(ou Ramsès Ousermaâtrê-Méryamon : né de Rê, la justice de Rê est puissante, aimé d'Amon) est le dernier grand souverain d'Égypte antique du Nouvel Empire. succède à son père Sethnakht, précède son fils et règne de 1184 à 1153 avant l'ère commune, un règne que les chroniques (papyrus Harris) indiquent avoir duré et . Pendant son règne, il ne cesse de lutter contre la corruption qui gangrène le pays. Il doit également repousser les peuples de la mer, des envahisseurs coalisés.

Généalogie

est le fils du roi Sethnakht et de la reine Tiyi-Meryaset.

a eu plusieurs épouses, dont a minima : Iset (ou Iset-Tahemdjeret), Tiyi, qui a fait partie du complot ayant visé à la fin de son règne, Tyti, qui pourrait être également sa sœur en tant que « fille du roi » Mark Collier, Aidan Dodson et Gottfried Hamernik, « P. BM 10052, Anthony Harris and Queen Tyti », Journal of Egyptian Archaeology 96 (2010), ., peut-être Minefer.

a eu plusieurs enfants, dont a minima : le roi , donné comme le fils de Tyti, le roi , fils d'Iset, Montouherkhépeshef, dont le nom de la mère n'est pas certain et qui pourrait être le père de Christian Settipani, Nos ancêtres de l'Antiquité, 1991, ., Amonherkhépeshef, dont le nom de la mère n'est pas certain (cf. les différentes hypothèses), Mériatoum, dont le nom de la mère n'est pas certain mais que la majorité donne comme étant Iset, Khâemouaset, dont le nom de la mère n'est pas certain (cf. les différentes hypothèses), Parêherounemef, dont le nom de la mère n'est pas certain mais pourrait être Minefer(cf. les différentes hypothèses), Séthiherkhépeshef, dont le nom de la mère n'est pas certain (cf. les différentes hypothèses), Mériamon, dont le nom de la mère n'est pas certain (cf. les différentes hypothèses), Pentaour, son véritable nom est inconnu, ce nom de Pentaour est un sobriquet donné par le papyrus judiciaire de Turin ; avec sa mère Tiyi, il est à l'origine d'un complot visant à la fin de son règne, le roi , bien que ceci ne soit pas certainNicolas Grimal, A History of Ancient Egypt, Blackwell Books, 1992, ., peut-être une fille nommée Tentopet, que certains assimilent à la reine Douatentopet, épouse du roi et mère du roi .

Règne

Durée de règne

La date de son accession au trône est le du de Chémou de l'an ; celle de son décès est le du de Chémou de l'an . La durée du règne est donc de trente et un ans, un mois et dix-neuf jours.

Accession au trône

La description du « Couronnement du pharaon », figurée dans le temple funéraire de Médinet Habou, montre quatre colombes qui sont « expédiées aux quatre coins de l'horizon pour confirmer que l'Horus vivant, , est (encore) en possession de son trône, et que l'ordre de Maât prévaut dans le cosmos et la société ».

Contrairement à d'autres rois de la période, aucune attestation de la première année de son règne n'est connue.

Guerres

Pendant son long règne, au milieu du chaos politique de ce que de nombreux historiens nomment ., l'Égypte est assaillie par des envahisseurs étrangers (dont les Peuples de la mer et les Libyens). parvient à vaincre chacun d'eux mais dès lors l'Égypte connaît les prémices de difficultés économiques croissantes et de conflits internes qui conduiront finalement à l'effondrement de la vingtième dynastie.

