le Noir (en polonais Czarny), de la dynastie des Piasts, est né vers 1241 et mort le à Cracovie. Il est le fils aîné de et de , fille d'.

Il a été duc de Sieradz (à partir de 1261), duc de Łęczyca (à partir de 1267), duc d'Inowrocław (de 1273 à 1278), duc de Cracovie et de duc de Sandomierz (à partir de 1279).

Lorsque sa mère est décédée en 1257, son père s'est remarié avec Euphrosyne d'Opole avec qui il a trois fils et une fille. La belle-mère de Lech tente d'écarter de la succession les enfants du mariage précédent de Casimir. Certains chroniqueurs la soupçonnent d'avoir tenté de les empoisonner.

Révolte contre son père

Lech et son frère Siemomysl se sont révoltés en 1261 contre la politique menée par leur père. Ils sont soutenus par de nombreux nobles lassés des aventures politiques de Casimir, ainsi que par la coalition mise sur pied contre la Cujavie par , Boleslas le Pieux, et Daniel de Galicie. Sous la contrainte, Casimir donne le duché de Sieradz à Lech.

Duc de Sieradz

Lorsque Lech prend la tête du duché de Sieradz, il s'agissait d'une des terres polonaises les moins peuplées. Sa politique vise à développer son duché. Il fonde toute une série de villes (Nowa Brzeźnica, Lutomiersk, Wolbórz et Radomsko). Il encourage aussi des colons à venir s'installer dans son duché. Pour réussir à changer l'image de son duché, il collabore étroitement avec l'Église. 280px|left

Lorsque est décédé en 1267, ses possessions ont été partagées entre les cinq fils issus de ses mariages. Lech, l'aîné, reçoit le duché de Łęczyca qu'il annexe au duché de Sieradz.

Un an plus tard, les nobles du duché d'Inowrocław se révoltent contre son frère Siemomysl et appellent Boleslas le Pieux sur le trône. N'ayant aucune légitimité à gouverner le duché d'Inowrocław, Boleslas remet le pouvoir à Lech le Noir en 1273. Celui-ci conserve le trône d'Inowrocław pendant . Ce n'est qu'en 1278 que Siemomysl récupère son trône à la suite d'un accord conclu à Ląd grâce à la médiation de de Grande-Pologne.

Collaboration avec le Pudique et tentative de coup d'État

Dès 1261, Lech le Noir avait noué de bonnes relations avec son voisin , le duc de Cracovie. Déjà en 1260, les deux hommes, alliés à la Hongrie, ont participé ensemble à une expédition militaire contre la Bohême. Par la suite, Lech continue à combattre la Bohême et ses alliés ( et Ladislas d’Opole).

Les relations entre Lech le Noir et Boleslas le Pudique sont tellement cordiales que ce dernier, sans enfant, envisage très vite Lech comme son fils adoptif et le désigne comme héritier. Une partie de la noblesse de Petite Pologne se révolte et propose à Ladislas d'Opole de remplacer le Pudique. Les rebelles et l'armée de Ladislas sont écrasés par le duc de Cracovie.

Mariage avec Agrippine thumb|Agrippine et le Noir, toile de Jan Matejko, 1879 En 1265, Lech le Noir épouse Agrippine, petite-fille de et fille du ban de Croatie et de Serbie . Ce mariage n'est pas une réussite. En 1271, Agrippine provoque un scandale en déclarant publiquement que son mari est impuissant. Un divorce s'ensuit.

Duc de Cracovie et de Sandomierz

À la mort de le , le Noir monte sur le trône de Cracovie et de Sandomierz, sans doute avec l'accord tacite de la majorité des nobles de Petite Pologne et faute de meilleurs candidats. Germanisé, il a le soutien de la population de souche allemande.

Peu après, un candidat inattendu a revendiqué le trône de Lech le Noir. Il s'agit de Léon (Lev) de Galicie, fils de Daniel de Galicie. Léon de Galicie et ses alliés (Lituaniens, Tatars et quelques ducs russes) font irruption en Petite Pologne en , traversé la Vistule et assiégé Sandomierz. La ville résiste, laissant le temps à Lech le Noir de réunir une armée pour repousser les envahisseurs. Le , Léon de Galicie est vaincu et est obligé de se replier. En représailles, Lech le Noir dévaste les régions frontalières jusqu'aux portes de Łwów.

