Sens-Beaujeu est une commune française, située dans le département du Cher en région Centre-Val de Loire. Elle appartient également à l’ancienne province du Berry
Exposée à un climat océanique altéré, elle est drainée par la Sauldre, le ruisseau de l'Étang Couët et divers autres petits cours d'eau. La commune possède un patrimoine naturel remarquable composé d'un site Natura 2000 et trois zones naturelles d'intérêt écologique, faunistique et floristique. Les « massifs forestiers et rivières du Pays-Fort » sont une zone spéciale de conservation dont l'intérêt réside dans la qualité des hêtraies ainsi que dans les forêts alluviales.
Sens-Beaujeu est une commune rurale qui compte en , après avoir connu un pic de population de en 1861. Elle fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Satur - Sancerre.
Le patrimoine architectural de la commune comprend un immeuble protégé au titre des monuments historiques : le château de Beaujeu, dont les bases remontent à la deuxième moitié du et les intérieurs ont été remaniés au début du , inscrit en 1981 (façades et toitures du château et des communs ; escalier ; pièces majeures).
Géographie Située à la transition entre le Pays Fort et le Sancerrois, Sens-Beaujeu fait partie des plus vastes communes du canton de Sancerre.
Son territoire de plateaux est largement entaillé par la rivière de la Grande Sauldre et son affluent le ruisseau de l’Étang de Couët, formant des vallons humides au paysage encore bocager. La vallée est limitée au sud-ouest par une chaîne de collines couvertes de bois qui, partant de Neuilly en Sancerre (point culminant du canton 392 mètres dans la forêt communale) se dirige vers Aubigny sur Nère. A l'est la colline des Bruyères (365 mètres sur Crézancy) se prolonge sur Sens-Beaujeu (330 mètres) tandis qu'au nord le Bois Briou n'a que 276 mètres d'altitude. Le point le plus bas est à 230 mètres au Parc en limite avec Le Noyer. Les hauteurs de l'Est de la commune sont des collines de silex crétacé occupées par la forêt.
La superficie de la commune est de 2.154 hectares, avec une forme triangulaire pointée vers l'ouest et dont la base nord-sud (de 6 kilomètres) passerait près du bourg et au droit de ce dernier une petite avancée saillant en direction de l'est portant ainsi la longueur de l'axe est-ouest à plus de 8 kilomètres.
La diversité des sols, riches en pierre à chaux, argile, marne et sable, ont permis l’installation de fours à chaux ou de tuileries, comme l’ancienne Tuilerie des Barras dont il reste quelques vestiges..
La particularité de ce chef-lieu communal est incontestablement l’étendue de sa place, qu’enrichit une fontaine monumentale, avec sa vasque en fonte exceptionnelle pour le département..
La forte dispersion de son habitat (80 lieux-dits ou hameaux dénombrés) et son activité relevant de la polyculture (élevage d’ovins et de bovins, production céréalière) rattachent Sens-Beaujeu davantage au Pays Fort qu’au Sancerrois.
Lieux-dits et écarts
Localisation
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement. Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Vailly-sur-Sauldre à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Sens-Beaujeu est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Satur - Sancerre, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,1 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (84,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (43,3 %), prairies (34,8 %), forêts (14,7 %), zones agricoles hétérogènes (6 %), zones urbanisées (1,2 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Risques majeurs Le territoire de la commune de Sens-Beaujeu est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité faible).. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..
vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Sens-Beaujeu. La commune est vulnérable au risque de mouvements de terrains constitué principalement du retrait-gonflement des sols argileux, partie 1 - chapitre Mouvements de terrain.. Cet aléa est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 87 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (90 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, 249 sont en aléa moyen ou fort, soit 75 %, à comparer aux 83 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...
Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et 2019 et par des mouvements de terrain en 1999.
Histoire
Antiquité La présence d’habitation sur la commune de Sens-Beaujeu est ancienne puisque des vestiges archéologiques au lieu-dit Les Malchins attestent la présence d’une villa gallo-romaine aux abords du tracé probable d’une voie reliant Saint-Thibault-sur-Loire à Neung-sur-Beuvron. Des traces de construction romaine ont également été mises au jour à proximité du bourg..