Les « Peuples de la mer »

En l'an de son règne, les « Peuples de la mer », comprenant des Péleset, des Tjekker, des Sicules, des Dananéens (Grecs), des Shardanes (culture nuragique) et des Ouashasha, envahissent l'Égypte par terre et par mer. les vainc au cours de deux grandes batailles terrestres et maritimes. Tout d'abord, il les a vaincus sur terre lors de la bataille de Djahy, à l'extrême frontière orientale de l'empire égyptien, à Djahy, dans l'actuel sud du Liban. La seconde fut la bataille du Delta, représentée sur les murs de son temple funéraire à Médinet Habou, au cours de laquelle Ramsès attira les Peuples de la mer et leurs navires à l'embouchure du Nil, où il avait rassemblé une flotte en embuscade. Bien que les Égyptiens aient la réputation d'être de piètres marins, ils se battent avec ténacité. Ramsès borde les rives de rangs d'archers qui décochent une volée ininterrompue de flèches sur les navires ennemis lorsqu'ils tentent d'accoster sur les rives du Nil. Ensuite, la marine égyptienne attaqua en utilisant des grappins pour se hisser sur les navires ennemis. Au cours des violents combats au corps à corps qui s'ensuivirent, les Peuples de la mer furent totalement vaincus. Le papyrus Harris indique que :

incorpore les Peuples de la mer comme peuples sujets et les installe dans le sud de Canaan. Leur présence en Canaan peut avoir contribué à la formation de nouveaux États dans cette région, comme la Philistie, après l'effondrement de l'Empire égyptien en Asie. Sous le règne de , la présence égyptienne au Levant est encore attestée jusqu'à Byblos. et il est possible qu'il ait fait campagne plus au nord en Syrie...

Les Libyens vignette|Prisonniers libyens lors de la guerre libyenne de , de gouvernement, représentés à Médinet Habou. En l'an de son règne, il vainc des tribus libyennes dans l'ouest du delta du Nil. Il intègre une partie de leurs troupes dans son armée. Il les affronte et les bat à nouveau six ans plus tard, en l'an de son règne. Les vaincus sont marqués au fer rouge, puis emmenés captifs en Égypte avec leurs femmes et leurs enfants. Ils sont à l'origine des communautés libyennes installées dans le pays.

Les Nubiens

Il semble que des troubles aient lieu en Nubie, comme l'indiquent des décors du temple de Médinet Habou. En tout cas, l'afflux d'or venant de cette région diminue par rapport à la dynastie précédente et la présence égyptienne est moins bien marquée.

Relations avec les régions hors d'Égypte

Les oasis ne semblent plus sous le contrôle direct de et ses successeurs, qui ne sont mentionnés que par les produits qui en proviennent ou des ouvriers de Deir el-Médineh qui en sont originaires. La situation s'explique par la situation internationale dans laquelle les tribus libyennes coupent les voies d'accès entre la vallée du Nil et les oasis, voire occupent directement ces dernières.

Quelques exemplaires de vases égéens attestent de relations commerciales entre cette région et l'Égypte (peut-être de manière indirecte), bien que certains de ces vases semblent des imitations égyptiennes, car les relations ont peut-être cessé sous le règne de , l'effondrement de la civilisation mycénienne commençant vers cette époque.

Une expédition au pays de Pount est attestée sous le règne de : l'expédition a remonté le Nil jusqu'à la , puis sur le retour, les produits sont déchargés dans la région montagneuse de Coptos, puis transférés à dos d'ânes et d'hommes dans des bateaux différents qui descendant le fleuve jusqu'à Pi-Ramsès, capitale royale.

Œuvre architecturale

prend pour modèle l’œuvre architecturale des monuments de .

Temple de Médinet Habou vignette|gauche|Premier pylône du temple funéraire de .

Il fait construire son « temple des millions d'années » à Médinet Habou. Situé à proximité du Ramesséum, le temple funéraire est installé sur un site comportant déjà des temples et pylônes, érigés durant la par , Hatchepsout et . On peut plus ou moins suivre les dates de construction des parties du temple : la Grande inscription de l'an et les scènes correspondant à la première guerre sont inscrites sur les murs intérieurs de la seconde cour, tandis que les scènes correspondant à Grande inscription de l'an et concernant les Peuples du Nord sont sur la face du deuxième pylône donant sur la première cour ; enfin, sur la face du premier pylône donnant sur cette même première cour ont été inscrits des éléments datés de l'an tandis que sur la face avant de ce même pylone, les inscriptions datent de l'an pour une et l'an pour trois autres. Ainsi, même si un certain délai peut exister entre les évènements, la rédaction du texte associé et sa gravure, il peut être estimé que le temple était en très grande partie terminé que dès l'an . La grande porte fortifiée fermant l'enceinte du temple du côté de l'entrée, nommée « le bastion », rappelle l'influence asiatique sur l'architecture : cette haute tour comporte des appartements à l'étage, à la manière proche-orientale.

