thumb|Vue de Buta - Uélé, date inconnue

Le Bas-Uele (ou Bas-Uélé) est une province de la république démocratique du Congo. Jusqu’en 2015, il était un district de la province Orientale, à la suite de la Constitution de 2005.

La province se situe dans le Nord du pays sur la rivière Uélé.

Formant la partie ouest de l'Uélé, ou l'Uélé occidental, le Bas-Uele est un espace faiblement peuplé et sa population, fortement dispersée, vit au milieu de ressources naturelles convoitées. Au Bas-Uele, le facteur humain (autrement dit, la main-d'œuvre potentielle) est indissociable des ressources naturelles dont il est partie intégranteOSUMAKA LIKAKI. 1997. Rural society and cotton in colonial Zaire : the Wisconsin University Press p.12. À l'époque coloniale, le grand potentiel agricole de la région fut mis en valeur par l'entremise des cultures obligatoires et la mise en place, plus tard, des paysannats, qui réquisitionnèrent la main-d'œuvre locale. Le système économique s'était associé, comme partenaires politico-administratifs, des nombreux chefs indigènes, dont plusieurs n'étaient autres que des conquérants liés aux trafics d'ivoire et d'esclaves. Des chefs conquérants qui s'étaient imposés dans la région quelques années auparavant comme Semio, mais surtout Engwatra, Sasa, Djabir, Mopoy..., furent des despotes créés, ou du moins renforcés par les armes à feu obtenues grâce à leur affiliation à des réseaux commerçants : au nord, les Nubiens du Soudan égyptien, au Sud, les Arabo-Swahili des falls.

Histoire La domination coloniale belge dans le Bas-Uele a été lente et pénible; pendant des années, son administration ne contrôla la région que sur le papier. Le pouvoir colonial, confrontés aux sultanats récemment établis, élimina leurs chefs pour les remplacer soit par leurs enfants soit par d'autres personnes enclines à se soumettre à son autorité. Le cas du chef azande Sasa par exemple, qui montra trop peu d'empressement à répondre aux avances du chef belge Van Kerckhoven. Ce dernier confia à Semio la surveillance des territoires au nord de l'Uélé, où Gessi avait chargé Sasa de récolter l'ivoire. Le même Demio, qui avait pourtant apporté un appui substantiel aux troupes de l'EIC depuis le Bas-Uele jusqu'au Nil, fut contraint d'abdiquer et de partager son territoire entre deux de ses fils, au moment du découpage international des frontières entre la RCA et l'EIC décidé en Europe en 1894. Jusqu'en 1930, les destitutions des chefs furent fréquentes dans la province de Stanleyville, à tel point que la hiérarchie coloniale, inquiète, intervint pour atténuer leur cadence.

Djabir livrait régulièrement de l'ivoire à l'État Indépendant du Congo. Son pouvoir s'étendit et son autorité fut reconnue sur toute la région entre l'Uélé et Mbomu. Mais l'extermination massive des éléphants réduisit considérablement son apport en ivoire au colonisateur et l'ivoire fut remplacé par la cueillette et la fourniture de caoutchouc. Comme la population était contre l'imposition de la loi sur la récolte, Djabir refusa d'appliquer le décret et la révolte devint grande : les Abandia, sous la conduite de Djabir attaquèrent le poste de Bondo, qui obligea le grand chef de s'enfuir et se réfugier dans le territoire de Bangoso, où il mourut en 1918, alors que Rafai était déjà mort en 1900, Bangasa en 1907 et Semio en 1912. Le village de Djabir et son territoire fut partagé à ses deux fils qui avaient réfusé de le suivre, ainsi qu'à quelques descendants des petits chefs Abandia de la région.

Les chefs qui avaient consenti à reconnaître le protectorat de l'EIC continuèrent, quant à eux, à gérer leurs chefferies sous la surveillance des chefs européens de districtdécret du 06 octobre 1891 (archives) jusqu'en 1906, année d'un nouveau décret. Celui-ci stipulait que les chefs "indigènes" seraient maintenant investis par le gouvernement : "Tout chef qui abuse de ses droits pourra, après enquête, être détenu, suspendu ou privé de ses fonctions par le gouverneur général et remplacé par un tributaire".

