L'équipe d'Iran de football est la sélection de joueurs iraniens représentant le pays lors des compétitions internationales de football masculin, sous l'égide de la Fédération d'Iran de football .

L'Iran a remporté la Coupe d'Asie des nations à trois reprises, en 1968, 1972 et 1976. Il honore en 2023 sa en 18 éditions, un record qu'il partage avec la Corée du Sud.

La Tim melli, comme elle est surnommée en Iran, a participé à 7 phases finales de la Coupe du monde, en 1978, 1998, 2006, 2014, 2018, 2022 et 2026 (sans dépasser le stade du ). Régulièrement placée au premier rang des sélections de la Confédération asiatique de football au classement mondial de la FIFA, elle en atteint la en , son record.

Parmi les joueurs de football ayant marqué l'histoire de la sélection, Javad Nekounam compte 149 sélections, tandis qu'Ali Daei a quant à lui inscrit 108 buts, et détenu le record mondial du nombre de buts en sélections entre 2003 et 2021.

Histoire Les débuts du football en Iran

Le football est introduit en Iran au début du par les Britanniques, alors nombreux à travailler dans le pays, que ce soit des ouvriers de l'industrie pétrolière ou des marins et dockers. En 1907 une Tehran Football Association Club est fondée par les Britanniques. En 1920, deux ans après la fin de la Première Guerre mondiale, une association iranienne de football (Majmaa-i Football-i Iran) est à son tour créée dans le but d'organiser la pratique du sport par les Iraniens. Un premier club iranien est créé à Téhéran, l'. En 1926, une sélection de joueurs des clubs de Téhéran est rassemblée pour participer à un tournoi à Bakou, alors en Union soviétique. Elle comprend notamment Hossein Sadaghiani, un Iranien formé dans des clubs européens, qui repartira bientôt faire carrière en Belgique et en Turquie. En 1929, les Transcaucasiens font le chemin inverse jusqu'à Téhéran. Pendant ces deux tournées, les Iraniens jouent sept rencontres, pour six défaites et un seul match nul..

Sadaghiani revient en Iran en 1936. Le , il est l'entraineur d'une sélection iranienne qui affronte à Kaboul l', qui se présente alors comme l'équipe d'Afghanistan. Cette rencontre, qui se solde par un match nul 0-0, est souvent présentée comme le premier match officiel des deux sélections, bien qu'elle ne soit pas reconnue comme tel par la FIFA. À leur retour, les joueurs retrouvent un pays en guerre, envahi par les Britanniques et les Soviétiques.. En , la sélection est de nouveau réunie pour affronter une sélection militaire britannique, battue grâce à un but d'Ahmad Izadpanah.

La fédération iranienne est finalement fondée en 1946 et obtient son affiliation à la Fédération internationale de football association (FIFA) deux ans plus tard. Dès lors, le développement du football en Iran accélère, les clubs se multiplient, notamment dans la capitale. La sélection retrouve les terrains en affrontant quatre fois la Turquie entre 1947 et 1950. Le , pour son premier match officiel aux yeux de la FIFA, l'Iran concède face à la Turquie la plus large défaite de son histoire (1-6). Le , il remporte sa première victoire officielle, contre l'Afghanistan (4-0)..

L'Iran participe à sa première compétition de football lors Jeux asiatiques de 1951 à New Delhi. Il accède à la finale en battant la Birmanie (2-0) puis le Japon après un match d'appui (0-0, puis 3-2), mais s'y incline face à l'Inde, pays hôte (0-1).. En 1958 la fédération rejoint la Confédération asiatique de football (AFC), fondée quatre ans plus tôt. La sélection, qui n'a plus été réunie depuis six ans (le pays a été l'objet d'un coup d'État en 1953), fait le déplacement aux de Tokyo, dont elle est sèchement éliminée par Israël (0-4) et la Corée du Sud (0-5).. Les Iraniens participent dans la foulée pour la première fois au tour préliminaire à la Coupe d'Asie mais sont devancés dans le groupe Ouest par Israël.

