France Girod-Genet, dite France Ellys, née le dans le 14e arrondissement de Paris et morte le à Coubert (Seine-et-Marne), est une actrice de théâtre et de cinéma française.
Elle a utilisé de nombreux noms de scène, Odette Monfray, Odette Montofray, Pierrette Montofray et Pierrette Monfray.
Biographie
Jeunesse et débuts France Suzanne Armande Girod-Genet naît le au 1, rue Lalande à Paris, chez son père Joseph Armand Girod-Genet, employé, et sa mère Marie Léontine LeprinceArchives de Paris , acte de naissance , année 1893 (page 28/31) (avec mentions marginales de mariage et de décès). Elle est la cadette et dernière enfant de ses parents (mariés trois ans plus tôt à Chartres où sa mère était modiste) qui se séparent au bout de quelques années et voient leur divorce prononcé à Paris en 1909Archives d'Eure-et-Loir, acte de mariage , année 1890 (vue 18/90) (avec mention marginale du divorce).
Au début de l'année 1910, alors qu'elle n'a pas encore dix-sept ans, elle se produit déjà sur une scène théâtrale sous le pseudonyme d'Odette Montofray. Elle changera ensuite régulièrement de nom de scène au gré de ses contrats d'artiste. C'est ainsi qu'elle prend celui de Pierrette Montofray lorsqu'elle est engagée au printemps de la même année par le Luna Park de Paris pour figurer dans sa nouvelle attraction, le Tanagra Théâtre. Ce spectacle inédit, présenté comme la « huitième merveille du monde », donnait l'illusion grâce à un ingénieux procédé d'optique de voir jouer dans un décor miniature de minuscules personnages d'une trentaine de centimètres de hauteur. La première représentation a lieu le , comportant plusieurs tableaux de danses pour lesquels les chroniqueurs relèvent . Après trois mois de représentation, ce sont déjà visiteurs qui se sont pressés dans ce théâtre optique et l'attraction est présentée dans la foulée au Luna Park de Berlin. À cette occasion Pierrette Montofray remporte courant juillet le premier prix de beauté de la ville de Berlin.
Rentrée à Paris, elle est engagée à l'automne par le théâtre de verdure du Pré-Catelan que vient d'ouvrir Francis Robin. Elle prend alors le nom de scène d'Odette Monfray, une version raccourcie de son premier pseudonyme utilisé sur les planches d'un vrai théâtre. Elle joue durant une année et demie sur cette scène avant d'être remarquée par Paul Franck qui a le projet d'ouvrir son propre théâtre au 5 rue du Colisée. Celui-ci l'engage, et c'est ainsi qu'elle apparaît le sur les planches du tout nouveau théâtre Impérial; elle prend ce même jour le nouveau nom d'artiste de Pierrette Monfray formé en mixant ses deux derniers pseudonymes. Elle garde ce pseudonyme jusqu'à la guerre. On lui trouve parfois une ressemblance avec l'actrice Marcelle Yrven.
Libre de tour engagement à l'issue de son contrat d'une année au théâtre Impérial, elle peut jouer au théâtre du Pré-Catelan, au théâtre de la Renaissance, aux Folies Bergères et au théâtre Antoine, et ce jusqu'en . Après la déclaration de guerre, les représentations théâtrales se raréfient. Pierrette Monfray se produit à deux reprises : en , elle déclame une ode patriotique, lors d'un gala organisé par le Vestiaire parisien et la Ligue artistique anti-germanique ; à l'été 1915, elle joue à quelques reprises dans une revue au théâtre des Ambassadeurs. Après quoi sa carrière s'interrompt.
Après-guerre : une identité mystérieuse En , épouse à Paris Primrose Eugène Léon Deloncle, avocat à la cour d'appel de ParisArchives de Paris , acte de mariage , année 1919 (page 23/31) (avec mention marginale de divorce) , et reparaît publiquement l'année suivante sous le nom de France Ellys. La plupart des journaux relaient le récit suivant : France Ellys, jeune débutante, a été découverte par Lugné-Poe qui lui a donné le rôle féminin principal de la pièce Créanciers d'August Strindberg le , dans son théâtre de l'Œuvre, rouvert l'année précédente après cinq années de fermeture dues à la guerre. Le talent de cette nouvelle comédienne, la veille inconnue, est ainsi consacré par toute la presse. De très rares articles établissent toutefois un lien entre Pierrette Monfray et France Ellys. Ainsi, dans Aux écoutes, on peut lire : En , Le Carnet de la semaine évoque France Ellys . En , L'Intransigeant indique que .
