alt=schéma de blason|thumb|upright=0.9| de la ville de Barranquilla.

Lhistoire de Barranquilla commence vers 1629, année probable de sa fondation, bien plus tardive que celle de la plupart des autres villes colombiennes qui datent du début de la période coloniale.

À ses débuts, la population de Barranquilla croît lentement ; elle est notamment composée d'artisans, de navigateurs, de transporteurs et de commerçants. Durant la période coloniale, la ville connaît une grande activité commerciale liée à une lucrative contrebande. Dès la fin du , elle acquiert de l'importance en tant que port fluvial grâce à sa situation géographique ; elle capte une part importante du commerce au détriment de ports plus petits. Elle est déclarée le par le gouverneur de l'État libre de Carthagène des Indes, Manuel Rodríguez Torices, avant d'obtenir le rang de ville en 1857. Durant la deuxième moitié du et la première moitié du , elle se développe considérablement dans tous les domaines, tant au niveau démographique qu'au niveau économique, devenant la troisième ville industrielle du pays. En Colombie, elle est d'ailleurs considérée comme la pionnière dans divers secteurs tels que l'aviation, les services publics ou encore les projets d'urbanisation.

Le déclin de Barranquilla s'amorce dans les années 1940 et 1950, son port devant faire face à l'essor de celui de Buenaventura. À partir des années 1950, elle est plongée dans une période d'instabilité politique. La ville est en butte à une paupérisation de ses services publics, à la corruption et à une grave crise financière, ainsi qu'à de sérieuses carences dans les secteurs de la santé et de l'éducation. Durant la première décennie du , Barranquilla amorce un renouveau, tant au niveau de l'urbanisation que sur les plans politiques et économiques.

Origines de Barranquilla Une ville sans histoire En 1940, l'écrivain espagnol Ramon Vinyes écrit dans le journal El Heraldo que Barranquilla . Par la suite, plusieurs autres personnalités telles qu'Álvaro Cepeda Samudio en 1948, Alfonso Fuenmayor en 1953 ou encore Marvel Moreno, en 1987, dans l'épilogue de son roman , appuient cette affirmation.. En , Gabriel García Márquez, prix Nobel de littérature 1982, qui n'est encore qu'un jeune journaliste d'El Espectador, écrit dans l'article que .. Ces déclarations s'appuient sur le fait qu'il existe peu de documents écrits sur le passé de Barranquilla jusqu'en 1987, année où une série de livres et d'articles est publiée afin de commencer à retranscrire l'histoire de la ville.. En effet, jusqu'alors, seuls trois livres traitant de ce sujet avaient été écrits par des auteurs sans formation académique.. À l'époque, les principaux textes historiques sur Barranquilla sont la description du lieu où se situe dorénavant la ville par Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés en 1533, l'œuvre de Juan José Nieto intitulée , publiée en 1839.. et les travaux de Domingo Malabet, parus en 1878 sous le titre . On peut y ajouter la thèse de l'historien nord-américain Theodore Nichols, , datant de la fin des années 1940., considérée comme le premier travail historique couvrant la période allant de 1850 à 1950.

Premiers peuplements Quelques pointes de flèches datant de l'époque paléoindienne ( à ) ont été trouvées sur l'actuel territoire de Barranquilla.. Les premières tentatives de vie en communauté n'apparaissent cependant que plus récemment, entre et . Durant cette période, appelée période préclassique (ou période formative), les groupes sociaux aborigènes adoptent un mode de vie semi-sédentaire, habitent dans des malocas (maisons communautaires) et pratiquent l'horticulture et l'agriculture. L'existence d'indigènes qui, aux alentours de , vivaient de la pêche et de la collecte de mollusques a également été attestée : des restes de coquillages, de mollusques et de céramiques datant du préclassique ancien ont été retrouvés. Non loin, sur le site archéologique de Puerto Hormiga, situé à proximité de l'actuel canal del Dique, d'autres vestiges d'une culture aborigène de la même époque dont l'économie était elle aussi basée sur la pêche et la récolte de mollusques ont été mis au jour. Lors de recherches menées à Puerto Hormiga, l'anthropologue et ethnologue Gerardo Reichel-Dolmatoff a comparé les techniques d'élaboration et de décoration de la céramique à celles retrouvées sur les sites de Bucarelia (situé près de Zambrano), de Barrancas et de Rancho Peludo (situés au nord du Venezuela). Il découvre à cette occasion qu'il y a des similitudes entre ces quatre sites, montrant ainsi qu'il existait des relations et des influences mutuelles entre ces différents peuples précolombiens. La culture de racines fait son apparition aux environs de , indiquant une vie plus sédentaire.

