La conquête romaine de l'Italie est la conséquence d'une série de conflits durant lesquels la cité-État de Rome, de ville dominante du Latium, devient maîtresse de toute la péninsule italienne.

Durant tout le , Rome mène au sein de la ligue latine des guerres contre les peuples sabelliens d'une part, et combat seule contre la cité étrusque de Véies d'autre part. La première conquête importante des Romains intervient avec la défaite finale de celle-ci en et son intégration dans les terres romaines. Devenue prépondérante face aux Latins durant le siècle passé, elle subit une invasion gauloise qui se termine par le sac de la ville vers Elle doit alors faire face à la défection de ses alliés et mène plusieurs guerres qui lui assurent à nouveau la suprématie sur la ligue latine, la conquête des terres herniques et la pacification des pays volsques. Alliée de la cité étrusque de Caeré, un conflit l'oppose à d'autres cités étrusques au milieu du Rome domine alors l'Étrurie méridionale et la majeure partie du Latium.

En commence la conquête de l'Italie à proprement parler. Cela débute par l'épisode de la « deditio de Capoue » cette année-là et la première guerre samnite. S'ensuit la guerre latine qui se conclut par la dissolution de la ligue latine et l'incorporation de ses territoires dans la sphère d'influence romaine, la Campanie autour de Capoue devenant aussi romaine. Cela mène ensuite Rome dans une succession de guerres contre les Samnites, une puissante confédération tribale. Après un très long conflit parsemé de revers et de victoires, Rome gagne en puissance et doit faire face à une coalition regroupant, outre les Samnites, des Gaulois, des Ombriens et des cités étrusques. À la fin de ces guerres, Rome est devenue l'état le plus puissant d'Italie. La ville de Tarente requiert alors l'aide de Pyrrhus en afin d'empêcher que les Romains n'établissent définitivement leur hégémonie sur la péninsule. Le roi d'Épire se retire en après des campagnes mitigées et Tarente tombe en La dernière cité étrusque indépendante est incorporée en Toutes les terres au sud du Rubicon et de l'Arno en dehors des îles, ce qui constitue l'Italie d'un point de vue des anciens, sont alors romaines.

Les îles de la Sicile, de la Sardaigne et de la Corse sont cédées par Carthage entre 241 et à la suite de la première guerre punique, à l'exception de Syracuse prise par les Romains en La plupart des régions au nord du Rubicon jusqu'à l'arc alpin, qui sont connues par les Romains sous le nom de Gaule cisalpine, sont conquises entre les deux guerres puniques et définitivement soumises après la deuxième guerre punique à l'instar de certaines cités de Grande-Grèce révoltées lors de l'invasion d'Hannibal.

Les territoires conquis sont incorporés de plusieurs manières dans l'État romain grandissant : annexions des terres, établissements de colonies, octrois complet ou partiel de la citoyenneté romaine ou encore conclusions d'alliances militaires avec les états restés indépendants. Avec la conquête de l'Italie, Rome se constitue une réserve en hommes capables de se battre avec laquelle aucun État contemporain ne peut rivaliser, ce qui va lui permettre de bientôt se lancer à la conquête du monde méditerranéen. En commence une guerre opposant Rome à ses alliés italiens à la suite du refus du Sénat de leur accorder la citoyenneté romaine. Rome vainc ses alliés successivement et, finalement, l'Italie est unifiée sous un seul régime juridique.

Les sources et la chronologie

Les historiens antiques

Rome reste un cas unique dans le monde antique en le sens que de nombreux écrivains ont écrit son histoire, souvent de façon détaillée, depuis sa fondation jusqu'à sa chute. Les écrits concernant l'histoire militaire romaine sont donc conséquents bien qu'une partie soit aujourd'hui perdue, comme ceux couvrant les guerres daciques de Trajan, et qu'une autre, comme les textes couvrant la période archaïque, est au moins semi-apocryphe. Les écrits des historiens romains couvrant les premiers temps, de la fondation de Rome comme simple village à la chute de la monarchie, sont les moins bien préservés. Cette lacune peut s'expliquer par un manque de volonté à cette époque de rapporter les évènements historiques ou par la perte des éventuels écrits.thumb|Représentation de Tite-Live.

L'historien latin Tite-Live du se révèle être la source la plus importante et la plus détaillée concernant le début de l'histoire romaine. Son œuvre, Ab Urbe condita, couvre toute la période allant des origines mythiques de Rome jusqu'à l'époque augustéenne en près de 142 livres. De ces derniers, seuls les livres 1-10 et 21-45 ont survécu, couvrant la période allant de la fondation de Rome jusqu'à l'année 293 puis la période entre 220 et Néanmoins, des résumés des livres perdus ont pu être préservés et des historiens comme Florus, Eutrope et Orose se servent des écrits de Tite-Live comme sources, ce qui nous permet de nous faire une idée du contenu des livres perdus.

Indépendamment du travail de Tite-Live, l'historien grec Denys d'Halicarnasse, également du , a publié les Antiquités romaines en 20 livres couvrant toute la période entre la fondation de Rome et , en s'attardant davantage sur les origines mythiques de la ville. Seuls les onze premiers livres nous sont parvenus, s'étendant jusqu'à 443. Pour les autres livres, couvrant toute la conquête de l'Italie, il ne nous reste que des fragments.

