Union progressiste (ou groupe Isambert) est le nom donné, entre 1894 et 1902, à un groupe parlementaire à la Chambre des députés de la Troisième République française.
Jouant un rôle d'intermédiaire entre l'aile gauche des républicains modérés et les radicaux, il préfigure la recomposition politique opérée par l'affaire Dreyfus après 1898.
Histoire vignette|Gustave Isambert, fondateur et président de l'Union progressiste. Le groupe est créé le « Nouvelles parlementaires », Journal des débats, 2 juin 1894, p. 1., en réaction à la politique d'apaisement à l'égard des catholiques ralliés à la République, politique dite de « l'Esprit nouveau » menée par la majorité « opportuniste » des républicains de gouvernementJean-Marie Mayeur, La Vie politique sous la Troisième République 1870-1940, éd. du Seuil, 1984, p. 162..
Fidèles à l'anticléricalisme initial des gambettistes de l'Union républicaine (dont ils revendiquent explicitement l'héritage) et soucieux de rétablir une politique de concentration républicaine intégrant les radicaux mais excluant aussi bien les ralliés que les socialistes collectivistes« L'Union progressiste », Le Matin, 2 juin 1894, p. 1., les députés de l'aile gauche des opportunistes ainsi que certains radicaux se réunissent alors autour du gambettiste Gustave Isambert, d'où l’appellation de « groupe Isambert » souvent donnée à l'Union progressiste (nom proposé par Georges Trouillot).
Au début de l'année 1896, le groupe compte non seulement 45 membres « exclusifs » mais également 90 membres inscrits à d'autres groupes parlementaires (dont la Gauche radicale), ce qui ne facilite pas sa cohérence politique et explique de nombreuses défections (surtout au profit du groupe majoritaire des républicains de gouvernement« Groupe fermé », Le Matin, 8 février 1896, p. 2., qui se disent également « progressistes »). Une majorité de la vingtaine d'adhérents actifs du groupe Isambert décide alors de se constituer en un groupe fermé dont les délibérations sont réservées aux membres exclusifs de l'Union progressiste« Nouvelles parlementaires », Journal des débats, 9 février 1896, p. 2..
Forte de 95 membres après les élections législatives de 1898, l'Union progressiste s'oppose désormais nettement aux progressistes de centre-droit partisans de Jules Méline. Lors de l'Affaire Dreyfus, elle est rejointe dans son positionnement par l'aile gauche des opportunistes menée par Waldeck-Rousseau, et incluant notamment Rouvier, Poincaré et Barthou, qui rompt également avec les progressistes de Méline. L'Union progressiste soutient donc la politique du gouvernement de Défense républicaine« La situation », Le Rappel, 26 juin 1899, p. 1., dreyfusienne et nettement orientée à gauche. En 1901, elle envoie même une délégation au premier congrès du Parti républicain, radical et radical-socialiste« Le parti radical-socialiste », Le Rappel, 8 juin 1901, p. 1..
Renommé Union démocratiqueÀ ne pas confondre avec l'Union démocratique ferryste des années 1882-1885, issue de la Gauche républicaine créée en 1871. après la mort d'Isambert et les législatives de 1902, le groupe, qui revendique alors plus de 70 membres« Les groupes parlementaires », Le Rappel, 30 mai 1902, p. 1., est l'une des principales expressions parlementaires du parti de centre-gauche de l'Alliance républicaine démocratique.
Membres notables Membres du bureau du groupe
Autres membres
Notes et références
Liens externes Laurent de Boissieu, « Groupe de l'Union progressiste », site france-politique.fr (consulté le ). Laurent de Boissieu, « Groupe de l'Union démocratique », site france-politique.fr (consulté le ).
Catégorie:Groupe politique de la Chambre des députés (France) Catégorie:Parti politique progressiste en Europe