Ham-sur-Heure est une section de la commune belge de Ham-sur-Heure-Nalinnes située en Région wallonne dans la province de Hainaut. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Ce grand village de l’Entre-Sambre-et-Meuse, traversé par l’Eau d’Heure, un affluent de la Sambre. Il est composé de deux ensembles principaux (Ham-sur-Heure, appelé « le Bourk », et Beignée) ainsi que de quelques autres hameaux.

Toponymie

Géographie

Situation Ham-sur-Heure se situe dans une vallée au sud de la ville de Charleroi et à l'est de la ville de Thuin, elle fait partie de l'Entre-Sambre-et-Meuse et de la Thudinie.

Localité limitrophes

Géographie physique Ham‑sur‑Heure se caractérise par un relief doucement ondulé typique de l’Entre‑Sambre‑et‑Meuse, où les altitudes varient sensiblement entre les vallées encaissées et les plateaux agricoles. Le territoire présente une altitude moyenne d’environ , avec un minimum relevé à et un maximum atteignant , ce qui traduit un modelé modéré mais contrasté entre fonds humides et crêtes plus sèches. L’ensemble s’inscrit dans un paysage rural largement ouvert, dominé par les cultures et ponctué de massifs boisés, notamment au sud et à l’est de l’entité.

Le paysage physique d’Ham‑sur‑Heure est également marqué par la répartition de ses sols et de ses occupations du territoire : environ 58 % de la surface est consacrée aux terres agricoles, tandis que 21 % sont couvertes de forêts, confirmant la prédominance d’un environnement rural et boisé en périphérie des noyaux villageois. Les plateaux, plus secs et dégagés, accueillent les cultures et certaines implantations humaines, tandis que les zones basses, plus humides, sont réservées aux prairies et aux espaces naturels.

Ainsi, la géographie physique d’Ham‑sur‑Heure se définit par l’articulation entre un relief vallonné, un réseau hydrographique structurant et une mosaïque de milieux agricoles et forestiers, formant un ensemble cohérent typique du sud du sillon Sambre‑et‑Meuse.

La région d’Ham‑sur‑Heure, située dans le sud du sillon sambro‑mosan, s’inscrit dans l’ensemble géologique du Massif schisteux rhéno‑hercynien, dont les terrains affleurent largement en Wallonie. Elle se caractérise par une alternance de formations paléozoïques plissées, dominées par des schistes, des grès et des niveaux carbonatés, héritage direct de l’orogenèse hercynienne qui a structuré le sous‑sol de la Belgique au cours du Dévonien et du Carbonifère.

Les terrains visibles autour d’Ham‑sur‑Heure appartiennent principalement aux séries dévoniennes, dont la disposition résulte d’un système d’anticlinaux et de synclinaux typique du relief conforme de l’Ardenne et de ses bordures. Ce type d’architecture géologique, bien documenté dans les régions voisines comme Heure‑Nettinne, montre comment les crêtes correspondent aux anticlinaux où affleurent calcaires et dolomies frasniennes, tandis que les vallées suivent les synclinaux constitués de schistes frasniens et famenniens. Bien que cette étude porte sur une zone voisine, elle éclaire la dynamique régionale qui s’étend jusqu’au secteur d’Ham‑sur‑Heure.

La géologie locale est également marquée par la présence de formations carbonatées et de niveaux schisteux susceptibles d’avoir servi de couloirs à des circulations hydrothermales. Les recherches menées dans la région famennienne montrent que ces roches peuvent héberger des filons sulfurés, principalement composés de marcassite, sphalérite, galène et chalcopyrite, avec des transformations supergènes en goethite ou hématite dans les zones d’oxydation. Même si ces minéralisations ne sont pas spécifiquement décrites à Ham‑sur‑Heure, leur présence dans le même contexte géologique régional suggère un potentiel similaire, lié à la fracturation hercynienne et aux circulations de fluides post‑tectoniques.

L’ensemble du sous‑sol d’Ham‑sur‑Heure s’inscrit donc dans une histoire géologique longue, marquée par la sédimentation marine du Dévonien, suivie de la déformation hercynienne qui a plissé, fracturé et parfois métamorphisé les terrains. Les cartes géologiques de Wallonie confirment la présence de ces formations paléozoïques et permettent d’en préciser la répartition, les contacts et les structures, grâce à une cartographie détaillée accessible via le portail géologique régional.

