Romain est une commune française située dans le département du Doubs, la région culturelle et historique de Franche-Comté et la région administrative Bourgogne-Franche-Comté.
Géographie Localisation Romain se trouve dans le nord du département du Doubs, entre les villes de Baume-les-Dames et de Rougemont.
La commune se situe entre deux vallées, Doubs et Ognon et entre deux milieux, forêt et prairie.
Elle s’étire sur une côte accusée puis sur une pente qui vient mourir doucement dans le val de Montmartin.
Le plateau rocheux qui la surplombe lui a valu d’être renommée Romain la Roche par vote du conseil municipal en 1918. Cette décision visait à éviter les confusions avec les localités homonymes et notamment Romain dans le département du Jura.
Le parcours adopté par la route départementale en 1985, partage le territoire de la commune entre le village et une partie non bâtie : la côte constituée de bois, vergers, et friches se singularise par un très riche patrimoine naturel, archéologique et géologique. Le village rebâti en contrebas après les guerres du , était conforté sur ses pentes par des murs de pierre sèche dont il subsiste quelques traces.
Cadre naturel La commune appartient aux Avants Monts, avancée septentrionale du massif des Vosges saônoises. Il s'agit d'une zone de plateaux, d'altitude moyenne comprise entre 250 et , faiblement modelée selon un axe est-ouest, qui influence le tracé des deux rivières Doubs et Ognon et faillée selon une direction méridienne (l'activité sismique s'est encore manifestée de façon perceptible à deux reprises à la fin du vingtième siècle).
Formés au Secondaire à l'époque jurassique, les terrains présentent un faciès calcaire, généralement d'une puissance d'une centaine de mètres ; fortement entaillés par l'érosion, ils laissent apparaître leur base argilo-marneuse et présentent alors un paysage caractéristique de cuesta.
C'est typiquement le cas à Romain-la-Roche : le plateau qui culmine à domine par un escarpement rocheux abrupt, le village installé à son pied, cent mètres en contrebas. Prédominance du calcaire perméable et fortes précipitations engendrent un riche relief karstique bien connu des spéléologues.
Activités humaines Hier formée majoritairement de vignerons ou d'éleveurs, puis d'ouvriers (les cars de ramassage Peugeot circulent encore en 2010), la population active est aujourd’hui diversifiée.
Les deux dernières vignes de Romain ont disparu avec leurs propriétaires à la fin du . La toponymie et le cadastre, ainsi que de belles caves et pressoirs de pierre, sont les seuls héritages de ce passé séculaire.
Communes limitrophes
vignette|redresse=1|centre|Carte de la commune de Romain et des proches communes.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Lorraine, plateau de Langres, Morvan » et « Jura ».. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Branne à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Romain est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (53 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (54 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (47 %), zones agricoles hétérogènes (34 %), prairies (18,7 %), terres arables (0,3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Romans en 1134 ; Romeins en 1183 ; Romins en 1200 ; Romains en 1388 ; Romain en 1406 ; Roumain en 1614 ; Romain-la-Roche en 1918..
Héraldique
Démographie
La population atteint son maximum en 1836 avec 381 habitants. Dès 1851, le déclin est amorcé, l'exode rural s'accélère au cours du (217 habitants en 1901). Le village continue de se vider au et ne compte plus que 59 habitants en 1975. Faute d'enfants en nombre suffisant, l'école communale ferme en 1962. Au recensement de 1982, l'hémorragie est stoppée, de jeunes couples s'installent au village ou y reviennent. Des maisons neuves sortent de terre, notamment le lotissement des basses vignes.
Le dépouillement systématique des registres de la paroisse (1763-1792) et ceux de l'état civil (1793-1914) réalisé par J-M Viprey en 2010, recense les 362 mariages contractés à Romain. Cette liste exhaustive a été dressée selon l'ordre alphabétique du patronyme du mari, toutes les naissances et tous les décès ont été relevés, ces données démographiques et généalogiques sont communicables.