Par la suite, France Ellys veillera à ne jamais rien dévoiler de sa propre personne. Un journaliste italien qui tentait vainement de l'interroger en 1928 écrit : . Au sujet du patronyme France Ellys, Lugné-Poe expliquera dans ses mémoires, parus en 1946 sous le titre Dernière Pirouette, qu'il s'agissait du nom d'artiste qu'il lui avait donné. À noter qu'une élève du Conservatoire, de vingt ans sa cadette, a utilisé le même pseudonyme, « Ellys », en 1930Une certaine figurait dans la liste des élèves du Conservatoire qui se sont présentées au concours de comédie de juin 1930. Au Conservatoire. Croquis rapides de nos futurs "comédiens". . Comœdia, 27 juin 1930, , .Portrait de second prix de comédie au Conservatoire. Comœdia, 2 juillet 1931, p. ..
Un succès rapide Devant le succès que rencontre France Ellys dans la pièce de Strindberg, les directeurs de théâtre se l'arrachent et elle signe en un engagement avec le théâtre du Vaudeville. Mais elle se récuse finalement pour rester chez Lugné-Poe qui lui confie le premier rôle de ses mises en scènes suivantes. Cela lui vaut un procès avec le Vaudeville, qu'elle finit par gagner en 1926France Ellys gagne son procès contre le Vaudeville Comœdia, 20 juillet 1926, p. .
En 1921, son mari, Léon Deloncle, est impliqué dans l'affaire André Himmel, dirigeant de la Franco American Cinematograph Corporation accusé d'escroquerie, et leur domicile du 24, place Malesherbes est perquisitionné. L'avocat connaît par ailleurs des déboires avec le journal qu'il a fondé, Le Jour. Le journal Bonsoir ironise à ce propos en écrivant en 1922 : Le couple divorce en .
En 1927, France Ellys est remarquée par le dramaturge Henri-René Lenormand qui lui confie le rôle principal de sa nouvelle pièce Mixture et de ses deux créations suivantes. Cette collaboration est l'occasion pour France Ellys de rencontrer Georges Pitoëff. Elle participe ainsi aux représentations de la compagnie Pitoëff jusqu'en 1935.
Parallèlement, elle commence en 1932 une carrière cinématographique dans le film Un homme sans nom dont les directeurs Roger Le Bon et Gustav Ucicky lui ont confié le premier rôle féminin.
Un lent déclin Dans les années 1940, France Ellys poursuit sa carrière à la fois au cinéma et sur les planches. L'âge venant, elle n'obtient plus que des seconds rôles, puis des petits rôles. Elle met un terme à sa carrière théâtrale en 1947 et à sa carrière cinématographique au début des années 1950. Elle donne des cours d'art dramatique jusqu'au début des années 1970.
France Ellys meurt en 1985, à Coubert.
Théâtre thumb|France Ellys en 1911 sous le pseudonyme d'Odette Monfray. Sous le nom d'Odette Montofray
1910 : L'Avare devenu mendiant, Charles de Bussy, salle des fêtes du Journal
Sous le nom d'Odette Monfray
1911 : En cage de M. Champavert, théâtre du Pré-Catelan 1911 : Aux Parisiennes, prologue de Louis Delluc, théâtre du Pré-Catelan 1911 : Les Distances, 1 acte de Ch. de la Porte, Nouveaux-Mathurins
Sous le nom de Pierrette Monfray (Liste non exhaustive) 1912 : Son vice, pièce en 1 acte de Léon Xanrof, théâtre Impérial : Bavolette 1912 : La Petite Jasmin, comédie en 3 actes de Willy et Georges Docquois, théâtre Impérial : Sophie 1912 : M. Collerette, veuf, comédie-bouffe en 1 acte de Jules Thinet et Georges Fabri, théâtre Impérial : Irma 1912 : Le Pousse l'amour, sketch en 1 acte de Maurice de Féraudy, Jean Kolb, Erik Satie, théâtre Impérial 1913 : La Maison Poponard, vaudeville en 1 acte de Paul Fékété, Théâtre Impérial : Viviane 1913 : Complet à l'Impérial, revue à grand spectacle en 3 actes, Théâtre Impérial 1913 : Vous fâchez pas !, revue en 1 acte de Wilned et Mauprey, théâtre Impérial : la princesse de Saxe-Zour 1913 : Un bûcheur, comédie en 1 acte d'Yves Mirande et Henri Géroule, théâtre Impérial : Germaine 1913 : Métamorphoses, pièce de Léon Guillot de Saix et B. Dangennes, théâtre du Pré-Catelan 1913 : Le Minaret, pièce de Jacques Richepin, théâtre de la Renaissance 1913 : Les Deux Bavards, pièce de Johannès Gravier et Maxime Formont, théâtre du Pré-Catelan 1914 : La Revue de l'amour, Folies-Bergère : la commère 1914 : matinée de gala du Vestiaire parisien, Nouveau Cirque : déclamation d'une ode patriotique 1915 : Zonneslag et , fantaisie bruxelloise en 5 actes de P. Libeau et Maurice Sacy, théâtre Antoine 1915 : En plein air, revue de Charles Quinel et Henry Moreau, théâtre des Ambassadeurs
