Les groupes ethniques du plateau du Tibet sont nombreux. Certains sont sur le plateau depuis des millénaires, d'autres sont originaires d'autres régions de Chine ou d'autres pays d'Asie, d'autres encore sont originaires du plateau du Tibet et ont majoritairement (ou non) migré vers d'autres régions de la Chine ou de l'Asie. Ils ne sont pas, à l'instar des Golok ou des Moso, forcément comptés comme des groupes ethniques distincts officiels du pays concerné, mais peuvent être regroupés dans de plus importants groupes ethniques, les groupes étant créés au début de la république, et les divisions des ethnologues ayant changé avec le temps.

Contreforts du plateau

Bai

Les Bai (, littéralement « ethnie blanche », à cause de leurs vêtements à dominante blanche), autrefois aussi appelés Minjia (, « maison/famille du peuple »), sont un peuple du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. On les trouve aussi à Bijie dans la province du Guizhou et à Sangzhi dans la province du Hunan.

Dans leur propre langue, ils se nomment eux-mêmes Bairt‧zix [], Bairt‧zix‧Bairt‧yvnx [], ou Bairt‧horx [], ou Bairt‧ngvrt‧zix‧horx [], ou encore Bairt‧yin [].

Au nombre de au recensement de 2000 China Statistical Yearbook 2003, p. 48., ils ont le statut officiel de minorité ethnique.

Qiang

Le peuple Qiang () est l'un des 56 groupes ethniques officiellement reconnus par la république populaire de Chine. Ils vivent principalement dans des secteurs accidentés, sillonnés de rivières et de ruisseaux, de la préfecture autonome tibétaine et qiang d'Aba, et du xian autonome qiang de Beichuan, dans le nord-ouest de la province du Sichuan .

Leur population comptait à habitants au recensement de 2000, avant le séisme de 2008 au Sichuan dont le xian de Wenchuan était l'épicentre.

L'histoire du peuple Qiang remonte à la dynastie Shang, ses descendants incluent les Tibétains et les Han et plusieurs autres minorités du sud-ouest de la Chine.

Yu le grand est le monarque légendaire de cette ethnie, généralement représenté par une fourche à deux branches.

Certaines traditions locales voient en eux les descendants de Yandi, l'« Empereur rouge », rival et allié de Huangdi, l'« Empereur jaune », ancêtre des Han.

Naxi

Forts de membres, les Naxiprononcer Nachi(, littéralement « l’ethnie adoptée par l'ouest ») vivent, pour une petite partie (), dans le sud-est de la préfecture de Nyingchi dans la région autonome du Tibet, et pour la majeure partie, dans le Yunnan, principalement dans la préfecture de Lijiang et la préfecture autonome tibétaine de Dêqên.

Ils utilisent la langue naxi et l’écriture dongba. L'écriture dongba est associée à la culture et la religion Dongba des Naxi. Créée par cette ethnie il y a plus d’un millénaire, elle est considérée comme l’unique écriture pictographique, proche des hiéroglyphes, parfaitement conservée dans le monde actuelConnaître la Chine : Population et ethnies, sur le site de l'ambassade de la république populaire de Chine en République française, 2011/06/09..

Moso vignette|gauche|Jeune tisseuse Mosuo dans la ville Lijiang.

Les Moso, Mosuo ou Musuo (chinois: 摩梭 ; pinyin: Mósuō) sont une petite ethnie du sud-ouest de la Chine, à la frontière des provinces du Yunnan et du Sichuan, à proximité de la frontière avec la région autonome du TibetSource.. La plupart d'entre eux habitent la région de Yongning et autour du lac Lugu sur les contreforts de l'Himalaya.

Officiellement ainsi que linguistiquement, les Moso constituent un sous-ensemble de la nationalité Naxi et utilisent un sous-système de l'écriture daba à l'instar de ce peuple.

Les Moso comptent de à habitants.