Quatre ans de quasi-interruption sont seulement entrecoupés par un premier duel avec l'Irak, le grand rival politique, en . Les deux matchs se concluent par un nul et une défaite, un bilan décevant qui provoque des réactions politiques importantes. L'équipe d'Iran fait finalement son retour pour les qualifications aux Jeux olympiques de 1964, qu'elle remporte en dominant successivement le Pakistan, l'Irak et l'Inde. Le tournoi olympique au Japon, interdit aux joueurs professionnels, est plus difficile avec deux défaites face à l'Allemagne olympique et la Roumanie, et un match nul face au Mexique.

Champion d'Asie trois fois de suite

Le milieu des années 1960 marque l’avènement du football iranien au plus haut niveau continental. En 1964, l'Iran, le Pakistan et la Turquie fondent l'organisation de (RCD), sous l'égide duquel un est organisé. Cinq éditions sont organisées entre 1965 et 1974, dont deux sont remportées par les Iraniens, en 1965 et 1970. Ils participent également aux à Bangkok. Vainqueur de la Malaisie et de l'Inde, puis de l'Indonésie, l'Iran atteint les demi-finales malgré deux défaites face au Japon et la Birmanie. Il y bat cette fois le Japon mais s'incline en finale du tournoi, de nouveau face aux Birmans (0-1)..

Les Iraniens sont qualifiés pour la première fois à la Coupe d'Asie en 1968 en tant que pays hôte. Vainqueur de ses trois premières rencontres à l', face à Hong-Kong, Taïwan et la Birmanie, l'Iran affronte Israël, le tenant du titre, lors d'un dernier match décisif. Menés à vingt minutes du terme, les Iraniens gagnent le match (2-1) et remportent leur première couronne continentale. Homayoon Behzadi est co-meilleur buteur du tournoi..

thumb|Cérémonie d'ouverture des Jeux asiatiques de 1974 à Téhéran. En 1972 en Thaïlande, l'équipe d'Iran de football conserve son titre continental en battant la République khmère (le Cambodge), deux fois, l'Irak et la Thaïlande, puis en finale la Corée du sud (2-1 ).. Hossein Kalani est cette fois seul à la première place du classement des buteurs. Qualifié aux Jeux olympiques de Munich, l'Iran y enregistre une des plus larges défaites de son histoire contre la Hongrie (5-0), futur vainqueur, suivi d'une autre face au Danemark (4-0). Les Iraniens se rattrapent quelques jours plus tard en battant la sélection olympique du Brésil (1-0), sans cependant pouvoir se qualifier pour la suite. Le même été, la sélection iranienne est invitée à la Coupe de l'Indépendance du Brésil, à laquelle participent des équipes du monde entier. Les Iraniens s'inclinent face à l'Irlande (1-2), le Portugal (0-3) et le Chili (1-2), et ne résistent qu'à l'Équateur (1-1)..

En 1974 l'Iran fait son retour aux , organisés à Téhéran, où est construit pour cette occasion le stade Aryamehr. Les coéquipiers de survolent la compétition, se qualifie pour la finale avec six victoires de rang et y bat Israël devant près de spectateurs (1-0).. En 1976, l'Iran reçoit pour la la compétition. Il remporte pour la d'affilée la couronne continentale en battant le Yémen du Sud, l'Irak, la Chine (2-0 ) et en finale le Koweït (1-0, but de Ali Parvin).. L'Iran devient le premier pays à remporter trois victoires en Coupe d'Asie des nations de footballDepuis 1976, l'Arabie saoudite et le Japon ont à leur tour gagné trois trophées et plus en Coupe d'Asie des nations de football.

La première participation à la Coupe du monde en 1978

thumb|L'équipe d'Iran en 1977.Le niveau de la sélection continue à progresser et profite de la création progressive d'un championnat national, dominé par les clubs de Téhéran : le Tadj, le Pas et le Shahin, le plus populaire.

Non inscrit aux tours préliminaires des Coupes du monde de 1962, 1966 et 1970, l'Iran y fait finalement ses débuts pour l'édition 1974, où l'Asie et l'Océanie doivent se partager une seule place. L'Iran sort vainqueur de sa phase de groupe mais s'incline face à l'Australie en finale de la « zone B » (0-3 en Australie, 2-0 à Téhéran)..

