La tempête Lothar, nom donné par les météorologistes européens, est une tempête synoptique hivernale à caractère explosif qui a touché l'Europe de l'Ouest, la première des deux tempêtes de fin décembre 1999 en Europe. Ses vents moyens atteignant jusqu'à dans les terres (Orly), mais avec des rafales dépassant de force quasiment équivalente à un ouragan de catégorie 2On ne peut cependant pas directement comparer ces rafales avec les vents soutenus qui servent à classer les cyclones tropicaux. Ainsi un ouragan de catégorie 1 peut générer des rafales dépassant les même si ses vents soutenus sont entre . , ont dévasté dans la journée du le nord de la France, de la Suisse et l’Allemagne. Ils causèrent des dommages importants, en particulier aux forêts, avec des rafales atteignant en plaine à Saint-Sylvain et jusqu'à (au mont Wendelstein dans les Préalpes bavaroises) et (au mont Hohentwiel au nord du lac de Constance dans le Bade-Wurtemberg) en altitude selon les sources.

Lothar s'est déplacé à sur un axe Bretagne (vers ) - Lorraine (vers ) et Alsace () avec un front mesurant de large..

Ce système explosif n'était pas un ouragan (cyclone tropical), bien que ce nom lui soit donné par certains, mais une dépression explosive des latitudes moyennes exceptionnellement intense pour l'Europe. Elle a été suivie le lendemain d'une seconde tempête nommée Martin qui a durement éprouvé le sud de la France, l'Espagne et le nord de l'Italie.

Situation météorologique

Du 26 au , les cyclones extra-tropicaux Lothar et Martin ont affecté l’Europe de l’Ouest. À partir du , la dépression d'Islande se renforce et crée un fort contraste de température le long d'un front polaire à travers l'Atlantique. Pendant ce temps, un anticyclone recouvre l’Europe centrale et orientale. Le , l'anticyclone se décale vers l'est ce qui permet un déplacement de la zone frontale vers l'Europe. Le long de ce front une première dépression, prénommée Kurt, affecte l'Europe de l'Ouest..

Tard le , une onde dans la circulation se développa dans la basse troposphère au sud de la Nouvelle-Écosse le long de la même zone frontale. Elle se déplaça rapidement vers l'est tout en se renforçant, aidée par un environnement favorable où un approvisionnement durable d'air froid polaire et d'air subtropical chaud et humide se rencontrait. Le , l'onde devint une dépression de pression centrale de . Selon la tradition européenne, l'Institut météorologique de l'université libre de Berlin. donne un nom aux dépressions hivernales, et ce fut « Lothar » dans ce cas.

Lothar se déplaça rapidement, poussée par un fort courant-jet dans la matinée du , à une vitesse proche de . Elle atteignit une pression centrale de à quelque au sud de l'Irlande. À l’approche des côtes du nord-ouest de la France, la tempête a ralenti pour atteindre avant de commencer une phase d’intensification rapide. La pression centrale a chuté de en 8 heures, tombant à durant la période de passage de la tempête au-dessus de Paris, ce qui correspond à la définition d'une bombe météorologique. Son creusement s'est accentué sur terre en raison d'une interaction forte avec le courant jet d'altitude qui était proche de à d'altitude.

Lothar était extrêmement intense et ne faisait que de diamètre, bien inférieur au diamètre de la majorité habituelle pour une dépression des latitudes moyennes. Son intensification rapide a engendré un gradient de pression interne comparable à ce que l’on observe dans les ouragans de catégorie 2. Des vents exceptionnellement forts ont été enregistrés dans une zone de située au sud du centre de la dépression.

Avant la dissipation de Lothar, une nouvelle perturbation s'est créée près de l’endroit où Lothar s’était formé. Cette tempête, appelée Martin, a emprunté un trajet à au sud de Lothar et a atteint sa pression minimale enregistrée de . Ses vents étaient d’intensité maximale à l’approche des côtes françaises dans la soirée du comparables à celles de Lothar : sur les côtes et à l’intérieur des terres.

Prévision Après les problèmes de la Tempête de 1987, les services météorologiques européens ont beaucoup amélioré leurs modèles de prévision numérique du temps et Météo-France a prévu Lothar. Les guides numériques de prévision pour Lothar ont été médiocres à cause de l’instabilité extrême de l’atmosphère. Certaines prévisions tablaient sur un passage du front au-dessus du Royaume-Uni tandis que d’autres ne signalaient même pas d’intensification possible de la dépression et des vents associés.

Cependant, l’intensité du courant-jet, avait été prévue neuf jours auparavant par le Centre européen de prévision météorologique à moyen terme (CEPMMT) et les météorologues français, utilisant les modèles ainsi que les variations de températures et de pression exceptionnelles, ont pu envoyer une alerte météorologique avec 24 heures de préavis et ont travaillé en contact étroit avec les services de la sécurité civile. Malgré tout, les prévisions de vitesse de vent n’étaient que de 90 à au lieu des vitesses observées entre 125 et . Après la tempête, les prévisionnistes se sont demandé si l’apport supplémentaire de données côtières aurait pu améliorer les prévisions ou si le développement dramatique de cette tempête dépassait les capacités des modèles numériques opérationnels de prévision.

