François Falc'hun (né et mort à Bourg-Blanc, 1909-1991) est un chanoine, linguiste et phonéticien français de langue bretonne.

Professeur d'Université, d'abord à Rennes, puis à Brest, il est l'auteur de nombreux ouvrages sur la langue bretonne.

Biographie

Enfance et formation Il naît le à Bourg-Blanc, dans une famille paysanneCf. l'introduction de: Brun-Trigaud, Guylaine, Le Berre, Yves, Le Dû, Jean, Lectures de l’Atlas linguistique de la France de Gilliéron et Edmont, Du temps dans l’espace, Paris, CTHS, 2005 ; Goyat, Gilles, L’abbé François Falc’hun (1909-1991) : l’indispensable linguiste de la mission, in : Le Gonidec, Marie-Barbara (ed), Les archives de la mission de folklore musical en Basse-Bretagne de 1939 du Musée National des arts et tradition populaire', par Claudie Marcel-Dubois et François Falc'hun assistés de Jeannine Auboyer, Le Gonidec Marie-Barbara (ed.), Paris-Rennes, CTHS-Dastum, 2009, à 88., fils de Yves Marie Falc'hun (1869-1938) et Marie-Yvonne Tournellec (1876-1960), François Falc’hun effectue sa scolarité à Bourg-Blanc puis à Plabennec avant d'entrer au collège Saint-François à Lesneven en 1921. Scolarisé en français, il écrit « Le breton a été la seule langue que j’ai parlée et comprise jusqu’à , […] je n’ai jamais cessé de la pratiquer et il ne s’est guère passé d’année où elle ne soit redevenue ma langue la plus usuelle durant une période variant de quatre à douze semaines. J’en ai commencé l’étude raisonnée dès l’âge de quinze ans, au collège de Lesneven, sous la direction du chanoine Batany, auteur d’une thèse sur Luzel, à qui je dois sans doute ma vocation de celtisantF. Falc’hun, Le système consonantique du breton avec une étude comparative de phonétique expérimentale, Rennes, Plihon, 1951, .. »

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Il est ordonné prêtre en .

Gagnant Yerres en région parisienne où il devient chapelain, il prépare une licence de lettres classiques à l’Institut catholique de Paris, qu'il obtient en 1937. Il suit les cours de moyen-irlandais que Joseph Vendryes donne à l’École pratique des hautes études, ceux de moyen-gallois donnés par Marie-Louise Sjoestedt-Jonval, puis les cours de phonologie d’André Martinet. Il suit également les cours de linguistique d’Émile Benveniste au Collège de France et enfin les cours de dialectologie d’Albert Dauzat.

Dans le cadre du certificat de phonétique qu'il prépare à l’Institut de phonétique de Paris, il rédige un mémoire sur les mutations consonantiques du breton. Sjœstedt-Jonval l’incite à en tirer un article pour la revue Études celtiques, qui paraît en .

Rencontre avec Pierre Le Roux Au début de l’année 1939, Falc'hun est recommandé par ses professeurs de celtique à Georges Henri Rivière. Directeur du Musée national des arts et traditions populaires (MNATP) à Paris, il cherche un spécialiste pour accompagner la musicologue Claudie Marcel-Dubois sur le terrain bas-breton. Le MNATP, créé deux ans plus tôt, organise en effet sa première mission de folklore musical. .

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François Falc'hun remplace en , à la chaire de celtique de l'Université de Rennes.

François Falc'hun et le Bleun-Brug Les évêques de Bretagne choisissent en 1956 le chanoine François Falc'hun pour succéder au chanoine Visant Favé comme aumônier général du Bleun-Brug. « D'une compétence incontestable en matière bretonne, mais trop intellectuel, il n'arrivera pas à s'imposer, surtout auprès des trégorrois » .

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Une fin de carrière à Brest En , Falc'hun demande le transfert de sa chaire à l’université de Brest. Il y enseigne jusqu’à sa retraite, qu'il prend en .

