L’accident ferroviaire de Lac-Mégantic se produit le à heure locale (HAE) à Lac-Mégantic, une municipalité de la région de l'Estrie, au Québec (Canada).

Le déraillement d'un convoi à la dérive de contenant un total de 7,7 millions de litres de pétrole brut léger provoque des explosions et des incendies qui détruisent le centre-ville et une quarantaine d'édifices dans une zone de . perdent la vie lors de ce drame.

Au moins deux mille personnes doivent être évacuées de leur domicile.

Circonstances vignette|upright=1.4|gauche|Parcours du train « fou », de Nantes à Lac-Mégantic.

Le train est composé de cinq locomotives et de 72 wagons-citernes de pétrole brut qui proviennent de la formation géologique de Bakken située dans l'État américain du Dakota du Nord.. Sa destination est la raffinerie de pétrole d'Irving Oil de Saint-Jean dans la province canadienne du Nouveau-Brunswick... Après avoir traversé la frontière canado-américaine à Windsor, le train passe par les villes ontariennes de Burlington, de Mississauga et de Toronto, 3 décembre 2013, ., après quoi il emprunte les voies de la ligne ferroviaire de la (MM&A), un chemin de fer secondaire qui relie Montréal à la côte atlantique du Maine, et de là, vers les provinces maritimes du Canada.

Composé, au départ du Dakota, de , le train en compte encore 72 lors de l'accident, six ayant été retirés à Montréal en raison de problèmes mécaniques. Les wagons-citernes sont de type DOT-111, un modèle utilisé depuis de nombreuses années en Amérique du Nord pour transporter différents liquides. Ils n'appartiennent pas à la . et chacun de ceux-ci contient de pétrole brut.. Bien que leur circulation soit toujours permise par les réglementations américaine et canadienne, leur sûreté a été mise en doute dans un rapport du (NTSB) des États-Unis en 1991, qui les a décrits comme étant . Depuis 2011, le gouvernement canadien exige que les compagnies ferroviaires choisissent des modèles munis de parois plus épaisses, tout en permettant l'utilisation des stocks existants de wagons plus anciens.

Le convoi est pris en charge par la Montreal, Maine & Atlantic à la gare de triage du Canadien Pacifique, à Côte-Saint-Luc, sur l'île de Montréal, emprunte les voies du CP, avant de retourner sur le réseau ferré de la MM&A à partir de Saint-Jean-sur-Richelieu..

Séquence des événements Incendie à Nantes vignette|Vue de Lac-Mégantic vers le nord-ouest (juin 2007). Le train est arrivé en haut à gauche pour terminer sa course dans le centre-ville, situé à droite, en bas de l'église. Le vers HAE, le train de la MM&A arrive à Nantes, une localité située à une douzaine de kilomètres au nord-ouest de Lac-Mégantic. Le seul occupant du convoi, le conducteur Tom Harding, un cheminot expérimenté, arrive à la fin de son quart de travail. Il immobilise le convoi sur la voie principale en laissant fonctionner sans surveillance la locomotive de tête, , en attente d'un autre équipage. Le changement d'équipage à Nantes est une opération de routine pour la MM&A..

Harding monte dans un taxi qui l'attend pour le conduire dans un hôtel de Lac-Mégantic, où il passe normalement la nuit. Selon les confidences du cheminot à son chauffeur de taxi, le conducteur était inquiet de laisser sans surveillance son « engin qui crachait de l’huile, ainsi qu’une épaisse fumée noire ». Harding avait l'intention d'appeler le bureau américain de son employeur pour confirmer les directives reçues..