Découverte du territoire Contrairement à d'autres villes colombiennes telles que Bogota et Carthagène des Indes, Barranquilla n'a pas été fondée lors de la période coloniale espagnole et n'est pas située sur un site précolombien.. L'actuel territoire de Barranquilla est mentionné pour la première fois en 1533 par Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés alors que les côtes colombiennes ont été abordées pour la première fois en 1499 par l'Espagnol Alonso de Ojeda...

Origines de la fondation de Barranquilla thumb|left|upright|Plaque du site des premières habitations de Barranquilla.

Dans son ouvrage Geografía histórica, estadística y local de la Provincia de Cartagena, República de la Nueva Granada descrita por cantones publiée en 1839, Juan José Nieto écrit que l'année de fondation de Barranquilla est 1629 mais sans apporter de preuves.. C'est par les travaux de l'historien Domingo Malabet, intitulés , publiés en 1878 par le journal El Promotor, que se popularise la version selon laquelle Barranquilla a été fondée en 1629 par des agriculteurs de Galapa qui auraient suivi jusqu'en ces terres leur bétail assoiffé lors d'une sécheresse. D'après l'auteur, ces agriculteurs seraient montés avec leurs vaches vers le nord à la recherche d'eau, atteignant un lieu appelé « Las Sabanitas de Camacho » entouré de bras d'eau et qui se peuplera au fil du temps.. Selon d'autres écrits de Malabet sur les origines de Barranquilla, datant de 1891 et intitulés Barranquilla: su pasado y su presente, la fondation de la ville remonterait en fait aux alentours des années 1620..

Dans son livre publié en 1987, l'historien José Agustín Blanco Barros expose une nouvelle approche concernant la fondation de la ville. Selon lui, ce ne sont ni les habitants de Galapa, une localité colonisée par les Espagnols en 1533, ni les Espagnols eux-mêmes qui ont fondé Barranquilla au contraire d'autres villes colombiennes.. S'appuyant sur diverses chroniques espagnoles, dont celles de Gonzalo Fernández de Oviedo y Valdés racontant la rencontre d'un peuple d'indiens par Pedro de Heredia en 1533, il affirme qu'il y avait un village d'indiens appelés « Camacho » dans la zone située entre la Vía 40 et le quartier de San Roque de l'actuelle Barranquilla. Dès 1560, ce qui restait de ce peuple serait parti pour Galapa. Par la suite, l'endroit aurait été peuplé par des personnes qui, à l'époque coloniale, étaient considérées comme libres, c'est-à-dire ni esclaves ni indigènes mais des métis, des mulâtres et des zambos. Puis, entre 1627 et 1637, l' de Galapa, Nicolás de Barros, aurait construit, à l'emplacement de l'actuelle place Saint-Nicolas, une hacienda pour y stocker les productions d'un troupeau qui serait venu jusque-là, apparemment en raison d'une sécheresse. Selon l'analyse faite par Jorge Villalón, la tradition aurait ainsi confondu l'installation de l'hacienda Saint-Nicolas avec la fondation de la ville.