Néanmoins, leur culture est distincte et unique, notamment en ce qui concerne la matrilinéarité et les relations amoureuses. Traditionnellement, il n'existait pas de mariage, les relations amoureuses étant des affaires privées et les enfants demeurant toute leur vie dans la maison de leur mère. Cela a valu à la région l'intérêt de nombreux ethnologuesLa société matrilinéaire des Mosos a été révélée en Occident par Joseph Francis Charles Rock en 1924 (cf Source.. Aujourd'hui, les mariages sont de plus en plus nombreux sous l'influence du modèle social chinois, véhiculé par les médias, l'éducation (dispensée en chinois mandarin) et une propagande active en faveur du mariage. Le système familial traditionnel mosuo est en mutation, et de nombreux villages (dont ceux de la plaine de Yongning) adoptent rapidement le modèle chinois dominant, où l'épouse rejoint la maisonnée de l'époux.

Nu

Les Nu (chinois: 怒族; pinyin: nù zú) vivent principalement dans la province du Yunnan. Leur territoire est une région de hautes montagnes et de vallées profondes traversées par les rivières Lancang, Dulong et Nujiang. Ils tirent leur nom de cette dernière rivière.

Au nombre de individus au recensement de 2000, ils se rencontrent dans les districts de Gongshan, Fugong, Lanping et Lushui qui forment la préfecture autonome lisu de Nujiang, aux côtés des Lisu, Derung, Tibétains, Naxi, Bai et Han. On en trouve aussi dans le district de Weixi de la préfecture autonome tibétaine de Dêqên.

Ils utilisent la langue nu et l’écriture chinoise.

Plateau lui-même Menba

Au nombre d'environ , les Menba ou Monba vivent essentiellement dans la région de Moinyu, dans le sud de la Région autonome du Tibet, et sont disséminés, pour une minorité d’entre eux, dans les districts de Mêdog, de Nyingchi et de Cona.

Ils sont depuis sur le plateau du Tibet.

Comme celle des Tibétains, leur langue appartient à la famille tibéto-birmane du groupe sino-tibétain, et se ramifie en différents dialectes. Faute d’écriture, la plupart de Menba connaissent le tibétain et emploient l’écriture tibétaine.

Les Menba pratiquent à la fois l’agriculture, l’élevage, la sylviculture, la chasse et l’artisanat du bambou et du bois : .

Cohabitant avec les Tibétains et pratiquant le mariage mixte, ils ont un mode de vie très proche de celui de ces derniers par plusieurs côtés : .

Hommes ou femmes ont l’habitude de porter une sorte de tunique rouge appelée pulu, et un bonnet à fond brun et à rebord orange, ou un chapeau en feutre noir. Les femmes se parent de bijoux : bracelets, pendants d’oreille. À la ceinture des hommes est accroché un couperet.

Tous aiment le vin et le tabac à priser, les hommes comme les femmes. Leur nourriture de base comprend le riz, le maïs, le sarrasin et le millet.

La plupart des Menba sont des adeptes du bouddhisme lamaïste, tandis que ceux de certaines régions y adjoignent des pratiques de sorcellerie. Les rituels funéraires des Menba comprennent à la fois l’ensevelissement par immersion, l’enterrement, l’exposition aux oiseaux et l’incinérationLe peuplement et les ethnies du Tibet, Les nouvelles à travers la Chine et le monde, french.xinhuanet.com, 2008-11-03..

Luoba

Au nombre de quelque individus, les Luoba vivent principalement dans la région de Lhoyu, dans le sud-est de la Région autonome du Tibet; une minorité d’entre eux est disséminée dans les régions de Mainling, Mêdog, Zayu, Lhunze et Nagxian.

Leur langue appartient également à la famille tibéto-birmane du groupe sino-tibétain mais peu d'entre eux la connaissent. Faute d’écriture propre, les Luoba utilisent l’écriture tibétaine.

Ils pratiquent à la fois l’agriculture et l’artisanat (tressage de bambou).

Les hommes portent des gilets en laine et se coiffent d’un chapeau de peau d’ours ou de fibres végétales ; les femmes portent un corsage à col rond et à manches serrées, et une jupe étroite.

Les céréales (maïs, millet, riz et sarrasin) constituent la base de leur nourriture.

Deng

Les Deng ou Mishmi vivent essentiellement dans le district de Zayu de la région de Nyingchi.

Avant les années 1950, ils vivaient principalement dans les montagnes et les forêts profondes, et pratiquaient la culture sur brûlis, ainsi que la cueillette et de la chasse. Par la suite, avec l’aide du gouvernement, ils sont installés dans les vallées.

