Cornelia et Sergia sont des matrones patriciennes accusées en 331 av. J.-C. avec environ 190 autres matrones de préparer des poisons dont leurs maris auraient été victimes.

Étymologie

Cornelia vient du latin . Cornix, icis (nom féminin imparisyllabique de la déclinaison). Cela signifie Corneille..

Mais le nom Cornélia désigne surtout le nom d'une des gens Romaine patricienne, celle des Cornelii, la plus distinguée dans l'antiquité, qui produisit beaucoup de personnages illustres.

Sergia est également une célèbre gens patricienne, celle des Sergii, dont Lucius Sergius Catilina faisait notamment partie.

Le récit de Tite-Live

Une épidémie fait de nombreuses victimes, comme souvent à Rome, mais cette fois-ci, une esclave accuse les épouses d'être responsables de nombreux décès.

D'autres condamnations pour empoisonnements massifs auront lieu à Rome, comme au début du où cette fois-là encore, une femme de bonne famille sera impliquée, Quarta Hostilia, la propre femme du consul Caius Calpurnius PisonTite-Live, Ab Urbe Condita, livre LX, 37.

Analyse de Florence Dupont

Pour Florence Dupont, les accusations d'empoisonnement récurrentes qui se succèdent dans l'histoire de Rome portées à l'encontre de matrones patriciennes ou plébéiennes, et qui concernent environ 190 épouses en 331 av. J.-C. et environ 2000 épouses en 180 av. J.-C., sont révélatrices surtout de la volonté d'agir ou de prendre du pouvoir chez des femmes ou des affranchis qui n'étaient pas en situation de pouvoir dans cette société patriarcale. Les maris auraient donc surtout été victimes de surdosages ou d'effets indésirables d'une cuisine féminine assez répandue. «Qu'étaient ces potions préparées par les matrones? Des philtres d'amour? Des remèdes contre la stérilité? [...] Il est peu probable qu'elles aient toutes voulu les tuer. L'emploi du philtre ou de la magie est fréquent à Rome chez ceux qui ne sont pas en situation de pouvoir. [...] Or, ces philtres préparés par des sorcières en relation avec le monde des morts semblent avoir été extrêmement dangereux, causant mort ou folieFlorence Dupont, La Vie quotidienne du Citoyen romain sous la République, Paris, Hachette, 1989, p. 138-139.»

Postérité littéraire

L'accumulation des accusations d'empoisonnement portées contre des matrones romaines a peut-être contribué à l'évolution négative de la figure de la sorcière antique. En Grèce, les femmes qui pratiquent la magie ou la sorcellerie sont belles, désirables, parfois blondes : Circé, Médée, la blonde Agamédé, la blonde Périmède, Polydamna, la femme de Thon ou Thonis, Simaitha, et Hélène, la plus belle de toutes. En revanche, à Rome, elles sont bien plus souvent vieilles, laides et hystériquesLes représentations littéraires de la Sorcière : antiquité, âge baroque, XIXème siècle ou Les avatars de la puissance féminine dans la littérature / Jean-Marie Bourguignon - [S.l.] : [s.n.], 1990, mémoire de recherche, Paris IV, Sorbonne - cote : BG 122575: Panthia, Méroé, Erichtho, Canidia, les Saganas, Prosélénos....

Cornelia et Sergia apparaissent comme personnages dans le roman de Nicolas Bouchard, Tarpeïa, les venins de RomeÉditions Flammarion, 2008..

Notes

Voir aussi Quarta Hostilia

Catégorie:Magicien de l'Antiquité Catégorie:Cornelii