La centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin est un centre pénitentiaire français situé sur le territoire de la commune de Sequedin dans le département du Nord et dans la région des Hauts-de-France. Son adresse postale le rattache cependant à la commune d'Haubourdin..
L'établissement dépend du ressort de la direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille. Au niveau judiciaire, l'établissement relève du tribunal judiciaire de Lille et de la cour d'appel de Douai..
Histoire L'établissement est créé administrativement par le regroupement d'établissements du secteur qui a lieu en plusieurs étapes.
Seconde Guerre Mondiale et déportation des Juifs (1940-1944) Pendant l'occupation allemande de la France, la prison de Loos-lès-Lille joue un rôle central et tragique dans la répression et la Shoah au sein de la région du Nord-Pas-de-Calais. Dès mai 1941, les autorités allemandes réquisitionnent une partie de l'établissement pour y installer le Quartier allemand, placé sous l'autorité directe de la Wehrmacht et de la Gestapo.
Les départements du Nord et du Pas-de-Calais étant rattachés administrativement au commandement militaire allemand de Bruxelles (Militärbefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich), la prison de Loos sert de principal centre de rassemblement et de transit régional pour les déportations. Contrairement au reste du territoire français où les détenus sont envoyés vers le camp de Drancy, de nombreux fugitifs arrêtés dans cette zone ou condamnés par le tribunal militaire de Valenciennes sont renvoyés du secteur de Lille-Loos vers la Belgique. Les familles juives ainsi que les membres des communautés Sinti et Rom incarcérés à Loos sont alors transférés vers le camp de regroupement (SS-Sammellager) de la caserne Dossin à Malines (Belgique), pour y être intégrés aux convois de déportation belges à destination des camps d'extermination.
Les départements du Nord et du Pas-de-Calais étant rattachés administrativement au commandement militaire allemand de Bruxelles (Militärbefehlshaber in Belgien und Nordfrankreich), la prison de Loos sert de principal centre de rassemblement et de transit régional pour les déportations. Contrairement au reste du territoire français où les détenus sont envoyés vers le camp de Drancy, les familles juives ainsi que les membres des communautés Sinti et Rom incarcérés à Loos sont transférés vers le camp de regroupement (SS-Sammellager) de la caserne Dossin à Malines (Belgique), pour y être intégrés aux convois de déportation belges à destination des camps d'extermination.
Les arrestations frontalières de Feignies (31 juillet 1942) Les arrestations frontalières survenues à Feignies le 31 juillet 1942 constituent un jalon marquant des débuts de la déportation des Juifs en Belgique occupée et dans le Nord de la France. Le parcours administratif et judiciaire des victimes, transitant par la prison de Loos-lès-Lille puis par la caserne Dossin, illustre l'étroite collaboration entre la douane allemande, la justice militaire et la Sicherheitspolizei (Gestapo).
Arrestation et jugement militaire Le 31 juillet 1942, lors du contrôle du train au poste-frontière franco-belge de Feignies (près de Maubeuge), le secrétaire des douanes allemandes (Zollsekretär) R. Hobischka découvre les faux papiers et identifie la judéité des voyageurs. Les familles sont immédiatement débarquées du train et remises à la Feldgendarmerie de Maubeuge.
La tentative de fuite sous couvert de faux documents étant qualifiée d'infraction militaire et policière, les hommes et les femmes sont transférés à Valenciennes. Le 3 août 1942, le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 678 locale (FK 678) prononce son verdict. L'inspecteur de la justice militaire (Heeresjustizinspektor) Baumgartner valide une ordonnance pénale (Strafverfügung) condamnant formellement les fugitifs à une peine de cinq mois d'emprisonnement pour franchissement illégal de la frontière. Ce dossier est conservé au Centre d'Étude Guerre et Société (CegeSoma) au sein des Archives de l'État en BelgiqueCentre d'Étude Guerre et Société (CegeSoma), Archives de l'État en Belgique, Fonds de la Feldkommandantur 678 (FK 678) de Valenciennes..
