Le Vat Phou (en lao, : « temple de la montagne », vat phu) surplombe une colline des monts Pasak, située dans la province de Champassak, à l’extrême sud du Laos. C'est un ensemble monumental remarquable de l'art khmer et de l'architecture khmère remontant avant la construction du complexe d'Angkor Vat.

Site d'occupation khmer depuis le Le point culminant de la chaîne de montagne, le Phou Kao, a une forme singulière, identifiée dans l’Antiquité à un lingam, symbole phallique de Shiva, d’où son nom ancien de Lingaparvata, et sa réputation de montagne sacrée. Une source présente sur le site a vraisemblablement incité les anciens rois de la région à installer là un sanctuaire shivaïte. Les eaux de la source ayant été, dès une époque ancienne, conduites jusqu'au sanctuaire. vignette|centré|400px|Plan d'ensemble schématique. Ce site a été occupé successivement par plusieurs temples dès le . George Cœdès en 1948 a situé à cet endroit la capitale du royaume de Chenla de terre, Shrestapura, fondée par le roi Shresthavarman au .

L’ensemble des bâtiments religieux actuels ont été construits entre les par les Khmers qui administrèrent cette partie du Laos pendant une grande partie de l’Empire khmer.

Après un second édifice au , associant déjà un sanctuaire et des ouvrages hydrauliques, le temple visible actuellement fut construit au en même temps qu’une retenue d’eau (baray) pendant le règne de alors que celui-ci guerroyait au Champâ et au , plus à l’est.

Par la suite, Vat Phou devint un sanctuaire bouddhiste très vivant et l’est resté jusqu’à nos jours : chaque année, en janvier ou février, le de la lune croissante du , a lieu un pèlerinage qui attire de nombreux fidèles laotiens coïncidant avec la fête bouddhiste du .

L’ensemble est orienté selon un axe est-ouest, et depuis la plaine, escalade le flanc de la montagne pour aboutir au sanctuaire, situé sur une terrasse au pied de la falaise où coule la source sacrée. Le site commence avec deux barays (lacs artificiels), ensuite une allée de grès jalonné de bornes mène aux deux grands palais (nord et sud). Une route ancienne surélevée conduit au temple de Nang Sida et continuait autrefois vers Angkor.

On peut voir les vestiges d’un petit édifice (milieu du ), souvent appelé temple de Nandin (le taureau sacré, monture de Shiva). Une suite d’escaliers et de terrasses donne accès au sanctuaire principal (milieu du , style du Baphuon), flanqué d’une « bibliothèque » (on ne connait pas la fonction de ces édifices). La source sacrée se situe derrière le sanctuaire en bas de la falaise et alimentait originellement l’arrière du sanctuaire. De nombreux éléments sculptés sont visibles aux alentours.

La ville ancienne La ville ancienne (environ ) située au bord du Mékong possède une double enceinte de terre. Elle semble avoir été fondée vers le , comme l’atteste une inscription d’un roi nommé Devanika, trouvée dans l’actuel village de Vat Luang Kao. Des inscriptions trouvées dans la même zone attestent que dès la fin du , elle est la capitale du roi Mahendravarman, qui règnera aussi plus tard sur la région de Sambor Prei Kuk (à au sud-ouest, actuellement au Cambodge).

Par la suite, cette ville perd son importance politique, car les dynasties déplacent peu à peu leur centre de pouvoir, pour finir, dès le , par régner sur l’ensemble du territoire de l'empire khmer, avec Angkor comme capitale. Une ville nouvelle, angkorienne, remplace l'ancienne, directement au sud du temple.

Découvrir le site vignette|alt=Colonnes de pierres rectangulaires et rugueuses, statue lisse et douce, vêtements dorés.|Statues bouddhistes, en position assise, table, pierres, offrandes et reliques bouddhistes, dans le temple. Septembre 2019. Le musée, inauguré en 2018, et le site sont ouverts au public pour des activités religieuses et des visites touristiques.

Le site se distingue en quelques points : des Dvarapala (gardiens de porte de sanctuaire), la falaise gravée, un énorme éléphant sculpté, quelques restes d’anciennes cellules monacales, la trimurti : une trinité hindouiste gravée dans la pierre (Shiva, Brahma, Vishnu), un crocodile sculpté… De plus, d’autres ruines khmères, proches de Vat Phou, sont accessibles (quoique en ruines) : les temples de Nang Sida et Tao Tao, le temple de Tomo (Huei Tomo ou Oubmong) de l’autre côté du Mékong.

Pour accéder au sanctuaire principal, il faut gravir plusieurs volées de marches dont une grande partie est bordée de frangipaniers centenaires. Il y a une superbe vue sur le Mékong depuis la troisième plate-forme, avec de grands arbres pour l’ombre et la fraîcheur.

Il faut compter environ 3 heures de visite avec le musée, qui contient de nombreux objets, sculptures et éléments d’architecture issus des fouilles archéologiques réalisées dans et autour du site.

Les missions étrangères Des missions étrangères française, italienne, indienne et japonaise, dans le cadre de projets de coopération avec le Laos, effectuent des travaux de restauration, d’aménagement, de promotion et de mise en valeur du site, en relation étroite avec les autorités lao.

En 1991, le Projet de recherche archéologique lao (Pral), la première mission française, a débuté avec Marielle Santoni (CNRS–musée Guimet). Il s'agissait du premier programme de recherches sur les périodes anciennes, allant de la protohistoire jusqu’à l’empire Khmer.

Puis, la même année, la « Sauvegarde, cartographie et études des emplacements archéologiques » fut lancée par la mission archéologique italienne (fondation Lerici) dirigée par Patricia Zolese.

En 2001, le site de Vat Phou est inscrit au patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

En 2005, le projet de coopération franco-laotienne crée le fonds de solidarité prioritaire (FSP) pour la formation du personnel, la promotion et la mise en valeur du site.

Des missions étrangères sont actuellement sur le site pour la restauration de trois bâtiments : le temple de Nandi par la mission italienne depuis 2006, le palais sud par la mission française depuis 2009, le palais nord par la mission indienne depuis 2010.

Voir aussi Références

Bibliographie papier M. Cucarzi, O. Nalesini et al., « Carta archeologica informatizzata: il progetto UNESCO per l’area di Wat Phu », in B. Amendolea (ed.), Carta archeologica e pianificazione territoriale, Roma 1999, ; ; , Weatherhill 1998

. .

Bibliographie en ligne . . : Site Internet , (cartes, documents, galerie, vidéo.)

Liens externes

UNESCO Champasak Heritage Management Plan, Bangkok 1999 ; International Council on Monuments and Sites report on World Heritage Site application, September 2001.

Catégorie:Site archéologique khmer Catégorie:Patrimoine mondial au Laos Catégorie:Temple hindouiste au Laos