Le de lanciers () était un régiment de cavalerie de l'armée belge. Il devient le de lanciers-parachutistes en 1994. Le le reprend les traditions du 3 Lanciers pour devenir le 1/3 régiment de lanciers.
Historique
Origines vignette|gauche|Porte-étendard du en 1860. Le , le régiment de carabiniers belges est créé à Bruxelles au sein de l'armée des Pays-Bas. Il est renommé le en régiment de carabiniers . Il participe six semaines plus tard à la bataille de Waterloo au sein de la brigade de cavalerie lourde des Pays-Bas. Un an plus tard, le , il devient régiment de cuirassiers et est renommé en Afdeeling Kurassiers .
Le , un arrêté du gouvernement provisoire crée le de cuirassiers à partir d'un noyau de lAfdeeling Kurassiers . Le régiment participe à la campagne des Dix-Jours et charge à Cortessem et Houthalen. Le , le régiment reçoit son étendard des mains du roi Léopold sur la Place Royale. En 1857, le régiment est cantonné à Bruges à la caserne Chartreux.
Premières années
Le de lanciers est constitué le à Tervuren par décision du ministre de la Guerre par renommage du de cuirassiers. En 1866, il prend ses quartiers à Mons. En 1870, il opère au sein de l'armée d'observation à la frontière franco-belge durant la guerre franco-allemande. En 1888, le régiment reprend possession de ses anciens quartiers de Bruges.
En , à la suite de la réorganisation de l'armée belge, chaque division d'armée reçoit un régiment de cavalerie composé de quatre escadrons répartis en deux groupes. Le de lanciers est ainsi attribué à la d'armée. Il est amputé de son qui sert à la création du de lanciers.
Première Guerre mondiale
Lors de la mobilisation de 1914, le Régiment de Lanciers est stationné dans la région de Tirlemont entre Zoutleeuw et Neerhespen.
Le 9 au soir, le Corps de Cavalerie Von der Marwitz, composé des et Divisions, atteint Saint-Trond; énervés par le retard subi lors de la traversée de la Meuse, les cavaliers allemands sont pressés d'en découdre et veulent atteindre rapidement Bruxelles par la route la plus directe.
Le 10 au matin, la Division allemande composée de deux brigades de cavalerie et de nombreuses troupes d'appui organiques. Renseigné par une patrouille qu'une unité belge est présente à ORSMAEL-GUSSENHOVEN, Von der Marwitz donne à sa division de tête l'ordre d'attaquer.
Pour mener son attaque, la division met en œuvre non seulement l'armement individuel de ses cavaliers, mais également le Bataillon de Mitrailleurs No 4, le Bataillon d'Artillerie à Cheval No 35 et le Bataillon de Pionniers No 17. En face d'eux, nos Lanciers ne disposent que de leurs mousquetons et ne peuvent aligner réellement que sept pelotons sur la Gette et trois en réserve; plusieurs pelotons à cheval, ainsi que les deux patrouilles motorisées, sont en effet encore en reconnaissance et ne rejoindront les lignes que plus tard, au nord du sous-secteur tenu par le régiment.
Malgré leur infériorité quantitative, de un contre cinq, et qualitative, et au prix de 51 tués et blessés, nos lanciers se battent avec opiniâtreté de midi jusqu'au milieu de l'après-midi et n'abandonnent le terrain, en bon ordre, que parce qu'ils sont à deux doigts de l'encerclement et presque à court de munitions.
Il aura fallu une charge initiale effectuée à cheval et quatre assauts successifs à pied pour que les Allemands puissent enfin occuper le village et se heurter en fin d'après-midi aux avant-postes de la Division d'Armée; leur élan est rompu et leur progression s'arrête, ce qui amènera la cavalerie impériale à tenter de contourner l'armée belge par le nord et lui vaudra, le 12, la cuisante défaite de Haelen.
