Alba IuliaParfois nommée en français « Alba Julia ». (en hongrois Gyulafehérvár ou Károlyfehérvár, en allemand Karlsburg ou Weissenburg, en saxon de Transylvanie Weissenbrich) est une ville de Roumanie située en Transylvanie, dans le județ d'Alba dont elle est le chef-lieu. Elle était la capitale historique, politique et religieuse de la principauté de Transylvanie.
Quatre villages sont également rattachés à la municipalité : Bărăbanț (Borbánd), Micești (Ompolykisfalud), Oarda (Alsóváradja) et Pâclișa (Poklos).
Géographie La ville est située à à l'est de Deva et à au sud de Cluj-Napoca, à la confluence des rivières Mureș et .
Toponymie La ville possède de nombreux toponymes, qu'ils rappellent les différents pouvoirs qui s'y sont succédé au cours de l'histoire ou reflètent la pluralité ethnique et linguistique de la région.
Ainsi, la ville est tout d'abord connue comme Apulum en latin, toponyme vraisemblablement emprunté au dace Apoulon, du nom d'une forteresse située à au nord de la ville. Les grandes invasions du début du Moyen Âge voient l'installation durable des Magyars. La ville, jusqu'ici connue sous le nom de Bălgrad ou Belograd (« citadelle blanche » en vieux-slave)Adrian Room, Placenames of the World: Origins And Meanings of the Names for 6,600 Countries, Cities, Territories, Natural Features and Historic Sites, McFarland, 2006, ., prend alors le nom de Gyulafehérvár (la « ville blanche du gyula », gyula étant un nom commun hongrois désignant un commandant militaire.), du nom d'un seigneur nommé Geula, Gyula, ou Iula, qui aurait fondé la ville et en aurait fait la capitale de son duché durant le .
D'autres toponymes sont recensés durant la période médiévale parmi lesquels Albae Civitatis en 1134, Belegrada en 1153 puis Albensis Ultrasilvanus, Albe Transilvane ou castrum Albens vers 1200Ferenc Léstyán, MEGSZENTELT KÖVEK A KÖZÉPKORI ERDÉLYI PÜSPÖKSÉG TEMPLOMAI, Roman Catholic Archdiocese of Alba Iulia, 2000 .. Sous l'influence du toponyme hongrois Gyulafehérvár, le nom latin évolue progressivement en Alba IuliaMedieval and Early Modern for Central and Eastern Europe Alexandru Ioan Cuza university, Alexandru Ioan Cuza University Press, .. Les roumanophones conserveront longtemps le nom d'origine slave, Bălgrad ou Belograd, avant que la forme latine médiévale ne l'emportePatrick Leigh Fermor, Entre fleuve et forêt (Between the woods and the water : on foot to Constantipole from the Hook of Holland : the middle Danube to the Iron Gates), Viking, 1986, ., vraisemblablement au cours du László Bányai, Közös sors--testvéri hagyományok: történelmi vázlat, Politikai Könyvkiadó, 1973, ..
La ville est également connue par ses noms allemands Weissenburg, en saxon de Transylvanie Weissenbrich (le « château blanc » ou la « ville blanche ») ou Karlsburg (le « château de Charles », en hommage à Charles VI), hommage que l'on retrouve aussi dans la langue hongroise, avec le toponyme Károlyfehérvár, la « ville blanche de Charles ».
Histoire Située aux pieds des Carpates occidentales roumaines et des Carpates méridionales, cette ville est sans doute l'une des plus anciennes de Roumanie. Localité importante durant la période romaine, nommée Apulum, la ville a été, par la suite, siège des premiers archevêchés fondés au début du , capitale de la principauté de Transylvanie (du ), puis centre administratif autrichien (du ) du grand-duché de Transylvanie faisant partie de l'Empire des Habsbourg.
Antiquité et époque romaine thumb|left|Alba Iulia, réplique de la Louve capitoline.
Des vestiges datant du Néolithique ont été retrouvés. Dans l'Antiquité, les Daces, Thraces du Nord, également appelés Gètes, sont mentionnés par le géographe Claude Ptolémée. À l'époque romaine, la légion romaine Gemina était casernée là, dans un des principaux castrae en pierre de la Dacie romaine. Les Romains auraient emprunté le nom de la ville à un toponyme dace : Apoulon. C'était une forteresse située à au nord d'Alba Iulia. Deux cités romaines se sont développées près des campements romains : l'une dans la forteresse, l'autre près de la rivière Mureș, à Partos. Ces implantations sont devenues deux des plus importantes localités de la Dacie(ro, en) Site officiel de la municipalité. romaine, qui prend fin en 271, lorsque les Romains se retirent, le coût de la défense de la province étant devenu supérieur aux revenus des mines d'or des monts du Bihor voisins.
