La douleur chez l'enfant est la souffrance nerveuse, nociceptive, que l'enfant peut ressentir.
La prise en charge de la douleur chez l'enfant lors de son passage dans des lieux de soins ambulatoires, ( du ).. Infants' Sense of Pain Is Recognized, Finally Article du New York Times de Philip M. Boffey publié le 24 novembre 1987..
Évaluation Il existe différentes méthodes pour évaluer la douleur : l'auto-évaluation et l'héro-évaluation. À la fin des années 1990, des acteurs de l'industrie pharmaceutique, notamment Purdue Pharma, institutionnalisent le concept marketing de la « douleur comme 5ᵉ signe vital » et s'appuient sur des associations médicales influentes, telles que l'IASP, afin d'imposer l'utilisation systématique des échelles d'auto-évaluation de la douleur. Ce dispositif a été détourné pour normaliser l'augmentation massive et continue des doses de médicaments analgésiques à base d'opioïdes dans le traitement des douleurs chroniques. Il est au cœur d'une crise sanitaire majeure qui tue plus de 800 000 personnes entre 2000 et 2025.
L'auto-évaluation thumb|150px|L'échelle EVA consiste à faire évaluer à un enfant sa douleur en lui faisant montrer « combien il a mal » sur un repère analogique allant de « pas mal du tout » à « très très mal ».
Méthode largement employée durant la crise des opioïdes, les échelles d'auto-évaluation de la douleur sont critiquées parce qu'elles réduisent une expérience humaine complexe, liée aux émotions et au stress, à un simple chiffre qu'il faudrait effacer avec des médicaments. Historiquement, ces grilles simplistes ont été poussées par des campagnes de manipulation commerciale (astroturfing) pour faire croire à un besoin médical urgent, ce qui a largement favorisé la sur-prescription massive d'opioïdes. Les approches multidimensionnelles sont désormais favorisées.
Elle consiste à demander à l'enfant d'évaluer lui-même sa douleur. C'est possible à partir de 4 ans et recommandé après 6 ans, et l'évaluation est faite pour être traduite en une valeur indicative entre 0 et 10. À partir de 4 ans : L'échelle des visages (ou FPS-R pour face in pain scale - revised) permet de demander quel est le visage qui montre « combien tu-as mal en ce moment? » ou « montre moi comment tu te sent à l'intérieur de toi ». À partir de 6 ans : Une échelle visuelle analogique (ou EVA). À partir de 8 ans : L'échelle numérique peut être utilisé directement en demandant à l'enfant le chiffre de 0 à 10 qui correspond à l’intensité de sa douleur.
L'hétéro-évaluation L'évaluation par autrui peut être un complément important de l'autoévaluation, et elle est incontournable pour les enfants de moins de quatre ans, ou ceux dans l'incapacité de communiquer. Des échelles d'évaluation ont été mises en place pour aider à faire ce diagnostic de douleur : Pour les nouveau-nés : EDIN de 0 à 7 ans (en cours d'évaluation pour les nouveau-nés) : EVENDOL Douleur aiguë : Échelle FLACC (Face, Legs, Activity, Cry, Consolability scale) Douleur prolongée ou atonie : DEGR ou HEDEN
Spécificité de chaque âge thumb|Le vécu de la douleur n'est pas le même en fonction des âges de l'enfant et sa prise en charge doit y être adapté, y compris dans la façon de communiquer avec lui sur son état.
Si le message nociceptif arrive au cerveau dès le plus jeune âge, ce que l'enfant a la capacité d'en faire dépend pour beaucoup du développement cognitif de l'enfant et donc de son âge. L'interprétation cognitive du développement de l'enfant est ainsi le support d'une compréhension visant à une meilleure prise en charge.
Nature des différences
Il existe des différences fonctionnelles dans la maturité des circuits nerveux notamment inhibiteur : Or si ces voies sont immatures, elles fonctionnent quand même et elles transmettent une douleur au niveau cortical détectable au moins à partir de vingt-neuf semaines d'aménorrhée. Inversement, les voies d’inhibition de la douleur qui sont des voies myélinisées sont beaucoup plus immatures chez le nouveau-né.