: la période coloniale Une population qui croît lentement Au début du , Barranquilla compte 160 habitations pour un peu plus de habitants, composés de blancs, d'indiens, de mulâtres et de zambos.. Selon le recensement de 1777, il y a habitants et 384 habitations, en incluant Sabanilla, ses 43 habitants et ses 5 maisons.. Dans certaines habitations, il arrive que cohabitent quatre à six familles.. La population regroupe alors notamment des artisans, des navigateurs, des transporteurs et des commerçants..

Les débuts de l'essor économique Durant la période coloniale, la grande activité commerciale de Barranquilla est la contrebande, illicite mais lucrative. Cela attire de nombreuses personnes provenant des encomiendas à proximité, des indigènes de Malambo, des agriculteurs, des éleveurs, des artisans, des fonctionnaires royaux et tous les types de commerçants.. Sabanilla devient le port d'entrée vers Barranquilla mais il n'est pas reconnu par la Couronne espagnole en tant que port officiel. ; les Anglais en profitent pour introduire sur le territoire colombien des articles de contrebande pour tenter de développer leurs échanges à l'intérieur du pays. Grâce à un poste de garde à Sabanilla et une patrouille mobile basée à Barranquilla, l'activité croissante de la contrebande est cependant partiellement contrôlée.

Dès la fin du , Barranquilla acquiert de l'importance en tant que port fluvial car, grâce à sa situation géographique, elle attire une part importante du commerce au détriment de ports plus petits.. Lors du dernier quart de ce siècle, le volume des échanges transitant par Barranquilla augmente en raison des réformes bourboniennes qui encouragent l'exploitation de certains produits sylvicoles tels que l'ivoire végétal, la salsepareille, le pernambouc et le coton, exportés à Barcelone où l'industrie textile est en plein essor<..

Prémices de la vie religieuse En 1701, la construction de l'église de la vieille croix (en ) débute. selon les règles d'urbanisme de la couronne espagnole avec la création d'un espace annexe, la plaza, à partir de laquelle sont définies les calles et les carreras.. Bâtie avec de la paille, des pierres et de la chaux par les premiers habitants, elle est sous le patronage de San José.. Le père espagnol Luis Suárez, qui serait arrivé en 1701 à Barranquilla selon les documents des archives nationales de Colombie, obtient la permission de l'institution ecclésiastique pour entamer la construction de l'église Saint-Nicolas de Tolentino dont le patron est Saint Nicolas de Tolentino. En , elle est érigée en paroisse et le père Nicolás Mateo Hernández en devient le premier curé..

Première moitié du : indépendance et débuts de la période républicaine Nouveaux statuts upright|thumb|left|Manuel Rodríguez Torices, qui a permis à Barranquilla d'obtenir le statut de .

Dès le , le gouvernement de l'État de Carthagène des Indes accorde la franchise pour l'exportation au port de Sabanilla et y établit une colonie avec des avantages spéciaux pour les résidents.. Le port de Carthagène des Indes étant toujours sous l'emprise des Espagnols en 1820, Simón Bolívar conseille, cette année-là, d'utiliser Sabanilla pour le transport des productions du pays. La loi du , signée par le président de l'État Francisco de Paula Santander, confirme le statut de port d'exportation pour Sabanilla, avec certaines restrictions mais lui refuse celui de port d'importation. Alors que Santa Marta, port principal du pays à cette époque perd de sa prééminence, les dirigeants d'entreprises de Barranquilla et des groupes étrangers travaillant dans le commerce et le transport souhaitent que le port de Sabanilla soit habilité à l'importation.. La loi du accorde cette habilitation et ordonne la construction d'un bâtiment des douanes nécessaire à ce type de commerce, le château de Salgar. L'élaboration du poste de douane débute à la fin de l'année 1847 sur les ruines du fort de Santa Bárbara construit au par les Espagnols.. Les travaux sont financés via des ressources nationales gérées par le président de l'époque, le général Tomás Cipriano de Mosquera, par le banquier Esteban Márquez via un prêt accordé par la dont il est le propriétaire et par divers dons de la part des commerçants de Barranquilla.