Contexte et tentative de fuite Au cours de l'été 1942, la persécution des Juifs s'intensifie drastiquement en Europe de l'Ouest occupée. En Belgique, les premières convocations pour le « travail obligatoire » (en réalité la déportation via la caserne Dossin) débutent en juillet 1942. Face à cette menace, de nombreuses familles juives tentent de fuir le pays en direction de la zone non occupée (la France de Vichy) ou de la Suisse.
Le couple Markus Wolf Kleinhaus (né en Pologne le 11 septembre 1897) et Céline Kleinhaus-Content (née à Amsterdam le 9 mai 1900), résidant au 21 Belgiëlei à Anvers, décide de franchir la frontière par le train à la fin du mois de juillet. À bord du même train international se trouve la famille Polak, originaire d'Amsterdam, composée d'Isaac Polak (né le 7 février 1891), de son épouse Seline de Vries et de leur fille Eva Frederika Polak, âgée de 21 ans (née le 5 juillet 1921). Simon Bremer, un compagnon de route de la famille Polak, voyage quant à lui sous une fausse identité belge au nom de « Jacques Peters », prétendument originaire de Lanaye.
Arrestation et jugement militaire Le 31 juillet 1942, lors du contrôle du train au poste-frontière franco-belge de Feignies (près de Maubeuge), le secrétaire des douanes allemandes (Zollsekretär) R. Hobischka découvre les faux papiers et identifie la judéité des voyageurs. Les familles sont immédiatement débarquées du train et remises à la Feldgendarmerie de Maubeuge.
La tentative de fuite sous couvert de faux documents étant qualifiée d'infraction militaire et policière, les hommes et les femmes sont transférés à Valenciennes. Le 3 août 1942, le tribunal militaire allemand de la Feldkommandantur 678 locale (FK 678) prononce son verdict. L'inspecteur de la justice militaire (Heeresjustizinspektor) Baumgartner valide une ordonnance pénale (Strafverfügung) condamnant formellement les fugitifs à une peine de cinq mois d'emprisonnement pour franchissement illégal de la frontière.
Intervention de la Gestapo et incarcération à Loos Cette peine d'emprisonnement ne sera jamais purgée. Conformément aux directives nazies, le tribunal transmet une copie du jugement à la Sicherheitspolizei-SD (Sipo-SD ou Gestapo), dont le quartier général régional pour le Nord de la France est établi dans une villa réquisitionnée avenue de la République, à la limite de Lille et de La MadeleineCélerse, G., Le siège de la Gestapo de La Madeleine (Lille), Fondation Auschwitz / Musée de la Résistance de Bondues. Disponible en ligne via Auschwitz.be..
La Gestapo prend alors en charge les prisonniers pour « mesures policières complémentaires », synonyme de déportation. Le 13 août 1942, les familles sont écrouées à la Maison d'arrêt de Loos (prison de Loos-lès-Lille). Dans les registres de l'administration pénitentiaire, les femmes sont inscrites au registre d'écrou des femmes sous les numéros successifs 475 (Eva Polak) & 476 (Céline Kleinhaus)Archives départementales du Nord (Lille), Fonds 2025 W (Centre pénitentiaire de Lille-Loos) – Greffe : registres d’écrou, Femmes (1941 - 1943), Inscriptions n° 475 et 476, du 13 au 27 août 1942. Inventaire en ligne via AD Nord.. Les hommes sont quant à eux incarcérés séparément dans le quartier des hommes.
Déportation via Malines vers Auschwitz Après exactement deux semaines de détention à Loos-lès-Lille, les familles sont remises aux autorités allemandes de Belgique le 27 août 1942 pour y être déportéesService historique de la Défense (Caen), Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Fiches Markus Kleinhaus et Céline Content, Collection n° AC 40RC1252 (Référence aux registres L.D.-P.246/247).. Le jour même, elles pénètrent dans l'enceinte de la caserne Dossin à Malines.
