerfs, Les Gimonets, Les Regnières, Les Jacquets, Les Talbots, Le Point du Jour ; route de la Borne : Les Cerfs d'en haut, Les Maisons Neuves, Les Marais, Les Marçais, La Borne.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Chapelle-d'Angillon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Henrichemont est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Bourges, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (36,5 %), prairies (35,8 %), forêts (16,7 %), zones urbanisées (7,5 %), zones agricoles hétérogènes (3,4 %)..
L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.. Risques majeurs Le territoire de la commune d'Henrichemont est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux d'Henrichemont. La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. La totalité de la commune est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 1110 sont en aléa moyen ou fort, soit 100 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et par des mouvements de terrain en 1999.
Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est en effet susceptible d’avoir des effets graves au bâti ou aux personnes jusqu’à , selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..
Toponymie
Ville créée en 1609 par Sully, qui a voulu lui donner le nom d'Henri IV : latin Henrichi mons, francisé en « Henriche-mont ».
Histoire
L'histoire de la commune d'Henrichemont est liée, depuis sa construction en 1609 par Maximilien de Béthune, baron de Rosny et duc de Sully, jusqu'à la promulgation, en octobre 1685, de l'édit de Fontainebleau révoquant l'édit de Nantes, à la Principauté de Boisbelle.
Création de la ville d'Henrichemont vignette|Une maison construite selon les plans de Salomon de Brosse.
La ville d'Henrichemont, capitale de la Principauté, est nommée en l'honneur d'Henri IV.
Pour construire cette ville nouvelle, Sully a choisi des hommes de métier de l'entourage du roi. Le plan et l'organisation générale de la ville ont dû être discutés avec l'ingénieur du roi Claude Chastillon. Les plans des bâtiments ont été dressés par Salomon de Brosse qui est aussi chargé de la direction générale des travaux.
La ville est prévue suivant un plan fait dans un carré de 256 toises de côté.. Il était prévu une église catholique, un temple protestant, un collège, une halle et une hôtellerie.
Sully passe un marché le avec des entrepreneurs qui lui sont familiers. Hugues Cosnier, entrepreneur du canal de Briare, et Jonas Robelin, maître maçon de Paris, sont choisis pour la construction de la ville nouvelle. Le traité est dressé par Samuel Christophe, notaire à Boisbelle, et passé par-devant François Le Maréchal, sieur de Corbet, et Pierre Everard, secrétaire de la chambre du roi.
Le plan de la ville est originalGoogle Livres : Adolphe Napoléon Didron, Edouard Didron, Xavier Barbier de Montault - Annales archéologiques. Volume 11 - : une place centrale carrée d'où partent quatre rues dans l'axe des côtes et quatre rues diagonales tracées à partir des coins. Les rues partant des axes des côtés divisent la ville en quatre quartiers. Au centre de chaque quartier, une placette qui communique à la place centrale par une rue diagonale. Seize corps de logis en brique embellis à l'extérieur avec des pilastres sont prévus.
La première pierre de la ville est posée le au logis de M. Descures sur la grand place à laquelle on a donné le nom de Béthune. Les portes de la ville ont reçu les noms de la reine et des princes : porte de la Reine, porte Dauphine, porte d'Anjou, porte d'Orléans.
Comme le fera plus tard Richelieu pour sa ville, Sully a demandé à ses relations de participer à la construction à leurs frais de pavillons.
Le plan permet donc de classer Henrichemont dans les villes à plan hippodamien, mais la construction est inachevée (voir ci-dessous).
1610 : fin de la construction de la ville nouvelle
À la mort du roi Henri IV en 1610, la ville nouvelle ne comprend que les seuls pavillons de la place centrale et ceux qui longeaient les rues menant aux portes. L'église, le temple et le collège ne sont pas encore construits. Il existe un hôtel des monnaies avec atelier monétaire qui fonctionnera de 1635 et 1656Monnaie de Paris : demi-franc de Sully frappé à Henrichemont. Le maître de la Monnaie était en 1635 Jean Levrat, le greffier Sylvain Prévost et le graveur Clément Legendre.