Mais ce n'est qu'en 1930 que cet épisode, glorieux pour nos armes, sera récompensé à sa juste valeur.(À la suite de ces combats, le Lanciers recevra l'autorisation de porter sur ses véhicules une tête de mort regardant vers l'avant)''
Le , le Lanciers s'installe en position sur le flanc nord de sa division, pour protéger le repli éventuel de la Brigade Mixte engagée à Haelen.
Au contact des Allemands dans la matinée du 19, les escadrons se replient progressivement vers Louvain.
Du 20 au 22, le régiment s'installe défensivement dans la région de Duffel d'où il lance le 23 de nombreuses patrouilles de reconnaissance des positions ennemies dans le secteur entre Malines et Aarschot. Le 25 au matin. Les pelotons les plus avancés du régiment vont jusque Semst et Hofstade, au sud de Malines. Le , les escadrons sont rappelés vers la région de Boom.
À partir du , un mouvement allemand est observé en direction de Termonde, Wetteren et Gand. Le Régiment de Lanciers passe à l'ouest de l'Escaut pour contrer cette menace. Le , la diversion allemande prend fin et le régiment embarque en chemin de fer en direction de Lierre.
Du 11 au , il participe avec sa division, aux deuxième et troisième sorties d'Anvers et séjourne dans la région de Malines puis retourne à Lierre.
Comme une autre menace allemande se manifeste vers Herentals, des groupements légers sont constitués pour chercher des renseignements et battre l'estrade. Le groupement Hagemans, composé du de Lanciers, du de Chasseurs à Cheval et d'une compagnie de cyclistes, intervient dès le de façon agressive dans la région des deux Nèthes et sème l'inquiétude dans les rangs ennemis jusqu'au octobre. Il combat le à Sint-Pieters-Kapelle et à Leke.
Il met pied à terre dans les tranchées pour la durée de la guerre et du 20 au , il participe à la bataille de l’Yser.
Le , les cavaleries divisionnaires sont profondément modifiées; Le régiment se scinde en ses deux groupes qui prennent, en , le nom de Groupement Léger. L'état-major et les et escadrons constituent désormais le Groupement Léger de la Division d'Armée. Les et escadrons est rattaché à la Division d'Armée.
Le , le Groupement Léger 1DA remonte à cheval, participe à la première offensive des Flandres et atteint les abords de Handzaeme et Amsvelde où l'avance est bloquée par des tirs nourris de mitrailleuses allemandes.
Le débute la deuxième offensive des Flandres; le Groupement Léger 1DA, aux ordres du de Ligne, atteint le même jour Huilaert-Molen et, le 16, la route Ostende-Torhout. Le 17, aux ordres du de Ligne, il pousse jusqu'à Oostkamp, aux portes de Bruges; le 19, le canal Gand Bruges est atteint.
Le , la garde de l’Yser était terminée.
Le , ce fut la débâcle: les divisions allemandes battaient en retraite de la frontière hollandaise à la Lys, abandonnant toute leur artillerie et leur matériel. La Flandre Occidentale était libérée.
Le bilan de cette guerre pour le Lanciers Pour le régiment, Le bilan final de ces quatre années de guerre est de 113 morts sur un effectif initial de 541 officiers, sous-officiers et hommes du rang, soit plus de 20%; ce nombre n'inclut pas les nombreux blessés et disparus qu'il faut aussi deplorer.
Entre-deux-guerres
En , les Groupements Légers retrouvent des appellations traditionnelles. Celui de la Division d'Armée redevient le Régiment de Lanciers; il retrouve sa garnison de Bruges et participe à l'occupation de la Rhénanie en 1919 et de la Ruhr en 1923. Celui de la Division d’Armée devient quant à lui le Régiment de chasseurs à Cheval
En , le Lanciers passe à la Division de Cavalerie et déménage, initialement vers Anvers, puis en 1929 vers Brasschaat;
La devise régimentaire
"COMME A ORSMAEL JE TIENS" et les têtes de mort peintes sur les véhicules datent de cette période.
