Georges Jean Painvin, né à Paris le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1886, acte de naissance , cote V4E 7264, vue 24/31 où il est mort le Archives en ligne de Paris, arrondissement, année 1980, acte de décès , cote 16D 258, vue 9/31., est un industriel français, surtout connu comme le cryptanalyste qui a réussi à casser le chiffre ADFGVX utilisé par les Allemands durant la Première Guerre mondiale.

Biographie Les débuts Ancien élève de l'École polytechnique et de l'École des mines de Paris et ingénieur du corps des mines, il exerce le métier de professeur en géologie et paléontologie pendant plusieurs années jusqu'à ce que sa carrière soit interrompue par la guerre en 1914. Painvin n'a aucune formation en cryptologie, mais . Il se lie d'amitié avec le capitaine Paulier qui lui fait découvrir les télégrammes et les systèmes de communication.

Première cryptanalyse Painvin demande qu'on lui remette des textes chiffrés transmis par les Allemands et ne tarde pas à se faire connaître. Le , il propose une méthode, le système ARC, qui permet de retrouver la clé employée pour le chiffrement et ceci avec un seul texte.

Painvin est alors transféré au « Cabinet noir », le service du chiffre qui l'occupera jusqu'à la fin de la guerre. Il se concentre ensuite sur les chiffres de la marine allemande, puis de la marine austro-hongroise jusqu'alors complètement incompréhensibles. Il réussit à les casser, permettant une chasse aux sous-marins allemands plus efficace. Les troupes allemandes utilisent plusieurs systèmes, mais cela ne décourage pas Painvin, au contraire. Accompagné du colonel Olivari, il s'attaque au chiffre ABC. Après deux semaines de travail, les deux cryptanalystes parviennent à reconstituer le système malgré les faux messages volontairement envoyés par les Allemands.

En 1917, les Allemands introduisent le KRU. Plus complexe, avec une clé par armée, il sera néanmoins l'objet d'une analyse méticuleuse de la part de Painvin et du capitaine Guitard.

Le « Radiogramme de la Victoire » Durant le printemps 1918, Paris est sans cesse bombardée par les Gothas allemands et l'artillerie lourde. Les Français n'arrivent pas à percer le nouveau chiffre ADFGVX utilisé par les Allemands et ne peuvent pas prédire les attaques. Le , Painvin découvre les deux clés utilisées et comprend le système allemand. Il s'était appuyé pour cela sur des messages datés du .

Mais, au plus mauvais moment de la guerre, le système se complexifie dès le par l'ajout de la lettre V à la méthode de chiffrement. Painvin part du principe que cette lettre correspond aux chiffres de 0 à 9 et se remet au travail. Il découvre des particularités entre les messages. Après un travail acharné de 26 heures, il réussit à reconstituer la grille et la permutation utilisée pour le chiffrement, et parvint ainsi à le déchiffrer.

Le , Painvin fournit aux hautes instances de l'armée française un message déchiffré envoyé le en direction des avant-postes allemands dans la région de Remaugies, au nord de Compiègne. Le texte, plus tard appelé « Radiogramme de la Victoire », se présentait sous cette forme chiffrée :

FGAXA XAXFF FAFVA AVDFA GAXFX FAFAG DXGGX AGXFD XGAGX GAXGX AGXVF VXXAG XDDAX GGAAF DGGAF FXGGX XDFAX GXAXV AGXGG DFAGG GXVAX VFXGV FFGGA XDGAX FDVGG A

Une fois déchiffré on lit en allemand le texte suivant :

La traduction française du radiogramme chiffré ci-dessus est : Hâtez l'approvisionnement en munitions, le faire même de jour tant qu'on n'est pas vu.

Le message fut transmis au quartier général de Foch, qui fut convaincu de l'imminence de l'attaque sur Compiègne. Les dernières troupes de réserve furent placées autour de la ville et repoussèrent l'attaque. Painvin s'effondre après la remise du message, exténué par tous ces efforts.

Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur à titre militaire le . Il ne peut toutefois pas en parler, car les activités du service du chiffre sont sous couvert du secret pendant cinquante ans. En , la contribution de Painvin à l'effort de guerre est décrite par le général Desfemmes. Le , il est élevé au grade de Grand Officier de la Légion d'honneur.

L'inventeur du chiffre, le colonel allemand , n'apprendra la nouvelle qu'en 1967. Herbert Yardley dans The American Black Chamber dira de Painvin :

Après 1918 Georges Painvin poursuivra ses activités de professeur pendant l'entre-deux-guerres.

Il est président de plusieurs sociétés, et participe en particulier à la forte croissance de la Société d’électrochimie, d'électrométallurgie et des aciéries électriques d'Ugine dans les années 1920, dont il a été nommé directeur général en 1922. La société utilise de nouvelles méthodes d'électrochimie pour produire à grande échelle les premiers aciers inoxydables à prix abordables, notamment grâce au procédé Ugine-Perrin de René Perrin.

Plusieurs articles ont étudié son activité pendant l'Occupation. En plus d'Ugine, il préside le Crédit commercial de France de 1941 à 1944. Il est président du Comité d'organisation des industries chimiques, ainsi que de la Chambre de Commerce de Paris (à partir de ). Il est considéré comme « un industriel de grande envergure, qui travaille très sincèrement et très honnêtement avec les services allemands ». ; et, « dans l’esprit de beaucoup de personnes, M. Painvin passait pour favorable au régime ».

Sous le coup de deux instructions pour faits de collaboration devant la cour de justice de la Seine et le CNIE (Comité national interprofessionnel d'épuration), il remet sa démission de président et d'administrateur d'Ugine le , .

En 1948, il s'installe à Casablanca où lui est confiée en 1950 la présidence de l'Omnium Nord-Africain, étant aussi président délégué de la Société chérifienne d’exploitation d’ouvrages maritimes, de la Société chérifienne du plâtre et membre de la chambre de commerce et d’industrie de Casablanca.

Il revient en France en 1962 et meurt en 1980 à 93 ans. Il avait épousé Marianne Lefort (1890-1977).

Notes et références

Liens externes

Painvin Jean (X1905), sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique. Painvin, Georges Jean (X 1905 ; 1886-1980), sur le site de la bibliothèque de l’École polytechnique. Biographie de Georges Painvin

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