Hameaux, quartiers et lieux-dits

Hameaux Gîllemont, Tienne du Fire, Hublette et Claquedent.

Quartiers La Vaucelles, Le Hameau, il se situe à l'est de la localité où se trouve la gare, Él Bourg, c'est-à-dire le centre du village, Beignée, village sur les hauteurs de Ham-sur-Heure et Le Lorichau.

Lieux-dits Bia Trau, Le Baronbu, La Folie, Florintchamp, La Ganterie, L'Amérique, Le Parc, Le Sart et La Taille à Franes.

Bois Bois communal, Bois Fosset et Bois Jacques.

Hydrographie La commune est structurée par un réseau hydrographique modeste mais déterminant, dominé par l’Eau d’Heure, cours d’eau qui traverse successivement Cour‑sur‑Heure, Ham‑sur‑Heure et Jamioulx avant de rejoindre la Sambre à Marchienne‑au‑Pont. Ce ruisseau, accompagné de petits affluents tels que le ruisseau du Chêneau ou le ruisseau du Bois communal, façonne des vallons étroits et fertiles, où se concentrent prairies humides et étangs, dont l’étang du Vivier constitue un exemple notable. Ces éléments hydrologiques jouent un rôle essentiel dans la structuration écologique locale, en favorisant des zones de biodiversité au sein d’un territoire majoritairement agricole.

Évolution démographique

Sources : INS, Rem. : 1831 jusqu'en 1970 = recensements, 1976 = nombre d'habitants au 31 décembre.

Gentilé Les habitants d'Ham-sur-Heure sont les Hamois. Leur blason populaire est Bourquî..

Histoire

Le village était possédé par l'abbaye de Lobbes au , mais a été perdu au profil de propriétaires laïcs. La localité faisait partie de la Principauté de Liège, dans le quartier de l'Entre-Sambre-et-Meuse. Ham-sur-Heure est cité pour la première fois en 868-869 dans le polyptyque de l'abbaye de Lobbes. Un château y est construit à la fin du . Par la suite, Ham-sur-Heure est intégrée à la Principauté de Liège et au diocèse de Liège jusqu'à la fin de l'Ancien Régime en 1789.

En 1207, Arnould de Morialmé donne le fief de Ham-sur-Heure au chapitre de Fosse-la-Ville. Du au , le village passe sous différentes mains au fil de mariages et héritages. En 1489, Richard de Mérode devient propriétaire du fief. Sa famille conservera le village jusqu'à la fin de l'ancien régime. En 1583, Ham-sur-Heure est incendié par les pillards brabançons en guerre contre la Principauté de Liège.

Le , à une heure du matin, l'Empereur Napoléon, entouré des chasseurs de la Garde impériale, était à Jamioulx-sur-Heure. C’est de Jamioulx qu’il ordonne, à du matin, au général Reille, commandant du d’armée, de franchir la Sambre si possible et, à une ou deux lieues au nord, de se former en ordre de bataille à cheval sur la chaussée de Bruxelles, en envoyant de fortes patrouilles de reconnaissance sur Fleurus. Vers , il ordonne au général Drouet d'Erlon, de passer la Sambre à Marchienne et de se former en ordre de bataille sur la route de Mons à Charleroi pour se mettre en mesure de soutenir le d’arméeRevue militaire générale tome XIII..

En prélude de la bataille de Waterloo, a lieu le combat de Ham-sur-Heure le entre l'avant-garde de l'armée de Napoléon formée par le corps de cavalerie du général Pajol et l'avant-garde du corps d'armée prussien du général von Ziethen. Une charge de la cavalerie française vient à bout du bataillon prussien défendant le passage à Ham-sur-Heure. Une centaine de Prussiens sont faits prisonniers et von Ziethen juge plus prudent d'évacuer Charleroi.

Fin 1848, la Société du chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse, financée par des capitaux anglais, inaugure une relation ferroviaire Charleroi - Walcourt reliant ainsi Jamioulx, Ham-sur-Heure et Cour-sur-Heure à Charleroi.

Pendant la Première Guerre mondiale, des batailles s'organisent à l'est et à l'ouest de Ham-sur-Heure, les Allemands sont accueillis par l'artillerie Française. À la fin de la Grande guerre, les Australiens libèrent le village de l'occupation allemande.