Le régiment est motorisé le . D'août à , durant la période de mobilisation, le Lanciers a pour mission la surveillance et le renseignement à la frontière avec la France dans la région de Mons. En octobre, il se déploie sur le Zuid-Willemsvaart, entre Bree et Maasmechelen. Vers , le régiment se regroupe dans la région de Nivelles, puis prend de nouveau position face à la frontière française, entre Mons, Binche et Jurbise. Le , jour de la mobilisation générale de l'Armée belge, les miliciens de la classe 38 rejoignent leur escadron à Brasschaat; Il y a à peine un mois qu'ils ont été démobilisés. Compte tenu de la neutralité de la Belgique, le le Régiment de Lanciers quitte définitivement sa garnison et se rend initialement avec un Groupe le long de la Lys, près de Courtrai, et l'autre Groupe le long du Canal du Centre, à l'ouest de Mons. Dès le lendemain, le dispositif entier se déplace pour assurer la même mission entre Mons et Antoing avec les deux Groupes.
Au début du mois d'octobre, la mission change: durant tout l'hiver, le régiment occupe plusieurs positions le long du Zuid Willemsvaart, entre Bree et Maasmechelen. Le , se situe l'épisode de l'avion allemand égaré qui fait un atterrissage de fortune à Vucht, à proximité des dernières positions régimentaires. L'officier de renseignements, le Sous-Lieutenant de réserve Hubert Van Hecke, constate sur place que des papiers ont été récemment brûlés derrière une haie; peut-être n'a-t-on donc pas récupéré tous les documents que contenait cet avion. En tout cas, les conséquences immédiates de l'incident sont la suppression des congés et l'ordre de mettre en état de combat les différents bunkers bordant le canal, d'y charger les mitrailleuses lourdes et de prendre connaissance des instructions secrètes qui s'y trouvent.
Cependant, rien ne se passe. Vers la fin de l'hiver, le Lanciers est relevé et se regroupe initialement dans la région de Nivelles, puis se déploie à nouveau face à la frontière française, entre Mons, Binche et Jurbise. Le au soir, les congés sont rétablis; personne n'en profitera puisque à l'aube du sonne l'alerte générale.
Seconde Guerre mondiale Le À l'aube, l'Allemagne entre en guerre contre la Belgique et la Hollande.
Dès 7 heures, le régiment se regroupe à Mons et, après une halte dans la ville, part vers Wavre aux ordres du Corps, pour défendre la Dyle. Il prend cependant position le soir, à l'Est de Hannut pour défendre le nœud routier.Le , le Lanciers se retrouve sous commandement de la Brigade de Cavaliers Portés ; à 14 heures, les escadrons se mettent à nouveau en route, traversent Tirlemont, touchée par d'importants bombardements allemands, et s'installent sur la Grande Gette au nord-est de la ville. Le escadron, renforcé de moyens du escadron, s'installe près de Gossoncourt. Curieusement, les fusions de communes font qu'aujourd'hui le village d'Orsmael-Gussenhoven, témoin des combats du , et les villages d'Oplinter, Neerlinter et Drieslinter, où se distinguent les anciens de 1940, appartiennent tous à l'entité communale de Linter.Le dans la matinée, nos lanciers, confiants et enthousiastes, subissent leur baptême du feu et résistent à toutes les attaques allemandes de la journée et de la nuit suivante. Les canons antichars de font merveille.Le , le régiment tient fermement son sous-secteur. Dans la nuit suivante, vers 1 heure, arrive l'ordre de repli : au sud, les Français du Corps Prioux se sont retirés, découvrant un flanc de la position belge. Afin d'échapper à l'encerclement, nos cavaliers se replient méthodiquement, avec le regret de devoir quitter une position solide et le sentiment prémonitoire qu'ils n'auront plus jamais l'occasion de trouver un terrain aussi favorable, ni le temps suffisant de se retrancher convenablement.
À l'aube du , les derniers motocyclistes sont recueillis à hauteur de la rivière Velp. Le escadron, encore au contact, ne rejoint qu'en fin de journée, après avoir perdu, à Gossoncourt, environ deux tiers de ses effectifs. Les combats des 12 et vaudront à toutes les unités de la Brigade la citation “ La Gette ”.