Histoire
vignette|redresse|Reconstitution de l'aven de la carrière au Musée du château de Montbéliard. Néandertal : l’aven de Romain La présence d’ossements fossilisés dans une carrière aujourd’hui fermée, a permis de détecter en 1978, un site paléontologique et préhistorique majeur dont une série de reconstitutions sont accessibles au musée du Château de Montbéliard.
La campagne de fouilles menée durant une dizaine d’années, a permis de découvrir près de fossiles de la grande faune du quaternaire (vers – ) disparus avec le réchauffement climatique constaté vers – 12000 : notamment rhinocéros laineux, ours des cavernes, mammouth, lion des cavernes, aurochs, renne, cheval, loups, renard roux et renard polaire, bison des steppes, cervidés ainsi que des petits rongeurs, oiseaux, poissons, reptiles et batraciens.
La présence de l’homme de Néanderthal est attestée par la découverte de silex taillés et d’aires de combustion.
L'étude scientifique des pollens a permis de déterminer la végétation présente sur le site : pin sylvestre, frêne, chêne, genévrier, aulne, noisetier et bouleau ainsi que de décrire le milieu, un boisement lâche avec lieux humides (steppe froide).
L'examen des outils de pierre trouvés sur place en 1984, a mis en évidence l'utilisation d'un matériau local (débitage de galets) mais également l'emploi de pierres issues d'Audelange, commune située près de Dole dans le département du Jura, ainsi que de pierres du Mont des Etrelles en Haute Saône.
Les populations de chasseurs cueilleurs se déplaçaient donc sur une aire allant du Sud des Vosges au Massif de la Serre. À noter que la commune de Vergranne proche du site possède également son aven découvert dans une ancienne carrière, une dent de lait datée vers – 400000 y signale la présence de l’homme.
Une publication scientifique, parue en dans la revue de Paléobiologie du Muséum d'histoire naturelle de la ville de Genève, permet de faire le point sur les recherches opérées à partir des fouilles.
En résumé, le site de Romain-la-Roche apparait comme un gisement constitué en tant qu'aven-piège dans lequel l'homme n'a joué qu'un rôle de récupération occasionnelle de nourriture.
L'effondrement du plafond d'une cavité préexistante a créé une ouverture dans laquelle de grands animaux sont piégés, attirant ainsi les charognards et l'homme, à la fin de l'avant-dernière glaciation (et peut être durant le dernier interglaciaire). Il s'agit d'un site de référence en Europe occidentale pour cette période donnée.
Peuplement vignette|redresse|le premier habitat, le puits de Jacob. Des abris situés dans la roche qui surplombent la vallée, semblent être à l’origine du peuplement. Le plus vaste abri sous roche est désigné par la tradition orale comme « le puits de Jacob ». Pour s’y rendre, on peut emprunter les anciens cheminements : chemin des Bouverottes et chemin de la Pierre Virante … Lors des travaux de la route départementale en 1985, des sarcophages burgondes de l’ancien cimetière auraient été mis au jour et prestement recouverts du fait du passage du Tour de France ; on note la présence d’un sarcophage réemployé dans l’abreuvoir du haut de la rue des Fontaines.
Le village Le village aurait été déplacé car détruit par deux fois, lors de la guerre entre Charles le téméraire et les Suisses en 1476 et lors de la guerre de dix ans (1635-1644), puis reconstruit en contrebas.
L’axe ancien est ouest, qui descend des abris sous roche vers la vallée, est bordé de maisons remarquables de part et d’autre de la rue (actuelle rue des Deux-Fontaines). L’une de ces demeures peut être datée grâce à une plaque qui mentionne les initiales de son constructeur : A P 1627, la dernière le « Château » possède un linteau de cheminée qui indique la date de 1733.
Selon l'abbé Alfred Bouveresse, ancien curé de Cuse-et-Adrisans, responsable du village de Romain jusqu’en 1997 et auteur d’ouvrages relatifs au canton, il s’agissait d’Antide Pegaud et de la famille Guillaumot, tabellions du château de Montmartin qui domine le val.
L’axe moderne nord-sud correspond au tracé de l’ancienne route nationale qui reliait Baume-les-Dames et Rougemont.
La paroisse