Le Léopold est une frégate de classe Karel Doorman de la marine belge. Son numéro de coque est le F930.
Construit initialement pour la marine néerlandaise en 1988 sous le nom de HNLMS Karel Doorman (F827), il est vendu en , avec son navire jumeau, le HNLMS Willem Van Der Zaan, à la Belgique. Ils sont respectivement rebaptisés Léopold et Louise-Marie.
Son port d'attache est Zeebruges et sa ville marraine est Nivelles.
Construction et propriété des Pays-Bas
Dans les années 1980, la marine néerlandaise décide de concevoir et construire une nouvelle classe de frégates. Celle-ci viendra remplacer la , composée de six navires construits aux États-Unis de 1951 à 1954 et loués aux Pays-Bas dans le cadre du .
Contrairement à la génération précédente, les nouvelles frégates, multi-usages, doivent être construites aux Pays-Bas. Ainsi, de 1985 à 1995, huit navires sont construits au chantier naval Schelde. Les navires-jumeaux sont baptisés Karel Doorman (F827), Willem van der Zaan (F829), Tjerk Hiddes (F830), Vam Amstrl (F831), Abraham van der Hulst (F832), Van Nes (F833), Van Galen (F834) et Van Spejik (F828). Ils sont ensuite commissionnés de 1991 à 1995. Sur ces huit navires, seulement deux sont encore en activité dans la marine royale néerlandaise (le F828 et F831). Les six autres ont été vendus à des nations étrangères, à savoir la Belgique (F827 et 829), le Portugal (F833 et F834) et le Chili (F830 et 832).
Le Karel Doorman est la première des huit frégates à sortir du chantier. Il est nommé en l'honneur de Karel Doorman, un contre-amiral néerlandais mort durant la première bataille de la mer de Java. Son lancement est effectué le et il rentre en service . Il est renommé Léopold , du nom du premier roi des Belges, lors de son transfert à la marine belge.
Caractéristiques La classe Karel Doorman est une classe de frégates multi-missions, multi-usages. On la nomme souvent classe M. Dans cette optique, les navires sont équipés de capacités sol-air, sol-sol et anti-sous-marines. Ils peuvent ainsi effectuer des missions de dissuasion, de sécurité, de soutien ou d'attaque.
Le Léopold est long de , large de et possède un tirant d'eau de . Il a un déplacement de et un port en lourd de . L'équipage est d'environ (, et ).
Propulsion Il est équipé de deux moteurs diesel Stork-Werkspoor de pour les allures économiques et deux turbines à gaz Rolls Royce Spey de () pour les allures opérationnelles. Ils alimentent deux hélices à pas variable LIPS. Quatre générateurs de () viennent terminer l'équipement propulsif. Sa vitesse maximale est de avec les turbines et de avec les moteurs diesel.
Armement alt=Photographie annotée avec les armements.|gauche|vignette|Armement principal du Léopold Ier. La frégate est équipée de huit missiles Harpoon, d'un système Sea Sparrow à lancement vertical de 16 cellules VLS Mk 48, d'un canon antiaérien de calibre 76 mm AA OTO-Melara DP compact SR, d'un système de défense rapprochée contre missiles Goalkeeper CIWS, de deux mitrailleuses .50 Browning M2, de quatre tubes de lancement de calibre 324 mm ASM (II x 2) pour torpilles ECAN Honeywell Mk 46 modèle AS, de torpilles ECAN Honeywell Mk 46 modèle L5 et de deux lance-leurres SRBOC Mk 36.
Senseurs Le navire est équipé de divers senseurs, à savoir un sonar de coque actif moyenne fréquence de recherche et d’attaque Signaal PHS-36 (HSA), d'un radar de veille combinée tridimensionnel, d'un SMART-S 3D (en bande F), d'un radar de veille combinée Signaal LW-08 (en bande D), d'un radar de navigation Kelvin Hughes (en bande I), d'un radar de veille SCOUT LPI (faible probabilité d’interception), de deux conduites de tir Signaal STIR 18 (bande I/J/K) avec conduite de missiles, d'un système SEWACO VII d’exploitation des informations tactiques, des armes et senseurs ESM/ECM.
Pont d'envol pour hélicoptère alt=Photographie.|gauche|vignette|Arrière du Léopold Ier avec la plateforme pour hélicoptère. Le navire possède une plateforme pour accueillir un hélicoptère et un hangar. Il transporte initialement des Alouette III. Le dernier vol de cet hélicoptère depuis le Léopold est effectué en . Le pont, modifié après la construction, peut désormais accueillir des hélicoptères NH90, plus modernes.
Vente à la Belgique et changement de nom En , la composante marine belge rachète pour deux des huit frégates aux Pays-Bas, le Karel Doorman et le Willem van der Zaan.
Le Karel Doorman est rebaptisé le à Zeebruges par la reine Fabiola selon le nom du premier Roi des Belges, Léopold . Son indicatif d'appel est désormais le ORJP et son numéro de coque devient F930. Sa devise est , soit la chance sourit aux audacieux. Sa ville marraine est Nivelles, dans la province du Brabant wallon.