Quatre ans plus tard, l'Iran sort de nouveau vainqueur de sa phase de groupe et doit affronter lors d'une seconde poule la Corée du Sud, le Koweït, l'Australie et Hong-Kong. Sorti vainqueur avec six victoires et deux nuls en huit matchs, l'Iran obtient de son premier billet pour une Coupe du monde de football..

Lors du tournoi en Argentine, l'Iran peut notamment compter sur son gardien de but Nasser Hejazi et son petit milieu de terrain Ali Parvin. Pour son premier match face aux Pays-Bas, finaliste du tournoi en 1974, les Iraniens s'inclinent logiquement (3-0). Puis ils affrontent l'Écosse de Kenny Dalglish, également battue lors de son premier match. Le match est haché, les Iraniens s'évertuant à bien défendre. Après l'ouverture des Écossais sur un but contre son camp, les Iraniens poussent et parviennent à égaliser par Iraj Danaifar, à la surprise des observateurs (1-1). Pour leur dernier match, la Tim Melli s'incline, logiquement encore, face au Pérou de Teófilo Cubillas, auteur d'un triplé (1-4, but de Hassan Rowshan).

Cinq mois plus tard, c’est la Révolution iranienne. Le football, vu comme un sport occidental, n'est plus que toléré par les nouvelles autorités iraniennes. Le championnat est arrêté et la sélection en pâtit rapidement. Qualifiée pour les Jeux olympiques de 1980, organisés à Moscou, la sélection doit laisser sa place à la Syrie à la suite du boycott décidé par le gouvernement.

Les difficiles années d'après la Révolution

Alors que s'engage la Guerre Iran-Irak, la sélection défend son titre continental lors de la Coupe d'Asie de 1980. Préoccupés par la situation de leur pays, les Iraniens sont battus en demi-finale par le Koweït (1-2), pays hôte, et terminent à la .. La situation du pays empire vite. La sélection ne s'inscrit pas aux tours préliminaires de la Coupe du monde 1982 et en est disqualifiée en 1986 car sa fédération refuse de jouer ses matchs sur terrain neutre comme l'exige la Confédération asiatique du fait de la guerre avec l'Irak..

L'Iran réussit cependant à se qualifier pour les compétitions continentales, où il connaît des performances irrégulières : quart de finale aux Jeux asiatiques de 1982 et de 1986, de la Coupe d'Asie en 1984 (battu par l'Arabie saoudite puis par le Koweït aux tirs au but), en 1988 (battu par l'Arabie saoudite encore), éliminé au en 1992 après une défaite décisive face au Japon. En 1990 l'Iran remporte les Jeux asiatiques de Pékin en battant en finale la Corée du Nord aux tirs au but.

La sélection fait par ailleurs son retour dans les tours préliminaires à la Coupe du monde. Pour l'édition 1990, elle est devancée de justesse en phase de poule par la Chine ; pour 1994 elle se qualifie pour le tour final mais s'y avère trop juste pour prétendre à l'un des deux billets pour le Mondial.

En 1998, le retour en Coupe du monde

Un championnat national est remis sur pied en 1989, baptisé Ligue Qods. Deux ans plus tard, il est pérennisé sous le nom Ligue Azadegan. Le niveau de la sélection s'en ressent progressivement. Après l'échec de 1992, la Coupe d'Asie 1996 à Abou Dabi voit l'Iran redevenir une puissance asiatique du football, en battant sèchement l'Arabie saoudite (3-0) en poule puis la Corée du Sud (6-2) en quart de finale. De nouveau opposés aux Saoudiens en demi-finale, pour la en quatre éditions, les Iraniens s'inclinent encore, aux tirs au but (0-0, t.a.b. 3-4). En petite finale ils battent le Koweït, aux tirs au but également (1-1, t.a.b 3-2).

L'année suivante, ils réalisent un solide parcours de qualification pour la Coupe du monde 1998, en dominant notamment la Chine mais sont devancés finalement par l'Arabie saoudite et le Japon, vainqueur d'un match de barrage sur un but en or (3-2). Quatrième de la zone Asie, l'Iran affronte l'Australie en barrage inter-zones, et se qualifie après deux matchs nuls grâce à la règle des buts marqués à l'extérieur (1-1, 2-2). Le pays est en liesse.