La qualité de ce temple est remarquable, à la fois par son ampleur et par l'originalité de son décor. Contrairement aux décors guerriers de représentant l'effort pour atteindre la victoire, ceux du temple de Médinet Habou représente des victoires acquises. Le décor le plus original de ce temple est la chasse aux animaux sauvages, il est situé au revers du môle sud du premier pylône. Il montre le roi pourchassant des gazelles et des ânes sauvages sur le registre du haut et le roi tuant des taureaux sur le registre du bas. L'affolement des gazelles et des ânes fournit une scène pleine d'agitation tandis que l'agonie des taureaux est l'une des scènes les plus saisissantes qu'ait produit l'art égyptien. L'artiste a utilisé les rideaux de roseaux mollement courbés par le vent pour faire sentir la profondeur du fourré au milieu duquel se déroule la scène. La vérité de l'image et la souplesse des végétaux et des animaux fait un peu penser à l'art armanien, déjà assez éloigné dans le temps.

Thébaïde vignette|gauche|Statues de représentant Osiris. Temple de Karnak.

fait construire un temple-reposoir dans ce qui est aujourd'hui la première cour du temple d'Amon à Karnak. Toujours à Karnak, il fait également construire un temple consacré au dieu Khonsou et à la déesse Mout dans l'enceinte d'Amon-Rê, bien qu'il ne le termine pas, son nom n'apparaissant que dans le fond du temple. C'est son fils qui le fait terminer plus tard. Outre ces constructions, laisse plusieurs inscriptions de qualité à Karnak ainsi qu'au temple d'Amon à Louxor, notamment sur la face extérieure à l'arrière du temple.

vignette| représenté sur une fresque dans la tombe de son fils Amonherkhépeshef dans la vallée des Reines. Sur la rive ouest, fait creuser, ou récupérer, des tombes pour ses épouses et ses enfants dans la vallée des Reines (notamment QV51 et QV52 pour ses épouses Iset et Tyti, ainsi que QV42, QV43, QV44, QV53 et QV55 pour ses fils Parêherounemef, Sethherkhépeshef, Khâemouaset, Méryamon et Amonherkhépeshef). Il fait réinvestir également des tombes de la vallée des Rois, KV13 (l'ancienne tombe de Bay) où sera enterré son fils Montouherkhépeshef, mais aussi KV14 (la tombe de Taousert) où il fait enterrer son propre père Sethnakht après avoir fait réaménager la tombe au profit de ce dernier. La tombe KV3 est également creusée pour l'un des fils du roi mais ce fils n'est pas identifié, et cette tombe n'a finalement jamais été utilisée. La tombe KV11, commencée par son père, est récupérée par à son propre profit : à peine commencée par son père, il la fait terminer, faisant de cette tombe l'une des plus grandes de la vallée des Rois avec une qualité du décor remarquable.

Ailleurs dans l'Empire égyptien

D'autres constructions sont entreprises durant son règne : à Tell el-Rétaba dans le Delta, fait agrandir le temple de , il est attesté à Athribis sur quelques blocs, il fait construire ou modifier un palais à Pi-Ramsès, toujours capitale royale sous son règne, des restes d'un ensemble fortifié daté de son règne ont été trouvés à Héliopolis, peut-être en lien avec les menaces qui ont pesé sur cette ville pendant le règne de Mérenptah puis le sien, il a procédé à d'importants remaniement au temple d'Osiris à Abydos, il a fait décorer de son nom le pylône ramesside du temple d'Edfou, il laisse une inscription sur l'inspection générale de l'an à Éléphantine et Edfou, en plus de Tôd et Karnak dans la région thébaine, des blocs épars portant son nom ont été trouvés à Akhmîm, El Kab et Philæ, en Nubie, le roi est attesté à Bouhen, à Qasr Ibrîm (deux bas de statues) et Kouban (un linteau),