Jorge Luis Acha, né le à Miramar, Argentine et mort le , dans la même ville, est un artiste, peintre, écrivain, scénariste, photographe et cinéaste argentin.

Biographie Il est formé à l'École Nationale des Beaux-Arts Prilidiano Pueyrredón de Buenos Aires, où il obtient son diplôme de professeur de dessin et de peinture, métier qu’il a exercé dans cette institution et dans son propre atelier, devenant une inspiration intellectuelle et artistique pour de nombreux élèves.

Entre 1975 et 1989, il a eu plusieurs expositions individuelles de peinture à Buenos Aires, La Plata (Argentine), Lima (Pérou), et le Musée d'Art moderne de São Paulo (Brésil). Il a également exposé à la Biennale de l'humour satirique de Gavobro (Bulgarie) et à l'Exposition internationale des arts graphiques de Bilbao (Espagne).

Bien qu'il se considérait lui-même comme un « peintre voyageur » - condition qui le reliait à la tradition romantique du - et tenait la nature - en particulier la mer - comme thème principal, ses paysages sont moins un enregistrement documentaire qu’un état spirituel du peintre face à la nature..

Dans son travail il a exploré diverses techniques, mais a essentiellement été un dévot de l'aquarelle, doté d'une grande dextérité pour capturer les atmosphères avec des touches diaphanes qui allient profondeur et simplicité. Il était un créateur embrassant plusieurs disciplines artistiques avant de briller dans le domaine de la cinematographie.

Ses longs métrages sont : Habeas Corpus, l'histoire originale d'un prisonnier torturé par la dictature militaire en Argentine dans la Semaine sainte durant laquelle le Pape a visité Buenos Aires – Prix du Festival du Film à Bariloche 1988 - Standard avec Libertad Leblanc sur le projet de l’ et Mbucuruyá, cuadros de la naturaleza, retraçant les voyages de Alexander Von Humboldt et Aimé Bonpland en Amazonie. Il a aussi réalisé plusieurs courts-métrages, comme Impasse avec Leonor Manso.

Aucun de ces films n’a été commercialisé. Ils sont aujourd’hui devenus des films culte projetés dans les musées et lors de festivals internationaux.

Il a écrit sur le cinéma dans les magazines L'ami américain et Biographe (1979-80), partageant la rédaction avec Rodrigo Tarruela, Angel Faretta, Carlos O. Marcelo Garcia et Zapata, parmi d'autres. Dans son œuvre théâtral Samka-cancha il joue en collaboration avec le journaliste Raul Garcia Luna.

Un premier volume de ses écrits, Escritos Póstumos, est paru chez Alción Editora en 2012.. Il contient trois scripts cinématographiques : Homo Humus, Blancos et San Michelín, trois pièces qui explorent le dilemme identitaire auquel l’Amérique latine doit faire face à partir de l’invasion européenne. L’introduction est une analyse précise écrite par son disciple, Gustavo Bernstein, qui préside actuellement l’Association Jorge Luis Acha. Les volumes suivants sont en cours de publication.

En 2014 parut le second volume des Escritos póstumos, réunissant les textes Amapola, Bocabajo et Versus. Contrairement au premier volume, centré sur la conquête de l'Amérique et les conflits culturels, ces récits approfondissent des thèmes déjà présents dans la filmographie d'Acha, tels que le corps, le désir, la violence et la construction de l'identité masculine..

À partir des années 2000, l'œuvre de Jorge Acha a connu un important processus de redécouverte et de réévaluation critique. Ses films ont été programmés par des institutions internationales telles que la Cinémathèque française, la Viennale de Vienne, le Festival des Trois Continents de Nantes, la Semana Internacional de Cine de Valladolid (Seminci) et la Filmoteca de Galicia, qui les ont intégrés à des cycles consacrés au cinéma expérimental, au cinéma argentin ou à l'histoire du cinéma latino-américain..

Parallèlement, son œuvre a suscité un intérêt croissant dans le champ universitaire. Des séminaires, ouvrages collectifs, articles scientifiques, mémoires et thèses lui ont été consacrés en Argentine et à l'étranger, abordant notamment son cinéma sous l'angle du corps, de l'allégorie politique, de l'imaginaire religieux, de la représentation coloniale et des formes expérimentales du cinéma latino-américain. Cette réception critique a contribué à consolider la place de Jorge Acha parmi les principales figures du cinéma expérimental argentin de la fin du XXe siècle..

En 2017 furent publiés deux travaux majeurs consacrés à l'œuvre de Jorge Acha. Le premier, Jorge Acha : una eztetyka sudaka, réunit des essais de chercheurs, critiques et historiens du cinéma consacrés à l'analyse de sa production cinématographique et plastique, abordant notamment les questions de la mythologie, du corps, de l'allégorie politique, de l'imaginaire colonial et des formes expérimentales du cinéma latino-américain...

La même année sortit le documentaire Thálassa, un autorretrato de Jorge Acha, réalisé par Gustavo Bernstein, Carlos O. García et Alfredo Slavutzky. Construit à partir d'archives, d'entretiens et d'une longue conversation filmée avec Acha avant sa mort, le film revisite son parcours de peintre, écrivain et cinéaste sous la forme d'un essai audiovisuel où la propre voix du réalisateur structure une réflexion rétrospective sur son œuvre...

Acha a aussi participé au film Cinéfilos a la intemperie réalisé par Carlos O. Garcia et Alfredo Slavutzky, où il a eu plusieurs interventions remarquables soulignées par les critiques : (Quintin). (Eduardo Rojas).

Il est mort à 49 ans, en explorant le terrain où il allait construire sa future maison.

Filmographie 1969 : Impasse 1976 : Producciones Arena 1986 : Habeas Corpus 1989 : Standard 1991 : Mbucuruyá, cuadros de la naturaleza''

Notes et références

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