vignette|Gugliermo Giannini Le (UQ ; nom traduisible par ) était un courant, puis un parti politique italien qui a pris vie autour du journal homonyme fondé à Rome en 1944 par le journaliste Guglielmo Giannini. Histoire Prémices Guglielmo Giannini, de tendance libérale, affirmait : . La naissance d'un parti de masse devient réalité avec la création du gouvernement de Ferruccio Parri, que Giannini affubule du sobriquet « »), qui s'installe le .
Le nouveau président du Conseil est accusé par l'hebdomadaire de Giannini d'être inadapté au poste. Le succès de cette initiative est telle que, spontanément, de nombreux sympathisants se réunissent en groupes définis « », qui prennent le nom de « ».
Naissance du parti vignette|Carte d'adhérent année 1946 Aux formations de « » succèdent rapidement des bureaux du parti dans toute l'Italie, avec distribution de cartes d'affiliation.
Dans un premier temps, Giannini cherche à diriger cette adhésion populaire sur le Parti libéral italien, mais l'opposition de Benedetto Croce fait échouer le projet.
À la suite de ce refus, Giannini décide de fonder son propre parti dont le premier congrès se tient à Rome entre le 16 et le dans l'amphithéâtre de la cité universitaire.
Le jour d'ouverture du congrès, le Parti communiste italien critique fermement la formation du nouveau parti, l'accusant d'être une tentative de reconstruction du défunt Parti national fasciste :
Le programme Le ne conçoit pas l'État comme une entité politique, mais simplement administrative, sans aucune base idéologique. Un « état technique » qui s'occupe de l'organisation d'une « foule » plutôt que celle d'une « nation ». Selon Giannini pour gouverner : . L'État doit être présent le moins possible dans la société, l'économie laissée aux entrepreneurs privés dans un système totalement libériste. Dans le cas contraire, l'état deviendrait éthique et selon Giannini il s'ensuivrait une oppression de la libre pensée de l'individu, jusqu’à atteindre une vision impérialiste de l'organisation centrale. Principaux points idéologiques Lutte contre le communisme, Lutte contre le capitalisme de la grande industrie, Encouragement du libéralisme économique individuel, Limitation du prélèvement fiscal, Négation de la présence de l'État dans la vie sociale du pays.
L'Assemblée Constituante Le , aux élections nationales pour l'Assemblée constituante de la République italienne, le obtient soit 5,3 % des préférences ce qui lui vaut 30 députés devenant le cinquième parti national après la Démocratie chrétienne, le Parti socialiste italien d'unité prolétarienne, le Parti communiste italien et l'Union démocratique nationale. Il réalise son meilleur score dans la province de Bari, où il obtient 105 588 voix, soit 20,28% des suffrages exprimés, terminant ainsi deuxième derrière la Démocratie Chrétienne (30,64%) et devant le Parti Communiste (15,32%). Globalement, le parti est surtout populaire dans le Mezzogiorno et en région romaine, surtout en Sicile qu'il a obtenu les meilleurs résultats, devenant premier parti à Palerme et Messine.
Le second tour des élections administratives représente l'apogée du parti. À Rome il obtient soit de plus que la Démocratie chrétienne et second derrière le , formé de communistes et socialistes.
Le vide politique Alcide De Gasperi succède à Parri à la tête du gouvernement. Il attaque la formation de Giannini, la définissant philo fasciste. Comme les grands partis implantés sur le territoire, la dirigée par Angelo Costa, est aussi hostile au , courroucée par les accusations de Giannini sur des présumés accords entre le grand patronat et le syndicat contrôlé par les communistes.
En 1947 le parti « » se montre plus conciliant envers le gouvernement De Gasperi, qui avait sorti les communistes du gouvernement. Ce rapprochement avec la démocratie chrétienne est le prémices du déclin populaire du , car ses partisans déçus du nouveau positionnement pro-gouvernemental quittent le parti.
Au mois de mai, aux élections régionales siciliennes, ils forment une liste « », qui obtient 14,7 % tandis qu'au parlement 14 de ses députés quittent le groupe en formant un groupe séparé : .
L'année suivante, aux élections du , le entre dans le (Bloc national) avec le Parti libéral italien formant ainsi une coalition électorale de centre droit. La liste obtient seulement 19 députés et 10 sénateurs.
Le (UQ) disparaît en quelques mois, la plupart de ses membres rejoignent le Parti national monarchiste et le PLI, quelques-uns adhérent au nouveau Mouvement social italien.
Héritage du « qualunquismo » Le terme , est resté dans le langage politique avec une connotation négative : il définit une attitude de méfiance envers les institutions démocratiques, défiance et hostilité envers la politique et le système des partis, d'insensibilité envers les intérêts généraux qui se traduisent par des idées et opinions simplistes et souvent conservatrices envers les problèmes de l'état et du gouvernement.
En vérité, le mouvement n'était pas désintéressé et insensible à la vie politique du pays, mais plutôt découragé par le système des partis et du peu d'intérêt que la politique portait aux vrais problèmes des gens.
Dans la culture française, il existe un terme analogue : poujadisme et populisme.
Congrès Congrès : Rome, 16-, Congrès : Rome, .
Résultats électoraux ListeVotes%SiègesÉlections de 1946Assemblée ConstituanteFronte dell'Uomo Qualunque 1.211.9565,2730Élections de 1948ChambreBlocco Nazionale-alliance avec Parti libéral italien--4Parmi les 19 élus du blocSenatBlocco Nazionale-Alliance avec le PLI--3Parmi les 7 élus du bloc.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie
Articles connexes Naissance de la République italienne Guglielmo Giannini L'Uomo qualunque Qualunquismo
Liens externes
* Catégorie:Parti politique fondé en 1946