Il décède le à Brest.

Bourg-Blanc, où il s'est retiré, honore sa mémoire en nommant une de ses rues "Chanoine Falc’hun". Quant à la ville de Quimper, elle a nommé une de ses voies "Allée François Falc’hun".

Apport scientifique

Ses deux thèses En 1941, Falc'hun se lance dans la préparation d'une thèse sur les mutations consonantiques initiales en breton. En , Pierre Fouché, directeur de l’Institut de phonétique de Paris, la juge irrecevable parce qu’elle repose sur « une théorie à base physique et physiologique qui heurtait de front les idées alors régnantes en FranceF. Falc’hun, Les noms de lieux celtiques, première série, éd., . ». .

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Origine de la langue bretonne F. Falc’hun voit dans la langue bretonne « un mélange de gaulois armoricain et de brittonique insulaire au pourcentage variable selon les régionsF. Falc’hun, Les origines de la langue bretonne, . ». Ainsi selon lui, « le breton descendrait du gaulois influencé par du grecPerspectives nouvelles sur l'histoire de la langue bretonne, et suiv. » et non du brittonique. « Je suis persuadé, écrit-il encorePerspectives nouvelles sur l’histoire de la langue bretonne, ., que le dialecte vannetais, surtout au sud du Blavet, est une survivance gauloise peu influencée par l’apport breton et les autres dialectes, un gaulois simplement plus marqué par la langue des immigrés d’origine insulaire ». La thèse de Falc'hun était contraire à celle de Joseph Loth et de Léon Fleuriot. Cela dit, Fleuriot s'y rallia finalement à la fin de sa vie, considérant que le gaulois n'était pas éteint en Armorique quand les Bretons vinrent s'y installerPerspectives nouvelles sur l'histoire de la langue bretonne, ..

Réformes orthographiques L'orthographe du breton, autrement dit sa normalisation, n'est pas une question nouvelle, loin de là. Comme d'autres avant lui et de même que d'autres personnalités de son époque, Falc'hun va tenter d'y répondre dans le cadre, notamment, de la réforme engagée en 1951 par le ministère de l'Éducation nationaleF. Falc’hun, Perspectives nouvelles sur l’histoire de la langue bretonne, ..

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Bien qu'approuvé par le ministère de l’Éducation nationale le , le skolveurieg n’a pas fait l’unanimité et a été l’origine de nombreuses querelles, tant sur le plan linguistique que sur le plan politique. Il s'est vu désigné par le sobriquet de « falhuneg » (tandis que ses adeptes utilisent – dans un but pareillement contempteur – le terme « hemoneg » pour désigner l'orthographe rivale). La question, ou querelle orthographique, fait que Falc'hun, quoique ayant préfacé un ouvrage favorable à l'abbé Yann-Vari Perrot, devint la bête noire des bretonnants nationalistes. Selon Françoise Morvan, il aurait eu à subir « des campagnes de harcèlement téléphonique » (Le Monde comme si, ). Le skolveurieg n'est plus en usage dans l'édition depuis la mise en faillite en 2015 de l'unique éditeur qui l'utilisait, l'Entente culturelle bretonne, Emgleo Breiz, laquelle regroupait plusieurs petites associations60ans après sa création, Emgleo Breiz en dépôt de bilan Article du blog de Fañch Broudic, Langue bretonne, novembre 2015., .