Vers , des résidents de Nantes avisent les pompiers d'un incendie qui fait rage dans une locomotive stationnée sur la voie ferrée qui longe le village. Douze pompiers se rendent sur les lieux une dizaine de minutes plus tard pour éteindre un incendie qui s'était déclaré dans une conduite d'huile ou de carburant.. Ils sont accompagnés par une auto-patrouille de la Sûreté du Québec.. Lors de leur arrivée sur place, les pompiers constatent que des flammes sortaient de la cheminée.. Vers , les pompiers communiquent avec le contrôleur du trafic ferroviaire de la MM&A à Farnham pour signaler l'incendie. Au cours de leur intervention, les pompiers coupent le moteur de la locomotive. Ils éteignent le feu à et quittent les lieux après avoir remis le train à deux représentants de la MM&A, qui sont arrivés sur les lieux entretemps.

Déraillement et explosions Selon le Bureau de la sécurité des transports, le train se met en branle sans équipage à (1 heure après l'intervention des pompiers sur la locomotive de tête), à la suite de la perte graduelle de pression d'air dans le système de freinage. Emporté par la gravité et par une force insuffisante du système de freinage qui devait retenir le convoi, le train est hors de contrôle. Celui-ci dévale la pente de 1,2 % reliant Nantes vers Lac-Mégantic. sur une distance de 12 km, une des plus raides au Canada pour un train. À , des témoins signalent que le train circule à vive allure au centre-ville de Lac-Mégantic. Le train roule alors à une vitesse de près de .

Les cinq locomotives se détachent du reste du convoi et poursuivent leur route sur une distance de ..

Le reste du convoi déraille dans une courbe près de la rue Cartier, provoquant la première d'une série d'explosions. et déclenchant un véritable « bombardement incendiaire »..

Au centre-ville de Lac-Mégantic, le bar Musi-Café, rue Frontenac, est fréquenté par une quarantaine de clients qui profitent d'un chaud vendredi soir d'été. Deux fêtes d'anniversaire ont été organisées et les clients écoutent la musique d'Yvon Ricard et de Guy Bolduc, un duo de chansonniers populaires dans la région, qui termine sa performance peu après du matin. Ricard sort fumer une cigarette sur la terrasse et voit un train filer à une vitesse excessive. Quelques secondes plus tard, il voit une boule de feu derrière le Musi-Café. En compagnie de quatre ou cinq autres personnes, il s'enfuit en courant, longeant les wagons. Arrivé au bord du lac, à quelques centaines de mètres, il tente de rebrousser chemin pour porter secours à des amis. Rapidement, il est forcé d'abandonner..

Un client, qui se trouvait à l'extérieur du café, a été témoin de la première explosion à de là. Il affirme que le sol s'est mis à trembler au moment de la déflagration. Après une course de , il s'est retourné pour voir sa voiture, stationnée à proximité, être engloutie par les flammes..

Version de la compagnie ferroviaire MMA Les enquêteurs ont par ailleurs contredit la version des événements communiquée par le président de la Montreal, Maine & Atlantic, Ed Burkhardt. Ils ont confirmé l'information selon laquelle les pompiers du village de Nantes ont avisé le répartiteur de la compagnie et qu'ils ont procédé à l'extinction de l'incendie d'une locomotive en présence du personnel de la . Selon le Bureau de la sécurité des transports, le répartiteur de la compagnie a été prévenu suffisamment tôt le vendredi soir, le , alors que le train était arrêté à Nantes, mais en difficultés techniques. Le a également confirmé que le convoi a été stationné sur la voie principale à Nantes et non sur une voie de garage munie d'un dérailleur.. Cette précision est significative, puisque la voie ferrée entre Nantes et Lac-Mégantic est en forte pente descendante, de l'ordre de 1,2 %. Selon la norme, des freins manuels doivent être appliqués lorsqu'un train est arrêté dans une pente.. Aussi, aucun dispositif n'a été mis sous les roues pour empêcher le train de rouler par lui-même. La a affirmé que le convoi s'est mis en marche sans conducteur parce que les freins appliqués sur le convoi s'étaient desserrés en raison de l'arrêt du moteur..