Sous le nom de France Ellys thumb|France Ellys en 1920 (photo promotionnelle de la pièce Créanciers). (Liste non exhaustive) 1920 : Créanciers d'August Strindberg, sous la direction de Lugné-Poe, théâtre de l'Œuvre : Tekla 1921 : Hedda Gabler d'Henrik Ibsen, sous la direction de Lugné-Poe, théâtre de l'Œuvre : Hedda 1922 : Judith d'Henry Bernstein, théâtre du Gymnase : Ada 1924 : Le Geste de Maurice Donnay et Henri Duvernois, théâtre de la Renaissance : Marceline Vallier 1925 : Une maison de poupée d'Henrik Ibsen, sous la direction de Lugné-Poe 1926 : Bava l'Africain de Bernard Zimmer, sous la direction de Louis Jouvet, Comédie des Champs-Élysées : Madame Soin 1927 : Mixture d'Henri-René Lenormand, sous la direction de Georges Pitoëff, théâtre des Mathurins : Monique Léoncel 1929 : Une vie secrète d'Henri-René Lenormand, Comédie des Champs-Élysées, sous la direction de Georges Pitoëff : Thérèse Sarterre 1929 : La Rolls Royce, comédie en trois actes de Mario Duliani et Jean Refroigney, sous la direction de Harry Baur, théâtre des Mathurins : Nicole Vernier 1930 : Browning, comédie en trois actes de Mario Duliani et Jean Refroigney, sous la direction de Charles Dechamps, théâtre des Mathurins : Monique Chalubert 1931 : Mon ami Philippe d'André de Chatellus, théâtre Fontaine 1932 : Sortilèges, pièce en 3 actes et 4 tableaux d'Henri-René Lenormand, au Studio des Champs-Élysées : Camille Rambert 1933 : Liebelei (Amourette) d'Arthur Schnitzler sous la direction de Georges Pitoëff 1934 : Le Règne d'Adrienne de Paul Brach : Adrienne 1938 : La Fenêtre ouverte de Maurice Martin du Gard, sous la direction de Georges Pitoëff 1942 : Le Fauve d'Eddy Ghilain 1943 : L'Acheteuse de Steve Passeur, théâtre de l'Œuvre 1947 : Le Mal de pureté de Lucien François, mise en scène de Pierre Franck, théâtre du Vieux-Colombier
Cinéma
Courts métrages 1946 : Le Testament de René Jayet 1946 : Cinq à sept de René Jayet
Longs métrages 1932 : Un homme sans nom de Roger Le Bon et Gustav Ucicky : Eva-Maria 1936 : La Joueuse d'orgue de Gaston Roudès : Madame Bernier 1937 : Les Chevaliers de la cloche de René Le Hénaff : La princesse bohémienne 1937 : Enfants de Paris de Gaston Roudès 1937 : La Mort du cygne de Jean Benoît-Lévy : Madame Souris 1938 : La Maison du Maltais de Pierre Chenal : La religieuse 1938 : La Bâtarde de Jacques Daroy : Mademoiselle Peters 1938 : Trois Valses de Ludwig Berger : La marquise de Chalencey 1939 : Grand-père de Robert Péguy : La directrice de l'école 1941 : Fromont jeune et Risler aîné de Léon Mathot 1941 : Ici l'on pêche de René Jayet 1942 : La Femme perdue de Jean Choux : Madame Vidal 1942 : Le Mariage de Chiffon de Claude Autant-Lara : Sophie 1943 : L'Homme sans nom de Léon Mathot 1943 : L'Escalier sans fin de Georges Lacombe : Madame Boutron 1946 : Mission spéciale de Maurice de Canonge 1947 : Par la fenêtre de Gilles Grangier : Madame Laforest 1948 : Les souvenirs ne sont pas à vendre de Robert Hennion : Maria 1950 : L'Homme qui revient de loin de Jean Castanier : Mademoiselle Hélier 1951 : Maria du bout du monde de Jean Stelli : Delphine
Iconographie Photographies de l'actrice, parues dans Comœdia, les , , , , et dans Excelsior, les , .
Notes et références Notes
Références
Liens externes