Le sanctuaire marial du Laus, ou le sanctuaire de Notre-Dame du LausPrononcer « du Lo ». (surnommé ), est le nom donné au sanctuaire marial construit à Saint-Étienne-le-Laus, dans le département des Hautes-Alpes, sur le lieu des apparitions mariales du Laus, à Benoîte Rencurel de 1664 à sa mort en 1718.
Les premiers travaux débutent dès 1666 avec la construction d'une première église de taille modeste. Sont ajoutés un couvent, destiné à des pères jésuites au départ, divers lieux d'habitation et d'accueil de pèlerins, ainsi que des chapelles et oratoires sur les différents lieux d'apparitions. La fréquentation du sanctuaire, très importante dès les premières années, s'est maintenue au cours des siècles (avec un arrêt lors de la révolution française), et s'est largement développée après la reconnaissance officielle des apparitions par Jean-Michel Di Falco en 2008. Le chiffre de a été franchi dans ce lieu relativement reculé et excentré des Alpes françaises.
La taille très modeste de l'église principale, la , , pose des problèmes d'accueil aux responsables du sanctuaire lors des périodes estivales ou de forte affluence. Un projet de nouvelle église a été lancé par l'évêque en 2012, un concours d'architecte organisé, mais le coût du projet et la faible collecte de dons ont suspendu le projet initial.
Ce sanctuaire a reçu de nombreuses marques de reconnaissances et de notoriété de la part des autorités du Vatican, avant même la reconnaissance officielle des apparitions. Ainsi, l'autorisation fut donnée par le pape , d'effectuer en 1855 le couronnement canonique de la statue de Notre-Dame du Laus, et le titre de basilique mineure fut accordé à l'église du Laus en 1894 par le pape . Jean Guitton a dit de ce lieu qu’il est .
Historique Origine thumb|Tableau représentant une des apparitions de la Vierge à sœur Benoîte.
La construction de ce sanctuaire est liée aux apparitions mariales du Laus qui se déroulent durant plus de à Notre-Dame du Laus à partir de 1664. Benoîte Rencurel raconte voir la Vierge Marie ainsi que le Christ en Croix, ou d'autres saints comme saint Maurice, sainte Barbe, saint Joseph, saints Gervais et Protais, l'Enfant Jésus, sainte Catherine de Sienne, des anges, voire le diable. Ces apparitions entraînent en quelques années la venue d'une foule de pèlerins. Dès 1666, on édifie un sanctuaire contenant à l'intérieur la petite chapelle où la Vierge apparaît à Benoîte Rencurel. Entre 1665 et 1667, s'y rendent..
Ce lieu est devenu , d'après les mots mêmes que la Vierge Marie aurait adressés à Benoîte lorsqu'elle lui a dit : . Ainsi, pour l’Église, ce sanctuaire est .. Dès sa fondation, et d'après les paroles rapportées par la voyante : , le sanctuaire est un lieu qui appelle à vivre .
Du au thumb|Notre-Dame du Laus vue aujourd'hui depuis la vallée de l'Avance. À la suite de la visite d'Antoine Lambert, vicaire général d’Embrun, en 1665, la décision est prise de construire une nouvelle église au Laus. Le vicaire nomme également le père Pierre Gaillard, prêtre et docteur en théologie, « directeur de la chapelle » sur le lieu des apparitions, afin de soulager le curé de Saint-Étienne-d'Avançon qui voit défiler un grand nombre de pèlerins.. Sur les de pèlerinage (1665-1666), le juge François Grimaud dénombre venus au Laus..
L'église est construite de 1666 à 1669 avec l'accord de Georges d'Aubusson de La Feuillade, archevêque d'Embrun. L'évêque fonde également un couvent où il établit les jésuites. Son successeur, Charles Brûlart de Genlis, place en 1712 cette maison sous la direction des missionnaires de Notre-Dame-de-Sainte-Garde..
En durant la Révolution française, les prêtres de Notre-Dame-de-Sainte-Garde sont expulsés, les bâtiments sont vendus aux enchères..
Le diocèse d'Embrun de facto vacant entre 1793 et 1802 est alors supprimé et intégré au diocèse d'Aix-en-Provence. Notre-Dame du Laus dépend alors du diocèse de Digne.