Le Willem van der Zaan est rebaptisé en 2008 Louise-Marie, du nom de la seconde épouse de Léopold et reine des Belges.
Blason thumb|left|Les armes du Léopold Ier. Les armes du Léopold sont une partition des armes du roi Léopold et des armes de sa ville marraine, Nivelles :
Parti, au premier, de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules, sur-le-tout écartelé : 1 et 4, contre-écartelé, 1 et 4 de gueules à trois léopards d'or armés et lampassés d'azur ; 2 d'or, au lion de gueules, au double trescheur fleuronné et contre-fleuronné du même ; 3 d'azur, à la harpe d'or, cordée d'argent ; 2 et 3, burelé de dix pièces de sable et d'or au crancelin de sinople brochant en bande sur le tout ; au second, d'argent à la crosse de gueules, sur-le-tout de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules.
Déploiements opérationnels
Sous pavillon néerlandais Le navire prend part à des exercices de l'OTAN dans les eaux européennes pour former l'équipage. Après cela, il sert conjointement avec les forces américaines lors de lutte anti-drogue dans les Caraïbes.
Lors de l'opération Tempête du désert, le HNLMS Karel Doorman intervient sur le terrain des opérations.
Entre 1992 et 1994, la classe Karel Doorman est modernisé avec notamment des équipements liés à la guerre électronique.
Sous pavillon belge En , à la suite du rachat par la marine belge et pour former l'équipage, le Léopold Ier vogue vers l'Afrique australe. Cette mission, dénommée , s'arrête au Kenya, à Madagascar, au Mozambique et en Tanzanie. Outre la volonté d'écolage, elle permet également d'améliorer les relations diplomatiques avec ces pays. La mission se termine en novembre de la même année.
En 2008, le navire intègre la Force intérimaire des Nations unies au Liban et vient contrôler le trafic de drogue dans la région ainsi que le trafic d'armes, notamment en empêchant que des armes n'arrivent aux mains du Hezbollah.
En 2010, les premiers essais avec le NH90, hélicoptère qui doit remplacer les Alouette III ont lieu.
En 2012, après un an de remise à niveau et de modernisation, le Léopold reprend la mer. La frégate emporte désormais des petites embarcations rapides et de meilleurs capteurs de détections.
Le navire participe en à la mission Sophia en mer Méditerranée afin de combattre le trafic organisé d'êtres humains. Dans le cadre de ce mandat elle peut arraisonner et saisir les embarcations utilisées pour faire traverser la Méditerranée aux candidats à l'asile. La frégate a d'ailleurs secouru début et permis l'arrestation de trois trafiquants.
Le , le Charles de Gaulle appareille et rejoint son groupe aéronaval dont fait partie le Léopold . Celui-ci est également constitué des frégates et , du destroyer britannique , du navire ravitailleur et d'un sous-marin nucléaire d'attaque. La frégate quitte le groupe début .
En , la crise du coronavirus touche directement le Léopold et entraîne son retour au port alors qu'il escorte le Charles de Gaulle. Il reprend finalement la mer au mois de mai.
En , la frégate est privée d'un exercice avec l'OTAN. L'âge de l'équipage et son inexpérience en sont la cause. Pas loin des deux tiers des membres d'équipage ont moins de et un grand recrutement a eu lieu dans la marine belge, ce qui empêche un écolage rapide.
En juillet 2026, elle connaît des problèmes de propulsion qui l'obligent à réparer dans un port américain lors d'un déploiement et qui l’empêchent de participer à la grande parade navale de New York du 250e anniversaire de l’indépendance.
Remplacement Construites dans les années 1990, les frégates de classe Karel Doorman sont vieillissantes. Dans le cadre d'un accord inter-gouvernemental avec les Pays-Bas, il est prévu de remplacer le Léopold (en 2028) et le Louise-Marie (en 2031) par deux frégates de guerre anti-sous-marine. Les Pays-Bas sont chargés du projet et la mise en service est prévue pour 2027. La Belgique, à travers l'accord, investit 1 milliard d'euros.
Le projet porte le nom d'. Le premier bateau devait être livré en 2029 pour les Pays-Bas et 2030 pour la Belgique. En 2026, un retard supplémentaire de trois à quatre ans est annoncé sur ce programme (six ans de plus que prévu initialement), ce qui pose une question de permanence opérationnelle et de formation des équipages pour la marine belge. En juillet de cette même année, le ministre de la Défense Theo Francken affirme souhaiter continuer la collaboration avec les Pays-Bas si cela est possible, mais que face aux délais et au doublement du prix de ces navires, il va contacter d’autres constructeurs à fin d'information (en Espagne, France, Allemagne, Italie et Turquie) et prendre une décision en octobre.
Galerie
Dans la culture populaire RTL-TVI y a consacré un documentaire en deux épisodes « À bord du Léopold Ier » en .
Notes et références
Catégorie:Bateau de guerre belge Catégorie:Nom de bateau Catégorie:Bateau lancé en 1988 Catégorie:Léopold Ier (roi des Belges)