Peu avant Tite-Live et Denys, le Sicilien Diodore de Sicile a écrit la Bibliothèque historique, une histoire universelle du monde méditerranéen en 46 livres. Concernant la section historique, les livres 11-20 sont intacts, couvrant les années 440 à Dans ces livres, Diodore se concentre sur les évènements qui se déroulent en Sicile et dans l'Orient méditerranéen mais il fait parfois des références à l'histoire romaine.

Durant l'Empire romain, Tite-Live devient une source de référence en ce qui concerne les débuts de l'histoire romaine et les ouvrages historiques écrit plus tard sont en fait des travaux qui en dérivent, sans apporter de nouvelles données. Dion Cassius apparaît être une des seules exceptions, fournissant des détails qu'on ne retrouve pas chez Tite-Live ou Denys. Il ne reste que des fragments de la partie de son œuvre concernant le début de l'histoire romaine mais elle a été résumée au par le moine Zonaras.

Enfin, le philosophe grec Plutarque a publié au début du une série de biographies des plus célèbres personnages grecs et romains, les Vies parallèles, dont plusieurs concernent les premiers siècles de l'histoire romaine. L'une des plus précieuses est celle qui concerne le roi Pyrrhus d’Épire étant donné qu'aucune autre source sur cette période ne nous est parvenue dans son intégralité.

La fiabilité des sources

Tite-Live, Denys d'Halicarnasse et Diodore de Sicile sont nés presque 200 ans après que Rome a achevé la conquête de l'Italie et à leur époque, la République fonctionne selon des principes qui diffèrent de ceux de l'époque des conquêtes. Ils ont dû s'appuyer sur les écrits d'historiens plus anciens, aujourd'hui perdus. Or, durant l'Antiquité, l'Histoire est un genre littéraire où la vérité historique est souvent sacrifiée au profit du style. Bien que les historiens modernes considèrent que les sources antiques contiennent une part de vérité, il est clair que ce qui nous est parvenu est déformé par de mauvaises interprétations ou par des inventions des auteurs antiques. La question de savoir à quel point et sur quel sujet demeure un sujet de débat. Mais le principal problème reste que, excepté pour la guerre pyrrhique, tous les auteurs décrivent les évènements du point vue romain, ne laissant que peu d'informations sur les motivations et les politiques internes des ennemis de Rome. Tite-Live par exemple a nettement tendance à minimiser les revers subis par les Romains et insiste davantage sur leurs victoires.

Le problème de la chronologie

Les Romains utilisent un système de datation éponyme où les évènements sont datés par les noms des magistrats de Rome élus chaque année, généralement les deux consuls. La séquence des magistrats, appelées fastes, et sa synchronisation avec le calendrier moderne sont connues.

À la fin du , les historiens romains élaborent une chronologie complète de l'histoire romaine, datant la fondation de Rome en et le début de la République romaine en Aujourd'hui connue sous le nom de chronologie varronienne, elle est rendue officielle au début de l'Empire romain et est restée la norme depuis. Elle est notamment utilisée par Tite-Live.

Toutefois, pour les années antérieures à l'an , la chronologie varronienne n'est plus considérée comme juste. Selon l'historien grec Polybe du , le sac de Rome par les Sénons de Brennus date de l'an au lieu de chez Tite-Live par exemple. Des troubles civils et une anarchie politique dure cinq années chez Tite-Live entre 375 à 371 , et qu'une année chez l'historien grec Diodore de Sicile par exemple, et les historiens modernes penchent aujourd'hui plutôt sur cette hypothèse. En 333, 324, 309 et , un dictateur, plutôt que deux consuls, est élu pour gouverner Rome pendant une année au lieu d'un mandat exceptionnel de six mois. Ces erreurs dans la chronologie varronienne proviennent probablement d'erreurs de transmission que les auteurs antiques ont voulu corriger en allongeant l'anarchie politique ou en ajoutant des années de dictature.

thumb|upright=1.2|L’expansion étrusque aux .

En dépit de ces erreurs reconnues, la littérature académique, par convention, continue à utiliser la chronologie varronienne.

La péninsule italienne au

L'apogée de l'« empire maritime tusco-carthaginois »

À partir du les Étrusques mettent à profit leur fort potentiel militaire et étendent progressivement leur influence sur une grande partie de la péninsule italienne, devenant la puissance dominante en Italie.. Cette expansion n'est pas le fruit d'une action concertée, les Étrusques ne formant pas un Etat centralisé. Elle est le fait de cités qui mènent des politiques indépendantes et qui cherchent à contrôler les voies de communication et les points stratégiques afin d'augmenter leurs activités commerciales. Au nord, les cités étrusques comme Cortone, Volterra ou Arezzo atteignent la plaine du Pô et entrent en contact avec les Vénètes à l'est et avec les Gaulois et les Ligures à l'ouest..

thumb|left|Scène de combat naval sur une hydrie étrusque, fin du

Au sud l'expansion est assurée par l'action de cités comme Caeré, Vulci, Clusium, Véies ou Tarquinia. Elles prennent peu à peu le contrôle du Latium à partir du milieu du et atteignent Capoue en Campanie.. Rome tombe peu après sous la domination étrusque, avant 616 , ce qui correspond dans la tradition au début du règne de Tarquin l'Ancien.. La ville de Rome constitue en effet un point stratégique pour les Étrusques, située au croisement de la route reliant l'Étrurie à la Campanie.. et de la route du sel (Via Salaria) qui achemine le sel vers l'intérieur de l'Italie depuis les salines de l'embouchure du Tibre..