Soixante-dix fois sept (titre original : Setenta veces siete) est un film argentin réalisé par Leopoldo Torre Nilsson et sorti en 1962.
Synopsis Cora, prostituée d'une maison close de la pampa, revoit son passé : autrefois, jeune femme saine et ravissante, elle travaillait dans une de la campagne argentine où débarqua, un jour, un beau cavalier d'origine polonaise. Pour celui-ci, elle vola de la marchandise à ses employeurs. Puis, il revint la chercher et l'emmena chez lui dans les rudes régions de la Patagonie du Nord. Il la traita comme son épouse servante et obéissante. Ils vécurent sans histoires jusqu'à ce qu'un voleur de bétail, pourchassé par les gardiens de troupeaux, survint dans leur enclos. Atteint par une balle, l'homme n'était pourtant pas mort. Cora le protégea et le soigna. La vie à trois aiguisa bien vite les appétits et les convoitises. Le Polonais découvrit le secret de l'autre : une ceinture chargée de billets de banque. Il échafauda un meurtre. Le même jour, le voleur de chevaux proposa à Cora d'abandonner le mari au fond d'un puits. Celui-ci, inlassablement creusé, était censé contenir de l'or noir. Mais, c'est plutôt Cora, par vengeance, qui les y laissa choir. À présent, remords et sentiment de culpabilité l'obsèdent sans cesse. Fuyant le bordel, elle retourne sur les lieux de la tragédie… Tombera-t-elle, à son tour, au fond du puits ?
Fiche technique Titre du film : Soixante-dix fois sept Titre original : Setenta veces siete Réalisation : Leopoldo Torre Nilsson Scénario : L. Torre Nilsson, , Ricardo Luna d'après les contes El Prostíbulo (Le Bordel) et Sur viejo (Le Vieux sud) de Dalmiro Sáenz Photographie : Ricardo Younis Format : Noir et blanc - 35 mm Son : Jorge Castronuovo Musique : Virtú Maragno Montage : Jacinto Cascales Décors : Óscar Lagomarsino Production : Antonio P. Motti (Araucania Films) Pays d'origine : Langue originale : Espagnol Durée : 92 minutes Sorties : mai 1962 au Festival de Cannes ; en Argentine
Distribution Isabel Sarli : Cora/Laura Francisco Rabal : Pascual, le voleur de chevaux Jardel Filho : Pedro, l'éleveur de troupeau, le Polonais Blanca Lagrotta : la mère Ignacio Finder : le père Nelly Prono Hilda Suárez
Commentaire Le titre du film se réfère aux Évangiles, en Matthieu, XVIII, 21 et 22 : la parabole du maître généreux et du serviteur dénué de pitié. L'œuvre de Leopoldo Torre Nilsson prêterait-elle à exégèse spiritualiste ?, interroge Marcel OmsM. Oms in : Leopoldo Torre Nilsson, Premier Plan, n° 26, décembre 1962..
Dès les premières séquences, c'est aussi aux Rapaces (1924) d'Erich von Stroheim que nous songeons : , note Marcel Oms.
Mais, Soixante-dix fois sept est, avant tout, une réflexion sur la formation économique de l'Argentine : , estime encore Marcel Oms.
Enfin, le film de Torre Nilsson est une étude de la condition féminine : le Polonais emporte Cora par nécessité et non par amour. . Cora croit donc trouver l'amour, mais le voleur de chevaux se révèle semblable au "mari". Ainsi s'explique le choix final de la jeune femme, celui de la prostitution.
Les grands thèmes de l'univers de Torre Nilsson ne sont guère bouleversés : séquestration et déchéance morale hantent encore l'effrayant paysage de Soixante-dix fois sept. Mais, on perçoit de nouvelles perspectives et notamment l'ombre du futur Martín Fierro, grandiose poème épique de José Hernández, œuvre phare de la littérature du gaucho argentin, que Torre Nilsson adaptera quelques années plus tard.
Notes et références
Lien externe
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