Moyen Âge thumb|Le palais des voïvodes et des princes de Transylvanie. Par la suite, durant les grandes migrations, les Wisigoths, Huns, Gépides, Avars, Slaves, Bulgares et Magyars se succèdent dans la région, mais seuls ces derniers finissent par s'installer à la fin du . Au , le site d'Alba Iulia abrite la plus ancienne basilique byzantine de Transylvanie, dirigée par Hiérothée (pope grec), récemment découverteIoan Aurel Pop, Jan Nicolae, Ovidiu Panaite, Sfântul Ierotei, episcop de Alba Iulia (sec. X). Édit. Reîntregirea, 2010, 335 p..
Au , aux débuts de la principauté de Transylvanie elle-même partie du nouveau royaume de Hongrie, la ville est mentionnée sous le nom de Bălgrad ou Belograd (« citadelle blanche » en vieux-slave). La Gesta Hungarorum, chanson de geste hongroise, mentionne un seigneur nommé Geula, Gyula, ou Iula, qui aurait fondé la ville et en aurait fait la capitale de son duché durant le , sous le nom de Gyulafehérvár (la « ville blanche du gyula », gyula étant un nom commun hongrois désignant un commandant militaire). Dans une chronique germanique, les Annales de Hildesheim, Iula apparaît comme un « roi » qui aurait cédé son duché, après une défaite, au roi Stephanus rex Ungaricus super avunculum suum regem Iulum cum exercitum venit, Annales Hildesheimenses, Hanovre 1878 ., au début du Curta, Florin: Transylvania around A.D. 1000; in: Urbańczyk, Przemysław (Editor): Europe around the year 1000; Wydawn. Dig, 2001..
L'évêché catholique de la Transylvanie fut établi au dans la ville, après l'adoption du catholicisme par , dit, depuis, « saint Étienne ». De cette époque date la construction de la première cathédrale. L'actuelle cathédrale catholique romaine a été construite du . En 1542, , voïvode de Transylvanie, utilisa la citadelle dans ses préparatifs pour une grande bataille contre l'Empire ottoman. La cathédrale fut agrandie durant son règne et il y fut enseveli après sa mort.
Du thumb|La pièce de 8 florins (), éditée à Alba Iulia (Gyulafehérvár Gy. F.) en l'honneur de , 1870.
En 1541, Alba Iulia devint la capitale de la principauté de Transylvanie (et le resta jusqu'en 1690). En 1599, , déjà prince de Valachie et de Moldavie, fit son entrée triomphale comme voïvode de Transylvanie dans la ville d'Alba Iulia (alors nom de la ville en latin de chancellerie). Il réalisa ainsi, sans rechercher autre chose que sa propre puissance, la première union des trois pays où vivent la majorité des roumanophones. Cet éphémère épisode prit au une grande résonance dans l'historiographie roumaine, bien que Michel le Brave n'ait jamais évoqué de projet national ou unitaire roumain, ait favorisé la noblesse hongroise en Transylvanie, et ait alourdi les charges des serfs roumains. En 1613, le prince hongrois Gabriel Bethlen gouverna d'Alba Iulia la principauté transylvaine, et la ville connut grâce à lui un essor culturel considérable.
, Habsbourg d'Autriche, fit construire la Cité d'Albe Caroline (das Burg, Cetatea, Erőd) entre 1716 et 1735 d'après les plans de l'architecte italien Giovanni Morando Visconti. Chef-d'œuvre remarquable de l'architecture militaire, la « Cité » compte sept bastions et quatre portes monumentales.