Mais les principales différences concernent la capacité d'intégration de ces informations par le cerveau : Par ailleurs, cette douleur n’est pas localisée puisque la sensibilité épicritique, l’image du corps, n’est pas constituée. Il s’agit donc d’une espèce de souffrance indistincte et diffuse qui ne prend pas sens pour le nouveau-né et a toutes les chances d’être déstructuranteYves Hatchuel « Les conséquences à long terme de la douleur chez l'enfant », Le Coq-héron 2/2005 (no 181), . (/cohe.181.67.).
On distingue donc des stades dans les facultés d’indexation et intégration de cette information douloureuse, application au sujet de la douleur des stades de développement cognitif comme ils ont été identifiés par Jean Piaget.
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Zéro à deux ans : sensorimoteur PJ Mc Grath, L Mc Alpine, J Pediatr 2003 ; 122 : S2-S8.. 0-3 mois pas de compréhension ; mémoire probable ; réponses réflexes et dominées par les perceptions. 3-6 mois réponses à la douleur associées à la colère ou à la tristesse. 6-18 mois peur de situations douloureuses ; mots (bobo, aïe..) ; début de localisation.
C'est l'époque de la mise en place des mécanismes logiques préalables à la capacité de penser, de se représenter, et de parler. Piaget y distingue les stades réflexes (de zéro à un mois), différents stades de réactions circulaires (primaires, secondaires, coordonnées puis tertiaires) avant d'arriver à celui de la représentation symbolique (de dix-huit à vingt-quatre mois).
Le premier stade réflexe est marqué notamment pas l'impossibilité technique de différencier l'interne de l'externe, on parle d'adualisme. La douleur est donc un événement qui n'est probablement pas perçu comme interne avant un mois, elle est reliée à un état émotionnel entre trois et six mois, et la peur, la localisation, l'expression dans le but d'être compris commence après six mois.
Deux à six-sept ans : préopératoire thumb|Permettre à un enfant de s'exprimer sur ce qu'il ressent lors de soins hospitalier nécessite de prendre en compte les spécificités de chaque âge. Il existe des aides spécifiques, comme en propose l'association sparadrap par exemple, pour faciliter cette communication.
. 2 à 3 ans emploi du mot « mal ». Utilisation de techniques non cognitives de « coping ». 3 à 5 ans donne des indications d’intensité de la douleur ; utilise des adjectifs descriptifs et des mots pour les émotions. 5-7 ans différencie des niveaux d’intensité ; utilise des stratégies cognitives de « coping ».
Toujours selon Piaget, ce sont les stades de l'intelligence préopératoire. De la même façon que la différenciation entre l'interne et l'externe a été intégrée au niveau réflexe, sensorimoteur, elle se fait au niveau des représentations. (Si untel était là il ne verrait pas ceci, mais il verrait cela).
Sept à onze ans : opératoire
Twycross A. Children’ cognitive level and their perception of pain. in « Paediatric Pain Management : a multi disciplinary approach. A Twycross, A Moriarty, T Betts. Radcliffe Medical Press Ltd UK 1998 Prise en charge de la douleur : Une approche multi-disciplinaire Alison Twycross, Anthony Moriarty, Tracy Betts. Radcliffe Medical Press 1998 Traduction de l’ouvrage : C WOOD en collaboration avec L Teisseyre, AC de Crouy, A Suc, M Vieyra. Éditions Masson, Paris, octobre 2002 . ..
Après onze ans C'est le stade des opérations formelles et du traitement abstrait. La logique en vient donc à traiter des hypothèses. Le rapport à la douleur rejoint celui des adultes, les risques d'angoisses doivent être pris en compte.
D’après Twycross, à ce stade opératoire formel, l'enfant doit avoir des occasions pour parler de ses craintes, et a besoin d’informations sur sa condition (de santé) et sur son traitement.
