Cette page présente les armoiries (figures et blasonnements) qui furent portées par des membres de la maison de Bourbon-Anjou (Espagne).

Particularités héraldiques La bordure de gueules Sur certains de ces blasons, les pleines armes de France (d'azur à trois fleurs de lis d'or) sans brisure (sans la bordure de gueules) sont attribuées à des branches cadettes de la maison de Bourbon. Dans un opusculeVicomte de Poli, La Maison de France et ses armes , lire en ligne orléanisteQualifié par Hervé Pinoteau de : . publié en 1897, Oscar de Poli observe, 92, lire en ligne qu'il trouve trace de la prise de ces pleines armes dès 1807 par la branche régnante d'Espagne (cadette – seconde branche – des Bourbons), pleines armes qui étaient réservées en principe au roi de France, à la reine, au dauphin, à la dauphine, aux fils de France aînés de leur fratrie (et à leurs épouses), ainsi qu'à toutes les filles de France. Poli, qui milite dans sa brochure pour une désuétude des brisures héraldiques, argüe de la prise occasionnelle des pleines armes de France par les rois d'Espagne au , pour tenter de justifier la prise de ces mêmes pleines armes par les prétendants orléanistes à partir de 1883. Hervé Pinoteau confirme. cette omission fortuite de la brisure d'Anjou (bordure de gueules) – omission qui équivaut à une usurpation. Hervé Pinoteau qualifie Oscar de Poli d' : , 579. des pleines armes de France – dans les armes royales espagnoles à partir de 1807Et même avant cette date de façon plus rare, sur un service à café du roi Philippe V (en porcelaine de Chine), et sur des vases espagnols du : Du duc d'Anjou à Philippe V : le premier Bourbon d'Espagne, exposition à l'orangerie du domaine de Sceaux en 1993 , 80-86 du catalogue. sous le règne de Charles IV puis sous ceux de Ferdinand VII et de ses descendants (d'abord sur des portraits, puis sur des monnaies). Hervé Pinoteau attribue ces négligences espagnoles à ; il s'agit d'ailleurs d'. Du reste, les textes officiels espagnols relatifs aux armoiries du royaume (y compris sur le drapeau national)Loi du 5 octobre 1981 (qui mentionne la bordure : escusón de azur o azul, tres lises de oro, puestas dos y una, la bordura lisa, de gules o rojo) : lire en ligneDécret royal du 18 décembre 1981 : lire en ligne et de la famille royale, attestent de l'obligation de la brisure d'Anjou.

En revanche, la branche dite carliste (descendant du frère puîné de Ferdinand VII, l'infant Charles (don Carlos), qui revendiqua le trône d'Espagne sous le nom de Charles V à partir de 1833), en devenant l'aînée de la maison de Bourbon le (à la mort du prétendant légitimiste français Henri d'Artois, dit Henri V) acquit de ce fait le droit d'enlever la bordure de gueules autour des armes de France, sur le tout des armes d'Espagne. C'est ainsi que les prétendants carlistes arborèrent à partir de 1883 les pleines armes de France, jusqu'à l'extinction de cette branche en 1936. Le droit à ces pleines armes échut alors à l'ancien roi Alphonse XIII (détrôné depuis 1931), devenu le le chef de la maison de Bourbon (jefe de la Casa de Borbón, en sus dos ramas principales, comme il se déclarait lui-même.. ; il se départit de ce fait de la brisure d'Anjou, comme le lui suggéra : . : Comte Zeininger de Borja, C et C : Chercheurs et curieux, 4, , mai 1954, 242 . l'héraldiste et historien suisse : Heinrich-Karl Zeininger von Borja, né à Hanovre le 23 janvier 1903 et décédé à Sorengo le 4 juillet 1965, qui était né allemand, fut naturalisé suisse en 1955 ; il avait épousé une Suissesse. Il était le fils unique d'Elisabeth Groß et de (1867-1939), qui fut le dernier directeur des jardins de la cour royale de Prusse (et dont une rue de Potsdam porte le nom). Heinrich-Karl Zeininger von Borja, qui s'était mis à son service.). Ce souverain déchu laissa deux fils qui firent souche, l'aîné (l'infant Jacques, don Jaime) acquérant en 1941 le droit aux trois fleurs de lis d'or sans brisure, mais c'est à la descendance du cadet (l'infant Jean, don Juan) – donc avec la bordure de gueules – qu'advint en 1975 la couronne d'Espagne, avec l'accession au trône du roi Juan Carlos .

Les armes de Navarre Entre 1700 et 1875, les rois bourboniens d'Espagne n'ont pas .. C'est le roi Joseph-Napoléon qui décida en 1808 d'ajouter les armes du royaume de Navarre aux armoiries royales espagnoles. Ces dispositions éphémères furent balayées quand Ferdinand VII remonta sur le trône en 1813. Mais quand sa fille Isabelle II fut détrônée en 1868, le Gouvernement provisoire (1868-1871) qui lui succéda reprit (en enlevant les armes des Indes et l'écu d'Empire mais en conservant les armes de Navarre) les armoiries créées par Joseph-Napoléon, qui furent conservées pendant tout le La francisation de Sexenio Democrático en a été faite par Jean-Marc Gabaude : Revue philosophique de Louvain, série, 104, , 2006, 643 . : par le roi Amédée (1871-1873) – pour lui avec, sur le tout, un écu de Savoie à la brisure d'Aoste – et par la Première République (1873-1875). La Seconde République (1931-1939) les reprendra aussi (mais en privant le lion de León de sa couronne d'or).