En 1805, l'évêque de Digne, Bienvenu de Miollis, achète à ses frais l'église et le presbytère, l'abbé Peix achetant le couvent ; puis en 1818, il demande au père Eugène de MazenodEugène de Mazenod sera évêque de Marseille de 1837 à 1861. Il a été canonisé en 1995 par le pape ., fondateur de la société des Missionnaires de Provence (qui deviendra les Oblats de Marie-Immaculée) de prendre la direction du sanctuaire. Le père de Mazenod donne son accord et signe un bail avec l'abbé Peix, propriétaire du couvent. Les Missionnaires de Provence deviennent alors curés de Notre-Dame du Laus, chargés de la direction du sanctuaire et de la prédication des missions dans les Hautes et Basses-Alpes. Les bâtiments sont rénovés et agrandis, et les pèlerinages reprennent. On compte en 1818 et en 1833.
En , la direction du sanctuaire est reprise par le diocèse de GapLe diocèse de Gap qui avait été supprimé en 1801, a été rétabli en 1822.. Depuis cette date, le sanctuaire est géré par , et le recteur est un prêtre du diocèse de Gap (devenu diocèse de Gap et d'Embrun en 2008). Le sanctuaire est la propriété du diocèse.
En 1854, le pape accorde au sanctuaire l'autorisation d'effectuer un couronnement canonique de la Vierge du Laus. Celui-ci est réalisé par Jean-Irénée Depéry le en présence de nombreux évêques, cardinaux, et ..
Une bulle pontificale du , émise par le pape , accorde le titre de basilique mineure à l’église de Notre-Dame-du-LausCompte tenu de la taille très de l'église, seulement , la délivrance du titre de basilique, a surpris certaines personnes.. La cérémonie d'attribution se déroule le , présidée par Prosper-Amable Berthet, évêque de Gap, avec venant essentiellement du diocèse..
Les habitants des environs venaient nombreux en pèlerinage au sanctuaire dans de grandes processions. Ainsi, avant la Seconde Guerre mondiale, ..
Au vignette|Le psalmodion. Le , Jean-Michel Di Falco, évêque du lieu des apparitions, proclame la reconnaissance officielle des Apparitions mariales du Laus...
Depuis le , pour aider les prêtres dans leur ministère, une équipe de sœurs Bénédictines du Sacré-Cœur de Montmartre assure également les chants des offices (laudes, messe, vêpres et complies) durant lesquels les psaumes sont accompagnés par le psalmodion, instrument de musique dérivé de la cithare..
Le , Jean-Michel Di Falco accueille le nouveau recteur et les nouveaux chapelains de la basilique à l'occasion de la grande fête solennelle de la Nativité de Marie, fête normalement célébrée le mais aussi anticipée au dimanche qui précède au sanctuaire. Le nouveau recteur, le père Ludovic Frère, succède alors au père Bertrand Gournay qui avait succédé lui-même aux pères Élie Mathieu et René Combal..
Le , André Léonard, archevêque émérite de Malines-Bruxelles, devient chapelain auxiliaire du sanctuaire..
Depuis la reconnaissance officielle des apparitions par Jean-Michel Di Falco en 2008, la fréquentation du sanctuaire a fortement augmenté dépassant en 2015 les annuels. Une nouvelle construction d'église a été en projet, pour permettre d'accueillir les fidèles. Une collecte de dons a été réalisée..
Le sanctuaire Depuis plus de , des pèlerins se succèdent dans ce lieu où le sanctuaire est constitué d'un ensemble de bâtiments et de lieux répartis sur une grande surface territoriale.. Cette dispersion est liée aux multiples lieux d'apparitions de la Vierge à Benoîte (la basilique, la chapelle du vallon des Fours, Pindreau) mais aussi d'autres lieux d'apparitions ou de visions (comme la chapelle du Précieux Sang, le col de l'Ange), mais encore des lieux où a vécu Benoîte (sa maison natale, la maison où elle a vécu à partir de 1673) ou de l'oratoire du couronnement qui sont autant de lieux de dévotions et de pèlerinage pour les visiteurs et les croyants...
La basilique vignette|upright=1.0|Vue extérieure de la basilique.