En 1977, date de la fusion des communes, Ham-sur-Heure fut fusionné avec les autres localités pour former Ham-sur-Heure-Nalinnes.

Liste des bourgmestres de 1830 à 1977 Amand-Pierre-Henri Saint-Omer, de 1830 à 1846. Adrien Feron, de 1846 à 1875 (tendance catholique). Henri Tassier, faisant fonction, de 1875 à 1882 (Parti libéral). Louis Lecomte, de 1882 à 1891 (Parti libéral). Olmar Goffin, de 1892 à 1909 (Parti libéral). Abel Dubray, de 1909 à 1910 (Parti libéral). Olmar Goffin, de 1910 à 1915 (Parti libéral). Joseph Horemans, de 1915 à 1921 (Parti libéral). Lucien Pourbaix, de 1921 à 1932 (Parti libéral). Auguste De Ponthière, de 1932 à 1939 (Parti libéral). Jules De Bie, de 1939 à 1942 (Parti libéral). Abel Gauthier, de 1942 à 1944 (Rex). Jules De Bie, de 1944 à 1946 (Parti libéral). Élisée Machurot, de 1946 à 1959 (PSC). Robert Rodelet, de 1959 à 1964 (PSC). Jules Lejeune, de 1964 à 1976 (Intérêts communaux).

Patrimoine et culture Patrimoine architectural vignette|Le château qui est le siège de la commune d'Ham-sur-Heure-Nalinnes. Le château d'Ham-sur-Heure, transformé aux , , , a appartenu de 1487 à 1941 à la famille de Mérode. Il passa ensuite par héritage aux Oultremont, qui le vendirent en 1952 à la commune d'Ham-sur-Heure, où il devint la maison communale, avant de devenir celle de l'entité d'Ham-sur-Heure-Nalinnes. vignette|La chapelle Saint-Roch (1636).vignette|L'église Saint-Martin.L'église Saint-Martin, édifice néo-gothique, a été construite entre 1876 et 1881 selon les plans de l'architecte Jos Schadde. À l'intérieur, on peut admirer un magnifique ensemble de peintures, une grotte, un retable de la Vierge-Marie classé par la Région wallonne, ainsi que bien d'autres trésors. L'église abrite également un orgue d'Émile Kerkhoff datant de 1906, doté de 13 jeux répartis sur deux claviers et un pédalier. Elle possède aussi un remarquable ensemble de quatre cloches. L'église a été entièrement restaurée, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, entre 1989 et 1994. À la suite d'un incendie, heureusement très limité, l'église a été partiellement nettoyée à la fin de l'année 2014. La chapelle Saint-Roch, ancien sanctuaire de la maison des Récollets, construit en 1638. Le château de Hameau, construit dans la première moitié du dans un style néo-classique. Devenu en 1964 une maison de repos dénommé « Le Castel ». L'ancienne maison communale, construite en 1867 dans le style Louis XIII et le monument aux morts pour la patrie. L'église Saint-Louis de Beignée, un hameau de Ham-sur-Heure, a été construite en 1903 dans un style néo-gothique grâce aux dons versés en l'honneur du Bienheureux Richard, Lambert Trouvez, né en 1585, devint Franciscain sous le nom de Richard de Sainte-Anne. Son destin le conduisit jusqu'au Japon. C'est à Nagasaki qu'il est mort, brûlé en martyr en 1622. Il a été béatifié le .

Culture

Folklore

La marche Saint-Roch

vignette|La marche Saint-Roch. Le dimanche qui suit le a lieu la procession et marche militaire Saint-Roch, remontant, tout comme la chapelle dédiée au saint, à 1638. Elle fait partie des Marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse et est reconnue au titre de Patrimoine immatériel de l'Unesco.

Le dimanche, après une messe matinale, la statue et les reliques du saint quittent le château à midi, escortées par des pelotons inspirés des corps d’armée napoléoniens gardes d’honneur, sapeurs, voltigeurs, grenadiers ou flanqueurs évoluant au rythme des fifres et tambours. Le cortège parcourt le village avant de rentrer dans la cour d’honneur du château vers 17 h 15, ponctuant son itinéraire de haltes et d’un bivouac.