David-Maurice-Joseph Mathieu de Saint-Maurice, comte de La Redorte, né le à Saint-Affrique (Rouergue) et mort le à Paris, est un général et homme politique français.

Biographie Issu d'une famille bourgeoiseLe général comte Maurice-Mathieu de La Redorte.Famille non répertoriée dans la noblesse du Rouergue. et protestante du Rouergue, Maurice Mathieu, fils de Joseph Mathieu, docteur en médecine, et de Jeanne de Barrau de Muratel, naquit à Saint-Affrique (auj. dans le département de l'Aveyron) le .

Il a à peine achevé ses études qu'il entre comme cadet dans le régiment suisse de Meuron le , qu'il suit au cap de Bonne-Espérance en 1783 et puis dans les Indes à la même époque. Il passe le dans la légion française de Luxembourg, et il y est nommé sous-lieutenant le suivant.

Guerres révolutionnaires De retour en France en 1789, son corps ayant été licencié le de la même année, il ne reprend du service que le dans le de dragons (ci-devant Royal), dont son oncle, , chevalier de l'ordre de Saint-Louis, est colonel. Celui-ci devenu maréchal-de-camp, le fait admettre en qualité de capitaine dans la légion du Centre le , et le prend pour son aide de camp le 8 du même mois. Attaché alors à l'armée du Rhin, il s'est distingué le , au combat d'Arnheim, près de Landau.

Il marche avec la brigade que conduit à l'armée du Centre, lors de l'invasion des Prussiens en Champagne, et se signale à la bataille livrée le , près Sainte-Menehould : la bataille de Valmy.

Adjoint à l'état-major-général de l'armée de la Moselle, passé à l'armée de Sambre-et-Meuse, il prend part à toutes les affaires de la campagne de 1793 et des ans II et III comme aide de camp du général Chapsal. Nommé adjudant-général le 25 prairial de cette dernière année (), et employé pendant les ans IV et V aux armées de l'Intérieur et du Nord (novembre de cette année). Là il commande l'avant-garde du corps d'armée chargé du blocus de Mayence, qui est levé par suite des préliminaires de paix signés à Léoben. Il passe alors à l'armée de Sambre-et-Meuse. Après le traité de Campo-Formio, il rejoint (an VI) l'armée de Rome qui, sous les ordres de Championnet, marche contre les insurgés de la Romagne.

Les habitants de Terracino (frontière du royaume de Naples) se sont attiré la colère du général en chef par les excès auxquels ils se sont livrés envers les Français (ils ont ). , l'adjudant-général Mathieu s'y porte le 22 thermidor, avec un détachement. Il enlève la place après six ou huit heures d'un combat sanglant et d'une résistance vigoureuse de la garnison, soutenue par 15 pièces de canon et par un grand nombre de paysans embusqués dans des jardins et des marais. Il s'empare de la ville, passe les rebelles au fil de la baïonnette, et s'empare de leurs armes et de leur artillerie. Tous ceux que l'on prend les armes à la main sont passés au fil de l'épée. À la suite de cette action, pendant laquelle il a un cheval tué sous lui, le Directoire lui confère, par arrêté du 23 fructidor (), le grade de général de brigade.

En l'an VII l'armée française ayant été attaquée par un fort contingent de Napolitains selon Lievyns, Verdot & Bégat ; selon Courcelles : , aux ordres du général autrichien Mack, le général Mathieu est chargé de les contenir. Il chasse l'ennemi de Vignanello le 12 frimaire, et s'empare le 15 de Magliano et du camp d'une division napolitaine. Mais l'occupation d'Otricoli, ville située au-delà de Borghetto, compromettant les communications de l'armée française, Championnet remet le soin de la reprendre à Macdonald, qui confie la direction de l'attaque principale au général Mathieu. Celui-ci repousse l'ennemi sur tous les points, pénètre dans Otricoli, et fait plus du prisonniers ; 8 pièces de canon, 3 drapeaux, ainsi que tout l'état-major du régiment de cavalerie de la Principessa, tombent en son pouvoir. Genzona, Cisterna, Piperno, Prossedi et Frosinone sont également emportés, ainsi que Ceprano où l'arrière-garde ennemie se trouve campée sur une hauteur dominant cette ville. Le lendemain, la brigade du général Mathieu enlève le pont franchissant le Garigliano, traverse le fleuve et entre sur le territoire napolitain, après avoir fait dans ses marches journalières un assez grand nombre de prisonniers.

