Don J. Easterbrook, né le à Sumas, dans l'État de Washington, est un professeur émérite de géologie à l'université de Washington-Ouest. Au cours de sa carrière universitaire (1959-1997), il a fait des recherches pour le compte de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis, représenté son pays dans le Programme international de corrélation géologique, identifié les zones géologiques à protéger pour le compte du Heritage Documentation Programs et fait des recherches sur le Mont Saint Helens et le Mont Baker financées par la Fondation nationale pour la science.

Depuis le début du siècle, à l'occasion de colloques de la Société américaine de géologie et de rencontres climato-sceptiques de l'institut Heartland, il remet en question le rôle de l'augmentation du CO2 de l'atmosphère dans le réchauffement de la planète et s'appuie sur la succession des cycles du passé pour annoncer la fin du réchauffement et le début du refroidissement. Ses conclusions, qui s'opposent au consensus sur le réchauffement climatique, sont rejetées par la quasi-totalité de la communauté scientifique..

Biographie Études Don Easterbrook termine ses études secondaires au lycée de Bellingham en 1953 Frances Evans, Campus Affairs, Western Washington Collegian, 12 octobre 1959, pp. 4-6, FACULTY un-noticed? : . Il entreprend des études de génie électronique en 1955 mais, au bout de deux ans, décide de changer de matière, s'étant pris de passion pour la géologie après s'être inscrit à des cours dans ce domaine Sabrina Johnson, Rock doc leaves impression, Western Front, 11 mai 1999, p. 7 : . Son cursus de géologie à l'université de Washington (État de Washington) enchaîne licence (en 1958) et maîtrise (en 1959) Easterbrook Fund Established Within the GSA Foundation, Washington Geology, vol. 27, No 2/3/4, December 1999, p. 8 : .

En octobre 1959, il rejoint le corps professoral de l'université de Washington-Ouest en tant que doctorant et assistant (instructor)Page de l'auteur à l'université de Washington Ouest. Western Washington Collegian, 30 novembre 1962, p. 6 : .. Se spécialisant en géologie glaciaire, il prend pour sujet de doctorat de cycle « la géologie du Pléistocène de la partie septentrionale des terres basses de Puget dans l'État de Washington »Pleistocene Geology of the Northern Part of the Puget Lowland, Washington. Don J. Easterbrook, Biographical Note, in Guide to the Don J. Easterbrook Collection, Western Washington University Libraries, Special Collections.. Il est docteur en 1962.

Carrière professionnelle Il enseigne pendant 40 ans à l'université de Washington-Ouest, débutant comme assistant (instructor) en 1959, devenant professeur adjoint (associate professor) quelques années plus tard puis professeur titulaire (tenured professor) en 1968.

Il assure des cours de géomorphologie, notamment sur les processus, tels que les glaciers, les torrents et les glissements de terrain, qui façonnent le relief Sabrina Johnson, Rock doc leaves impression, Western Front, 11 mai 1999, p. 7 : .

Pendant douze années (dans les années 1960 et 1970), il est président du département de géologie de l'université Glaciers and Landforms Photograph Collection: Don Easterbrook, Digital collections, Universities Libraries, University of Washington : .

Ses recherches dans le domaine de la géologie glaciaire concernent les changements climatiques planétaires brusques du Pléistocène et leur lien avec les causes des périodes glaciaires, la géochronologie du Pléistocène, la datation au C 14 et cosmogénique des glaciations dans le Pacific Northwest, la Nouvelle-Zélande et les Andes argentines.

Il part à la retraite en 1997, son université lui décernant le titre honorifique de professeur émérite.

