La bataille de Punta Stilo, aussi appelée bataille de Calabre, est une bataille navale de la Seconde Guerre mondiale qui se tient en mer Méditerranée. Le , la marine italienne d'un côté et les marines britannique et australienne de l'autre s'affrontent au large de Punta Stilo en Calabre. L'issue de la bataille reste indécise, si bien que les deux camps revendiqueront la victoire. Il s'agit de l'une des rares batailles de la campagne de Méditerranée à impliquer un grand nombre de navires de part et d'autre.

Prélude Lorsque l'Italie entre en guerre, ses troupes en Libye sont mal équipées pour des opérations offensives et la flotte italienne est contrainte de lancer de grands convois afin de les ravitailler.

Le , un convoi de quatre navires marchands quitte Naples et fait cap sur Benghazi, tout en essayant de faire croire aux Alliés que leur destination est Tripoli. Ce soir-là, deux torpilleurs opérant à partir de Catane et un autre cargo viennent les rejoindre au large de Messine et le lendemain, leur force d'escorte rejoint le convoi de Tarente, après avoir été informés que les Alliés avaient récemment quitté le port d'Alexandrie. Les navires transportent , 72 chars M11, 232 véhicules, de fournitures et de carburant. L'escorte du convoi se composait de trois groupes, huit destroyers et quatre torpilleurs protégeant directement les cargos, un deuxième groupe naviguant à 35 miles à l'est et composé de six croiseurs lourds et quatre destroyers. Enfin, le groupe de combat principal se compose de deux cuirassés (Giulio Cesare et Conte di Cavour), huit croiseurs légers et 16 destroyers. Un grand nombre des destroyers italiens n'a pas pris part à la bataille en raison de problèmes mécaniques et la nécessité de faire le plein.

Pendant ce temps, les Alliés participent à une action de convoi similaire. La flotte britannique part d'Alexandrie pour rejoindre Malte, où les destroyers doivent débarquer des fournitures et un nombre limité de renforts spécialisés. Deux groupes de navires marchands sont escortés par trois groupes de navires de guerre, dont un comprenant cinq croiseurs, un destroyer, (la Force A), l'autre, (la force B), avec le cuirassé et cinq destroyers et le groupe de bataille principal, la Force C, avec les cuirassés et , le porte-avions et onze destroyers. L'un d'eux, le , a dû retourner à Alexandrie pour être réparé dans les premières heures du HMS IMPERIAL (D 09) - I-class Destroyer, naval-history.net.

À 14h40 le , deux hydravions italiens CANT Z.506 basés à Tobrouk repèrent la flotte britannique et la suivent dans l'ombre pendant près de quatre heures. Le vice-amiral Inigo Campioni ordonne à sa flotte de faire cap à l'est et de se préparer à l'action. Le commandement suprême italien, cependant, est réticent à risquer ses navires de guerre pour une action de nuit et lui ordonne d'éviter le contact. En effet, durant le positionnement, trois destroyers et deux croiseurs légers souffrent de problèmes techniques et sont détachés pour aller se ravitailler en Sicile. Afin de compenser ces « pertes », un autre groupe de destroyer appareille depuis le port de Tarente. À ce stade, la flotte italienne dispose de 16 destroyers.

Entre et , 72 bombardiers de la Regia Aeronautica basés depuis l'Italie continentale attaquent la flotte britannique. Contrairement aux bombardiers en piqué utilisés par les Allemands, les Italiens font usage de formations à haute altitude (environ ) pour bombarder leurs cibles. Alors que des dizaines de bombes sont larguées, le pont du est sévèrement endommagé, tuant le capitaine, 6 officiers et 11 marins. 3 autres officiers et 6 autres marins sont également blessés lors du raid.

À , la Force B de Andrew Cunningham fait cap sur Tarente afin d'intercepter les navires italiens. Au crépuscule, Cunningham change de cap de 310º à 260º et ralenti la vitesse de sa flotte. Dans les premières heures du , celui-ci fait cap vers le 305° afin d'éviter les avions de reconnaissance ennemis tout en conservant pour objectif le golfe de Tarente. Vers , les Italiens perdent toute trace sur la situation de la flotte des Britanniques. Finalement, à , six hydravions IMAM Ro.43 lancés à partir des croiseurs italiens repèrent les navires britanniques.

