Le taureau Boukhis est une divinité égyptienne et un taureau sacré principalement vénéré en thébaïde, à Hermonthis (Armant), mais également à Médamoud, Tôd et Thèbes. Il est considéré comme étant le héraut et la manifestation vivant du ba de la divinité solaire Montou. Toutefois, certaines de ces épithètes l'associaient à d'autres divinités, tels Rê, Osiris, Amon ou bien encore Min.

Vie et mort des taureaux Boukhis

Un « unique » Le culte du taureau Boukhis est bien moins connu et documenté que celui des Apis ou bien des Mnévis. Toutefois, son culte présente avec ces derniers de nombreuses similitudes. En effet, comme ces homologues, un seul taureau était choisi pour être l'incarnation de Boukhis. Il vivait toute sa vie dans l'opulence à proximité du temple de Hermonthis, et bénéficiait de rites funéraires somptueux après sa mort.

Traits morphologiques distinctifs Comme pour le taureau Apis et Mnévis, le taureau désigné pour être la manifestation de Montou sur terre était choisi grâce à des traits morphologiques permettant de le distinguer de ses congénères. Il fallait une bête blanche dont le pelage de sa tête était noir. D'après Macrobe, les Égyptiens s'assuraient "qu'à chaque heure, il (=le taureau Boukhis) change de couleur, et que son poil est dans le sens contraire de tous les autres animaux" (Saturnales, I, chapitre 21, 20-21). Selon l'auteur, cette caractéristique était nécessaire pour associer l'animal à l'astre solaire dont il était censé être une manifestation.

Intronisation du taureau Boukhis La stèle funéraire Bucheum 9 (EA 709), actuellement conservée au British Museum, fournit de précieuses informations sur l'intronisation du taureau Boukhis. Après la mort d'un taureau, les prêtres d'Hermonthis parcouraient l'Égypte à la recherche de la réincarnation de l'animal. Une fois trouvé, il était envoyé à Thèbes pour être intronisé. Le lieu exact de la cérémonie fait encore débat. Elle devait se dérouler à proximité du temple de Louxor. Après avoir reçu la couronne à plumes d'autruches, il était envoyé dans son étable à Hermonthis.

Bucheum : la sépulture des taureaux Boukhis À leurs morts, les taureaux étaient ensevelis dans le , découvert par Robert Mond en 1927.

Chronologie

Époque grecque Une stèle peinte du musée égyptien du Caire figure présentant une offrande à Boukhis.

Période romaine droite|vignette|Graffiti d'Esmet-Akhom, dernier texte hiéroglyphique connu datant de 394, porte d'Hadrien du temple de Philae La stèle funéraire Bucheum 20 (JE 31901) célèbre probablement l'ensevelissement du dernier taureau sacré. Cette stèle est exceptionnelle pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il s'agit de l'avant-dernier texte inscrit à l'aide de l'écriture hiéroglyphique. En outre, cette stèle fournie l'une des rares attestations de l'utilisation du « comput dioclétien ». En tout cas, elle donne de précieuses informations sur la vie du dernier taureau. La bête naquit en 316 et fut intronisée en l'an 322 sous le règne de Licinius, empereur ouvertement chrétien. Il mourut après 24 ans d'existence, le , durant le règne de . Sa mort marque la fin du culte des taureaux sacrés à Hermonthis. Environ 40 ans après, l'empereur promulgue l'édit de Thessalonique. Le christianisme nicéen devient alors religion d'État. Les temples et les derniers cultes païens sont interdits, sonnant ainsi le glas de l'antique religion égyptienne.

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Sources

Bibliographie

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Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Autres taureaux et vaches sacrés :

Apis, héraut et la manifestation vivant du bâ de Ptah, vénéré à Memphis ; Mnévis, héraut et la manifestation vivant du bâ de Rê, vénéré à Héliopolis ; Pa-Ka-Our, le taureau sacré de Chedenou (Kôm Abou Yassine).

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