Quatre jours plus tard, le 1er septembre 1942, tous les membres de ces familles sont embarqués depuis Malines à bord du Convoi VII à destination du camp d'extermination d'Auschwitz-Birkenau. Les registres historiques et les bases de données mémorielles confirment qu'aucun d'entre eux n'a survécu à la déportation et à la ShoahJoods Monument, Gezinspagina Simon Bremer en Isaac Polak, Joods Cultureel Kwartier Amsterdam. Disponible en ligne via Joods Monument.Maison Anne Frank, Eduard Bremer - Kennisbank Onderzoek, Amsterdam. Disponible en ligne via Research Anne Frank..
La période d'occupation de la prison s'achèvera le 1er septembre 1944 par l'épisode tragique du « Train de Loos », au cours duquel des centaines de prisonniers politiques furent déportés vers les camps de concentration allemands à la veille de la libération de Lille.
Création administrative : la maison d'arrêt de Lille La nouvelle maison d'arrêt de Sequedin, construite dans le cadre du « programme 4000 » et livrée en ., ouvre le . Elle est alors intégrée dans une entité administrative unique, la maison d'arrêt de Lille, composée de deux quartiers :
le « quartier maison d’arrêt de Lille-Loos », qui a conservé sa dénomination historique de « maison d'arrêt de Loos », situé sur le territoire de la commune du même nom et dont la construction date de , avec une capacité d'accueil de 399 places ; le « quartier maison d’arrêt de Lille-Sequedin », également appelé « maison d'arrêt de Lille-Sequedin » ou « maison d'arrêt de Lille - structure de Sequedin », qui comporte lui-même un quartier "Maison d'arrêt Hommes" de 421 places, un quartier "Maison d'arrêt Femmes" de 150 places et enfin un quartier "Maison centrale Hommes" de 32 places (qui devait être, à l'origine, un quartier pour mineurs).
Les deux quartiers sont cependant physiquement séparés par l'autoroute A25 reliant Lille à Dunkerque.
Évolution : le centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin Le , la maison d'arrêt de Lille est regroupée administrativement avec le centre de détention de Loos, voisin de la maison d'arrêt du même nom pour constituer le centre pénitentiaire de Lille-Loos-Sequedin..
L'établissement intègre alors le centre de détention de Loos, qui devient le « quartier centre de détention de Loos » de 369 places.
Cependant, le rapprochement effectif de ces trois structures n'est réalisé qu'en . Il est alors composé du « quartier maison d’arrêt de Lille-Loos » (correspondant au site de la maison d'arrêt de Loos), du « quartier maison d’arrêt de Lille-Sequedin » (correspondant à la nouvelle maison d'arrêt de Sequedin) et du « quartier centre de détention de Loos » (correspondant au site du centre de détention de Loos).
D'autres structures sont également rattachées administrativement à l'établissement : l’UHSI du centre hospitalier régional de Lille (21 lits) et le centre de semi-liberté d’Haubourdin (60 places), ce dernier, précédemment autonome, devenant le quartier « centre de semi-liberté d’Haubourdin »..
Fermeture des quartiers historiques de Loos En , le « quartier maison d’arrêt de Lille-Loos » et le « quartier centre de détention de Loos » ferment définitivement leurs portes pour vétusté (même si un rattachement administratif subsiste). Les deux quartiers sont détruits entre et ..
Seuls subsistent les rattachements administratifs de l’UHSI du centre hospitalier régional de Lille du quartier « centre de semi-liberté d’Haubourdin ».
Au sein de l'établissement le plus récent, qui devient le site principal du centre pénitentiaire à la suite de la fermeture des autres sites, le quartier "Maison centrale Hommes" disparait également et un quartier "CNE" est par la suite mis en place.
Description Situé administrativement Chemin de la Plaine à Haubourdin, l'établissement est implanté physiquement sur le territoire de la commune de Sequedin à de Lille. Il est l'un des sept établissements pénitentiaires du département.