Moyen-Âge L’histoire du village est intimement liée à celle de la famille de Sully, une des plus puissantes familles du Berry dès le . Jean de Mesnil-Simon, descendant par alliance des Sully par son mariage avec Philippa de Rochechouart, déplace, au milieu du , le siège de sa seigneurie de la commune limitrophe de Neuilly-en-Sancerre à la paroisse de Sens, en faisant construire une imposante demeure seigneuriale au bord de la Sauldre, le Château de Beaujeu.
C’est à cette époque que le nom de Beaujeu commence à être attaché à celui de Sens, et le village prend officiellement le nom de Sens-Beaujeu en , lors de la création des communes.
Sorcellerie et procès des Sorciers de Marlou Sens-Beaujeu a été le théâtre d’une des plus célèbres histoires de sorcellerie : les Sorciers du carroy de Marlou. Le Berry a depuis longtemps cultivé la réputation populaire et internationale d'être le "foyer principal de la sorcellerie français", et le procès des Sorciers du carroy de Marlou est l’un des rares documents entiers qu’on a pu garder"...
Peu avant 1583, Bernard Girault, un garçon de douze ans, se retrouve ensorcelé par son cousin Étienne Girault. Un sorcier, Jean Tabourdet, sergent seigneurial à Sens-Beaujeau, l'aurait possédé en faisant venir à lui - par l'intermédiaire de son cousin - une petite bête noire.
Alerté qu’un jeune garçon de la Châtellenie de Beaujeu soit « possédé de malins esprits qui le tourmentent », le seigneur de Beaujeu, Jean du Mesnil-Simon demande à Pierre Ragun, bailly de Beaujeu et de Sens, de régler le procès. Le petit Girault raconte comment la bête lui a commandé de se rendre, la nuit, au carroy de Marlou (littéralement "Carrefour des mauvais loups", situé de nos jours au croisement des routes de Menetou-Ratel à Sancerre et de Bué à Sens-Beaujeu.). Comme tout carrefour, le carroi de Marlou constitue un lieu traditionnel de sabbat. Bernard raconte y voir beaucoup de gens, entre 25 et 30.
Aux termes d’un procès de trois mois, 5 personnes seront jugées coupables d’être sorciers ou de participer au sabbat. Ils seront pendus puis brûlés, à l’endroit même du Carroi de Marlou..
La Petite Vendée du Sancerrois Sens-Beaujeu est un lieu important du mouvement insurrectionnel royaliste qui se produisit dans le Cher en 1796, qu’on désigne sous le nom de "Petite Vendée du Sancerrois", en référence à la Guerre de Vendée qui opposa les républicains et royalistes, ces derniers combattant pour le retour de la Monarchie Française, en établissant sur le Trône Louis XVIII.
Le , l’Armée Catholique et Royale du Sancerrois, avec à sa tête le jeune adjudant-général dans l’armée de Condé, Louis Edmond Le Picard de Phélippeaux, passe à Sens-Beaujeu puis s'empare de Sancerre. Après y avoir séjourné quelques jours, les soldats se replient sur Sens-Beaujeu le , où ils dressent leur campement sur la place du village.
Dans la nuit du 11 au 12, l’armée royaliste est surprise et mise en déroute par l'armée républicaine, commandée par le général Desenfants, faisant une centaine de morts. Cet épisode, connu sous le nom de Bataille de Sens-Beaujeu, marque la fin de ce mouvement insurrectionnel.
Trois des principaux chefs de l’armée royaliste sont tués, dont l’Abbé Claude Antoine Buchet, curé de Jalognes et prêtre réfractaire, engagé comme prieur des troupes royalistes. Une stèle lui est dédiée sur la place de Sens-Beaujeu..
Le village autrefois Au cours de la deuxième moitié du , cinq foires se succédaient chaque année..
Plus peuplée que les communes limitrophes, Sens-Beaujeu fut un temps chef-lieu de canton.
Les Economiques du Cher