Déroulement La bataille peut se diviser en deux phases : l'engagement entre croiseurs (de à ) et l'engagement entre cuirassés (de à ). Pendant la première phase, le est touché par un obus tiré par le et John Tovey donne l'ordre de rompre l'engagement après que les obus italiens soient tombés dangereusement près des croiseurs alliés. Pendant la seconde phase, le combat est interrompu après quelques échanges d'obus. Les obus du Giulio Cesare frôlent à deux reprises le , ce dernier réplique et parvient à toucher le pont arrière du , faisant exploser les munitions stockées sur un de ses canons anti-aérien de , tuant deux marins italiens et en blessant plusieurs autres. L'incendie se propage vers la salle des machines qui doit être évacuée. Une distance de séparait le Giulio Cesare du Warspite, ce faisant il s'agit de l'un des tirs d'artillerie navale à longue portée les plus réussis de l'Histoire, bien que le mois précédent, le cuirassé allemand Scharnhorst soit parvenu à toucher le porte-avions britannique à une distance similaire.

Finalement, à , les cuirassés italiens génèrent un écran de fumée afin d'abandonner le combat. À 16h40, 126 avions de la Regia Aeronautica réalisent une sortie et endommagent le , le Warspite et le . Les Italiens attaquent aussi leurs propres navires, probablement en raison de mauvaise identification, sans leur causer toutefois de dégâts.

À , la bataille prend définitivement fin à la suite du retrait des deux flottes. L'issue de la bataille est donc indécise et la supériorité aérienne des Italiens n'a pas été effective. Le lendemain à 9h40, le destroyer Leone Pancaldo, retournant au port d'Augusta en Sicile, est cependant coulé par une torpille tirée par un Swordfish REPORT OF AN ACTION WITH THE ITALIAN FLEET OFF CALABRIA, 9th JULY, 1940, The London Gazette, consulté le 30 juillet 2010.

Analyse Cette brève bataille permit aux cargos italiens d'atteindre en toute sécurité leur destination (la Libye James Sadkovich, Reevaluating major naval combatants of World War II. Greenwood Press, , 1990. ). Pendant ce temps, les navires alliés sont également parvenus à atteindre Malte avec leur escorte. Bien que l'issue de la bataille soit indécise, les sources alliées affirment que la Royal Navy a exercé un important ascendant moral sur la Regia Marina.

On peut par ailleurs se demander pourquoi les Italiens n'ont pas fait engager leurs deux cuirassés restants de classe Vittorio Veneto, à la fois presque prêts pour le combat et à quelques heures seulement de la Calabre, ce qui aurait pu renverser le cours de cette bataille. Toutefois, les deux navires capitaux étaient encore en cours d'essais, et le Littorio avait subi un incident électrique sur l'une de ses tourelles principales. En revanche, même sans ces navires, le rapport de force était relativement équilibré.

Dans l'ensemble, l'armement des navires britanniques s'est avéré bien supérieur à celui de leurs homologues italiens (les salves italiennes étant trop dispersées pour des raisons techniques). La supériorité aérienne italienne s'est avérée par ailleurs inefficace. En fait, elle n'a joué aucun rôle, à l'exception des dégâts infligés au Gloucester.

Ordre de bataille Alliés 60px|border

Force A composée de la de croiseurs et HMAS Stuart sous le commandement de l'amiral Tovey ; Force B commandée par le vice-amiral Andrew Cunningham (commandant en chef de la Mediterranean Fleet) ; et Force C commandée par le vice-amiral Henry Pridham-Wippell. 3 cuirassés : , , et . 5 croiseurs légers : , (endommagé), HMAS Sydney (II), Royal Australian Navy, consulté le 23 août 2008, (endommagé), et . 1 porte-avions : . 16 destroyers (contre-torpilleurs) : , , , (endommagé), (endommagé), HMAS Stuart (I), Royal Australian Navy, consulté le 23 août 2008, , , , , , , , , HMAS Vampire (I), Royal Australian Navy, consulté le 23 août 2008, et HMAS Voyager (I), Royal Australian Navy, consulté le 23 août 2008. Le destroyer a été coulé en Méditerranée occidentale alors que la Force H menait une action de déception au large de la Sardaigne afin de distraire la flotte italienne qui tentait de couler les convois alliés G. Hermon Gill "Royal Australian Navy, 1939–1942" (1957). Il est torpillé le par le sous-marin italien Marconi pendant le passage de retour de la Force H.

Regia Marina 40px|border La flotte italienne est commandée par le vice-amiral d'escadre Inigo Campioni. 2 cuirassés : Conte di Cavour et Giulio Cesare (endommagé). 6 croiseurs lourds : Zara, Fiume, Gorizia, Pola, Bolzano (endommagé), et Trento. 8 croiseurs légers : Eugenio di Savoia, Duca d'Aosta, Muzio Attendolo, Raimondo Montecuccoli, Alberico da Barbiano, Alberto da Giussano, Duca degli Abruzzi, et Giuseppe Garibaldi. Environ 16 destroyers dont le Vittorio Alfieri, Artigliere, Lanciere, Leone Pancaldo, , Sestri Ponente, Freccia, Saetta et Strale.

Notes et références

Annexes

Bibliographie . . . .

Liens externes

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