Publications La langue bretonne et la linguistique moderne. Problèmes de phonétique indo-européenne (celtique, germanique (lois de Grimm & de Verner), grecque, latine, romane, etc.) ; P., Librairie celtique (Tiré à part des : Conférences universitaires de Bretagne), 1943, 64pp. Les noms bretons de saint Yves ; Rennes, Imprim. Oberthur (tiré à part des Annales de Bretagne), 1943, 18pp (Yves voudrait donc dire « fils d'Esus », « de la race d'Esus », et nous aurions là un nom gaulois réintroduit en France par les Bretons émigrés de Grande-Bretagne. C'est la mythologie celtique qui aurait fourni son nom au saint le plus populaire de la Bretagne armoricaine). Le système consonantique du breton avec une étude comparative de phonétique expérimentale - Thèse présentée à la faculté des Lettres de l'université de Rennes, imp. Réunies, imp. Plihon, 1951 La langue bretonne et l'enseignement (avec Pierre Trépos) ; rapports présentés à la journée culturelle bretonne (Rennes) le . Sans lieu, ni date, 1 fasc. multigraphié de 31pp Préface de l'ouvrage "L'abbé Jean-Marie Perrot", du chanoine Henri Poisson, Rennes, éd. Plihon (1955). Notice biographique de Joseph Ollivier en complément du travail de Bernard Daniel, Inventaire des manuscrits légués par Joseph Ollivier à la Bibliothèque municipale de Rennes. In: Annales de Bretagne. Tome 64, numéro 4, 1957. . Un texte breton inédit de Dom Michel Le Nobletz (extrait des Annales de Bretagne). Rennes, imprimerieS réunies, 1958. Celtique continental et celtique insulaire en breton ; Rennes, 1963. Les langues pré-bretonnes en Armorique ; Rennes, Impr. bretonne, (1963), 17pp (tiré à part des Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, tome XLIII). Histoire de la Langue bretonne d'après la géographie linguistique - T. I : Texte - T. II : figures Paris, P.U.F. -1963 Les noms de lieux celtiques. Première série : vallées et plaines. Rennes, Éditions armoricaines, 1966, Deuxième série : Problèmes de doctrine et de méthode - noms de hauteur. Rennes, Éditions Armoricaines, 1970 Deuxième édition, revue et considérablement augmentée. Genève, Slatkine, 1982 (avec Bernard Tanguy). Les noms de lieux celtiques. Deuxième série : Problèmes de doctrine et de méthode - noms de hauteur ; Rennes, Éditions armoricaines (Publ. Crbc, I), 1970, 207pp. Les raisons d'une abstention (brochure hors commerce). (Rennes, chez l'Auteur). 1971. 32pp (sur les attaques de Paul Quentel, soutenu par P. Vendryès, à qui P. Trépos (soutenu par le P.C. & Ar Falz) fut préféré comme assistant de celtique). Préface à l'ouvrage de Bernard Tanguy : Aux origines du nationalisme breton (2 vol.), P., 10-18, 1977. Les noms de lieux celtiques. : Nouvelle Méthode de Recherche en Toponymie Celtique 1979 (avec Bernard Tanguy). Perspectives nouvelles sur l'histoire de la langue bretonne ; P., troisième édition, copyright : Presses Universitaires de France, 1963 et Union Générale d'Édition, 1981 (année du dépôt légal). Réédition de la thèse de doctorat Histoire de la langue bretonne d'après la géographie linguistique (Rennes, , ronéotée), avec des compléments déjà parus dans la (Presses universitaires de France, 1963) et de nouveaux compléments. Les archives de la Mission de folklore musical en Basse-Bretagne de 1939 du Musée national des arts et traditions populaires, par Claudie Marcel-Dubois et François Falc'hun assistés de Jeannine Auboyer, éditées et présentées par Marie-Barbara Le Gonidec, Paris-Rennes, CTHS-Dastum, 440 p. avec DVD, 2009.

Archives La Bibliothèque Yves-Le Gallo. du Centre de recherche bretonne et celtique (CRBC) de l'Université de Bretagne occidentale a acquis en 1993 près de 400 ouvrages de la bibliothèque de François Falc'hun. Ils concernent principalement la linguistique et la langue bretonne. Un fonds d'archives manuscrites y est également a également été déposé : son inventaire est consultable en ligne.. D'autres archives de François Falc'hun se trouvent aux Archives de l’évêché de Quimper.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Chronème

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