Leur langue appartient à la famille tibéto-birmane du groupe sino-tibétain. Mais ils utilisent des méthodes primitives d’écriture, faisant des encoches sur des morceaux de bois ou des nœuds sur des ficelles, et alignant des bâtonnets de bois ou des branches d’arbre pour compter et enregistrer les événements.

Leurs maisons sont généralement à deux étages, avec un toit en bois. En bas, vit le bétail et en haut, ce sont les chambres.

Les femmes ont des pendants d’argent en forme de tambour, des colliers de perles ou des parures en argent. Elles portent une jupe de soie, et vont nu-pieds. Les hommes enserrent leur tête d’un turban noir et ont des pendants d’oreille en argent.

Les Deng sont animistes et croient aux esprits.

Xarba

Les Xarba sont une petite communauté de membres vivant dans le sud de la préfecture de Nyingchi, près de la province du Sichuan.

Le xarba est une langue langue tibéto-birmane.

Sherpas

Les Sherpas vivent essentiellement près du port de Zham et dans le xian de Dinggyê.

Au nombre d'environ 1200, ils sont divisés en quatre castes. Les gens de même caste ne peuvent pas se marier entre eux.

Ils parlent le sherpa, une langue tibéto-birmane dérivée du tibétain.

Leurs maisons sont généralement en bois, à deux étages.

Hommes et femmes portent une veste de laine blanche à rebord noir et à manches courtes.

Les Sherpas pratiquent le bouddhisme.

Les chants et les danses des Sherpas, mélodieux et raffinés, ressemblent beaucoup à certaines danses populaires du Népal ou du Pakistan.

Tibétains

Les Tibétains vivent principalement en république populaire de Chine, dans la région autonome du Tibet, la majeure partie de la province du Qinghai, le sud de la province du Gansu, le nord-ouest de la province du Sichuan et le nord-ouest de la province du YunnanWang Jiawei et Nyima Gyancain, Le statut du Tibet de Chine dans l'histoire, China Intercontinental Press, 2003, 367 p., Introduction, p. 1..

Des minorités vivent également en Inde, au Népal et au Bhoutan.

D'après une enquête du gouvernement tibétain en exil conduite en 2009, il y a Tibétains recensés dans la diaspora, dont en Inde, au Népal, au Bhoutan et dans le reste du monde.

Les Tibétains parlent l'une des différentes variétés du langage tibétain, dont la forme orale est souvent mutuellement inintelligible. Les habitants du Kham (les Khampas) parlent plusieurs dialectes qui sont plus ou moins inintelligibles pour les habitants de l'Amdo (les Amdowas). Les habitants du Tibet central ou Ü-Tsang (les Gtsang) parlent le dialecte de Lhassa, lequel est incompréhensible pour les deux sous-groupes du Kham et de l'Amdo Robert Barnett, in Steve Lehman et al., The Tibetans: Struggle to Survive, Umbrage, New York, 1998 :

La plupart des Tibétains pratiquent une forme du bouddhisme vajrayana (bouddhisme tantrique) nommé bouddhisme tibétain, alors qu'une minorité importante adhère à la religion indigène Bön, et qu'il existe également une petite communauté musulmane et une petite communauté chrétienne.

La culture tibétaine, notamment l'architecture et l'art, est influencée par le bouddhisme et le bön, alors que les conditions climatiques et géographiques particulièrement rudes ont engendré une adaptation sociétale que l'on retrouve par exemple dans les méthodes d'élevage et agricoles, dans la médecine tibétaine traditionnelle et dans la cuisine tibétaine.

Gologs thumb|Homme golog (1938).

Les Gologs ou Ngologs (tibétain zang : མགོ་ལོག ; translittération Wylie : Mgo-log, ), parfois orthographiés Golok ou Ngolok, sont une population nomade qui vit dans la préfecture autonome tibétaine de Golog de la province du Qinghai, à proximité de l'Amnye Machen, montagne sacrée du Tibet.

Ils ne sont pas comptés dans les groupes officiels de la république populaire de Chine.

Les Gologs avaient la réputation – souvent méritée – de bandits de grand chemin qui les faisait redouter des caravaniers et des voyageurs, Tibet - les chevaux du vent, p. 229., Le Tibet, p. 267..