Laccident industriel de l'usine PEPCON est un accident majeur caractérisé par une succession d'explosions survenues le dans l'usine de la (PEPCON), à Henderson, dans le Nevada, aux États-Unis. L'explosion de cette usine, qui fabriquait et stockait d'importantes quantités de perchlorate d'ammonium, un composé chimique utilisé essentiellement comme propergol pour la propulsion des fusées et missiles américains, fit deux morts, , brisa des vitres sur un rayon de seize kilomètres et causa des dégâts pour un montant estimé à approximativement de dollars de 1988 (soit de dollars de ) dans la vallée de Las Vegas.

Une onde sismique artificielle d'une magnitude de sur l'échelle ouverte de Richter fut également détectée. Très rapidement, plusieurs agences gouvernementales activèrent des plans d'urgence pour organiser les secours dans la zone de l'explosion . ..

Une équipe d'ingénieurs, effectuant ce jour-là une visite d'entretien routinière sur une tour de télévision située sur la colline à quelques kilomètres de l'usine, réalisa une vidéo improvisée peu après le début des explosions .. Cette vidéo, devenue assez célèbre, est facilement accessible sur le web et permet de prendre la mesure de la puissance des explosions..

Contexte L'usine PEPCON, située à Henderson à de la ville de Las Vegas dans l'État du Nevada, en service depuis 1958, était lors de l'accident, l'une des deux seules aux États-Unis à produire du perchlorate d'ammonium (en , aussi abrégé en « AP ») ., un oxydant utilisé dans la fabrication des propulseurs à propergol solide de nombreux systèmes, dont ceux de la Navette spatiale américaine, des armements et de lanceurs spatiaux non-militaires, tels certaines versions des fusées du programme Atlas .. L'autre producteur, la , était située à moins de () de l'usine PEPCON, dans la zone qui fut en partie endommagée par le souffle de l'explosion. En plus du perchlorate d'ammonium, l'usine produisait d'autres produits à base de perchlorate, parmi lesquels du perchlorate de sodium (également un produit utilisé pour la fabrication de propulseurs à propergol solide). Une conduite de gaz à haute pression d'un diamètre de passait également sous l'usine, transportant du gaz naturel à une pression de (soit ) .. La facture de cette conduite, qui fut installée en 1956, la caractérisait comme un équipement à « service limité » Facture de la (Los Angeles, CA, États-Unis) délivrée à la , le ..

Avec une flotte de navettes spatiales clouée au sol pendant ., à la suite de la désintégration de au décollage le ., un ordre émanant du Gouvernement des États-Unis demanda que la production excédentaire de perchlorate soit stockée à l'intérieur de conteneurs en aluminium appartenant au client lui-même, dans un espace habituellement utilisé pour stocker le produit en attente de livraison aux divers clients de l'usine . Le perchlorate d'ammonium produit pour les autres programmes du Gouvernement américain n'était pas stocké à l'usine PEPCON à ce moment-là.

Des tonneaux en acier et plastique de type polyéthylène haute densité () étaient utilisés pour le stockage additionnel et en cours de production au moment de l'accident, comme ils l'avaient déjà été pendant de nombreuses années avant l'accident de . Une quantité estimée à de produit fini était présente en stockage sur le site de l'usine au moment de l'explosion ...

L'usine occupait une surface au sol d'environ , comprenant six bâtiments et des espaces de traitement et de stockage extérieurs. L'usine avait été construite dans les années 1950 dans une portion du désert à l'époque encore assez isolée. Cet éloignement des zones peuplées fut toutefois fortement diminué par l'expansion rapide de la métropole de Las Vegas au cours de la dernière décennie. En plus des usines PEPCON et Kerr-McGee, il y avait également une grosse usine de production de guimauve (), la ., située à seulement , et une carrière de gravier en cours de fonctionnement à proximité, à environ vers l'ouest. Les zones résidentielles les plus proches étaient situées à environ de la zone de l'explosion.

Incendie et explosions 25px|alt=info sign Pour une meilleure visualisation : plan de l'usine, du SANDIA Report SAND88-2902 / UC-70 ..

Départ de l'incendie De nombreuses théories furent avancées au sujet de la cause de l'incendie et des explosions .. Le Département des incendies du Comté de Clark (en , ou CCFD), au Nevada, ne publia pas un rapport formel mais produisit une coupure de presse de deux pages le , décrivant ce qu'il pensait être la cause de l'incendie. Ce rapport préliminaire, ainsi que d'autres informations récoltées par le CCFD, furent incluses dans un rapport de l'Administration des incendies des États-Unis, l'USFA (pour ).

Le Département du Travail des États-Unis (, USDOL), travaillant avec la (DOSH), publia un long rapport sur l'accident qui ne reprit que très légèrement les affirmations du CCFD au sujet de ses origines et de ses causes. L'USDOL nota que la Division Arson du CCFD avait maintenu le contrôle sur le site plusieurs semaines et que les équipes d'enquête du DOSH et de PEPCON ne furent pas autorisées à entrer dans l'usine avant treize jours après les événements. La première inspection significative du DOSH ne fut réalisée qu'à partir du après l'incendie. À ce moment-là, les zones endommagées avaient été irrémédiablement perturbées, et les preuves importantes et les indices clés avaient été soit déplacés, soit retirés du site.

D'après le rapport de l'USFA, l'incendie démarra autour d'une structure de séchage de l'usine entre et ce jour-là. L'USDOL rapporta qu'au moins un feu était en cours sur un tonneau de () situé du côté ouest de la partie sud des bâtiments d'assemblage, qui séparaient le séchoir des réservoirs de stockage à l'intérieur de la zone de traitement. Un incendie fut aussi rapporté au niveau du mur nord de la section des séchoirs du bâtiment de traitement. Une tempête de vent avait endommagé une structure et un toit en fibre de verre et des employés étaient en train d'utiliser des torches de soudage pour en réparer la structure en acier. Le rapport de l'USFA établit que cette activité causa le départ d'un incendie qui se propagea rapidement à travers la fibre de verre, accéléré ensuite par les résidus de perchlorate d'ammonium traînant dans les environs, puis atteignit les tonneaux de stockés près du bâtiment.