Recherches Géologie glaciaire En 1966, Don Easterbrook se lance dans l'étude des glaciers qui se sont formés pendant la dernière ère glaciaire (qui a pris fin il y a 10 000 ans) et s'intéresse plus particulièrement aux glaciers alpins du Mont Baker et aux dépôts glaciaires des îles San Juan et de l'île Whidbey Western Front, 24 octobre 1967, p. 6 : . Ses recherches sont financées par la Fondation nationale pour la scienceWestern Washington Collegian, 5 novembre 1965, p. 7. : . Dix ans plus tard, il poursuit toujours ses recherches sur le Mont Baker, mais plus particulièrement sur l'activité volcanique de celui-ci Western Front, 27 avril 1976, p. 1 : Western Front, 14 mai 1976, p. 1 : .

Risques sismiques À la fin des années 1970, il effectue, pour le compte de la Commission de réglementation nucléaire des États-Unis, des recherches sur les tremblements de terre et des études géologiques très poussées dans la vallée du Skagit où l'on projette de construire deux centrales nucléaires jumelles. Sa conclusion est que la région, sur le plan de la sismicité, est à haut risque Pat King, Western geologist critical. Proposed nuclear plant site an earthquake risk?, Western Front, 7 février 1978 : .

Programme international de corrélation géologique En septembre 1975, se réunissent à Washington-Ouest pour leur colloque, les participants du Projet international de corrélation géologique, programme commandité et financé par l'UNESCO et visant à établir les tendances et les variations climatiques à long terme à l'échelle du monde, les tendances devant être déterminées d'ici 1980 pour une durée de 50 à 100 ans Western Front, 16 mai 1975, p. 3 : . Selon Easterbrook, qui préside les débats, il s'agit de déterminer si le temps plus froid des 25 années écoulées annonce une courbe descendante et l'entrée dans une nouvelle ère glaciaire ou si ce n'est qu'une petite baisse à court terme dans une tendance générale au réchauffement Greg Cohen, Geologists study earth's resources, changing climate, Western Front, 24 septembre 1975, p. 7 : .

En septembre 1976, il part en Europe pour représenter les États-Unis à la réunion annuelle du Comité du projet international de corrélation géologique. Les sujets abordés sont les fluctuations glaciaires, les changements dans le climat de la Terre et la possibilité d'une nouvelle période glaciaire Donald Easterbrook. Professor respected, Western Front, 24 septembre 1976, p. 8 : .

Zones naturelles d'intérêt géologique En 1978, il est président du panel géologique national chargé d'identifier les zones géologiques destinées à être protégées et inscrites au registre national des zones naturelles à intérêt géologique. Une subvention lui est accordée par le National Heritage Program Pat King, Easterbrook Appointed. Geologist Leads Preservation Team, Western Front, 27 octobre 1978, p. 8..

Éruptions et explosion du Mont Saint Helens En mars et mai 1980, il survole à plusieurs reprises, en avion, le Mont Saint Helens pour y filmer, le 27 mars, les éruptions antérieures à l'explosion du volcan, cette même explosion le 18 mai et l'activité éruptive après cette date. Dans les années qui suivent, il obtient des fonds de la Fondation nationale pour la science pour mener des recherches sur le volcan (depuis un hélicoptère et au sol)Publications de Don J. Easterbrook sur le site de la WWU. Barbara Jarvis, Volcano Study gets $204,500, Western Front, 30 septembre 1980, p. 10..

Centrale électrique Sumas Energy 2 En 2001, il élève la voix contre le choix du site choisi pour construire la centrale électrique au gaz et au diesel Sumas Energy 2, arguant que le site se trouve sur une faille, laquelle, selon ses recherches, est plus longue et plus active qu'on le pensait. La possibilité qu'un tremblement de terre important affecte une installation industrielle contenant des carburants inflammables et des mélanges toxiques devrait inciter, selon lui, à l'abandon du projet The Western Front News, 13 février 2001 : ..

Sociétés savantes En reconnaissance des services éminents qu'il a rendus en tant que président de la division « Géologie et géomorphologie du Quaternaire » à la Société américaine de géologie, celle-ci lui remet son prix national Glaciers and Landforms Photograph Collection: Don Easterbrook, Digital collections, Universities Libraries, University of Washington : .