La basilique a été construite autour de la , un des principaux lieux d'apparitions de la Vierge à Benoîte...
De 1666 à 1669 une première église est construite autour de la chapelle pour accueillir les fidèles. Le bâtiment actuel est une extension de cette église commencée en 1666 et qui ne comprenait que la nef actuelle et un mur qui supportait une cloche.
Cette première église, de petite taille, est construite avec l'autorisation de l'évêque, après enquête de son vicaire en 1665 pour étudier l'authenticité des visions. Cette église subira quelques agrandissements et aménagements, qui lui laissent cependant une taille modeste de places. Sa petite taille n'empêchera pas le pape d'élever ce sanctuaire marial à la dignité de en 1892.
Cette basilique est le point central du sanctuaire de Notre-Dame du Laus. Elle contient également le tombeau de Benoîte Rencurel, actuellement en cours de béatification.
Le projet de nouvelle église L'actuelle basilique n'offrant que , un nouvel édifice religieux est à l’étude pouvant accueillir jusque .
Pour célébrer les de la première apparition, un concours d'architectes a été lancé en 2012 par Jean-Michel Di Falco pour un projet de nouvelle église. L'équipe lauréate est constituée des architectes Philippe Madec, Hélène Jourda et Marc Barani, ainsi que de Jean-François Pousse (liturgie), Nicolas Bonnenfant (paysagiste), Alain Bornarel (développement durable), Jean-Marc Weill (structure), Éric Hutter (fluides) et Walter Köller (acoustique). L'autre équipe en compétition réunissait en particulier les architectes Rudy Ricciotti et Dominique Perrault. Le jury était constitué de Jean-Jacques Aillagon, François Pinault, Dominique Ponnau et Jean-Michel Di Falco....
La première phase de travaux comprend en particulier le réaménagement de d'espaces extérieurs et la construction d'une église modulable de en bois. La seconde phase, prévue sur le long terme (trente ans), consiste en un aménagement de supplémentaires d'espaces extérieurs, d'un cloître, d'un bâtiment de conférences, d’espaces d'hébergement des pèlerins et de logements pour des prêtres âgés. Le projet est évalué à dix millions d'euros pour la première phase et à trente millions d'euros pour l'ensemble, financé par des dons et des mécénats.
Mais dès 2016, le lancement du projet prend du retard du fait d'un manque de financement. D'après le diocèse, les promesses de don des mécènes connaitraient des retards et des annulations, empêchant le démarrage des travaux. Des surcoûts liés à la construction auraient également fait gonfler la note. En 2017, le nouvel évêque Xavier Malle, annonce une afin de tenir compte de l'écart entre la collecte de dons et le coût du projet. En attendant la réalisation d'une nouvelle église permettant d'accueillir les pèlerins, la basilique actuelle étant trop petite, le diocèse a décidé de louer un grand chapiteau pour y célébrer les messes durant la saison estivale...
Les lieux des apparitions La chapelle du vallon des Fours vignette|left|140px|Chapelle de Notre-Dame-des-Fours. vignette|200px|Intérieur de la chapelle de Notre-Dame-des-Fours. La chapelle de est située au sud-est du village de Saint-Étienne-le-Laus. La route qui y mène est bordée d'un chemin de croix, longeant le torrent du Grand-Bois.
Cette chapelle est construite sur le lieu des toutes premières apparitions mariales à Benoîte Rencurel, en . À cette époque, Benoîte se rend dans le vallon dit Le nom provient du fait qu'il y avait là des fours à plâtre où l'on faisait cuire du gypse pour y fabriquer du plâtre. Il y avait à proximité une petite carrière de gypse pour alimenter les fours, la forêt proche fournissant le bois. pour y faire pâturer ses moutons. La bergère a pour habitude de réciter son chapelet pendant qu'elle garde ses bêtes. Dans une des grottesIl n'est pas précisé s'il s'agit d'une grotte profonde ou d'une simple balme. du site, elle voit soudain , tenant à la main son enfant. Benoîte décrit ainsi celle qu'elle appellera : elle est vêtue de feuilles d'or enflammées, elle semblait porter une couronne étincelante et son visage était si lumineux qu'on ne pouvait déterminer ses traits avec précision...