Malgré leur origine napoléonienne et anti-bourbonienne (avalisant la conquête de la Haute-Navarre par Ferdinand II d'Aragon en 1512), ces armoiries composées des armes de Castille, León (avec le lion ceignant sa couronne), Aragon, Navarre et Grenade, furent maintenues (en y ajoutant l'écu d'Anjou sur le tout) par Alphonse XII et Alphonse XIII, tout d'abord seulement comme petites armes, mais ensuite comme sur-le-tout des grandes armes (ce qui sera officialisé en 1924). C'est cette composition qui est portée, officiellement depuis 1971 (d'abord en tant que prince d'Espagne, puis comme roi) par le monarque abdicataire Juan Carlos (et par son successeur Felipe VI), et qui fut adoptée en 1981 sur le drapeau national.

Les coquilles de Lucques et de Parme Charles-Louis , duc souverain de Lucques de 1824 à 1847, décida d'ajouter sur la bordure de gueules de son écu d'Anjou huit coquilles d'argent, par dévotion personnelle Gianfranco Rocculi, « Un glorioso passato racchiuso nello stemma del Ducato di Parma, Piacenza e Guastalla, tra storia e mito », Atti della Società Italiana di Studi Araldici : 23° e 24° Convivio : Torino, 20 maggio 2006 - Roma, 17-18-19 novembre 2006, 231, 257-258, lire en ligne . envers l'ordre militaire de Saint-Jacques de l'Épée. En devenant duc souverain de Parme en 1847, ce monarque apporta ses coquilles d'argent dans les armoiries de ce pays, et ses successeurs (jusqu'à l'annexion du pays par la Sardaigne en 1859) et leurs descendants directs ont conservé ce meuble, qui est même passé dans les armoiries personnelles du grand-duc actuel de Luxembourg, Henri , arrière-petit-fils agnatique du dernier duc de Parme.

Branche aînée Figure Nom et blasonnement100px L'infant Ferdinand (1713 † 1759), fils de Philippe V, roi d'Espagne. coupé : en chef parti en 1 écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or enté en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople; 2 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable;II, tigée et feuilleté de sinople et en pointe écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent; 2, d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules 4, de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules; enté en pointe parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or;sur le tout d'azur à trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueules.

1724 - 1746 prince des Asturies. 1746 - 1759 roi d'Espagne (Ferdinand VI).85px115px L'infante Marie-Anne-Victoire (1718 † 1781), fille de Philippe V, roi d'Espagne, mariée en 1729 à Joseph de Portugal (1714 † 1777), roi de Portugal. parti en I, d'argent à cinq écussons d'azur en croix, chargés chacun de cinq besants en sautoir, le tout augmenté d'une bordure de gueules à sept châteaux d'or ouverts d'azu (de Portugal) ; en II coupé : en chef parti en 1 écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or enté en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople; 2 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable;II, tigée et feuilleté de sinople et en pointe écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent; 2, d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules 4, de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules; enté en pointe parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or;sur le tout d'azur à trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueules Image des armoiries de Marie-Anne-Victoire d'Espagne..

coupé de deux : en I, d'argent à cinq écussons d'azur en croix, chargés chacun de cinq besants en sautoir, le tout augmenté d'une bordure de gueules à sept châteaux d'or ouverts d'azu (de Portugal) ; en II, coupé : en chef parti en 1 écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or enté en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople; 2 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable;II, tigée et feuilleté de sinople et en pointe écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent; 2, d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules 4, de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules; enté en pointe parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or;sur le tout d'azur à trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueules Image des armoiries coupé de deux de Marie-Anne-Victoire d'Espagne en tant que princesse royale.. |- |align=center |100px | L'infant Philippe (1720 † 1765), duc de Parme, fils de Philippe V, roi d'Espagne.coupé : en chef parti en 1 écartelé en 1 et 4, de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et en 2 et 3 d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or enté en pointe d'argent à une pomme grenade de gueules, tigée et feuilleté de sinople; 2 parti en 1 d'or à quatre pals de gueules et en 2 écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et d'argent à l'aigle de sable;II, tigée et feuilleté de sinople et en pointe écartelé en 1 de gueules à la fasce d'argent; 2, d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules, en 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules 4, de sable au lion d'or, armé et lampassé de gueules; enté en pointe parti d'or au lion de sable armé, couronné et lampassé de gueules et d'argent à l'aigle éployé de gueules, membré et becqué d'or;sur le tout d'azur à trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueulesImage des armoiries de l'infant Philippe de l'Espagne..

1748 - 1765 Duc de Parme (Philippe ). |- |align=center |100px