vignette|Carte météorologique de surface des États-Unis le 21 octobre 2006 Une carte météorologique est une carte géographique sur laquelle les données de certains paramètres météorologiques sont pointées et analysées pour donner une représentation de l'état de l'atmosphère à un temps précis. Il en existe deux types : carte du temps présent, où les informations des stations météorologiques de surface ou des radiosondages sont inscrites, et cartes de prévision météorologique, où ces mêmes paramètres sont tracés pour un temps futur..
Les premières cartes météorologiques sont apparues au , alors que divers pays commençaient à construire des stations météorologiques et que l'Organisation météorologique internationale était mise sur pied pour partager ces informations..
Sur les cartes d'analyse du temps présent, les données des stations de surface ou de radiosondage (température, pression, vents, etc.) sont inscrites selon un code international à l'endroit où elles sont prises. Par la suite, les lignes représentant des valeurs égales sont tracées pour donner une image d'un champ particulier de ces données (isobares, isallobares, ligne de même point de rosée, etc.). Finalement, des analyses supplémentaires sont ajoutées subjectivement, comme la position des fronts météorologiques. Dans le cas de cartes de prévision, les champs prévus de ces variables seront tracés pour l'usage des météorologues, une carte avec des symboles représentant le temps prévu dans le cas des cartes utilisées par les médias, ou des cartes spécialisées pour certains éléments du temps comme les zones de givrage pour l'aviation.
Histoire
Réseaux de stations météorologiques En 1849, le Smithsonian Institution, sous la direction du physicien Joseph Henry commence à mettre sur pied un réseau de stations météorologiques d'observation aux États-Unis.. Les observations seront disséminées rapidement grâce à l'invention en 1837 par Samuel Morse du télégraphe..
Le , une violente tempête provoque le naufrage de 41 navires français en mer Noire, au cours de la guerre de Crimée. Cette tempête avait traversé toute l'Europe de l'Ouest, mais personne ne fut en mesure de signaler, voire prévenir du danger. Face à ce constat, Urbain Le Verrier, directeur de l'observatoire de Paris, décide de mettre en place un vaste réseau de stations météorologiques couvrant l'ensemble de l'Europe et mettant à profit l'innovation technologique que représente le récent télégraphe électrique. Le , son projet de réseau de météorologie destiné à avertir les marins de l'arrivée des tempêtes, est adopté par l'Empereur Napoléon III. Trois jours plus tard, Le Verrier présente à l'Académie des sciences la première carte météorologique de France.. La Grande-Bretagne et les autres puissances européennes suivent dans la même lignée.
Tous les réseaux d'observations mentionnés jusqu'à présent étaient indépendants. Une information météorologique cruciale pouvait donc ne pas être transmise. Ceci était particulièrement important en mer. Le principal promoteur d'échanges internationaux sera l'américain Matthew Fontaine Maury. En 1853, une première conférence des représentants de dix pays se réunit à Bruxelles pour formaliser une entente et normaliser le codage des données météorologiques. En 1873, l'Organisation météorologique internationale (OMI) est fondée à Vienne par les pays ayant un service météorologique.
Premières cartes vignette|upright=0.60|Une carte météo du Royaume-Uni, créée par Francis Galton en 1861 vignette|Carte météorologique dans l'Atlas de Hans en 1879 En 1856, Joseph Henry est à Washington D.C. le premier à exposer une carte de prévision météorologique des bassins de l'Ohio aux rivages de la côte atlantique : elle représente les formations nuageuses des contrées continentales qui sont déplacées par les vents d'ouest dominants. Le temps de l'Ohio permet de supposer par translation de ses masses nuageuses en une journée le temps prévisible sur la Virginie, le Maryland ou New-York. Le travail devenant trop important pour le Smithsonian, le gouvernement des États-Unis reprit le flambeau entre 1870 et 1874 par l'entremise du l'U.S. Army Signal Corps.
En 1860, le vice-amiral Robert FitzRoy utilise le télégraphe pour colliger les données météorologiques quotidiennes venant de toute l'Angleterre et Francis Galton trace les premières cartes synoptiques dès 1861. Ce dernier a utilisé sa carte pour prouver que l'air circulait dans le sens des aiguilles d'une montre autour des zones de haute pression, inventant le terme « anticyclone » pour décrire le phénomène. Il a également joué un rôle déterminant dans la publication de la première carte météorologique dans un journal, pour lequel il a modifié le pantographe qui permet de reproduire la carte sur le bloc d'imprimerie.. La variation de ces cartes dans le temps permet à FitzRoy d'établir les premières prévisions qu'il publie dans le journal The Times.
Standardisation
Au début, la prise de données, le format de transmission et le temps n'étaient pas standardisés ce qui rendait la production de carte difficile. Avec l'adoption du temps universel coordonné et la réglementation de l'OMI, les observations commencèrent à être prise à heure fixe et comportèrent les mêmes informations.. Cela permit de produire des cartes météorologique de surface couvrant beaucoup plus qu'un pays. Graduellement, les analyses ont pu être étendues à l'hémisphère nord puis à toute la terre.
Cartes d'altitude
Avec le développement de l'aérologie au début du , des données en altitude ont pu être prises de la température, de l'humidité, de la pression et du vent. Ces données sont devenus plus denses avec la mise sur pied de station de lancement de ballons sonde, puis de l'aviation. Graduellement des cartes à des niveaux constant de pression en altitude ont été produites. Ainsi, aux États-Unis, le Weather Bureau a commencé à émettre des cartes de à partir du et à à partir du ...