En principe, à la mort d'un chef, son successeur était désigné selon la coutume. Mais c'est l'indépendance dont firent preuve Semio et quelques autres chefs qui inquiéta les autorités coloniales et leur fit prendre des mesures "préventives".

L'écrasante majorité des Congolais restaient assujettis à l'État colonial au titre d'indigènes régis par la coutume ou par un statut dérivé (centres extra-coutumiers). À partir de l'indépendance, tous ces chefs seront indistinctement appelés "chefs coutumiers".

Administration La situation administrative actuelle du Bas-Uele est caractérisée par l'importance de chefferies. Il y a 44 chefferies pour 6 secteurs dans le Bas-Uele ; 40 chefferies pour cins secteurs dans le Haut-Uélé; 39 chefferies pour six secteurs dans l'Ituri et, différence importante, seulement 18 chefferies pour 40 secteurs dans la Tchopo voisine. Dans aucune autre entité de la RDC, le nombre de chefferies ne dépasse celui des secteurs, sauf dans la province du Katanga (intégrant cinq districts), qui compte un total de 55 chefferies pour 37 secteurs.

Il était entendu que la nouvelle organisation de la société en secteurs effacerait progressivement la chefferie. Avec la création des centres extra-coutumiers, qui intervint à la même période que la création des secteurs, la nouvelle administration de type occidental gagnait du terrain auprès des indigènes qui, dirait-on, s'émancipaient de la coutume, mieux, intégraient la « civilisation ». Et même si les deux tiers des centres urbains actuels de la RDC se sont développés en 1960, le processus d'adaptation de l'administration locale à la modernité ne s'est pas poursuivi avec le même rythme dans l'ensemble de la colonie, en raison des particularités locales propres à chaque région. Il n'a pas été achevé à la suite de l'indépendance du pays.

Gouverneurs Armand Kasumbu, de 2016 à 2019 Valentin Senga depuis 2019

Subdivisions La province est divisée en une ville et six territoiresConservation Biology Institute, Les territoires du Congo, Corvallis (Oregon), 14 mai 2011 constitués de 7 secteurs, 43 chefferies et 11 communes totalisant 341 groupements et 42 quartiers pour électeurs enrôlés lors des élections de 2018CENI, Cartographie électorale du Bas-Uele, 2018.

CD52 Province du Bas-Uele CodeINS Subdivision Chef-lieu Superficie(km) Population Ville de Buta Buta 5031 Territoire de Buta Buta 5032 Territoire d'Aketi Aketi 5033 Territoire de Bondo Bondo 5034 Territoire d'Ango Ango 5035 Territoire de Bambesa Bambesa 5036 Territoire de Poko Poko

Localisation, hydrographie et climat Localisation Le Bas-Uele est une région éloignée des grands centres politiques de la RDC. Situé à l'extrême nord du pays, aux frontières du Soudan du Sud et de la république centrafricaine, le district du Bas-Uele, aujourd'hui province couvre une superficie de . De ce territoire, constituent l'étendue effectivement habitée et des espaces vides, colonisés par les savanes arbustives et herbeuses aux confins septentrionaux.

Par sa superficie, le Bas-Uele occupe, après la province de la Tshopo (), la deuxième position dans l'ordre des nouvelles provinces prévues dans la constitution du . Mais par sa démographie, il est le dernier, devant la Tshuapa et le Sankuru, il compte habitants, soit une densité de 7,37 habitant au km, total calculé sur base du nombre d'électeurs enrôlés en juin-KYALANGILWA 2007.

Les limites du Haut-Uélé et du Bas-Uele reflètent à peu près celles des anciennes zones cotonnières créées dans le cadre de l'exploitation coloniale. Les centres importants du Bas-Uele à l'ère de l'indépendance furent Buta et Aketi, auxquels s'en ajoutaient d'autres de moindre importance.