Le rapport de l'USDOL minimisa cette théorie, se basant sur les déclarations de témoins oculaires et des tests scientifiques sur les incendies. Dix personnes affirmèrent qu'elles avaient vu le feu et/ou avaient participé aux premières tentatives de l'éteindre. L'USDOL rapporta que les témoignages avaient indiqué que les activités de soudage avaient débuté entre avant la découverte de l'incendie, que ces opérations avaient pris place sur le mur nord-ouest du bâtiment, et que les alentours avaient été copieusement inondés d'eau avant et pendant les opérations, afin de limiter les risques de départs de feu accidentels. De plus, l'USDOL affirma que la probabilité de propager du métal fondu sur une distance de à travers et autour des réservoirs de stockage était considérée comme extrêmement faible. L'USDOL déclara que les étincelles provenant de telles activités ne contiendraient pas assez d'énergie pour initier l'allumage de combustibles ordinaires à proximité immédiate, sans parler des précédemment cités, et conclut que « la possibilité [d'envisager] les opérations de découpe et de soudage comme source d'ignition [était] considérée comme étant très faible, selon l'opinion professionnelle de l'auteur ».

Propagation et premières explosions Les rapports de l'USFA et de l'USDOL mentionnèrent tous deux que les flammes s'étendirent aux tonneaux en plastique de () contenant le produit qui étaient entreposés près du bâtiment, alors que les employés tentaient en vain d'éteindre l'incendie initié à l'intérieur du bâtiment grâce à des tuyaux d'eau. L'USFA rapporta qu'une première série d'explosions de produisit dans les tonneaux environ dix à vingt minutes après le départ de l'incendie, et que les employés commencèrent à s'enfuir en courant à pied et en voiture, ce qui permit à approximativement d'échapper à l'accident, ne laissant derrière elles que les deux victimes tuées dans les plus grosses explosions qui suivirent peu après. L'USDOL décrivit les événements d'une manière différente, affirmant que le feu s'était étendu rapidement vers le nord des locaux, les murs nord-est et sud, par transfert de chaleur convectif et radiatif. L'expansion extrêmement rapide de l'incendie dans le bâtiment de traitement et sa propagation subséquente aux autres bâtiments furent principalement causées par les cloisons séparatrices hautement inflammables en fibre de verre et le peu d'espace séparant les bâtiments entre eux. Des vents importants soufflant vers le nord-est furent également un facteur aggravant. Le produit stocké dans une aire au nord du bâtiment de traitement s'échauffa, puis, approximativement sept minutes plus tard, à , un container en aluminium contenant environ () de perchlorate d'ammonium et situé à environ dix mètres à l'ouest du coin nord-ouest du bâtiment explosa, causant des dégâts aux structures avoisinantes et au bâtiment de séchage.

L'énergie de cette explosion fut estimée comme étant équivalente à de TNT.

L'USDOL rapporta qu'il existait de nombreuses preuves qui suggéraient que des fuites de gaz naturel aient pu être présentes dans l'usine. L'enquête effectué sur le terrain révéla la présence de dépôts carbonés autour du périmètre des fondations du bâtiment de séchage du produit. D'autres preuves visuelles de brulures, probablement du gaz, provenant du sol, furent découvertes dans de nombreux autres emplacements de l'usine, parmi lesquels près des conduites de gaz et des lignes de téléphone et sous certaines portions du revêtement en asphalte.

L'USFA rapporta que le feu continua à s'étendre dans les piles de tonneaux, ce qui créa une violente boule de feu et mena à la première d'une série de quatre explosions dans l'aire de stockage des tonneaux. L'USFA précisa que le feu se propagea ensuite à la zone de stockage contenant les conteneurs en aluminium de transport, alors remplis, causant deux petites explosions, puis une énorme explosion environ quatre minutes après la première .. L'USDOL rapporta de son côté que six ou sept détonations se produisirent séparément dans les zones où des tonneaux en aluminium et en acier étaient utilisés pour le stockage de produit fini étalonné à . L'USFA rapporta que seule une faible quantité de carburant était encore présente après, ce qui fit rapidement diminuer l'intensité des flammes, excepté pour une boule de feu alimentée par la conduite de gaz naturel sous haute pression située sous l'usine, qui avait été endommagée par une des explosions .. Cette conduite de gaz fut coupée vers par la compagnie de gaz, grâce à une vanne située à environ du site de l'incendie.

L'USDOL rapporta également qu'il y avait des preuves solides de la présence d'un feu de gaz naturel avant la seconde explosion à l'extrémité nord-est de l'usine, sur une étroite bande de sable de . L'extrémité la plus proche de cette bande sable était située approximativement à du bâtiment de séchage.

L'USFA rapporta qu'il y eut au total sept explosions au cours de l'accident. Les déclarations des témoins oculaires et une vidéo, qui fut tournée par Denis Todd and débuta après la première détonation, ainsi que d'autres sources, indiquèrent qu'il y eut cinq explosions de forte magnitude : une au nord du séchoir, une dans l'aire de stockage au sud du bâtiment d'administration, deux au niveau de l'aire de chargement et la dernière dans la zone de stockage est, où la conduite de gaz brûlait après les détonations. Les deux plus grosses explosions produisirent des ondes sismiques atteignant des niveaux de et sur l'échelle ouverte de Richter