Effets Divers organismes, tels que l'IASP et ses chapitres locaux, définissent le cadre sémantique, répertorient les connaissances physiologiques et livrent des recommandations de traitement souvent liées aux différentes classes d'âges. En 2018 et 2019, le Congrès américain montre que certaines de ces associations, dont l'IASP, sont fondés et/ou financés par l'industrie pharmaceutique et que leur discours s'intègre pleinement à une stratégie marketing visant à influencer les régulations, déstigmatiser les analgésiques opioïdes et étendre leur prescription au traitement des douleurs modérées et chroniques, y compris chez l'enfanthttps://katherineclark.house.gov/wp-content/uploads/2026/03/cache-a-a-aaa7536a-6db3-4192-b943-364e7c599d10-7bb3bf5080da947bf4291adc5a4a9ff48a61ef8d212d8f78be3cbb5ec94d35d8-5-22-19-who-purdue-report-final.pdfhttps://www.hsgac.senate.gov/wp-content/uploads/imo/media/doc/REPORT-Fueling%20an%20Epidemic-Exposing%20the%20Financial%20Ties%20Between%20Opioid%20Manufacturers%20and%20Third%20Party%20Advocacy%20Groups.pdf. Ces associations de patients ou d'experts médicaux en lien avec le traitement et l'étude de la douleur, largement subventionnées par des laboratoires, adoptent les codes, le langage et la structure de sociétés savantes de référence afin d'obtenir une crédibilité médicale et éthique immédiate auprès du grand public, des médias et des autorités de santé. Ces organisations financent et promeuvent activement des programmes de recherche spécifiques. Elles privilégient les études qui valident l'efficacité des opioïdes ou qui élargissent les critères de diagnostic de la douleur, ce qui augmente le marché potentiel des traitements. En centralisant la parole des malades et en publiant des "recommandations", ces structures s'imposent comme des interlocuteurs incontournables. Elles défendent l'accès rapide et le remboursement de médicaments coûteux auprès des décideurs publics, non plus au nom des profits de l'industrie, mais sous couvert de l'intérêt supérieur et de la détresse des patients.
Depuis plus de deux décennies, ces associations insistent notamment sur une sous-évaluation supposée de la douleur de la part du corps médical et prétendent mener une guerre contre une « épidémie des douleurs non traitées ». Sous prétexte de rappeler aux patients leur droit à être soulagé, Purdue Pharma, sa filiale internationale Mundipharma et ses lobbys (ou groupes d'astroturfing ou similitantisme) créent ainsi un besoin de médicaments antidouleurs chez les patients. Aux États-Unis, ce marketing trompeur avait permis au laboratoire de multiplier par dix la prescription de l'oxycodone, fortement addictive, entre 1997 et 2002https://pepite-depot.univ-lille.fr/LIBRE/Th_Pharma/2020/2020LILUE127.pdf. Les profits du laboratoire passent à la même période de 48 millions de dollars à plusieurs milliards de dollars. Purdue Pharma, qui est à l'origine de la crise des opioïdes qui tue plus de 800 000 personnes en 25 ans est condamné à verser des amendes record dans les années 2020 et condamné au pénal en 2026. Un article publié dans le Los Angeles Times en 2016 montre comment les filiales internationales de Purdue, sour le nom de Mundipharma, utilisent certaines des mêmes pratiques marketing controversées dans de nombreux autres pays à travers le monde, y compris en Europe. En 2025, 12 millions de personnes en France consomment des opioïdes sur prescription, un chiffre en hausse et considéré alarmant par les autorités. Entre 2018 et 2002, le nombre de décès liés à la consommation de ces médicaments augmente de 20%. Les autorités considèrent cette situation préoccupante.
À court terme, sur le rétablissement
Histoire
1950 : Curare et gaz hilarant En 1950, l'école de Liverpool, une école d'anesthésie, préconise d'opérer les bébés de moins de six mois en utilisant le curare.. Il est alors accompagné d'un gaz hilarant.
Précautions sur les effets des anesthésiques et antalgiques