L'année suivante, Lech le Noir s'attaque sans beaucoup de succès aux possessions d', le duc de Wrocław, qui s'est allié avec la Bohême.

En 1282, Lech le Noir doit faire face à une attaque sur sa frontière orientale menée par les Sudoviens. Il les poursuit et les écrasent sur le Narew. Mais dès l'année suivante, les Lituaniens prennent le relais et commencent à lancer des raids. Les agresseurs sont défaits par Lech le Noir dans la région de Łuków.

Conflit avec l'évêque de Cracovie

Malgré toutes ses victoires militaires, la position de Lech le Noir sur le trône de Cracovie reste fragile pendant tout son règne. Il doit faire face à une virulente opposition intérieure. Refusant d'accorder d'importants privilèges à l'Église, son adversaire le plus coriace est l'évêque de Cracovie. À tout cela s'ajoute une querelle avec Cunégonde de Hongrie, la veuve de .

Le conflit dégénère tellement, qu'en 1282/1283, Lech le Noir fait arrêter et emprisonner l'évêque de Cracovie. Celui-ci n'est libéré qu'à la suite de l'intervention des hauts dignitaires de l'Église polonaise. Finalement, le , un accord définitif est signé entre les deux hommes. Lech accorde le privilège d'immunité à son évêché, rend les biens de l'évêque qu'il a confisqué et lui verse une somme d'argent pour le dédommager des préjudices subis.

Révoltes de la noblesse en 1282 et 1285

La noblesse n'est pas du tout satisfaite de la manière dont Lech le Noir gouverne son duché, en s'appuyant sur la bourgeoisie germanophone. Cela peut paraître étonnant au vu de tous ses succès militaires.

La première révolte a lieu en 1282. Profitant de l'absence de Lech qui est sur le front, le voïvode de Sandomierz offre Sandomierz et Radom à . Cette rébellion est étouffée dans l'œuf.

Une révolte plus importante se produit en 1285. Elle surprend totalement Lech qui a sans doute du se réfugier en Hongrie. Heureusement pour lui, le candidat qui a été désigné par l'opposition pour lui succéder, de Czersk, ne réussit pas à s'emparer du Wawel, défendu par des fidèles. La bataille décisive a lieu le . Avec l'aide des Hongrois, Lech écrase les opposants qui sont obligés de s'enfuir du duché. Ayant annihilé toute opposition, la fin de son règne se déroule dans la stabilité intérieure. En 1286, il accorde à la bourgeoisie allemande le privilège de construire de puissants remparts autour de Cracovie.

Troisième invasion de la Pologne par les Tatars

L'-1288 voit une nouvelle déferlante tatare s'abattre sur la Petite Pologne. Les Tatars, renforcés par l'armée de la Rus' de Kiev, est numériquement trop importants pour les affronter à terrain découvert. Les habitants se réfugient dans les places fortes alors que Lech le Noir fait appel à l'aide hongroise. Cette fois, la Pologne est mieux préparée que précédemment pour affronter l'envahisseur. La plupart des places fortes, dont Sandomierz et Cracovie, résistent mais le duché subit d'importantes dévastations.

Tentative de réunification de la Pologne

Lech le Noir veut amorcer le processus de réunification des territoires polonais. C'est sans doute dans ce but que le culte de saint Stanislas est encouragé à la cour de Cracovie. En 1287, Lech le Noir, , et tentent de se mettre d'accord sur la succession au trône de Cracovie. C'est un échec, sans doute à cause des mauvaises relations qui existent entre certains ducs. Finalement, Lech le Noir conclut un accord de succession avec le Juste, accord non accepté par les autres ducs.

Décès et succession

Lech le Noir est décédé le . Il est inhumé à Cracovie, dans l'église dominicaine de la Sainte Trinité. La bourgeoisie germanophone de Cracovie, malgré l'opposition de la noblesse, appuie la montée sur le trône d' de Silésie, duc et poète de langue allemande, qui prend rapidement le contrôle de tout le duché de Cracovie.

Ascendance

Notes et références

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