Le le général Mathieu de La Redorte entre dans Rome, après avoir remporté, près de La Storta, un avantage sur la colonne napolitaine du comte de Damas. Attaqué le même jour, en avant de Saint-Jean de Latran, par une seconde colonne de Napolitains qui veut protéger la retraite du comte de Damas, cette seconde colonne ennemie est également battue, avec perte d'environ et 6 pièces de canon. Le général Mathieu continue de servir en Italie après la reprise des hostilités entre les Napolitains et les Français, et contribue beaucoup à la capitulation de Calvi.

L'armée française, après un séjour de quelques jours à Rome, dont les Napolitains ont été de nouveau chassés, en repart le , et se dirige vers les frontières du royaume de Naples. Le ce général a ordre de reconnaître la place de Capoue. Cette reconnaissance devient un combat opiniâtre, dans lequel il a le bras fracassé par un coup de canon à mitraille. Cette blessure l'oblige de quitter l'armée et de se rendre aux eaux de Barèges pour se rétablir.

Il est encore en Italie quand il reçoit des portraits du roi de Naples et du pape de la part de ces deux souverains, pour la discipline dans laquelle il a maintenu les troupes françaises durant leur séjour à Naples et dans l'État romain.

Promu général de division le , il prend le 9 nivôse an VIII, le commandement d'un corps de rassemblés à Brest, et le 26 pluviôse celui du département du Finistère et de la ville de Brest. . À cette époque, on prépare dans ce port une expédition pour la Guadeloupe ; le général Mathieu qui doit en faire partie, ayant été retenu eu France, est investi le 11 prairial du commandement de la militaire à Périgueux, et de là il se rend au mois de décembre à Dijon, pour commander une division de l'armée d'observation aux ordres du général Murat. Cette armée ayant été mobilisée, passe le petit Saint-Bernard, envahit le Piémont et se dirige vers Ancône pour en former le siège. L'armistice conclu à la suite de la bataille de Marengo ayant changé la destination de cette armée, elle marche en Toscane, puis dans le royaume de Naples, où la division du général Mathieu de La Redorte reste jusqu'au mois de , époque de l'évacuation.

Envoyé le 29 brumaire an IX, à l'armée d'observation du Midi, ce général est nommé au commandement de la militaire à Bordeaux, le 18 prairial an X, puis à celui de la du camp de Bayonne (an XI), et passe camp de Brest.

Guerres napoléoniennes Nommé les 19 frimaire et 25 prairial an XII, membre et grand officier de la Légion d'honneur, un arrêté du 27 floréal de la même année le fait président du collège électoral de l'Aveyron.

En l'an XIV (campagne d'Allemagne de 1805), il commande la du du maréchal Augereau de la Grande Armée employée dans le Brisgau et destinée à repousser sur le Tyrol le corps autrichien du général Jelačić. Ce corps, cerné dans les positions qu'il occupe, met bas les armes et est fait prisonnier de guerre : le général Mathieu règle, de concert avec le major-général Woffskell, les conditions de cette capitulation.

Il sert en 1806 et 1807 dans la campagne de Prusse et de Pologne. Le il passe au service de Joseph Bonaparte, décrété roi de Naples, et suit ce prince en Espagne, où il remplace le général Reynier dans le commandement d'une division. En 1808, attaché au corps d'armée du maréchal-duc de Montebello, il se distingue le , et est blessé à la bataille de Tudela, après laquelle il a le commandement de Barcelone et de la Basse-Catalogne.