Le Bas-Uele est limité :

au nord : par la République centrafricaine; à l'est : par la province du Haut-Uélé au niveau de PK 10; au sud : par la province de la Tshopo au niveau de la rivière Tele située au PK 80 au sud de la cité de Buta sur la route nationale n°4; à l'est : par les provinces de la Mongala et du Nord-Ubangi

La province du Bas-Uele est une région des plateaux dont l'altitude moyenne varie entre 500 et . Ceux-ci forment la limite nord de la cuvette congolaise et se relèvent progressivement vers l'est, comme en témoignent les collines de Melinda ( d'altitude) en chefferie MadiDenis et Wilmet (1996). L’ouest d'Aketi et le sud-ouest de Buta appartiennent à la zone de ramification de la cuvette centrale avec des altitudes inférieures à et la présence de nombreux marécages.

Situé entièrement dans l'hémisphère boréal, il s'étend globalement de à de latitude N et de à de longitude E.OMASOMBO Jean. op.cit. Il est entièrement situé à l'est du méridien de Greenwich et compris entre les méridiens 15° et 30° E.

Hydrographie 250px|vignette|droite|Pont sur la rivière Rubi La Province du Bas-Uele est drainée par de nombreux cours d'eau. Les grandes rivières sont : Mbomu (affluent de l'Ubangi) constitue la limite avec la République centrafricaine. La réalité est que le Bas-Uele va au-delà de la Mbomu sur environ mille cent mètres; La rivière Uélé traverse tous les territoires du Bas-Uele dans cet ordre : Poko, Ango, Bambesa, Buta, Aketi et Bondo; Uere, appelé aussi "Api" dans le territoire de Bondo après sa sortie du territoire d'Ango, dont elle est l'affluent; Bomokandi traverse les territoires de Poko et de Bambesa et se jette dans l'Uélé au niveau de Dingila; Bima traverse les territoires de Poko, de Bambesa et de Buta et se jette dans l'Uélé au niveau de Malengweya; Rubi traverse les territoires de Buta, de Poko, de Bambesa et d'Aketi où elle constitue avec la Tele et la Likati la rivière Itimbiri qui se jette au fleuve Congo à de Bumba Tele traverse les territoires de Buta et d'Aketi où elle forme avec la Rubi et la Likati le début de la rivière Itimbiri; Likati est une rivière du territoire d'Aketi, prenant sa source dans le nord-ouest à la frontière avec le Nord-Ubangi. Le bassin de cette rivière aurait été un véritable vestibule par où s'engouffraient divers peuples migrants ou en conquête, voire en fuite, qui s'arrêtaient en pleine forêt au-delà de quelques grandes rivières ou entre les collines suffisamment protectrices. Itimbiri est une rivière dont la partie située dans le Bas-Uele se trouve uniquement dans le territoire d'Aketi. Elle constitue le bief navigable long de jusqu'au fleuve Congo. Bili est une rivière née de la confluence à Likati (dans le territoire de Bondo) de deux rivières nommées Gangu et Bili. La Bili, qui a un cours est-ouest, forme une série des biefs propre à la navigation, mais séparés par de violents rapides et des chutes. Ses rives sont basses, plantées d'un rideau d'arbres aux troncs tourmentés, rideau peu épais qui cache d'immense plaines herbeuses où se déverse, aux hautes eaux, le trop plein de la rivière. On ne peut la considérer comme cours d'eau navigable, elle n'a aucun affluent important, mais elle est elle-même un grand affluent de la MbomuCHOPRIX, Guy. 1961. La Naissance d'une ville. Étude géographique de Paulis (1934-1957). Bruxelles D'autres grandes rivières sont Libogo et Yoko dans le territoire d'Aketi, Faka dans le territoire de Bondo, Makongo et Likandi dans le territoire de Bambesa, et la liste n'est pas exhaustive. Cette énumération montre que l'Uélé ne constitue pas l'unique cours d'eau du Bas-Uele. Comme la Mbomu et la Bili, l'Uélé et ses affluents, dont les plus importants sont l'Uere, la Bima et la Bomokandi, se joignent à l'Ubangi. En revanche, l'Itimbiri-Rubi, avec ses rivières tributaires dont les plus grandes sont la Likati, l'Aketi et la Tele, se jette dans le fleuve Congo.

Mais ces nombreux cours d'eau du Bas-Uele ne servent généralement que pour le transport local par pirogue à pagaie. Leur énorme potentiel hydroélectrique marqué par des chutes et rapides reste insuffisamment exploité.

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