Le conducteur dit avoir mis des freins manuels sur 10 des . Les freins manuels sont indépendants des freins à air comprimé fonctionnant grâce au moteur en marche. Il y a quarante ans, il y avait cinq hommes pour une locomotive et une vingtaine de wagons. Depuis 2009, le gouvernement fédéral permet aux compagnies ferroviaires d'avoir un seul conducteur pour cinq locomotives et soixante-douze wagonsRDI en direct, visionné le 9-7-2013 à 16:40.. Le président de la , Edward Burkhardt, qui détient 75 % des actions de la compagnie, nie toute responsabilité pour la tragédie.. La compagnie de a reçu des subventions importantes de la part des gouvernements québécois et canadien, ainsi que de la Caisse de dépôt et placement du Québec pour investir dans l'amélioration de sa ligne ferroviaire au Québec, mais l'argent a été transféré et utilisé aux États-Unis..

Réponse des autorités Premiers répondants vignette|gauche|Une image prise par le satellite Suomi NPP de la NASA montre le feu qui a suivi le déraillement. À gauche, une image prise deux jours avant la catastrophe ; à droite la photo de la même zone prise à UTC ( HAE), le 6 juillet. Peu avant la première déflagration, les pompiers de Lac-Mégantic répondent à un signalement d'incendie dans une résidence de la rue Cartier. Le chef de la brigade de pompiers volontaires., Denis Lauzon, sortait de la maison lorsqu'il a aperçu un mur de flammes devant ses yeux. Il décide de retourner vers la caserne, au centre-ville, pour mieux observer la situation. Croyant d'abord avoir affaire à un feu de la pinède qui ceinture la ville ou à un écrasement d'avion, il se ravise en apercevant huit wagons-citernes en feu. Plutôt que d'attaquer le brasier immédiatement, il donne l'ordre à ses hommes de retraiter pour éviter d'empirer la situation. , explique-t-il quelques jours après le déraillement..

Les pompiers lancent ensuite un appel à l'aide aux brigades des municipalités de la MRC du Granit, de Sherbrooke, de Saint-Georges-de-Beauce et à huit municipalités du Maine.. Plus de et se déploient afin de maîtriser l'incendie, mais la progression des pompiers est ralentie par les risques d'explosion, la fumée dense et l'odeur nauséabonde.

Plusieurs travailleurs se sont joints aux pompiers pour tenter de contenir le sinistre. Des travailleurs de l'usine de fabrication de panneaux Tafisa, située à proximité, ont apporté un locotracteur pour éloigner des wagons-citernes qui n'avaient pas déraillé. Le conducteur du train, Tom Harding, a quitté son hôtel et revêtu une tenue de pompier pour détacher les wagons alors que la chaleur était extrêmement élevée. Des ouvriers de l'entreprise Lafontaine Excavation ont utilisé leur machinerie lourde pour soutenir le travail des pompiers, en remplissant par exemple des bouches d'égout qui explosaient ou en déplaçant des débris qui gênaient l'intervention des soldats du feu..

L'incendie est tellement intense qu'il est clairement visible de l'espace. Le satellite météorologique Suomi NPP de la NASA enregistre la présence du brasier lors de son passage au-dessus du Québec, à , le .. Plusieurs séquences spectaculaires captées par des vidéastes amateurs au cours de la première nuit sont téléchargées et partagées par le biais des médias sociaux et largement diffusées par les médias. Ces vidéos montrent que plusieurs explosions secouent le village jusqu'à et forment un champignon....

Bien que contenu dès l'après-midi du , le brasier a mis près de pour être complètement éteint par les pompiers... Dans un premier temps, les pompiers ont arrosé des citernes pour réduire leur température et éviter qu'elles ne s'enflamment. Ils ont ensuite obtenu de l'aide d'une équipe de spécialistes de la raffinerie Jean-Gaulin d'Ultramar à Lévis, qui a fourni une mousse spécialisée et de l'équipement à compter de la nuit du 6 au ..

Urgence environnementale thumb|Des ouvriers récupèrent une partie du pétrole qui s'est déversé dans le lac Mégantic à la suite de l'accident.