Vers le mois de , il y a un complot organisé pour livrer aux Espagnols le fort Montjouich. Le général Mathieu, averti à temps, résolut de faire tourner cette entreprise à la perte de l'ennemi ; il laisse donc le général espagnol, le , rassembler sous les murs du fort dans la nuit du 19 au 20, et pénétrer 800 grenadiers dans les fossés ; mais alors une fusillade terrible devient le signal de la destruction des assaillants, et le général espagnol, attaqué dans le même moment par des détachements placés hors de la ville, n'a qu'à chercher son salut dans la fuite.

Toutefois, sa coopération aux mouvements des années françaises en Catalogne ne se renferme pas uniquement dans les murs de Barcelone. Il se trouve le suivant, à la prise du Montserrat, enlève les hauteurs d'Altafulla le , et continue pendant l'année 1813, à mériter la réputation de général intrépide et sagace. Il secourt en 1813, le fort de Balaguer et la ville de Tarragone, et fait lever le siège de cette place.

, qui fait le plus grand cas de son mérite, lui a décerné la croix de chevalier de l'ordre de la Couronne de fer le et l'a élevé au rang de comte de l'Empire en 1810. Il reçoit le la grand-croix de l'ordre de la Réunion, et rentre en France en 1814, avec les débris de son armée, tenant toujours tête à l'ennemi. Il s'empresse d'envoyer, depuis Blois, son adhésion à la déchéance de Napoléon.

Restauration et Monarchie de Juillet Louis XVIII le fait chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis (bien que le comte de La Redorte soit protestant) le et membre de l'institution du Mérite militaire le . Le ministre français de la Guerre, comte Dupont, lui confie dans le même temps les fonctions d'inspecteur-général pour l'organisation de l'infanterie dans les et militaires.

emploie néanmoins le comte Mathieu de La Redorte pendant son règne des Cent-Jours en lui confiant le commandement de la militaire à Toulouse ().

Après la seconde restauration (), il se retire dans sa terre de d'Horedorve en Languedoc (ou à La Redorte, département de l'Aude). Le , le général Mathieu qui, l'année précédente, a repris son nom de La Redorte, se soumet de nouveau à Louis XVIII. Par ordonnance du , il est autorisé à ajouter à son nom propre le surnom de De La Redorte.

Le ce prince lui donne le commandement de la militaire, et celui de Lyon (où il succède au général Canuel) après . Il est mis en disponibilité en 1823.

Créé pair de France au titre héréditaire de baron, par ordonnance royale du dans la fournée des soixante, grand'croix de la Légion d'honneur le (il est aussi commandeur de l'ordre de l'Épée de Suède), le comte Mathieu de La Redorte vote constamment avec la minorité constitutionnelle du palais du Luxembourg.

En 1830 il prête serment à la royauté nouvelle ; mais prétextant ses infirmités pour refuser de faire partie du cadre de réserve, il prend sa retraite l'année suivante, et meurt le . Tout d’abord inhumé au cimetière du Père-Lachaise ( division)Registre journalier d'inhumation, 4 mars 1833, , page 17Registre journalier d'inhumation, 4 mars 1833, , page 22, sa dépouille est transférée à La Redorte (Aude).

Distinctions Titres Comte Mathieu et de l'Empire (accordé par décret du et lettres patentes signées à Compiègne le ) ; Pair de France : Ordonnance royale du - , Baron-pair héréditaire (lettres patentes du ).

Décorations + Rubans des décorations106px|Grand-croix de la Légion d'honneur106px|Grand'croix de l'Ordre de la Réunion106px|Chevalier de l'ordre royal de la Couronne de Fer (Royaume d'Italie : 1805-1814)106px|Grand dignitaire de l'Ordre royal des Deux-Siciles106px|Chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis106px| Degré de l'Institution de Mérite militaire : à partir de 1814, le ruban de cette institution est le même que celui de l'ordre de Saint-Louis.106px|Commandeur de ordre royal de l'Épée106px|Chevalier de classe de l'ordre impérial de la Couronne de Fer (Empire d'Autriche) right|thumb|180px|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Ouest, et . Légion d'honneur : chevalier de la Légion d'honneur (19 frimaire an XII / ), puis, grand officier de la Légion d'honneur (25 prairial an XII / ), puis, grand-croix de la Légion d'honneur () ; grand'croix de l'Ordre de la Réunion () ;