Alexandre-Robert Conty, né à Abilly le , mort à Abilly le , est un diplomate français.
Biographie Issue de la grande bourgeoisie industrielle dans la minoterie par son père Alexandre Conty (1825-1900), alliée à la famille Darblay, et d’une famille de banquiers, entrepreneurs et hommes politiques par sa mère Berthe Creuzé, fille de Philippe-Jules Creuzé (1804-1868), entrepreneur de la Manufacture d'armes de Châtellerault, et petite-fille de Robert-Augustin Creuzé député-maire de Châtellerault, Alexandre-Robert Conty décide à sa sortie de l’École polytechnique (promotion 1884) de se présenter au concours des ambassades en 1888.
Madagascar Il devient attaché à Berlin, Madagascar, Rio de Janeiro. À Madagascar, Alexandre Conty va se consacrer au développement de la culture du café importé du Brésil : ses études sur les moyens d'acclimater les cafés du Brésil à Madagascar ont été publiées dans les revues de culture coloniales et dans le Moniteur du commerce. Jean Dupuy, ministre de l'agriculture, demandera, en , qu'on attribue à Conty la croix de chevalier du mérite agricole. Au Brésil, il va continuer ses études sur la culture du café et faire de nombreux rapports à la direction des consulats, sur la situation économique du Brésil.
En 1899, il est nommé à l'ambassade de Constantinople à la disposition de Ernest Constans. Avant de rejoindre ce poste, il doit se rendre le plus tôt possible à Bruxelles à la disposition de Auguste Gérard, afin de remplir l'intérim des fonctions de premier secrétaire jusqu'à l'arrivée du titulaire. Il n'ira finalement pas à Constantinople.
Tandis qu'il est à Bruxelles, il obtient du ministère l'autorisation de publier, sous le pseudonyme de Robert Dumeray, un travail extrait des notes sur Madagascar, portant sur une étude de la population du pays Betsileos sous la domination des Hova avant la conquête françaiseRobert Dumeray, « Boutou-Kely, souvenirs de la vie malgache », Revue des Deux Mondes, mai-juin 1895. Cette publication est demandée par le secrétaire général du comité de Madagascar pour le premier numéro de La Revue de Madagascar, fondée à Paris 44 rue de la Chaussée d'Antin.
Europe
Par un arrêté du , Conty est nommé officier d'académie par le ministre de l'Instruction publique et des Beaux-Arts. Le suivant, il est nommé à l'ambassade de Berlin, puis est détaché à l'administration centrale afin de remplir l'intérim des fonctions de chef du bureau des affaires d'Amérique à la direction des consulats et des affaires commerciales
Au mois de , il est nommé adjoint au directeur des Affaires politiques et commerciales, et chargé de la sous-direction d'Europe, d'Afrique et d'Océanie, en remplacement d' qui devient directeur. En 1912, l'Orient remplacera l'Océanie dans cette sous-direction. Le , il est promu officier de la Légion d'honneur base leonore.
Le , le président Fallières sur proposition du ministre des Affaires étrangères de Selves, le désigne comme commissaire du gouvernement pour assister le ministre des Affaires étrangères devant la Chambre des députés, dans la discussion du projet de loi portant approbation de la convention, conclue entre la France et l'Allemagne le , pour la délimitation de leurs possessions respectives dans l'Afrique équatoriale. Par un décret du même jour, il est en outre chargé d'assister le ministre dans la discussion du budget du ministère des Affaires étrangères devant la Chambre de députés, puis le , devant le Sénat.
Chine
Par un décret du , Alexandre Conty est nommé ambassadeur extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Pékin. Il remplace Pierre de Margerie, qui nommé adjoint au directeur des affaires politiques et commerciales, prend la place de Conty à la sous-direction d'Europe, d'Afrique et d'Orient.
Au mois d', Conty, de concert avec le consul général de Shanghai, Gaston Kahn, obtient la conclusion des négociations pour l'annexion des routes extérieures à la concession de Shanghai. Dès 1907, la municipalité avait déjà obtenu le droit d'y exercer son contrôle par l'intermédiaire de sa police et d'en assurer l'entretien, ainsi que l'installation de l'éclairage électrique. Mais à cette époque, le gouvernement chinois voyait d'un très mauvais œil toute nouvelle tentative d'extension de la concession française.
À partir de 1916, il s’appuie sur la collaboration de Alexis Léger, dit Saint-John Perse, qui vient d'être nommé troisième secrétaire de la légation, à qui malgré un grade peu élevé dans la diplomatie, il accorde toute sa confiance. La situation est difficile, à ce moment critique de la guerre, où le gouvernement chinois hésite entre prendre parti pour les alliés ou les empires centraux. En effet, il semble qu’alors le ministre des Affaires étrangères chinois Wou Tin Fang, sous l'influence de , le ministre des États-Unis à Pékin, de tendance germanophile, en raison de ses origines allemandes, penche du côté des empires centraux tandis que le maréchal Toan, président du conseil, est nettement favorable aux alliés.