Des lacunes dans la diffusion de cette alerte, et de celle pour Martin moins de deux jours plus tard, a amené à la mise sur pied du programme de vigilance météorologique de Météo France le pour mieux toucher le public.

D'autre part, les services météorologiques allemands ont été critiqués pour ne pas avoir émis des avertissements pour Lothar.

Rafales enregistrées Selon les services météorologiques des pays cités :

Pays Localité Vitesse France Saint-Sylvain France Orly, Saint-Brieuc, Solenzara France Paris (Montsouris), Nangis, Toussus-le-Noble France Alençon, Melun France Île de Groix, Magnanville (Yvelines) France Brétigny-sur-Orge, Dinard, Saint-Dizier France Colmar (Meyenheim), Nancy-Ochey France Caen, Orléans, Reims, Villacoublay France Le Bourget, Ploumanach, Troyes France Chartres, Nancy (Essey), Roissy, Strasbourg France Évreux, Rouen, Langres France Beauvais France Auxerre, Épinal, Laval, Metz (Frescaty), Trappes France Bâle-Mulhouse, Blois., Lons-le-Saunier, Lorient, Tours France Châteauroux, Dijon, Le Mans, Luxeuil-les-Bains, Nantes, Rennes France Avord, Bourges, Brest, Quimper France Angers, Niort, Poitiers, Saint-Quentin, Vannes France Avallon, Nevers France Clermont-Ferrand, Dieppe, La Roche-sur-Yon France Besançon, Mâcon France Amiens, La Rochelle France Bordeaux, Cognac, Lyon-Bron, Romorantin

Pays Localité Vitesse Commentaires Allemagne Hohentwiel Allemagne Wendelstein Allemagne Feldberg à d'altitude Allemagne Zugspitze à d'altitude Allemagne Weinbiet Allemagne Fichtelberg, Hohenpeißenberg Allemagne Großer Arber à d'altitude Allemagne Klippeneck Allemagne Karlsruhe Allemagne Lahr, Stuttgart Allemagne Fribourg-en-Brisgau, Sarrebruck, Augsbourg Allemagne Straubing Allemagne Freudenstadt, Hambourg-Harbourg, Öhringen Allemagne Zinnwald-Georgenfeld, Fürstenzell, Weißenburg Allemagne Chemnitz, Wurtzbourg Allemagne Deuselbach Allemagne Trèves Allemagne Gelbelsee, Schleiz Allemagne Nuremberg

Pays Lieu/Localité Vitesse Commentaires Suisse Säntis Suisse Hörnli Suisse Gornergrat Suisse La Dôle Suisse Jungfraujoch Suisse Le Moléson Suisse Titlis Suisse Gütsch (Andermatt) Suisse Les Diablerets à d'altitude Suisse Chasseral Suisse Schaffhouse Suisse Zurich / Fluntern Suisse La Brévine Suisse Bâle / Binningen Suisse Lucerne Suisse Berne Suisse La Chaux-de-Fonds Suisse Neuchâtel Suisse Genève

Dégâts +Selon les assureurs et les autorités des pays, il a été dénombré 60 à 110 victimes dont.NationalitéMortsFrance30 à 53Suisse29 (14 directement et 15 autres victimes lors des travaux de déblaiement en forêt)AllemagneAu moins 17 Les pertes économiques furent estimées à (1999) ; Les arbres abattus : Bade-Wurtemberg en Allemagne, 25 millions de mètres cubes ; France : il n'y a pas de séparation des dégâts entre les tempêtes Martin et Lothar qui se sont succédé en fin . On rapporte de 115 à 140 millions de mètres cubes de bois abattus au total pour les deux systèmes, l'équivalent d'un convoi ferroviaire ininterrompu d’Oslo à Gibraltar ; Suisse, 13 millions de mètres cubes de bois.

Cette tempête est la plus forte jamais enregistrée en Europe depuis que des relevés météorologiques fiables existent.. Avant cela, le premier évènement apparemment comparable serait la Grande tempête de 1703 survenue les 7 et en Bretagne et dans le sud de l'Angleterre (plus de )..

L'après Lothar La région du Schliffkopf dans la Forêt-Noire se trouve dans le Bade-Wurtemberg en Allemagne. Elle est connue pour ses forêts et ses nappes d'eau souterraines, et, depuis 1938, déclarée zone protégée de la nature.

À la fin de fut ouvert sur les lieux, un parcours d'observation nommé le «  ». La tempête Lothar, dont les vents de force d'ouragan ont atteint au mont Hohentwiel au nord du lac de Constance, a lourdement atteint la région en 1999, et, en parcourant ce sentier d'observation de de long, les visiteurs peuvent découvrir près de dévastés par la tempête.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Tempêtes de fin décembre 1999 en Europe Tempête de 1987

Liens externes

* Après Lothar, un reportage sur les travaux de déblaiement et les conséquences économiques pour l'industrie sylvicole, Temps présent du , 28.01 min, archive de la rts, rts.ch

Bibliographie Wahl L (2000) « L'ouragan Lothar en Alsace-Lorraine : un événement climatique sans précédent ? ». Revue géographique de l'Est, 40(3).

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