Interprétation
En 1838, William Reid publie sa controversée Law of Storms décrivant le comportement des dépressions.. Son ouvrage divise la communauté scientifique durant dix années. En 1841, l'américain Elias Loomis est le premier à suggérer la présence de fronts pour expliquer la météo mais ce n'est qu'après la Première Guerre mondiale que l'école norvégienne de météorologie développera ce concept.. Ce n'est que plus tard que la recherche en météorologie et le développement des ordinateurs a permis de passer d'une interprétation empirique de l'analyse des cartes météorologiques à une autre quantifiable avec les équations primitives atmosphériques.
Cartes d'analyses
Carte de surface
vignette|Modèle de pointage des données d'une station météorologique sur une carte de surface vignette|Carte de surface du 26 janvier 1978 avec les isobares tracées montrant une dépression très profonde. Les stations météorologiques et les navires font régulièrement des rapports d'observation de plusieurs données sous forme de messages normalisés appelés METAR.. Ces messages comprennent le code de la station, la date et l'heure de l'observation, le vent, la visibilité horizontale, les nuages (types et couverture en octas), la température et le point de rosée, la pression au niveau de la mer et des remarques et données additionnelles si nécessaire.
Ces données vont être inscrites (pointées) sur une carte géographique selon le modèle de pointage qui se retrouve dans la figure à droite.. Chaque information a une position et une représentation définie autour du point central. Ainsi le météorologue peut d'un coup d’œil repérer l'information qui l'intéresse. Ce pointage doit prendre peu de place afin de maximiser le nombre de stations visibles sur la carte, sans chevauchement, dans une région à forte densité de stations.
C'est à partir des informations contenues dans le pointage de l'ensemble des stations que différentes lignes d'égale valeur peuvent être tracées pour repérer la configuration de différents champs météorologiques. La plus connue de ces lignes est l'isobare. Celles-ci représentent la pression atmosphérique au niveau moyen de la mer et sont tracées à chaque ce qui permet de repérer les dépressions et les anticyclones associés avec le temps qu'il fait sur une région.. L'image en dessous est un bon exemple d'une carte de surface de cela. En agrandissant celle-ci, il est possible de voir le pointage des stations météorologiques.
Il est possible d'analyser tous les autres paramètres de la même manière. Ainsi, le météorologue peut tracer les lignes suivantes.. : Isallobares, d'égale de variation de pression ; Isobronte, d'égale activité orageuse ; Isocéraunique, d'égal type d'activité orageuse (ex. grêle, vent violent, etc.) ; Isodrosothermes, d'égal point de rosée ; Isogone, de même direction du vent ; Isohyètes, d'égale hauteur de précipitations recueillie pendant une période donnée ; Isonèphes, d'égale nébulosité (néphanalyse) ; Isotache ou isotaque, d'égale vitesse des vents ; Isentrope, d'égale valeur de température potentielle ou de température potentielle équivalente ; isotherme, d'égale température.
De même, il peut tracer les zones ayant des précipitations et leur type, ainsi que les fronts qui sont des entités associés avec les forces dynamiques qui font évoluer l'atmosphère dans le modèle norvégien de cyclogénèse. Cette analyse est seulement limitée par la visibilité des données car trop de lignes se superposant se font obstruction.
Jusqu'aux années 1970, le pointage se faisant manuellement par un technicien en météorologie sur une grande carte en papier et le météorologue ajoutait l'analyse. Depuis ce temps, l'avènement des ordinateurs a permis de plus en plus d'automatiser ce processus et de finalement de faire l'affichage directement sur un écran. Cependant, les météorologues peuvent encore corriger les analyses car ils peuvent remarquer des erreurs causées par de mauvaises données.
Carte d'altitude vignette|upright=1.25|Carte de pointage des stations de radiosondage et des isohypses à Il existe un réseau mondial de radiosondage coordonné par l'Organisation météorologique mondiale (OMM) et opéré par les divers services météorologiques nationaux. Deux fois par jour, à 0 h et UTC, des ballons-sondes sont lâchés et recueillent les informations sur la température, l'humidité, la pression et les vents lors de leur montée qui va se terminer plus de au-dessus du sol..
De plus, la plupart des avions de ligne sont équipés de transpondeurs qui peuvent donner les mêmes informations à intervalle régulier durant le vol de l'appareil par le message AMDAR.. Finalement, les satellites météorologiques captent plusieurs longueurs d'onde émises par l'atmosphère ce qui permet de tirer des informations sur sa structure thermique.., la couverture nuageuse et la présence de précipitations.
Comme dans le cas des rapports en surface, toutes ces données vont être pointées sur des cartes météorologiques. Celles-ci sont tracées à des niveaux de pression constants, appelés surfaces isobares type, et c'est la hauteur du géopotentiel (la hauteur du niveau de pression au-dessus du niveau de la mer) qui sera indiqué.. Chaque information est pointée selon un modèle similaire à celui des stations de surface.
Les lignes d'analyse les plus connues sont les isohypses, tracées à chaque 6 décamètres (ou ), mais encore une fois de nombreuses autres peuvent être affichées. En plus des données de paramètres directs comme la température, il est possible de calculer et de tracer d'autres champs comme l'axe du courant-jet, la hauteur de la tropopause, le mouvement vertical et les advections de température..
Cartes de prévisions
vignette|Carte avec contours en noir des isohypses de la hauteur prévue du géopotentiel de la pression de par un modèle de prévision numérique