Alexandre Conty use de tous les moyens possibles pour faire finalement pencher la Chine vers les alliés : celle-ci en finit par déclarer la guerre aux empires centraux. Mais son action ne lui crée pas que des amitiés, et alors que sa mission est accomplie, il est considéré comme persona non grata et est rappelé à Paris le . Damien de Martel son adjoint prend sa succession. Le , il s'embarque à Shanghai pour la France.
Danemark et Brésil Par un décret du , il est réintégré en activité et nommé le même jour envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire au Danemark. Conty arrive le à Copenhague.
Un an et demi plus tard, le , il est promu au grade suprême d'ambassadeur de France au Brésil où il termine sa carrière diplomatiqueJournal d’Henri Morize au moment où la légation de Rio de Janeiro devient une ambassade. Paul Claudel qui était à la tête de la légation, le remplace à Copenhague où il arrive le Archives Diplomatiques Europe 1918-1929 - 84CPCOM.
Le , il est fait commandeur de la Légion d'honneurbase leonore et à sa demande le , est admis à faire valoir ses droits à la retraite.
En , le ministère des PTT décide de préparer la création d'un poste colonial d'État, soutenu par le Maréchal Lyautey. Une Fédération nationale de la radiodiffusion coloniale est créée, ancêtre de Radio France internationale, présidée par Alexandre Conty, ambassadeur de FranceHistoire de Radio France Internationale.
Famille En , lors d’un congé en France Alexandre-Robert Conty demande l'autorisation d'épouser Nelly Le Roy Liberge, domiciliée au Mans, dont la mère, Gabrielle Le Roy Liberge, née Varanguien de Villepin, est veuve depuis 6 ans avec deux enfants (un fils de 20 ans et une fille de 18 ans) et propriétaire du château d'Isaac près du Mans. Ils auront sept enfantsLa diplomatie française au lendemain de la Grande Guerre. Gabrielle Le Roy Liberge (1853-1932), très engagée dans les cercles de femmes catholiques notamment pour obtenir le droit de vote des femmes, est l'auteur de plusieurs ouvrages retraçant ses voyages auprès de son fils et plus tard auprès de sa fille au gré des nominations de Alexandre Conty (Portugal, Chine). : Fernande (1900-1944) épouse du lieutenant-colonel Jacques Lachèvre, qui sera attaché militaire à Dublin entre 1941 et 1945 Madeleine (1901-1987), épouse du comte Jean de Hauteclocque, diplomate François (1903-1975), diplomate, puis banquier Jean-Marie (1904-1999), compagnon de Antoine de Saint-Exupéry à l’aéropostaleJean-Marie Conty Louis (1907-2001), résistant, directeur à la Française des Pétroles Denise (1911-2006), médecin, épouse de Pierre BoulengerFils de Paul Boulenger et Madeleine Le Harivel du Rocher, et petit-fils de Hippolyte Boulenger, propriétaires et directeurs de la Faïencerie de Choisy-le-Roi et arrière-petit fils de Alexandre de Geiger des Faïenceries de Sarreguemines., professeur de médecine, directeur général de la santé publique de 1966 à 1970 Michel (1915-1944), prix de Rome en architecture, chef d’un maquis, mort sous la tortureMonuments aux Morts
Carrière 1884-1886 Ancien élève de l'École PolytechniqueBase Léonore -États des Services 1/2/1887 Attaché autorisé à Berlin 24/1/1889 Attaché à Berlin 6/11/1891 Attaché à la direction politique 12/5/1892 secrétaire de à Tananarive 28/6/1895 secrétaire de à Bucarest 28/10/1896 secrétaire de à Rio de Janeiro 1/1/1899 chevalier de la Légion d'honneur 12/6/1899 secrétaire de à Constantinople (non installé) 23/7/1899 Chargé par intérim des fonctions de à Bruxelles 20/3/1901 secrétaire à Berlin 30/5/1902 secrétaire d'ambassade de première classe 1/9/1906 premier secrétaire à Lisbonne 25/5/1907 Sous-directeur d'Amérique 20/7/1909 Ministre plénipotentiaire de 2/10/1909 Sous-directeur d'Europe adjoint au directeur des affaires politiques et commerciales 31/12/1910 Officier de la Légion d'honneur 31/5/1912 Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Pékin 26/2/1916 Ministre plénipotentiaire de 11/8/1917 Placé en disponibilité 13/1/1918 Envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Copenhague 28/6/1919 Nommé Ambassadeur de France à Rio de Janeiro 7/8/1923 Commandeur de la Légion d'honneur 20/1/1928 Fait valoir ses droits à la retraite.
Notes et références
Catégorie:Naissance en mai 1864 Catégorie:Naissance en Indre-et-Loire Catégorie:Décès en juin 1947 Catégorie:Décès en Indre-et-Loire Catégorie:Décès à 83 ans Catégorie:Élève de l'École polytechnique Catégorie:Ambassadeur de France au Brésil Catégorie:Ambassadeur de France en Chine Catégorie:Ambassadeur de France au Danemark Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1923