Au , les révoltes des paysans roumains contre la domination austro-hongroise se multiplièrent. En 1779, les représentants des paysans roumains s'adressèrent à l'empereur , pour remédier à leur situation sociale, juridique et politique, qui jusqu'à cette époque avait été complètement négligée par la noblesse hongroise transylvaine qui dirigeait le pays. Mais ces requêtes répétées adressées à l'Empereur furent vaines, si bien que la plus grande révolte des paysans roumains éclata en 1784. Véritable guerre de libération, conduite par trois Motses (paysans, bergers et guerriers du massif du Bihor) : Vasile Ursu Nicola dit Horea, Ion Oargă dit Cloșca et Marcu Giurgiu dit Crișan. Elle fut brutalement réprimée.
En 1848, les habitants de la ville participèrent à la révolution qui, pour les Roumains transylvains, fut conduite par l'avocat Avram Iancu, qui avait son quartier général dans les monts Apuseni.
Alba Iulia a une grande signification symbolique en Roumanie, car c'est là que fut scellée le , après la Première Guerre mondiale, l'« Union de tous les Roumains » appelée « grande Roumanie ». Cette date est la fête nationale de la Roumanie. C'est à Alba Iulia que se réunit l'Assemblée des Roumains de Transylvanie, qui y proclama l'union de la Transylvanie et du Vieux Royaume (déjà agrandi de la république démocratique moldave qui avait proclamé son union neuf mois auparavant). C'est donc ici que les ont lieu des reconstitutions et défilés historiques en costumes, évoquant l'histoire des Roumains. Le furent couronnés dans cette même ville et Marie de Roumanie. Comme toute la Roumanie, Alba Iulia a subi les régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de à , mais connaît à nouveau la démocratie depuis 1990.
Démographie
thumb|Les deux cathédrales d'Alba Iulia. La cathédrale orthodoxe roumaine (à gauche) et la cathédrale catholique romaine (à droite). thumb|upright|L'intérieur de la cathédrale orthodoxe.
Composition ethnique +Répartition de la population par etnieAnnée..RoumainsHongroisAllemandsJuifsRomsAutres%%%%%%185064,0213,997608,337628,353674,021171,28192067,7716,455383,5411,75740,49193072,9213,315603,078,181320,723301,81195685,317,113721,795682,735662,72720,35197791,374,677081,72870,217591,84760,18199293,693,544610,65290,041,97830,12200294,452,762170,33200,032,221360,20201187,6210101,591150,18190,031,768,82
Religions Année.OrthodoxesGréco-catholiquesCatholiquesRéformésJuifsAutres185042,5925,0416,784,978,352,27188030,8730,0220,085,7110,043,28190032,1229,6218,046,839,613,78193038,8832,9211,244,998,603,37199287,292,552,831,720,045,57200288,022,632,501,290,035,53201181,301,921,88
Politique
+ Élections municipales de 2016. Parti Sièges Parti national libéral (PNL)12 Parti social-démocrate (PSD)5 Alliance des libéraux et démocrates (ALDE)2 Parti Mouvement populaire (PMP)1 Indépendant 1
Intérêt touristique Les vestiges et les quatre impressionnantes portes de la muraille sont très bien conservées et peuvent être visitées grâce au Parcours des 3 Cités du quartier de la Cité (en roumain Cetate). À l'entrée de ce complexe archéologique, peuvent être vues les ruines des murs extérieurs, tout comme une des portes de la cité médiévale par laquelle est entré en ville Michel Ier le Brave (Mihai Viteazul).
Institutions culturelles thumb|upright|La bibliothèque Batthyaneaum.
Économie Réunion d'Alba Iulia en 2007 Une réunion de représentants politiques et professionnels de l’Assemblée des régions européennes viticoles (AREV) pour élaborer point par point la réponse à la proposition législative de la Commission européen que l’AREV remettra au Conseil européen et aux institutions consultatives de l’UE réforme de l’OCM-Vin s'est tenue en à Alba IuliaRebuffade pour la Commissaire européenne Mariann Fischer Boel.Position de l’AREV sur la réforme de l’OCM-Vin..
Personnalités
Jumelages La ville d'Alba Iulia est jumelée avecOraşe înfrăţite cu Alba Iulia. :
Notes et références
Voir aussi
Articles connexes Synode d'Alba Iulia Églises fortifiées de Transylvanie CSU Alba Iulia Via Transilvanica est un itinéraire de randonnées thématiques en Roumanie, d'une longueur totale de kilomètres, inauguré le à Alba Iulia, qui commence au Monastère de Putna, județ de Suceava, traverse 10 județe et se termine à Drobeta-Turnu Severin, au pied du Pont de Trajan.
Liens externes