Membre de la Société géologique du Northwest, il reçoit de la part de celle-ci un prix pour l'ensemble de ses réalisations.

Fonds Easterbrook Un fonds Don J. et Ellen H. Easterbrook est créé en 1999 au sein de la Fondation de la Société américaine de géologie. Il sert à accorder une bourse de recherche à un chercheur éminent choisi par la Division géologie et géomorphologie du Quaternaire, ainsi qu'à financer les projets concernant l'enrichissement de la médiatèque Easterbrook en photos géologiques de qualité Easterbrook Fund Established Within the GSA Foundation, Washington Geology, vol. 27, No 2/3/4, December 1999, p. 8 : .

Vie privée Don J. Easterbrook est marié à Ellen H. Easterbrook.

Thèse climato-sceptique et polémiques Sa carrière universitaire terminée, Don Easterbrok entame une seconde carrière en tant que négateur du réchauffement climatique dû aux actions anthropiques et défenseur du refroidissement terrestre Gareth Renowden, Don Easterbrook knowingly misleads Washington State Senate, Hot Topic. Global Warming and the Furure of New Zealand, 9 avril 2013 : . À partir du début du siècle, il remet en question le rôle de l'augmentation du de l'atmosphère dans le réchauffement de la planète et s'appuie sur la succession des cycles du passé pour annoncer la fin du réchauffement et le début du refroidissement Graham Readfearn, Checkmate: how do climate science deniers' predictions stack up?, The Guardian, 19 décembre 2017, en part. section « Cooling any minute » : .

Colloque de la Société américaine de géologie (2001) Alors que le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) prévoit un réchauffement planétaire dû à l'Homme, Easterbrook, en 2001, prévoit la fin du réchauffement et le début de trois décennies de refroidissement en raison de l'oscillation décennale du Pacifique (ODP) de sa phase chaude à sa phase froide D. J. Easterbrook, The next 25 years: global warming or global cooling?, Geologic and oceanographic evidence for cyclical climatic oscillations, Geological Society of America, 2001, Abstracts with Program, v. 33, p. 253. Barbara Hollingsworth, Climate Scientist Who Got It Right Predicts 20 More Years of Global Cooling, cnsnews.com, 28 janvier 2014 : .

Colloque de la Société américaine de géologie à Philadelphie (2006) Au colloque annuel de la Société américaine de géologie à Philadelphie en 2006, Easterbrook présente une communication intitulée « The Cause of Global Warming and Predictions for the Coming Century »C'est-à-dire « La cause du réchauffement planétaire et les prévisions pour le siècle qui vient ».. Il y expose son point de vue sur le caractère cyclique de la variabilité climatique. Selon lui, si les cycles se poursuivent comme par le passé, le cycle de réchauffement actuel devrait se terminer bientôt et la température de la planète devrait baisser légèrement jusque vers 2035, puis remonter d'environ 0,5 °C de 2035 à 2065 et baisser légèrement jusqu'en 2100. L'augmentation totale du réchauffement planétaire pour le siècle devrait être d'environ 0,3 °C, au lieu du réchauffement catastrophique de 6,3 °C annoncé par le GIEC Western Front, 17 octobre 2006, p. 2 : The Cause of Global Warming and Predictions for the Coming Century..

Interventions médiatiques (2007) En mars 2007, il est interrogé par le New York Times dans un article sur le documentaire de Davis Guggenheim, An Inconvenient Truth (en français, Une vérité qui dérange), basé sur la campagne de sensibilisation au réchauffement climatique menée par l'homme politique Al Gore : William J. Broad, New York Times - From a Rapt Audience: a Call to Cool the Hype, The New York Times, March 13, 2007 : . Le journaliste décrit Easterbrook comme étant , , alors qu'en fait, de par son scepticisme climatique, Don Easterbrook, DeSmog, 21 juin 2019 : .